EPOQUE INTERMEDIAIRE
MM m WASCOMS CIS-PYRHUIKEMS.
Lyant d'aborder la grande épopée de l'époque mauresque, 58I. st essentiel de faire faire au lecteur un mouvement rétros- (tif , et de remonter quelques siècles pour compléter le leau déjà tracé, par la Ggure qui lui manque et qui ne (86 pas que d'avoir sa majesté. Nous avons préféré rejeter tout ce qui concerne les Yascons cis-pyrénéens , pour ne ; entraver la marche des événements et ne point rompre il de la narration. Le lecteur eût été distrait et fatigué de aer à chaque instant d'un côté des Pyrénées à l'autre , de -doue à l'Aquitaine , des provinces basques de notre verlà la haute Navarre et la Lusitanie. D'ailleurs les laits nt, surtout dans les premières années, distincts et séparés itérât; les mêler à ceux que nous venons de raconter eût un désagréable enchevêtrement, eût demandé une trop istante tension d'esprit.
tiétrogradant jusqu'à l'année 581 , nous reprenons Léovile conquérant l'Alava pour venger sur les Yascons de ce irtier l'injure faite à son fils Récaréde, gagnant un terri - "6 et perdant un peuple.
jOs émigrés de la liberté franchirent les monts, ne trouit pas où reposer leurs membres brisés, où établir leurs
pénates dans la haute Navarre, leGoipuzcoa, ni la Biscaye» dont les populations couvraient le boI. Us descendirent le \ versant nord , y trouvèrent des frères dès long-temps installés, et s'entendirent avec eux pour occuper un terrain commun. Les Labourdins et les Souletins d'aujourd'hui étaient maîtres des terres qu'ils cultivent encore.
D'après la topographie moderne, et pour que l'on puisse saisir l'ensemble de la localité intermédiaire et alors déserte, nous dirons que le Labourd habité finissait à Hasparren, avec la ligne d'Ossez d'un côté et celle d'Ayherre de l'autre. La Soûle s'arrêtait à Domezain et ses limites actuelles, à peu de chose près. L'intervalle existant entre les deux peuplades était couvert de bois et de bruyères ; là se logèrent les Alavais , encadrés par des originaires, des branches d'une même souche. En commémoration de la mère patrie de laquelle les avait expulsés le fer des Visigoths, ils nommèrent le périmètre dons nous parlons : Basse Navarre. Il n'est pas hors de propos de dire, pour plus ample entente de ce nom, que pour désigner une contrée du nord, l'Euskarien se sert de l'expression à'en-bas; par conséquent Basse Navarre devient Navarre du nord.
58i-587. Le travail opiniâtre et intelligent des nouveaux colons fonda dans cette circonscription le berceau de leurs générations à venir, et la confraternité cantabrique confondit bientôt les trois peuplades en une seule masse, une famille dont les membres ne reconnaissaient d'autre différence que celle des noms territoriaux. Labourdins, Bas-Navarrais, Sotiletins eurent bientôt établi une communauté d'intérêts. Ceux des Yascons qui étaient venus demander à la Gaule , Tasile que les chances d^une guerre inégale et leur aversion pour toute domination leur avaient fait perdre dans la Péninsule, adoptèrent les affections et les antipathies de leurs frères hospitaliers. Us portèrent sur les Francs l'éloignement qu'ils avaient eu pour les Yisigoths, et profitèrent des discordes qui divisaient les différents royaumes et les rois Francs. Aucun détail ne nous a été laissé sur leur établissement premier, ni leur extension ; sur les conquêtes qu'Us firent ni les combats qu'ils eurent à livrer. On dirait que les écrivains
espagnols et français ont pris à tâche de déshériter ce peuple de la grande voix de l'histoire. C'est une faute ; c'est plus encore : c'est une violation de l'impartialité, de la consciencieuse exactitude imposée aux historiens, aux chroniqueurs, et que ne saurait infirmer l'amour propre ou l'orgueil national. A défaut de ces tableaux qui jetteraient un vif éclat, un intérêt puissant sur l'ensemble de la narration , nous avons les résultats. Ceux-là du moins sont positifs , ils sont incontestables. Ils nous montrent les Yascons se précipitant sur la Gaule, s'y étendant rapidement, et Chilpéric, alarmé par Textension de cette puissance nouvelle, qui avait envoyé contre elle une nombreuse armée sous le commandement de Bladaste, général renommé. Bladaste complètement défait fut réduit à fuir avec les débris échappés à la hache vasconne.
Les Yascons s'étendaient toujours vers le nord, pillaient, * et rentraient dans l'asile des Pyrénées. Us descendirent peu à peu de leurs montagnes, et s'étendirent dans les plaines de TAquitaine. Le pillage et l'incendie parcoururent les villages et habitations de ce riche et riant pays ; les Yascons se letirérent ensuite, traînant après eux butin, troupeaux et prisonniers. Galatoire de Bordeaux, Austrobalde de Toulouse, généraux francs chargés de la défense et de la conservation de ces contrées, tentèrent plusieurs fois d'arrêter le torrent. La valeur vasconne rendit inutiles leurs efforts. Aussitôt «prés la mort de Contran, roi de Bourgogne, en 587, Austro* iFalde, obligé de reprendre les armes contre les Yascons, ne fiit pas plus heureux.
Un pieux souvenir, celui de la sépulture de leurs pères, dn berceau de leurs enfants, poussa les Bas-Navarrais à 597.630 finasseries Pyrénées. Fiers de leurs victoires sur les Francs, ils conçurent le hardi projet d'aller revoir le sol natal, et de reconquérir leurs anciens foyers sur les Yisigoths. Ils franchirent donc les montagnes, se dirigèrent sur l'Alava et s'emparèrent de plusieurs places. Récarède, roi visigoth, envoya contre eux des armées nombreuses et aguerries. Les <diances de cette guerre furent balancées d'abord ; mais à la fin le nombre l'emporta sur le courage : la fortune trahit encore une fois les Yascons. Ils perdirent de nouveau tous
est
les lieux pris au début de leur échauffourée, et furent contraints de revenir aux terres cis-pyrénéennes, où leurs épées étaient plus heureuses, ou déjà verdissait une naissaate génération.
Les Vascons, dès Tannée 600, étaient célèbres par leon fréquentes incursions en Novempopulanie. La richesse de cette province, la fertilité de aes campagnes, invitaient les Yascons à s'eji emparer. Aussi en voulurent-ils faire et en commencèrent-ils la conquête. Théobebertet Thierry fils de Childebertroid'Austrasie et petits-neveux de Contran roi de Bourgogne, Tun roi d'Austrasie et l'autre de Bourgogne, unirent leurs armes contre les Yascons. La domination de ce peuple s'étendait déjà jusqu'à la Garonne, et leurs courses hostiles atteignaient presque la Loire. Il parait que les deui frères obtinrent quelques avantages dans cette campagne. Les Yascons se retirèrent derrière la Garonne qu'ils obs^ vèrent comme limite, acceptant pour duc un certain Génialis, dont il n'est pas autrement fait mention, mais qui sut faire aimer son commandement de ce peuple indompté.
Glotaire II, avait laissé, en 630, la couronne à ses deux fils, Dagobert et Garibert. Dagobert refusa le partage à son frère, et songeait à réunir sous son seul sceptre la totalité di royaume, à peine assez grand pour son ambition. Garîbert, aidé par les armes de son oncle maternel Brunehulph , était devenu roi de Neustrie et pensait à conquérir ce que lui déniait son frère : sa portion de l'héritage paternel^ la cou* ronne d'Aquitaine. Dagobert craignait Garibert appuyé par un aussi puissant protecteur. Il attira sous un prétexte spécieux Brunehulph à sa cour , et le fit assassiner. Privé de l'unique soutien de ses prétentions armées, Garibert eut recours aux négociations. Un traité fut conclu le 30 avril 631 entre les deux frères, soit que Dagobert eût craint une représaille de la mort violente de son oncle^ soit qu'ujie fois, da moins, il eût obéi à la justice et l'évidence. Le conseil du ^i roi assigna à Garibert depuis la Loire jusqu'à l'Espagne, ce ^ qui comprenait entre autres le Toulousain, le Quercy, l'Âge- \ nais, le Périgord^ la Saintonge avec la Gascogne et la Novem- j populanie. U obtint aussi la ville d'Arles, la partie de la ^
Pravence comprise entre le royaume de Neustrie, TAngounoiset le Poitou. Ses états se troavaieiit ainsi limités au nord Mff la Loire ^ et par les Pyrénées au sud. Garibert se rendit nissitôt à Toulouse, dont il fit sa capitale. Ce fut donc vers e printemps de 631 qu'il rétablit le titre antique des rois de Toulouse^ jadis porté par les monarques visigothsde France, it qui n'existait plus depuis environ cent vingt ans.
