‹ Histoire raisonnée du commerce de MarseilleChapitre 26 sur 30 · ILES MARQUISES · texte numérisé non relu

ILES MARQUISES

Nous n'avons à nous occuper des îles Marquises, dont la France, pris naguères possesssion , que sous le rapport des avantages commerciaux qui doivent en résulter , tôt ou tard , pour Marseille et les autres ports français.

A cet égard, et depuis peu, en août i843, M. le ministre de l'agriculture et du commerce a publié des documents pleins d'intérêt pour notre commerce maritime ; ils

permettent d'apprécier la nature des échanges que pourront fournir les îles océanniennes , situées à proximité des Marquises^ le rôle qu'elles sont appelées à jouer d^ns le mouvement général de nos exportations et surtout l'influence avantageuse de cette halte au milieu des mers australes , pour l'avenir de nos relations avec la Chine. Il nous a paru fort important d'extraire de ces documents spéciaux les détails qui suivent Archipel Pomoutou et celui des Gam- BiERS. — Au sud des îles Marquises , à quelques journées de route,, se trouvent d'abord l'Archipel Pomoutou , ensuite celui des Gambiers ; ces îles fourniraient une riche pêche de nacre de perle à des bâtiments caboteurs dont les armements se feraient à peu de frais. La colonie verrait ainsi des chaloupes pontées ou des petites goélettes apporter sur ces marchés deux matières commerciales :

LA NACRE DE PERLE et les FERLES ; cc dernier article , matière précieuse et d'un petit volume., ne présenterait pas , pour la naviga-

tion autant d'avantage que la nacre , produit plus encombrant , mais il pourrait par les bénéfices , qu'il procure , être fort avantageux aux armateurs.

Quelques goélettes américaines qui viennent de temps à autre tenter la fortune sur les pêcheries , procèdent ainsi: elles Se rendent ordinairement dans l'archipel de Taïti et dans les petites îles voisines situées au sud f elles y contractent un marché avec les naturels qu'elles embarquent à bord comme plongeurs ; puis elles se rendent à Gambier et aux îles Pomoutou ; là elles s'établissent en pèche et achettent en même temps aux naturels , avec des étoffes et de la quincaillerie > les nacres et les perles que ceux-ci ont recueillies sur les récifs ; il sera Êicile.à la marine militaire de &ciliter ces premières opérations.

Les îles hamoa. — viti. — oilbert. — mar- GHALL. — Si l'on porte ses regards sur les archipels les moins distants du groupe des Marquises dans les mers de l'Océanie , on

trouve f à Toiiest , les îles Hamoa ou des navigateurs , les Viti , puis les Gilbert et les Marchai!. Le centre de ces iles se trouve à-peu-près à 900 lieues des iles Marquises ^ c'est-à-dire à environ quinze jou'Ts de navigation dans les Vents alises.

Plusieurs de ces archipels sont composés d'îles étendues , couvertes de végétation , entourées de récifs qui forment des ports admirables; d'autres sont des îles corallifères de la nature des îles Pomoutou. L'écaille de tortue et le bois de sandal s'y obtiennent des naturels à vil prix. tJne des baies de Viti-Levou , grande île au nord de l'archipel Viti , est connue pour avoir fourni à quelques bâtiments américains un chargement de bois de sandal ; c'est par suite de cette circonstance que cette rade a reçu le nom de

BAIE DE SAITDAL.

Le capitaine Bureau , de Bordeaux , avait obtenu dans le même archipel un chargement d'BCAiLLfis de TORTUE d'une grande richesse ; cet armateur , considérant sa for-

tune comme assurée , allait opérer son re* tour lorsque lui et son équipage périrent victimes de la cupidité des naturels de l'île de pivA ; mais la vengeance qu'ont tirée de ce crime les corvettes \ Astrolabe et la Zélée a donné aux naturels une assez haute idée du pavillon français pour que désomiiate toute sécurité soit assurée aux bâtiments qu'il couvrira.

Ainsi, l'existence des deux matières commerciales importantes , I'egaille de tortue et le BOIS DE SANDÂL , sc trouve constatée dans un groupe d'archipels situé à une distance relativement peu considérable des îles Marquises. Il est à remarquer que ces produits , sont , ainsi que la nacre de perle , de première nécessité pour les Chinois. Si nous parvenons , comme tout porte à l'espérer , à en concentrer le commerce dans notre possession des Marquises , les navires français expédiés de nos ports pour les mers du Sud , pourraient après avoir échangé au Pérou ou au Chili nos vins , tissus et objets

fie mode , contre le cuivre qui trouve également en Chine un placement avantageux, se rendre de là aux îles Marquises , où ils prendraient des kacres , des perles , de Tecaille et du bois de sandal , qui , avec .

le CUIVRE péruvien et les draps français , formeraient un chargement convenable pour le commerce de la Chine*

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