CHANT DE ROLAND
< Cependant Roland porte à ses lèvres Tolifant, et il sonne de toute sa force. Les montagnes sont hautes, la Toix de Tairain parle plus haut encore ; elle se prolonge et roule d'échos en échos. Karie et ses comtes Tentendirent : « Ah ! dit le roi » nos gens bataillent. » Mais Ganelon se hâte de lui répondre : « Il n'en est rien. » Gela, dit par tout autre, eût été tenu pour grand mensonge.
« L'infortuné Roland, &grand*peine, avec grand effort, avec grande douleur, sonne toujours de Toliftuit. Le sang coule à flots de sa bouche; son crâne est fendu, entr'ouverl. Mais le bruit du cor retentit au loin. Karle Tentend une seconde fois, au moment où il atteint le port. Naismes le duc Tentendit aussi ayec tous les Francs : « Ah ! s'écria le roi, j'entends le cor de Roland, tt n'en « donnerait pas s'il n'était aux prises ! »
Mms Ganelon dit : « U n'y a point de bataille. Vous « connaissez assez le grand orgueil du comte. A présent « il fait le fier devant ses pairs. Chevauchons donc:
* pourquoi nous arrêter? La grande terre est loin encore
* devant nous, i» Le sang coule plus abondanMneift des tèvres de Roland. Son crâne ouvert laisse prescfue à nu la cervelle.
« Cependant il essaie encore une fois de faire retentir le cor; Karle l'entendit, et comme lui les Francs: —
* Ah ! s'écrie le roi , le cor a longue haleine ! ^ Baron , « dit alors le duc Naismes, j'en m le cœur navré. On « bataille! j'en jurerais Dieu. Revenons donc sur nos
«59- «{ms, appelez vos bannières et vos pennons. Allons « secourir notre gent qui est en péril 1 »
« Karie fidt sonner les trompettes. Les Francs se couvrent de leurs armures , ils descendent malgré les pics hérissés » la nuit noire , les gorges profondes , les torrents impétueux. Derrière et devant Tannée éclatent les trompettes. Le roi Karle chevauche en grand émoi. Sa bari^e blanche flotte ^ur sa poitrine. Il arrive. . . mais trop tard.. >