Les Vascons avaient repris leurs excursions en Aquitaine; sém'alis était mort, et Aghinan, son successeur envoyé par iagobert» avait été massacré ; ils s'étaient donné un duc îhi parmi eux, un homme de leur sang, de leur langue, de «ur choix, digne en un mol de figurer à la tète des armées somme à celle du conseil. Aman était son nom. Depuis ong-temps les montagnards avaient secoué le joug que Fhéodebert et Thierry avaient prétendu leur imposer. L'ar* lent Palladius et son fils Senox évèque d'Euse^ novempomlaniens sous la domination vasconne, avaient excité les iTascoQS à porter leurs coups du côté, de l'Aquitaine. C^est lonc à l'instigation de ces deux personnages qu'Aman pro- Dena ses armes jusqu'aux portes de Toulouse, étendant ses mvages et ses conquêtes dans toute l'Aquitaine. Ce royaume ibuidaimé à Garibert était en partie fictif, puisque les Gascons étaient limités dans leurs possessions, au nord par a Garonne, et à l'est ne s'arrêtaient qu'aux environs de fooloose. Ils avaient à eux la Novempopulanie ; et si Gariml voulait faire de sa royauté nominale une réalité, il lui lUait gagner ses états à la pointe de l'épée. Ce parti offrait \M difficultés. Les Vascons^ aguerris par une vie hérédinrê de combats, avaient su faire aimer leur domination et I rendaient légère. Peuple libre, ils voulaient que les alions qni leur obéissaient vécussent à l'ombre des mêmes ris et avec autant de liberté qu'eux-mêmes.
Garibert demanda à son frère, pour diriger la campagne t l'aider de ses conseils, Ghadion, vieux guerrier, général tpérimenté^ soldat intrépide. Il l'obtint et marcha aux Vas- ODS. Ceux-ci étaient conduits par Aman, digne en tout point 'être l'antagoniste -de Ghadion. Jeune, bouillant et brave, Caibert diercha et rencontra Aman. A la suite d'une sanglante
— MO — ImtaiHe TÂquitain Ait défait. Il rétablit promptement son armée et tenta de nouveau la fortune des armes. Le Vascon, yatnqueur dans la première rencontre, n'hésita pas i se présenter au combat, comptant sur un succès certain. Une habile diversion de Chadion arracha la victoire à Aman, lorsqu'il allait la saisir; l'avantage resta indécis, la terre couverte de morts. Les deux partis ne se donnaient pas de relâche, les résultats se balançaient dans les actions, les Vascons ne perdaient pas de terrain, et la campagne se pro* longeait. Garibert reconnut qu'il lui serait long et difficile d'opérer sa conquête, si toutefois il y parvenait sans autres ressources que les siennes propres; il était d'ailleurs peu rassuré sur le compte de son frère, dont on lui avait révélé les hostiles intentions à son égard. Il prit le parti d'entrer en arrangement avec le Duc des Vascons.
Aman avait une fille d'une grande beauté ; elle devint le gage de la paix : Gisèle fut épousée par Garibert, et ce mariage établit, peut-on dire, des liens de famille entre les deux nations. Le roi se donnait ainsi un allié important, en même temps qu'il s'assurait un refuge contre les entre*, prises de Dagobert.
Un pareil résultat dément les auteurs qui nous présentent les Vascons vaincus et soumis, subjugués par Garibert, qu'ils prétendent avoir englobé dans son royaume éphémère toutes les dépendances des Vascons, et même leur pays, jusqu'aux Pyrénées. Assurément si le roi d'Aquitaine avait réussi à courber ce peuple sous son sceptre, il n'eût point choisi, pour régner avec lui, la fille d'un homme auquel son premier soin aurait été de retirer sa dignité de duc ou chef des Vascons. Une telle alliance eût été imprudente, trop impolitique. Aux termes où le roi en était avec Dagobert^ il aurait cherché un appui solide, imposant, dans quelque forte et puissante confédération, dont la base eût été un mariage; tandis que la fille du Vascôn, du chef vaincu ne pouvait lai offrir aucune garantie de sécurité ni d'augmentation poar l'étendue présente et à venir de son trône. Garibert n'avait pas pu dompter les Vascons, il craignait des voisins remuants et dangereux; il s'allia avec une de leurs famille, s'acquit
— M* — par là. leur amitié, et crut, avec raison, avoir donné a 8<m poQvoir im inébranlahle étai.
Les Toulousains venaient de contribuer à mettre Sisenand $35 sur le trône visigoth d'Espagne. Comblés de présents par la reconnaissance de ce roi, ils étaient retournés chez eux et jouissaient d'un moment de repos, lorsque Garibert mourut Mnpoisonné. Le coup qui, dans la pensée de son auteur^ devait atteindre toute la famille, était parti de la main de Dagobert, dont Tinquiéte et peu scrupuleuse ambition ne comnâssait ni bornes ni frein. Garibert n'avait que vingts qoatn ans; il fut remplacé, dans son appellation de roi, par Ghildéric son fils aîné. Dagobert nourrissait toujours le projet de réunir la France entière en un seul état, et d'en poser la belle couronne sur sa tète. En conséquence Ghildéric, enfant de quatre ans, mourut empoisonné comme son père. Gisèle comprit le peu de sûreté que la cour de Toulouse lui offrait ainsi qu'à ses ei\fonts, Bertrand et Boggis, puinés de Ghildéric. Elle fuit avec eux, et fut se placer sous l'égide d'Aman aieul des jeunes princes. Ainsi furent-ils laiivés des arrêts de mort de leur oncle et élevés au milieu de ces Vascons dont l'alliance devait tant leur servir un jour. Assuré de la mort de Ghildéric, Dagobert envoya le duc Baronte à Toulouse, prendre possession du royaume es son nom. L'Aquitaine en partie, et sa capitale, furent léonies aux états du roi de Paris, qui devint alors seul roi des Français, comme l'avait été son père. En s'emparant des trésors amassés et laissés par Garibert^ Baronte ne fit ^'exécuter les ordres de son maître; mais il les dépassa en es qu'il en détourna une bonne portion à son profit.
Sous la date marginale de 631 à 633, Anquetil rapporte la mort de Garibert, ne laéssmU, dit-il, qu'un fUs au berceau. Quelques lignes plus bas et dans le même alinéa^ il ajoute : « Au bout de quelques années cependant il (Dagobert) érigea • TAquitaine en titre de duché héréditaire, et sous la condi- « lion de foi et hommage, en faveur de ses neveux Boggis « et Bertrand, autres fis de wn frère Garibert. Gelte érection -' eat dé 637. » (Anquetil page 335, édition de 1829).
Ce n'est pas notre feute, à nous, si Garibert qui, à la
seconde ligne de cette page d'Anqoetil, n'andt qn^on seol fils, s'en trouve deux de plus à la dousième ligne da mène alinéa. Aprl^s son alliance avec les Yascons et son union avec la fille de leur Duc, Garibert fut empoisonné du frit de son frère. Son fils aine, Ghildéric, eut le même sort; la seconde ligne nous le montre fiU unique, et il se trouve l'ainé de deux autres dix lignes plus bas. Le mariage du roi avec Gisèle est un fait historique connu ; Texistence de leurs enfants se prouve par des guerres et une lignée dans laquelle figure Eudes, que nous trouverons plus tard. Ge prince marqua soq passage avec son épée, d'abord contre Charles Martel, et ensuite l'écrivit en caractères inefiaçables avec le sang sarrasin aux champs de Toulouse, de Bordeaux, de Tours et de Poitiers. Il ne peut être contesté. Eudes était petit-fils de la Vasconne Gisèle et du roi Garibert son époux.
