CHAPITRE XL
De VEakuara, et de ses rapports^avec les langues primitives de l'Afrique, et atee le dialecte iodo-germaoiqae on SoM-Stnàa.
Eickhoff a constaté la parenté de l'euskarien avec les langues africaines , Wiseman a prouvé qu'il était en communauté de termes avec l'égyptien antique. Le moyen de douter que les Euskariens , ici nous ne pouvons plus dire les Ibères , aient habité , à une époque des plus reculées,, au moins la bordure nord de
FAfîrique , lorsque nous trouvons dans ces contrées des tribus à'Ainherriteê, d^ApothMiites , de Chaurites, de Muturgorres , et des centmnes de n(mis de villes aussi évidemment euskariens que ceux de Ghâteauroux, de Fontenay- sous -Bois et Fontenay- aux -Roses sont des noms français.
Arramata,
Arzabal »
Arbalte,
Arbaka,
Arrachotu ,
Arcbile^
Arragains
Arripa,
Ourbara,
Bilbana ,
Obilla,
Eïharzela ,
Olhapia ,
Olhabassa ,
Zubia^
Zubiour ,
Zubiri,
Sugarra,
Ville 4u rocher de Maïa.
Ville de la roche large.
Ville vers les rochers.
Ville des rochers épars.
Ville des roeailles.
Ville de la roche percée. Ville de la roche haute.
Ville sous le rocher.
Ville de Teau dormante.
Ville groupée.
Même signification.
Paysage desséché, brûlé.
Ville sous les bergeries.
Ville des bergeries sauvages.
Ville du pont.
Ville de Teau du pont.
Cité du pont.
Ville du feu en flammes.
Nous omettons Uzarra, Uzargala, Saraghina, Saraka, Ihikûs Buthauriz, Buthuras et tant d'auh*es cités africaines, dont les noms, recueillis par Strabon et Ptolémée , se conservent encore , appliqués à des villes , des villages , des hameaux , des vallées , des sites ou paysages, dans le territoire des Basques pyrénéens. >
Cette étude de la géographie antique nous porta ù
- *w soupçonner l'existence primitive des Euskariens dans rindoustan , et nous fit décourrir iès rapports du basque et du sanscrit, jusque-là inaperçus. Depuis lors, des publications savantes ont été faites, dans lesquelles, tout en reconnaissant la parenté du sanscrit et de Teuskarien, on veut faire de ces deux langues des dialectes du vieux tartare ou massagéte. Cette dernière croyance est un reste de vieille erreur; VEskuara indoustanique n'était pas plus tartare que VEdwara ibérien ou espagnol n'étmt celte ou gaulois. La civilisation emkarieime appartient au Midi, comme la bariMurie de Fére ancienne atix Hyperboréens ; elle précéda en Espagne et en Italie l'invasion des Illyriens et des Celtes , dans llndoustan ceHe des Maha - Sagatay , c'est -è- dire des Massagètes 6n grands Scythes : ce qui la reporte ftyrcément aux siéeies les plus reculés de l'ère appelée à juste titre primitive et patriarcale , plus haut et plus loin que le polythéisme et les fables mythologiques. Le sanscrit, à ce compte, devient Verdara, le celtibérien de l'Orient ; fait constaté dans le nom même de SanhSkrada , que lui donnent les Bramines, et qui e«t l'équivalent parfit du mot erdarada i puisque en sanscrit sam signifie moitié, comme le mot erdi diez les Cantabres, et que la seconde partie des deux dénominations, par ses radicaux et ses composés euêhakara , skraiia , uskara, uskarada j est un terme commun aux deux langues. Cette dualité tartstrOeuskarienne du sanscrit se rencontre non-eeulemeÀt dans ses éléments vocalisateurs, tmtôt âpres et ineuphoniques, comme appartenant au dialecte gète, tantAt larges et harmonieux comme dans Tibérien ; non-seulement encore dans ses aspirations incomplètes vers la synthèse grammaticale; mais dan» sa nomenckrtuire
~ «40 double ou mêlée , où les mots euskariens sont en assez grand nombre. Citons-en quelques-uns.
Afna,AMuiy
Ata,Ata, afta,
Asza, Aizia,
Ashua^Astua,
Tanaia,AnaXa,
Purua , Burua ,
Purusa^ Buruzaghia ,
Puruacah , Burhasoac ,
Kara, Kara,
Kuta,Kukutas
Kiizurra, Zaktirra,
Zarrama , Zakurrama ,
Djazti,Azti,
Djaiui,Jana,
Djana {sartia) Jakina {oh)
Gagana , Gagaiia ,
Idwa,Idia,
Izhaj^Izham,
Irz , Izar^
Nir^Nigar^
Zuurta^, Zuurraj.
Otêha , Oura , Ouha ,
OurztirOuri,
OiJirsanU,Ourchita,
Ouhatsara , Ouhaldea ,
Ouarsapo, Ourapo,
Son , Sou ,
Somru , Swri {eli4>r ),
Une mère.
Un père.
Le vent.
L'âne , une bête de somme.
Un frère ou un fils.
L'Orient» la tète, l'origine.
Un homme , tête ou ckef.
Les ancêtres.
La main ou la manière.
La crête, cime ou sommet.
Un chien.
Une chienne.
Un devin.
