‹ Histoire religieuse de la révolution française (volume 4)Chapitre 17 sur 47 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

OU si leur éloignement était demandé par six citoyen» domiciliés dans le même département (1).

Impatiemment, les chefs des sociétés populaires attendaient la licence de proscrire. De tous côtés, durant le mois de septembre, les routes se remplirent de fugitifs qui s'acheminaient vers la frontière ou vers les ports d'embarquement. Cependant, aux gîtes d'étapes, comme les malheureux se lamentaient, il arriva plus d'une fois que les magistrats leur tendirent les journaux : « Lisez, leur disaient-ils avec une compassion moitié sincère moitié insultante, et voyez si vous n'avez pas lieu de remercier plutôt que de vous plaindre. » Les infortunés lisaient, et après avoir lu, tout pénétrés d'horreur, ils n'avaient plus qu'un souci, celui de précipiter leurs pas. Et en effet leur sort, quoique dur, était presque digne d'envie, en comparaison de tous ceux que le fer des assassins venait de fixer pour jamais sur le sol de France.

(1) V. DUVERGIEB, Collection des lois, t. IV, p. 361.

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