Que l'on taise un fiiit ou qu'on le dénature dans une chronique , un pamphlet ou des méinoires ; cela peut se taxer d'esprit de parti , de caprice ou d'erreur. Dans l'histoire une pareille excuse n'est pas admissible; celle même d'orgueil ou de caresse nafionale n'en est pas une. Que peut donc être une contradiction aussi choquante, dans un espaee aussi resserré, tel que nous venons de le présenter? Ce n'est assurément, ni ne peut être une distraction ; reste doue ce que nous ne qualifierons que d'aberration; autrement ce serait se jouer trop hardiment de son lecteur ; et aujourd'hui surtout, il y a beaucoup de personnes qui méritent ce nom.
Il est une remarque à reproduire ici , c'est le mauvais vouloir évident des historiens de tous les pays contre les Vascons ou Cantabres, Euskariens ou Basques de nos jours. Nous en parlons souvent ; mais la vérité ne saurait être tarop prônée. Pourquoi donc être jaloux du doyen des peuplai, |î comme si chacun n'avait pas sa part de gloire , ses beaux i jours à raconter? Peuton sérieusement avoir pensé que des i hommes qui ne possédaient ni mémoires écrits , ni histoiie constatée sur le papier ne sauraient comprendra une langue autre que la leur, et que facilement établirait-on a la jhce de l'univers que ce peuple n'avait rien à confier a l'avenir, rien à léguer à l'attention de la postérité, puisqu'il ne leur
rait laissé ancun monument, aucun mémento écrit? Mais *abord qui , en Burope , eût pu comprendre ce qui aurait lé tracé dans la langue des Ibères? En second lieu, pournoi derraient-ils se vanter , ceux qui seuls restent debout a milieu des cataclysmes politiques, qui survivent à Texpiilîon des siècles , coiçme ils résistent aux orages qui se roisent et éclatent à Thorizon des nations? Leur survivance, )ar existence parle pour eux , et leur peu de vanité ne leur ermet pas de croire quïls aient jamais fait autre chose que Bmplir une mission. Mais l'heure est venue, et nous ne omrons plus admettre ce qui a été toléré jusqu'à ce moment ù chacun avait sa réputation à créer; TEuskarien doit se lontrer à son tour avec la sienne toute faite , aujourd'hui oe Ton se classe et que chacun réclame sa part acquise 6 célébrité. L'Euskarien a buriné la sienne trop loin et rop profondément dans les siècles, pour ne pas prendre, par I seul fait de son existence, le droit de primogéniture. Le emander serait insuffisant ; le prouver c'est l'établir. Ainsi ooc nous sommes forcés de repousser ce que nous rencon* reroDs d'erreur ou de mensonge, tant d'un côté que de l'au. re; c'est notre devoir, nous le remplirons sans hésiter. Un mi qui vante trop, nuit; un ennemi qui déprécie fait tort à i propre gloire.
Il nous devient malaisé de pénétrer le motif d'Ânquetil ans cette circonstance. Aurait-il voulu donner à penser que loggia et Bertrand étaient des enfants naturels, tandis qu'ils taient issus du mariage de Caribert avec la fille du duc des ^ascons I Ce serait une défaveur gratuite jetée sur eux ; car Nur légitimité est avérée. SerailH^e plutôt que Boggis était I père d'Eudes le rival et l'antagoniste de Charles Martel^ ami des Vascons qui l'aidaient de leur hache contre son ap^e ennemi ? Serait-ce encore dépit de ce que la gloire Isa champs de Poitiers n'est pas exclusivement pour Charles t ses Francs, et que le duc de Toulouse, et les fils de la' Bontagne avec lui, en cueillirent une ample part? Tout da serait petitesse ; et pourtant c'est la route battue et Bivie par la pluralité des écrivains. Nous aimons mieux roîreque Thistorien, justement célèbre, s'est laissé tromper
par les chroniqueurs austrasiens, que leur vanité portait à s'approprier la gloire des autresv Et cela , surtoat lorsqu'ils voyaient que ces autres se contentaient de l'établir noblement, comme des gens auxquels la gloire. est une appartenance, une chose naturelle, inséparable d'eux, et sansche^ cher à s'en faire un mérite. Alors nous nous bornerons à dire qu'Anquetil aurait dû creuser un peu mieux le sujet, et ne pas s'en rapporter aveuglément.
Les Vascons avaient repris les armes. Us firent de grandes courses dans l'Aquitaine et enlevèrent un butin considérable. Dagobert, irrité de leur audace, jura d'en tirer vengeance en exterminant les Vascons et s'emparant de leur pays. Mais il comprit aussi ce qu'une telle entreprise exigeait de déploiement de forces. Il convoqua tout ce que la Bourgogne lui put fournir d'hommes, joignit à cette nombreuse levée, une armée déjà sur pied et nomma général en chef de ce corps formidable le vieux Chadion , fameux par. sa valeur et ses fréquentes victoires sous le règne de Théoderic. Sous ses ordres marchaient onze Leudes également connus et renommés. C'étaient le beau et brave duc d'Aremberg, Amalgrius, Ermenric; Leudebert; Euvandalmore ; Unalderie; Barante; Flariarde, français de naissance; Banlénius, italien célèbre par son astuce , son courage et son aveugle dévouement à Chadion, dont il était la créature; Egine, elle patrice bourguignon Wilibald ou Uvilibalde. Chacun de ces seigneurs commandait un des corps de l'armée, augmraté de ce qu'il avait amené de vassaux armés par lui ou ses liges.
Indépendamment de cette nuée de soldats, un grand nombre de comtes , de membres de la noblesse française , tous avec leurs troupes et leurs bannières particulières , étaîeot venus se ranger sous les ordres immédiats de Chadion^ et fo^ ( maient une division d'élite. Ces aventureux chevaliers, U accourus en volontaires , se jetaient à travers les chanees \ d'une guerre qui fixait toutes les attentions.
La grandeur des préparatifs, les dangers prévus dans cette L lutte corps à corps avec une nation à la. valeur antique et L indomptée ; l'éclat dont brillait l'armée par les noms des )^
diefe et la réputation bien établie du Ticux Chadion ; tout iommit à cette guerre des proportions grandioses, un caractère imposant et particulier. L'opinion inspirée à la puis** lance française par un peuple numériquement aussi inférieur, devait être bien grande, bien haute, puisqu'une partie lu vaste royaume était sous les armes , pour aller combattre le petit peuple ; puisque toutes les célébrités militaires, les sommités de la chevalerie avaient été convoquées au conflit. Chadion , à la tête de toutes ces armées combinées 9n une seule, entra dans les possessions vasconnes, les inonda de ses troupes, mit tout à feu et à sang. Malgré la disproportion de leurs forces, les Vascons se présentèrent résolument à l'ennemi et même lui offrirent la bataille. Elle ht avidement acceptée. Mais après de notables pertes de part et d'autre , les Vascons , défaits en dépit de leur intrépidité , cédèrent enfin au nombre et fuirent vers les Pyrénées. C'est là que, dès le principe, ils auraient dû se retirer. Les gorges, les vallées , les montagnes escarpées , les défilés étroits, leur auraient valu une armée ; l'avantage du nombre ràt été compensé par la difficulté des lieux. Peut-être aussi sette bataille , brusquement interrompue par une fuite préâpitée , n'était-elle qu'une combinaison d'Aman. Peut-être roulait-il augmenter encore la confiance d'un ennemi qui mnptait déjà sur un succès assuré ; ennemi vain de sa sulériorité, mais que Taspect âpre et sévère des Pyrénées mrait pu faire hésiter. Les Vascons voulaient, en se retirant Dut à coup, l'exciter, l'échauffer à la poursuite et l'attirer ur un terrain désavantageux pour lui. Chadion habile et rusé, ne se serait point hasardé dans des défilés inconnus, l'il n'eût conçu la presque certitude d'anéantir, en le pourniivant l'épée aux reins, un ennemi aussi audacieux.
