‹ Histoire religieuse de la révolution française (volume 5)Chapitre 35 sur 45 · SAT · texte numérisé non relu

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et aussi de l’évêque Torné, la municipalité refuse d’exécuter l'arrêté. De sa propre autorité, elle ferme, le 6 septembre, Péglise et y met les scellés. Le directoire départemental essaie d’être énergique, décide que les scellés seront enlevés. Cependant, on annonce une émeute et sous cétte menace sa courte énergie s’abat (1). — Dans le Doubs, certaines municipalités rurales tentent de créer des sociétés religieuses dissidentes et demandent au curé constitutionnel ses heures, afin de célébrer les offices non conformistes aux moments que lui-même ne choisira pas. Que font les districts? Ils suspendent les municipalités qui ont formulé les demandes. Quant au directoire départemental, il refuse tout exercice du droit de réunion (2). — Dans l’Ariège, les catholiques louent à Pamiers la chapelle des ci-devant Carmes. Voici que l’évêque intervient, proteste contre la coexistence de deux cultes, porte ses plaintes à l’Assemblée, s’appuie sur la municipalité (3). — Dans la Vendée, le directoire départemental, par une délibération du 30 juillet, semble admettre les non-conformistes à l’usage de la liberté. En plusieurs paroisses, notamment à Fontenay, les catholiques demandent à bénéficier de la loi du 7 mai. Mais, sur l’opposition des commissaires civils envoyés, vers ce temps-là, en Poitou par PAssemblée, les pétitions demeurent sans suite. Dumouriez, alors maréchal de camp et pourvu d’un commandement dans l'Ouest, approuve fort cette conduite. Son langage est trop suggestif pour n'être point reproduit. « Il serait, dit-il, conséquent au système de liberté qui fait la base de notre constitution d’accorder une église aux non-conformistes dans les lieux où ils le demanderont.…. Mais. si on accordait des paroisses aux non-conformistes

(1) Vicomte DE BrIMONT, M. de Puységur et l’église de Bourges pendant la R‘volution, p. 127.

(2) SAUZAY, Histoire de la persécution révolutionnaire dans le dépare tement du Doubs, t. IT, p. 291.

(3) Archives nationales. Papiers du Comité ecclésiastique, carton 88.

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ou des églises qui en tinssent lieu, bientôt les prêtres assermentés resteraient sans fonctions. »

C’est au bruit de ces discordes grandissantes que l’Assemblée constituante terminait sa carrière. Elle avait fait les lois constitutionnelles, voté les lois organiques, fourni un travail immense, beaucoup créé, beaucoup détruit. Il ne lui restait plus qu’à disparaître. Sur ses derniers jours, elle fut visitée de ces lucides lueurs que Dieu met quelquefois “ dans les yeux des mourants. Ces lumières, qui suffisaient 1] L à la troubler, l’éclaireraient-elles assez pour lui montrer les : moyens sauveurs?

Au lendemain de Varennes elle avait saisi le pouvoir, condition nouvelle pour elle, redoutable autant que nouvelle. Jusque-là elle avait recueilli tous les bénéfices de la puissance et rejeté sur le roi toutes les charges de la responsabilité. Louis XVI venait d’être déclaré suspendu de ses fonctions. Seule exposée aux coups, elle commença à com-

prendre aux frémissements du peuple qu’il y avait d’autres périls à redouter que les retours offensifs de l’ancien régime. :

Il se trouva que, dans le funeste voyage, la monarchie

avait gagné un ami. Barnave, l’un des commissaires de l’As-

semblée, avait pénétré la bonté du roi, admiré la sérénité 4 de Mme Elisabeth, subi surtout la fascination de la reine. Lie La lumière qui se fit dans son esprit se compléta par la k pitié qui amollit son cœur. Il fut touché. Qui ne l’eût été de telles infortunes? C’est en ce temps-là que Marie-Antoimette envoya à la princesse de Lamballe une bague dans i# chaton de laquelle elle avait enfermé la première mèche

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