CHANT NAVARRAIS
« Fuyez ! Fuyez , ceux à qui il reste assez de force et un cheval ! Fuis roi Karloman , avec ta cape rouge et ton noir panache. Ton neveu bien-aimé, la fleur de tes braves, est étendu mort là-bas. Son courage ne lui a servi de rien. Et maintenant,' Euskariens, laissons les rochers , descendons vite en lançant nos traits aux fuyards....
« Us fuient I Us fuient! Où est la haie de leurs lances? Où sont les bannières multicolores qui flottaient sur eux ? Il ne jaillit plus d'éclairs de leurs armes sanglantes. Combien sont-ils, enfieuit ? compte-les bien ! Vingt, dixneuf, quinze, dix, trois, deux, un ! personne! On n'en voit plus un seul. Tout est 6ni.
« Chef de maison , vous pouvez vous retirer avec votre diien. Allez embrasser l'épouse et les petits enfants. Essuyez vos javelots. Vous pouvez les serrer avec votre corne à bouquin , les mettre sous l'oreiller de votre couche, et dormir dessus. La nuit, les aigles viendront se repaître de ces chairs écrasées , et tous ces oiisements blanchiront épars dans les siècles. »
Nous ne demandons pas mieux que d'avoir foi dans
Fauthentidté de ces deux improTisatioiis, quoique ni Tun ni Tautre des auteurs n'ait assisté à la bataille de Roncevaux ; la chose est claire. Si quelques détails ont pu intéresser le lecteur, il ne se montrera pas plus sévère que nous. Honneur au génie poétique des bardes gallois du treizième siècle , et au patriotisme ingénieux des moines de Fontarabie !