Les Francs animés par le combat, s'élancèrent à la pourmite des Vascons, pillant, ravageant, dévastant tout sur leur passage, massacrant sans pitié, sans distinction de sexe ni d'âge tout ce qu'ils rencontraient. Les Vascons fuyaient touiours d'une vitesse calculée; les Francs les suivaient toujours avec ardeur sans pouvoir les atteindre, s'obstinaient de plus «n plus, et s'engagèrent témérairement dans les montagnes.
Avec Tasped du terrain changea la fortune. Quasd l*arniée fut bien compromise dans les gorges» les ravins, les fondrières ; le Vascon arrêta sa course, fit la guerre de sa localité, guerre de surprise et d'embûches, et se vengea de l'échec éprouvé dans le plat pays. Le nombre ne pouvait rien daos ces positions rétrécies; il était même plus embarrassant qu'avantageux, et présentait une masse plus serrée, des victimes plus agglomérées aux coups des Vascons. Le bouillant Aremberg, forcé de s'abandonner aux détours d'une goi^e d'où il ne savait plus sortir, se vit tout-à-coup cerné, coupé, attaqué avec fureur au cri de guerre que se rejetaient les échos dans les vallées de la Soûle. Son corps d'armée périt en entier sous la hache montagnarde; tout fut enseveli dans les fonds tortueux du val, dans les flots du Saison. Luimême fut tué avec la principale noblesse qui suivait son drapeau. Les autres corps, aussi imprudemment aventurés, eurent un sort analogue.
Pendant ces événements, Chadion était resté dans les plaines de la Soûle, à l'entrée de la vallée, dont l'ouverture est plus large en cet endroit riant et fertile du pays basque. Les Vascons étaient vengés; cependant les ravages faits par le Français les consterna. Malgré le nombre des troupes stationnées avec le vieux guerrier, ensemble qui présentait encore une belle armée, ils n'en conservèrent pas moins une attitude menaçante. Le pays, les maisons étaient brûlés, les habitants massacrés, à l'exception de ceux dont la fuite avait devancé l'arrivée des destructeurs. Echappés au fer des Francs, ceux-là avait été rejoindre leurs frères armés, dans leurs retraites, et grossi les rangs des défenseurs de l'indépendance nationale. Chadion et ses soldats se trouvaient au milieu d'un désert, qu'ils avaient fait eux-mêmes, sur un monceau de cendres, sur une terre rouge de sang et jonchée de cadavres. Devant eux, ces montagnes inaccessibles à leur rage, du haut desquelles la mort sous mille formes, était descendue, en bondissant, sur leurs frères d'armes, leurs compagnons de gloire et de dangers. Dans ces montagnes, dans ces rochers, eux aussi teints de sang, mais du sang des Francs, était une population entière, animée par le double
lignilloii d'une implacable vengeance et du puissant amour le sa liberté. Elle avait sous les yeux, pour Texaspérer davanage encore, un déchirant tableau ; le massacre inutile de ont ce qui lui avait été cher, la destruction de toutes ses possessions, des fruits de ses labeurs, dont les tristes débris luisaient fumants.
Ghadion comprit combien sa position était devenue diflQnie ; il ouvrit une négociation avec les montagnards : Aman H lui s'abouchèrent. Les deux rivaux purent alors s'exami** ler de prés, se mesurer de Tœil avec un mutuel respect, somme ils s'étaient réciproquement cherchés sur les champs le carnage. Après bien des pourparlers, dans lesquels iman exigeait comme condition première le rétablissement le ses petits-fils dans leurs droits et de sa fille dans son rang» le général franc lui fit sur ce point quelques concesûons. Il fit toutefois la réserve qu'Aman se rendrait en per- M)nne auprès de Dagobert pour les faire ratifier. Aman y consentit; les regards d'un roi n'avaient rien de terrifiant pour Vhomme libre. Il voulut, avant tout, que Ghadion évaluât le pays qu'il avait ravagé, mais non conquis. Gette clause iccordée, le référendaire de Bourgogne retira ses troupes des possessions vasconnes, et put, en tes comptant, les trouver réduites de moitié. Aman assembla ensuite le conseil des inciens et principaux de la nation. Geux qui devaient accompagner le duc furent élus, et la députation partit pour Glichylur-Seine, où Dagobert tenait sa cour.
L'arrivée des représentants vascons y avait été devancée par la fatale nouvelle de la perte d'une partie de l'armée et de tant de chefs valeureux. Le roi irrité méditait une san- G33-636. glanle vengeance. Peu après Dagobert apprit, par un envoyé de Ghadion, la retraite du référendaire, les conditions auxquelles force lui avait été de souscrire, et la prochaine arrivée d'Aman et des députés vascons. La colère du roi devint de la fureur; il jura de faire périr toute la députation avec son ehef. Elle ne tarda pas à arriver. Des otages furent échangés, la foi de réciproque sûreté fut jurée et les garanties royales données. Malgré toutes les précautions et la sainteté des promesses. Aman et ses compagnons se virent bientôt
était mort long4einps avant son frère ; il avait laissé, de son mariage avec Phigberte, sœur d'Ode, un fils qui se retira dans un couvent avec sa tante, veuve de Boggis en 688, renonça au monde^ aux grandeurs, et devint St-Hubert. Hubert avait cédé à Eudes, son plus proche parent, tous ses droits et prétentions sur le duché d'Aquitaine. Sa tante et lui moururent en odeur de sainteté ; ainsi la race de Garibert et Gisèle fournit deux saints à la liturgie.
Eudes réunit donc sur sa tète la totalité des duchés d'Aquitaine et de Gascogne. C'est en 688 qu'il arriva au pouvoir ; il resta le constant et fidèle allié des Vascons, dont le concours lui devint si précieux dans toutes ses guerres. Eudes» ainsi que nous l'avons dit, était petit-ûls de Garibert et arrière-petit-fils d'Aman par son père Boggis. Il devint proche parent de Pépin d'Héristal par son mariage avec Valtrude» fille du Duc Walchigise.
Après la bataille de Testri, Pépin, maire du palais, s'était emparé de l'autorité et intitulé prince des Français. La puissance que s'arrogeait le minisire usurpateur, donna de l'ombrage au duc d'Aquitaine, et tout le Midi refusa de reconnaître le pouvoir de Pépin. Eudes profita de cette disposition des esprits pour décliner la suzeraineté. Il se déclara indépendant, et s'empara des fragments anciennement détachés de l'Aquitaine. Sa naissance lui aurait donné plus de véritables droits à la couronne de France qu'à l'audacieux d'Héristal qui venait d'en dépouiller le légitime possesseur» et ne pouvait alléguer d'antre litre que celui de la force et de la réussite. Au lieu d'émettre des prétentions qui auraient été vivement contestées, Eudes se contenta de renouveler et continuer ce que précédemment avaient failles ducs d'Aquitaine et de Vasconie. Profitant du trouble et de la faiblesse du gouvernement, ils avaient ressaisi leur liberté. A leur instar, plusieurs autres provinces secouèrent le joug des Maires du palais, après l'usurpation issue du combat de Testri. Il est prouvé que c'est immédiatement après cette journée qu'Eudes joignit à la succession paternelle cette parlie de l'Aquitaine que Dagobert s'était réservée, lors de
la formatioD du royaume de Caribert; portion que les rois de Prance détenaient encore au moment de cotte bataille.
