XXII
et se remplacèrent l'un l'autre dans le court espace de 23 ans, furent les instruments de la puissance égyptienne ou de celle de Babylone. Sous le dernier de ces princes, Sédécias, Nabuchodonosor mit fin au royaume de Juda, en 587, par la ruine de Jérusalem.
Les habitants les plus considérables qui survécurent à la chute de leur patrie, furent emmenés en Babylonie. Toutefois, cet effroyable désastre n'anéantit, ni même ne diminua, comme il pourrait le paraître au premier coup d'œil, l'importance des Juifs au point de vue de l'histoire universelle ; au contraire, on peut dire que ce fut seulement dans l'exil d'une terre étrangère, que les meilleurs d'entre eux eurent pleinement la conscience de la vocation sublime que la Providence avait dès le commencement assignée à leur peuple.
Les exilés s'établirent en Babylonie, dans les lieux qui leur furent assignés, et y formèrent des colonies. Ils avaient des Anciens, qui doivent avoir eu la direction des intérêts communs, et des prêtres, qui veillaient à l'observation des usages sacrés et tenaient des assemblées religieuses. Pendant cet exil, qui dura deux âges d'homme, plusieurs sans doute renoncèrent à la foi de leurs pères et reçurent en retour les faveurs de leurs maîtres babyloniens ; mais le plus grand nombre resta ferme et montra dès lors pour le culte de Jéhovah une fidélité dont l'histoire antérieure du peuple d'Israël offre peu d'exemples. 11 s'éleva aussi des prophètes parmi ces exilés.
Cyrus, par la prise de Babylone, étant devenu maître de la Haute-Asie, en 538, donna aux Juifs la permission, si ardemment désirée par un grand nombre d'entre eux, de retourner dans leur patrie. Mais il s'en fallut de beaucoup que tous profitassent de cette faveur : les apostats, les tièdes, les indifférents restèrent à Babylone, et se fondirent bientôt dans la masse du peuple païen. Mais ce qu'il y avait de meilleur,, de plus propre à former le noyau d'un nouvel Etat, se mit en route sans délai . La premièrebande,composée d'environ 50, 0 00
Ï>U GENRE HUMAÏN. 447
personnes, arriva dans son ancienne patrie en 537, sous la conduite de Zorobabel, rejeton de la famille royale, et du grand-prêtre Josué. On commença avant tout par élever un autel des holocaustes; puis des mesures furent prises pour la la reconstruction du temple. Le peuple pourvulaux dépenses, et les Juifs restés en Babylonie y contribuèrent également.
Dès l'année suivante, 535, les fondements du nouveau temple furent posés, mais dans des proportions moins grandioses que ceux de l'ancien. Bientôt survinrent des obstacles: les Samaritains, qui d'abord avaient voulu prendre part aux travaux, mais qui avaient étééconduits par les Juifs, excitèrent le peuple, et cherchèrent aie détourner de son entreprise. Sous le premier successeur de Cyrus, qui fut Ahasvérus (Àssuérus) c'est-à-dire^ Cambyse (529-522), et sous- Artahasta ou le faux Smerdis, ils accusèrent les Juifs à la cour d'être animés de dispositions séditieuses, et firent en sorte que l'ordre fut donné de suspendre les travaux. Mais lorsque Darius, fils d'Hyslaspe, fut parvenu au trône, les prophètes Àggée et Zacharie rallumèrent le zèle des Juifs, et la seconde année dece prince, Zorobabel et Josué reprirent les constructions. Appelés à rendre raison de leur conduite, ils indiquèrent la permission donnée par Cyrus; et après une enquête ordonnée par le nouveau souverain, ils obtinrent non-seulement son approbation, mais encore sa royale assistance. Enfin la 6e année de Darius, le second temple fut achevé et consacré au culte.