La nourriture, le manger.
Celui qui sait tout.
Le ciel, le haut firmament.
Up bœuf.
Cekiiqui est, Dieu.
Une étoile.
Les larmes.
Le sage, la sagesse.
L'eau, l'élément liquide.
Lapkue.
La goutte d'eau.
Le déluge.
La grenouille ou crapaud
d'eaU'.
Le feu. L'édahr fulminant
Siouccha , iJhouka , Siùuba, Soughia (heren), Sauki, Soughis Sou-Meru, Sùu-Meru, Souarga, Souharghia,
Souassa , Sauatsa , Sùutu,Sourilu,
Soucia , Saucolma , Sauryen , Sourien-a , Arghia, Arghia, Arghiama, Arghiama^ Soùarghiama , S&uar* ghiama ,
La flamme , ce qui diassèéhë.
Le grand dragon.
Un serp^st.
Le Méru de feu.
Le ciel des élus ou des feux
briflants.
Le souffle igné , animé.
La pureté, ce qui a étfr
blanchi.
La couleur blanche.
Le soleil , le plus blond.
La lumière.
La lumière-source.
Le firmament ou la «eurce
des feux lumineux.
La première série est celle des mots sanscrits : nods rayons prise du vocabulaire classique des Bramines, avec rorthographe que leur donne le docte Paulin, devenu , pendant trente années de séjour «t de mission dans rindoustan et le Malabar, l'un des meilleurs sanscriotes de TEurope : les mots de la seconde série appartiennent au vocabulaire cantabre. Ce ne sont point à coup sûr des ressemblances de hasard , des conseil* namces onomatopéiqûes. Nous mrions pu en grossir le nombre et faire un volume, selon la méthode de (fissertation usitée dans les derniers siècles. Il est a remarquer que les mots euskaro-indiens ne figurent dans la liturgie des Braimnes qu'à l'état traditionnel et cemme dénominations mythologiques; il en est une foule dont les sanscriotes ignorent la définition , qui ne saurait être fournie que par les dialectes cantabriques^ M . Du Mégie
- 142^dira4-il maintenant que le basque et le aattôcrit doivent les mots aiUké «ma > père t mère , aux deux galUcisiiies enfantins papa/ iMiiMMi/ Faudra-t-il croire, selon lui, que les Ibères ataieiit emprunté ces deux mots au français, avant de composer en leur langue les dérivés qui désignent Taïeul , Taîeule , le parrain , la marraine , le père nourricîef , Ittmére nourricière : wUma , aifoiki- 9Êma, mtasiiba, êStase, aXtagota, aïtagno, aSiagm, eguz-aïta , aitabitchi4 ^ Amena , amanaûssia, amasaba, amaso, amêgaia^ amagno, amagni, eguzama, amabUchi. Tout au contraire, lesdeux radicaux euskariens atta, ama, sont de la plus belle antiquité historique, si bien qu'ils ont précédé dans Tlndoustan l'invention de la mythologie des Bramines. Le sanscrit , avons-nous dit , est Terdara, le celtibérîea de TOrient; c'est le dialecte des Tartares, Massagétes ou grands Scythes , mêlé à une petite portion de r^^fcuoraaMatique. Comme dans le zend, le latin , le celtique et la plupart des langues hyperb^ennes , on y trouve les mots piter, miter, sigmfiant un père, une mère ; mais le môme sanscrit, dans sa p^tie liturgique, conserve toujours les mots euskariens oito, ama, qui sont conmiuns aux dialectes canlabres. Le soleil est appelé dans les livres sacrés deà Indiens, Sofuri, Chowri, Samim, Chourien; tout Basque traduira cette dénomination par blanc , le plus blanc , bimid , le plus blond ; car le soleil était pour les Ibères, dans la langue poétique , comme le Phœbus des Grecs et des Latins , le dieu , l'astre à blonde chevelure. Le soleil est encore sfipelé dans la théogonie indienne arghùama ; et nous savons qu'en sanscrit arghi signifie la lumière, et orna la mère , la source de toute chose : ces deux mots ont la même signification , ou plutôt n'en ont point d'autre
dans les dialectes cantabriques. Les radicaux euskariens sou, feu, argki, lumiàre, se cambinent dans le mot poétique de sou-arg-am ^ que les Bramines donaent au firmainent étoile, au paradis olympique; et il n'y a, dan» les Pyrénées euskariennes« Yascan si dépourvu d'inletti^ gence , qui , au mot de souarghia , ne fût en état de traduire et de définir le mot sacramental de la religion indienne » aussi bien et mieu peutrétre que tous kn prêtres charlatans da« bords du Gange. Que nous veut donc M. Du Mége avec ses Honoriaques et sqs pabap romans?
Dans toutç la partie du vocabulaire qui n'est pas emr pruntée à Veuskarien , les moto sanscrits appartiennent à la vocalisation scythique, et se retrouvent dans le ^end, rbébreu, le grec» le latia., le galiique ; en un mot» dans toutes les langues de la même dérivation hyperboréenne. Mais leur prononciation âpre et tudesque se trouve adoucie dans le sanscritpar l'emploi répété de la voyelle a. Ce remplacement est si général que la prononciation sansceite en acquiert une ressemblanee frappante afvee; celle de VMditêara.
m MTm.