Eudes ajouta donc aux états de ses devanciers le Berri, ["Auvergne, le Limousin» le Bourbonnais, le Rouergue, TÂlbigeois, Tllzége et le Gévaudan. Sa domination enchâssait en conséquence tout le Languedoc, à Texclusion du k^ivarais. Cette contrée relevait du Duché de Bourgogne et 3tait restée sous le gouvernement de Pépin. Les soulèvenents de toutes les divisions de la Germanie, soumises à "Empire Français, ceux des Bretons, Gaulois et Vascons, fui refusèrent le joug des maires du palais et se proclamèrent libres, favorisèrent puissamment l'Aquitain. Il parait nème certain, d'après les auteurs, qu'il reprit alors le titre le roi porté par son aïeul. Pépin fut obligé de combattre tuccessivement ces divers peuples, si éloignés les uns des lutres. La fortune ne seconda pas toujours ses armes autant [u'il l'aurait désiré, et son autorité absolue se trouva resser- •ée entre la rive droite de la Loire, le Rhin et l'Océan, ^épin déclara la guerre à Eudes, et se jeta tout-à-coup sur e Berri, à une des extrémités du duché. Il s'y étendit, et ('empara de Bourges avant que le duc eut pu s'opposer; nais Eudes accourut bientôt, mit la si^e devant la ville et éssaisit tout le Berri, dont il jouit paisiblement depuis, ^épin accablé d'ennemis n'inquiéta plus le roi de Toulouse, [ai désormais posséda, sans trouble de sa part, ses anciens itats et ses nouvelles conquêtes {*) .
Les Yisigoths des Gaules eurent alors à soutenir une 694-714. [uerre cbntre les Aquitains. Eudes, suivi de ses alliés les i^ascons qui l'aidaient dans tous ses démêlés armés, avait ait irruption dans la Narbonaise qu'il désirait ajouter à sa lomination. Egiza, roi des Yisigoths, envoya dans la région ittaquée une armée florissante. Trois campagnes faites consécutivement laissèrent l'avantage indécis. Eudes jugeant que e moment n'était pas venu encore de s'emparer de ces entrées laissa peu à peu la guerre s'éteindre et, comme par ine condition tacite, se retira et rappela ses troupes. Egiza
C) Erchcmb. Annal. Met.— Castel. Mom.— Mirac. St-Aug.
garnit ses places frontières» et les deux princes demeurèrent inoffensifs f). Pendant une vingtaine d'années tout resta dans Tétat habituel, et se borna à quelques courses, quelques affaires partielles et insignifiantes, dont à peine les chroniqueurs et annalistes font mention.
En 715 une guerre civile s'alluma entre les Neustrienset les Austrasiens. Eudes, que ces divisions aidaient à rester souverain indépendant, resta paisible spectateur, jusqu'au moment où force lui fut d'y prendre une part active. On lui 715-719 refusait le titre de roi, qu'il avait repris. Ghilpéric II, roi d'Âustrasie, le lui reconnut et confirma, pour obtenir son alliance dans la guerre que lui et Rainfroi, son maire du palais, soutenaient contre Charles Martel fils de d'Héristal. Entraver l'agrandissement de Charles, écarter du trône use famille usurpatrice et étrangère était le but principal d'Eudes, son intérêt le mieux entendu, puisque par là it assurait sa puissance et sa tranquillité. Il accepta donc les propositions elles riches présents de Chilpéric. En conséquence, Ekides arma de tout côté, appela les Vascons qui ne lui faillirent point, fut battu entre Rheimset Soissons, ainsi que son allié austrasien, et revint à Toulouse avec Chilpéric qui abandonna ses états. Charles s'en empara et les joignant à son duché, devint maître de presque tout le royaume. Le midi delà France jusqu'à la rive gauche de la Loire persista à rejeter l'autorité des maires du palais. Martel avait nommé Clotaire roi d'Austrasie. Ce prince mourut bientôt après, et Charles fit demander à Eudes la personne de Chilpéric et les trésors qu'il avait emportés. Son amitié était à ce prix ; un refus lui faisait passer la Loire et mettre tout à feu et à sang. Soit crainte, faiblesse, ou politique, Eudes consentit. Charles reconnut sa souveraineté en retour de Chilpéric et ses richesses, et un traité d'alliance fut conclu. Cette action d'Eudes est excusée par la difficulté de sa position entre l'heureuse épée du maire du palais et les armes des Sarrasins, qui venaient de faire une excursion jusque sur les limites de l'Aquitaine.
(*) Concil. Toîet.— Luc. Tud. Cron.
Ses prévisions ne le trompèrent pas long-temps. Deux ans rrés» en 721, il fut attaqué par Tarabe Zama, qui traînait sa suite un peuple, comme étaient toutes les armées abes de cette période. Eudes avait prévu le coup; à ses imbreuses troupes il avait ajouté un corps considérable de s auxiliaires vascons. Dans la bataille qu'Eudes et Zama livrèrent, les chrétiens restèrent vainqueurs. Anastase "étend, à la page 167 de son premier volume, que les usulmans perdirent trois cent soixante-quinze mille homes f). Il doit y avoir dans ce^ chiffre erreur d'un zéro, ce d laisse encore dans la poussière du champ de bataille Mite-sept mille cinq cents Sarrasins. Il n'en faut pas autant lur constater une victoire. Cette journée ne doit pas être nfondue avec celle , bien plus sanglante encore, de Tours, li n^eut lieu qu'onze ans plus tard. Les dates combattent ux qui ont voulu quelquefois les confondre; d'ailleurs égoire II , auquel Eudes écrivit dans l'ivresse de la vicm pour lui annoncer son beau fait d'armes , était mort .730,. deux ans avant la bataille de Tours. Indépendamment I ces raisons , Charles ne figure pas dans celle-ci ; tandis l'il gagna dans l'autre son surnom de Martel ; et de plus, [ 721 , c'était Zama qui commandait les Arabes , et aux aines de Tours et Poitiers c'était Abdérahman (**). Abderahman-el-Gaféqui était entré dans les Gaules par } Pyrénées-Orientales, et tomba sur Toulouse avec la nuée infidèles qu'il traînait a sa suite. Eudes l'altendait avec at ce qu'il avait pu réunir d'hommes, combattit et fut culité. Une partie de son armée périt dans cette funeste ornée. Après avoir pillé la ville et ravagé les envirods, -Gaféqui se porta sur Bordeaux. A la Garonne il retrouva rvant lui Eudes , les débris de ses troupes et les Vascons. 1 combat furieux s'engagea, se soutint quelque temps ; à fin Aquitains et Vascons , écrasés par le nombre , furent illés en pièces. Charles ne tarda pas à appeler à son aide roi d'Aquitaine. Eudesbrisé,presqu'anéanti,fitun dernier
D Anast.— Grég. de Tours.— Vaisset.
[*') CoDlin. Fredeg. — Veil. Rer. Franc. Ad annum 716. — Ann. Met.
iQ.— Fuld. Ghron. ap. Lamb.
effort; les Yascons accoururent en nombre et I cours devint déterminant à Tours, où les Ârab< entièrement défaits, et Abdérahman tué. Ils se m suite à la poursuite d'un corps de vingl-cinq mille échappés au grand massacre, Tatteignirent près de P et Técharpèrent. Peu après Eudes mourut, chargé d Cet éTènement eut lieu en 735.
Quelques auteurs modernes ont presque voulu Eudes comme un aventurier, un soldat heureux qi emparé de l'Aquitaine à la faveur des troubles du i et portait même ses vues plus haut. Mais nous avo duché lui revenir par héritage paternel; nous le voyi neveu de Dagobert , fils de Boggis, pelit-fils du roi < Il n'est donc pas hors de propos que, petit-fils et pe des deux souverains qui se partageaient la France ait prétendu à la portion de la monarchie qui lui rc droit. On ne sera pas surpris non plus de le voir toutes ses forces aux entreprises, aux usurpations d( Martel, qui cherchait, étranger à la famille royale, ; ser la couronne pour la ramasser à son profit. Les dances de ces deux rivaux ont vécu dans une inimitié ; et cela devait être, à cause des continuel d'intérêts. Les chroniqueurs austrasiens, les seul près qui nous restent de cette époque , sont tous tement dévoués à la lignée de Gharlemagne. Ils n négligé pour obscurcir la mémoire d'Eudes , et la ]
735-745 ^^^^^ ^"^ ^^^'^ ^^ ^^^ successeurs. Si le bonheui aux armes de Charles Martel avait secondé les effoi d'Aquitaine , Eudes aurait trouvé des panégyristes q sent placé dans son vrai jouf. Il eût alors été ] grand prince , comme en effet il Tétait, et le nom i teur à'aventurier serait demeuré au maire du palais il convenait avec plus de raison.
Les enfants de Martel , Pépin et Carloman , se guerre dès que leur père eut fermé les yeux , en *! Vascons et les Aquitains refusèrent , les premiers , mission. Hunald, duc de Toulouse, se crut dispens der son serment de fidélité à Charles , et fit jeter e
l>bé de Saint-Germain-des-Prés, placé atiprés de lui en lalité d'ambassadeur f). Pépin et Garloman unirent leurs mes pour réduire le rebelle, ravagèrent le Berri , rencontrent Hunald accouru au-devant d'eux , et le défirent. Le ic , vivement poursuivi , passa la Garonne et se réfugia ins la Vasconie. G'est ainsi que de vieux auteurs désilent le pays compris entre la Loire et les Pyrénées. Les inces marchèrent sur la portion de la Touraîne du ressort i duc, et la ravagèrent. Après avoir tour-à-tour dompté s diverses provinces soulevées, les deux frères voulurent icore subjuguer les Aquitains et les Vascons, qui persistent dans leur résistance. Hunald effrayé des préparatifs ils contre lui , aima mieux se soumettre que d'être brisé; fit son serment d'obéissance et de vassalité , donna des âges et remit en liberté l'abbé Landfred de Saint-Germain- «-Prés , détenu dans une étroite prison depuis trois ans demi. Hatton avait suivi le parti de Garloman et Pépin, «tre son frèi-e Hunald. Après la paix, ce dernier engagea itton, alors à Poitiers, à venir à sa cour. Hatton confiant ms le serment de son Trère , que rien ne serait entrepris mtre lui, se rendit à l'invitation. Dès son arrivée Hunald lui ; crever les yeux et le relégua en prison. Peu après Hunald i-mème s'enferma volontairement au cloître de l'île de bé, et prit l'habit (^). Il laissa sa principauté d'Aquitaine à m fils, Waiffre, selon l'annaliste de Metz, auquel nous npruntons ce narré. Durant vingt- trois années ce prince fit hiitence de son crime , dans ce monastère fondé par son hre et la reine sa mère , et dans lequel Eudes et Valtrude raient été inhumés. Hatton ne vécut pas long -temps; il issa deux filles et trois fils. L'un d'eux, Loiip, devint 759 lus tard duc des Vascons , et donna sa fille en mariage à ITaîffre.
Pépin convoitait la totalité du Languedoc, dont une poron considérable était possédée par Waiffre , avec Toulouse, ipitale de son duché. Pépin aurait voulu l'amener à se reonnaître son vassal. A l'exemple de son aïeul Eudes,
Fred. — Vais.
Annal, de Metz.
Waiffre prélendit gouverner en souverain indépendant. La guerre s'alluma, dura neuf années et ne s'éteignit qu'après que le duc eût été dépouillé de tous ses états. Les Vaseons jouèrent un grand rôle dans cette guerre, et contribuèrent» sa longue durée; mais la fortune des Garlovingiens l'emporta.
Il nous faut ici faire l'observation que les auteurs donnent indifféremment , dans cette période, le nom de Yascons aux Aquitains et aux peuples sis entre les Pyrénées et la Garonne. La raison en est que les ducs d'Aquitaine, depuis Boggis qu'Aman avait nommé son successeur, étaient aussi ducs de Yasconie. A cette époque le duc des Yascons était Rémistain> oncle de Waiffre et frère d'Hunald. Cependant il reste constaté que les Pyrénéens servirent la longue querelle de Waiffre.
Pépin s'empara successivement de toute l'Aquitaine , depuis Thouars jusqu'à Bourges ; il joignait Tincendie au fer de ses légions, pillait les églises, détruisait les couvents de l'un et l'autre sexe , emmenait les populations entières i l'intérieur. Incapable de résister à un ennemi aussi puissant, Waiffre lui laissait faire la guerre tout seul , et s'abritait d'asile en asile « de retraite en retraite , pour échapper au ressentiment de son vainqueur. Le duc rassembla néanmoins une nouvelle armée, qu'il Gt tailler en pièces a Issoudun par les troupes de Pépin.
Les négociations furent inutiles, le roi les rejeta avec hauteur et dédain. Non content des états du duc, il voulait sa personne, et le poursuivait sans relâche. Des armées ma^ chaient pour s'emparer d'un homme , et cet homme leur échappa long- temps.
Waiffre avait fait démanteler toutes les places d'Aquitaine , et laissait ainsi le pays à la merci de son ennemi. Toujours battus par des forces supérieures, les Aquitains et les Yascons envoyèrent des députés au roi , alors à Agen. Toulouse se rendit et retourna à la cotironne de France, après cent trente ans de séparation. Dans la dernière campagne Rémistain, oncle de Waiffre, qui avait battu les Francs dans le Berri et les inquiétait constamment , tomba
lans une embuscade , fut pris, garrotté et conduit à Saintes levant Pépin, qui le fit pendre ignominieusement, comme in malfaiteur.
La femme de ce prince, la mère, la sœur et les nièces de ^t¥aiffre, tombèrent aussi au pouvoir du vainqueur qui, ^pendant, les traita avec égard. Pépin , outré de ne pouroir se saisir de l'infortuné duc, fit une dernière tentative. )aatre colonnes furent chargées de battre le pays dans tous es sens, et Waifire était traqué comme une bête fauve. ^épin commandait en personne une des divisions. La mort nfamante de Rémistain attendait Waifire du haut d'un pbet. Pour en finir, Pépin gagna un des domestiques du lac qui fut assassiné dans son lit, la.nuit du deux juin 768. ?épin est accusé de ce crime odieux par les auteurs ses soDtemporains et ses partisans. La force de la vérité les sntraine malgré eux, et particulièrement le continuateur de Frédégaire. Tel est le moyen par lequel TAquitaine et la Novempopulanie furent réunies à la couronne de France. Waifire laissait un fils nommé Loup, de la princesse Adèle sa femme. Pépin ne jouit pas long-temps de son importante conquête, ni du firuit de son assassinat. Il mourut le vingtquatre septembre de la même année. Charles et Garloman ses deux fils, s'étaient partagé le royaume. Charles, dans la portion duquel était le Toulousain , nomma duc des Vascons Loup , fils d'Atton et cousin germain de Waifire en même temps que son beau-père.
Au milieu des querelles qui divisaient Charles et Carloman, voici venir une figure dès long- temps oubliée. Echappé à la solitude du cloître^ dépouillé de la robe monacale, le casque en tête, Tépée au poing , le vieux Hunald , mort au monde depuis 745 , apparaît en vengeur de son fils et de son frère , appelle aux armes ses anciens sujets, qui reconnaissent sa voix et viennent se ranger autour de lui. Leur amour pour la famille de leurs souverains, la jeunesse des rois Grancs , le désir de s'affranchir d'un joug imposé à leur pays par le meurtre et l'incendie , firent accourir les Aquitains. Bs relevèrent leur vieux drapeau , et le présentèrent immédiatement sur les champs de bataille , après avenir reconnu
pour leur légitime soui^rain Hunald, blanchi el courbé sons le chagrin , la macération et les ans. Malgré rabandon de Garloman, Charles marcha au duc, le battit, et le rejeta de l'autre côté de la Garonne. Hunald, avec sa femme qu'il avait reprise, et sa famille, fut chercher asile chez son neveu Loup, duc de Vasconie. Charles, ceTui qui depuis fut Charlemagne, ne s'arrêta qu'après avoir passé la Dordo- 774-778 K^^ à quelques lieues au-dessus de son confluent avec la Garonne. Loup, effrayé par l'imminence du danger et Timpossibilité de l'éviter, accompagna au retour les députés du roi et fut lui-même livrer son hôte, que Charles lui avait fait demander ainsi que sa famille , avec menace d'entrer dans ses états et de les ravager. Les chroniques ne disent pas si Hunald fut emmené en France, ou confiné de nouveau dans son monastère. Deux ans après, le vieux duc prétendit aller finir ses jours à Rome, dans la pénitence d'un couvent A peine en Italie , il se rendit auprès de Didier, et irrila l'inimitié, déjà existante, du roi des Lombards contre Charles. Ce monarque entra en Italie a la tête de son armée , prit Pavie, s'empara de Didier et s'intitula roi des Français et des Lombards. Hunald mourut en 774 et délivra Charlemagne d'une inquiétude motivée.
Waiffre , avons-nous dit, avait laissé un fils nommé Loup, petit - fils par sa mère du duc Loup de Vasconie. Ce de^ nier n'avait eu qu'une fille , Adèle , mariée à Waiffre, et sa succession revenait à son petit-fils. A la mort de l'aïeul, le jeune Loup reçut l'investiture du duché de Vasconie. Charles pensait qu'il lui serait aussi fidèle que son prédécesseur; il reçut son serment. Le roi , jaloux d'étendre sa puissance, prit le prétexte d'aller secourir les chrétiens d'Espagne contre les Sarrasins , pour traverser les Pyrénées. D'après si tactique ordinaire , il envoya une armée par le Roussillon, et lui-même traversa toute la Vasconie, depuis la Garoona jusqu'à la Basse-Navarre. L'armée de Charlemagne avait commis quelques ravages sur son passage dans le duché; U vengeance criait^ elle demandait satisfaction. Le roi assiégea L et prit Pampelune, fut joint par son autre armée qui, chemin faisant, s'était emparée de Barcelone ; et revint sur ses pas
après avoir rasé les fortifications de Pampelune. Cette campagne était » non pas une conquête^ mais une course de pillage et de destruction ; d'ailleurs quel démêlé avait le roi des Français et des Lombards avec la Navarre espagnole, pour aller y porter la dévastation, et démanteler sa capitale? Croyait-il élever ainsi un rempart qui arrêtât les Sarrasins, en cas qu'ils eussent voulu entrer en France ? Pour cela il aurait fallu fortifier, et non détruire les places. Et d'un autre côté , les Pyrénées étaient assez gardées par les Vascons des deux versants, pour n'avoir pas besoin d'autre boulevard.
Charlemagne rentrait en France par le chemin suivi en lUant ; il revenait enorgueilli de sa campagne et chargé de butin. Son passage était Roncevaux , dont les abords sont trè&boisés. L'avant-garde, le corps d'armée avaient déjà Tranchi les frontières ; Loup veillait avec ses Vascons. Quand vint le tour de l'arriére-garde, chargée de veiller aux bagages^ elle fut subitement assaillie. Sa défense fut digne des corps qui la composaient; car, dit Eginard le secrétaire de Charlemagne, elle était formée des gens les plus braves de l'armée. L'arrière-garde^ de l'aveu de cet écrivain, fut totalement massacrée ; il n'en resta pas un , dit Eginard. Les principaux chevaliers et seigneurs tués à Roncevaux étaient Edgarth grand - maître de la maison du roi, Anselme comte du palais, Thierry d'Ardennes, Riol Du Mas, Guy de Rourgogne , Olivier et le fameux Roland, neveu de Charlemagne. Tout le butin resta aux Vascons f ).
Selon l'habitude, on a voulu atténuer cette défaite, déprécier la gloire des Vascons, et l'on a été jusqu'à dire que cette attaque imprévue et traîtresse avait été l'œuvre de quelqoes brigands. Dans tous les cas ils eussent été de valeureux brigands, et leur bande la plus nombreuse et la plus formidable que l'on ait jamais signalée depuis la création. Mais lorsque Tarriére-garde tout entière d'une armée, comme Ddie de Charlemagne, reste sur le champ de bataille; lorsqu'elle est commandée par un des plus fameux paladins
(') Egin. Adelm.
du temps, Roland, le neveu du roi ; lorsque Charlemagne conserve toute sa vie un sombre souvenir, une profonde lri> tesse de ce combat, ainsi que le consignent son secrétaire et Adelmus ; lorsque son ressentiment fut assez violent pour loi faire tirer du fait accompli une indigne vengeance, en expia* tion de ce qu'il appelait lui-même une tache faite à la gloire A ses armes; pour l'entraîner à chercher à effacer cette tache» m en imprimant à sa renommée une plus indélébile encon^ on en peut conclure en faveur des vainqueurs, et se demaoder par quel prestige les soldats de Gharlemagne auraieiil dû être les seuls invincibles, les seuls inaccessibles à k hache vasconne? Les plus fameux conquérants ont eu leun revers ; Gharlemagne eut son jour néfaste a Roncevaux. El que l'on ne vienne pas répéter que les rochers, roulant par quartiers du haut des montagnes, écrasaient les soldais français f). L'endroit où se livra la bataille porte encon aujourd'hui le nom de pré de Roland; il s'étend de Ronc^ vaux à Burguette, est plane^ et présente une lieue de déve* loppement. La seule inspection des lieux suffit pour convaincre d'erreur tous ceux qui n'ont imaginé cette para* cularité que pour excuser la défaite des guerriers deRolaid* Ce n'est pas une défaite qui peut faire tomber une feuille des lauriers de la France. Au reste, il n'y a pas lieu noa plus d'incriminer la haine de Loup contre Gharlemagne; Loup descendait d'Eudes, Gharlemagne de Gharles Martel. Les inimitiés plus particulières de Loup avaient leur source dans l'assassinat de Vaiffre, son père ; dans l'ignominieux supplice de son grand oncle Rémistain ; dans la mort agitée de son aïeul Hunald et la persécution de toute sa famille. Tandis que la race de Martel ne pouvait alléguer, pour légi* timer ses persécutions et ses cruautés, que son humeor usurpatrice, son excessive ambition. Mais les justes raisons du parti vaincu sont promptement oubliées ; le crime eel effacé par le succès; on ne voit plus que la couronne, et soi éclat éblouit au point qu'on ferme les yeux sur tout le reste. Réussite et pouvoir, litres indubitables à l'admiration.
C) Gaillard, hist. de Charlera.
Malgré sa colère^ le roi franc n'osa, ou ne put revenir sur s pas; il ordonna Tarrestation de Loup ; ce qui fut exécuté, iiurlemagne le fit pendre, comme Pépin avait fait de Remisiot et confisqua le duché. Il le rendit cependant au jeune ipiaric, fils de Loup, dont Tâge, encore tendre, écartait Ht soupçon de connivence à ce qu'on appelait une trahin« Âdalaric reçut en fief la portion la plus rapprochée des «énées, la Bigorre, le Béarn et la Basse-Navarre. Des mtes français furent placés dans les autres parties de ce tnremement. Adalaric, dés qu'il eut Tâge des armes, se it à tète de ses sujets ; et pour venger son père et la oliation de ses ancêtres^ commença les hostilités sur kqaitaiûe. Ghorson, duc de Toulouse, marcha contre lui, i battu et pris. Il dut sa liberté au serment qu'il fit à blaric de ne jamais porter les armes contre lui, quelque dre qu'il en reçût. Le conseil de Louis le Débonnaire qui ivait encore que six ou sept ans, résolut de punir l'audace Idalaric. Le duc fut mandé à l'assemblée générale du 78s jaume, s'y rendit après avoir reçu des otages, et comparut. 8*excusa ; et la crainte de voir les otages massacrés par I Vascons le fit acquitter.
Charlemagne s'était réservé la principale autorité dans le «vemeraent d'Aquitaine; il désapprouva le jugement de «aernblée, et fit comparaître Adalaric devant la diète de 'orms. Le jeune roi Louis y était. Adalaric fut proscrit à vsssis vpétuîté. Ghorson, jugé au même tribunal, fut trouvé cou- Jble de félonie, et destitué de son gouvernement. Ckiillaume, surnommé au court-nez, d'après Yaissette, ait remplacé Ghorson; il fut bientôt obligé de recourir aux Bies. Les Vascons, à la nouvelle de la décision de Worms, liaient soulevés et redemandaient leur duc, auquel ils lient attachés. Le duc de Toulouse, homme aussi habile le courageux, trouva ces peuples tellement irrités qu'il lama avec eux des négociations, dont le résultat fut d'em- )yer son crédit et son pouvoir à faire rappeler Adalaric; ce i fut fait peu après.
En 800 la diète d'Aquitaine, convoquée par Louis le ibonnaire à Toulouse, eut à s'occuper d'une nouvelle prise
d'armes des Vascons. Le motif en était qu'à la mort de Burgondium» Vascon d'origine» nommé par Gharlemagne comte de Fézenzac, le roi avait donné ce comté à un certain Luitard. Cette nomination déplut aux Vascons, incités apparemment par Adalaric, qui aurait voulu réunir ce comié aux anciennes possessions de ses pères. Le soulèvemeol éclata contre Luitard ; une partie de ses gens furent tués^ lei autres furent brûlés. Cités à rassemblée de Toulouse, les principaux coupables s'y rendirent après longue hésitation, et furent condamnés à mort. Quelques-uns subirent la peine du talion, et furent brûlés vifs.
En 812 les Vascons furent encore au moment de faire un mouvement. Le prétexte changeait, mais le motif était toujours la prétention des rois francs à les traiter en sujets; tandis qu'ils ne voulaient, eux, reconnaître que leurs ducs et leurs Fors. Louis le Débonnaire prit le commandement des troupes, arriva à Dax, frontière des Vascons, et d'abord essaya la voie de la persuasion. Les principaux chefs refusèrent de se rendre à son appel. Louis entra avec toutes ses forces dans le pays vascon, ravagea tout, brûla tout; et les insurgés demandèrent grâce. Louis profita de la proximité de l'Espagne pour se rendre à Pampelune, où d'importantes affaires réclamaient sa présence. Au retour il se tint sur ses gardes, de peur d'éprouver le sort de son père à Roncevaux. Il fit bien, car un parti vascon l'attaqua à l'improviste ; ses troupes prévenues se défendirent vaillamment. Lorsque les Vascons eurent vu Centule, second fils d'Adalaric, tomber mort, et leur duc lui-même prisonnier des Français, ils se retirèrent. Adalaric fut pendu sur le champ de bataille. Ce nouvel exemple de sévérité outrée, ou plutôt de cruauté 6f2-si8 exaspéra les Vascons. Louis, craignant les effets de. ce mécontentement, prit en otage les enfants des principaux di pays, jusqu'à sa sortie des défilés ; il retourna à Toulouse. Les Vascons élurent le fils aine de leur duc, Semeno, qu s'adjoignit son fils Loup Centule, fils de Centule tué dans le dernier combat.
La Vasconie se trouvait alors réduite aux pays compris entre les Pyrénées et l'Adour. Le reste de la Novempopiiia*
ie conservait encore le nom de Yasconie, qné la pronon^ iation des patois romans corrompit en celui de Gascogne, près l'expulsion des montagnards.
Louis le Débonnaire étant devenu roi de France par la lort de Gharlemagne, en 814, Pépin son fils eut TAquitaine. emeno, héritier de la fierté de ses devanciers, indignement atragé dans la personne de son pore, avait pris les armes.' on refus de se reconnaître vassal de Louis lui avait valu un rrêt de proscription, lancé par le roi. Les Yascons» fidèles à mr duc qu'ils aimaient, se soulevèrent en sa faveur, ouis fit avancer contre eux des troupes commandées par épîn. La guerre était opiniâtre, Semeno fut tué dans une etion; les Yascons élurent Garcimire, son fils, et continuèrent 8 eombattre. Get état dura un an sans interruption, et Garimire ne se laissait pas entamer. Pépin, en 818, vint Bprendre le commandement. Il avait essayé, par ordre de 3n père, de se faire reconnaître par les Yascons; ceux-ci e répondirent qu'en tirant de nouveau Tépée pour leur iberté. Ge fait seul détruit la version des auteurs austraiens et carlovingiens, qui prétendent que les Yascons recelaient leurs ducs de la main des rois de France. Les rois de France pendaient les ducs vascons comme des malfaiteurs; Bt les montagnards les élisaient toujours dans la même bmille. Il en est de même de leur éternelle redite que les rois, alternativement, subjuguaient les Yascons. Plusieurs même ont été obligés de les subjuguer de cette manière à plusieurs reprises. Un peuple ainsi réduit ne saurait se révolter à tout moment ; et ce mot de révolte est aussi impropre qoe l'autre, à l'encontre des Yascons. Libres, ils vou- Ûent rester indépendants , et se dressaient contre quitonque osait lever la main sur eux ; c'étaient des hommes jusque-là indomptés et qui ne voulaient pas accepter de maîtres. Geux que la force leur voulait imposer, la force et le droit les rejetaient; il aurait fallu, pour y réussir, les ^*®'®*'^* nijuguer, comme il est si bien dit. Pourquoi ne l'a-t^n pas bit? Parce qu'on n'a pu en venir à bout. On a pendu leurs ducs, on leur a coupé les poignets, on a décimé leurs armées^ bràlé leurs habitations, ravagé leurs campagnes, égorgé
leurs femmes et leurs enfeuAto; mais jamais personne ne les a subjugués.
Pépin entra dans la Yasconie par la Gascogne ; il troura Garcimire et ses montagnards. De rudes, de fréquents combats attestaient la résolution des deux puissances ; Garcimire fut tué; Loup Gentuleélu à sa place, continua la guare. Béranger comte de Toulouse, Varin comte d'Auvergne, reçurent ordre de se mettre en campagne. Ils entrèrent en Yasconie ; Loup Centule leur présenta la bataille. Au plus fort du combat, son frère Gerrand fut tué ; Centule fut pris, pour s'être trop témérairement exposé. Le sort de la journée fut ainsi décidé pour les armes françaises, Béranger et Yarin se portèrent accusateurs contre le duc qui les avait loyalement combattus ; Loup dépouillé de ses états, fut exilé. Pépin n'avait encore fait que se montrer en Yasconie ; il reçut de son père Tordre de s'aller mettre à la tète de Tarmée. La campagne fut heureuse et suivie de la paix.
Après la mort de leur père, les enfants de Garcimire avaient passé les Pyrénées. Retirés du côté de T Aragon, ils furent élus chefs par les peuples libres et indépendants de ce pays. Telle est Torigine des royaumes de Sobrarve et Pampelune. Ces seigneurs avaient cédé leurs droits héréditaires sar une partie du duché de Yasconie, à Donat Loup et Gentulphe, leurs cousins germains, et fils de Loup Centule. Ceux-ci furent englobés dans la disgrâce de leur père. Seulement, Louis le Débonnaire assigna à Donat Loup le comté de Bigorre, et celui de Béam à Centulphe. Ainsi, d'usurpation en réduction finirent les beaux duchés d'Aquitaine et de Yasconie, et furent-ils enlevés à la descendance d'Aman et de Caribert. La Yasconie perdit son nom, puisque les Yascons se retirèrent dans les montagnes après la perte des comtés de Béarn et de Bigorre. Réduits aux teiTCS qu'ils occupent aujourd'hui, ils furent se joindre à leurs frères d'outre- Pyrénées, pour les aider dans leurs luttes acharnées contre les Musulmans. Une partie de la gloire de ces guerres gigantesques revient aux cis-Pyrénéens , toujours dignes de leur origine, toujours sous les bannières des Basques du sud. Les autres provinces du duché reçurent le nom de Gas-
cogne. Totilo, parent de Louis, fut nommé duo de Bordeaux et des Vascons ; ceux-ci se nommèrent des chefs indépendants de Bordeaux. Donat Loup et son frère, restés fidèles à Louis le Débonnaire et à Charles le Chauve son successeur, conservèrent et transmirent à leurs descendants la possession de leurs comtés.
En 844 les Normands firent une invasion en Gascogne, et y étendirent leurs ravages. Ils prirent et pillèrent Bordeaux et s'emparèrent de Bayonne, qu'ils conservèrent long-temps. C*est de cette époque seulement que la Novempopulanie perdit son nom pour celui de Gascogne.
HISTOIRE DIS B&SQIIËS.