TOME IV
départi de la doctrine tant de fois proclamée qui répudiait la dualité des Chambres. Les projets seraient votés par un conseil appelé, à cause du nombre de ses membres, Conseil des Cing-Cenis; mais ces projets, même votés, ne seraïent considérés que comme de simples résolutions et ne deviendraient définitifs que par l’approbation d’un autre conseil composé de deux cent cinquante membres et nommé Conseil des Anciens. En créant deux conseils, on s'était gardé de leur donner une origine différente et surtout de figurer, sous le nom de Haute Chambre, une sorte d’aristocratie. Le même effort, qui s'était appliqué à diversifier les attributions, s’était ingénié à niveler les hommes. Membres du Conseil des Cing-Cents, membres du Conseil des Anciens, les uns et les autres étaient pareils par les conditions d’élégibilité ; ils devaient être nommés par le même corps électoral ; ils étaient pareillement renouvelables chaque année par tiers. C’est par le tirage au sort que devait être fixée la répartition entre les deux assemblées. La seule condition pour entrer aux Anciens, c'était d’être marié et âgé de quarante ans. En réalité, il n'existait qu’une même catégorie d'élus. Seulement le Corps législatif une fois constitué se dédoublait, les uns passant dans une salle pour y légiférer, les autres se rassemblant en une salle voisine pour y remplir le rôle de modérateurs.
Le même esprit de prévoyance minutieuse avait réglé l'organisetion du pouvoir exécutif. On avait écarté l’idée d’un chef unique, cette conception se rapprochant trop de la royauté. Plusieurs, tout pénétrés de l’histoire romaine, auraient volontiers institué deux consuls ; mais cette pensée ne prévalut pas. Ce qu’on redoutait le plus, c’était de ressusciter ce redoutable Comité de salut public qui s'était incarné dans Robespierre. De proche en proche, un dessein se précisa, celui d’un pouvoir collectif, mais si savamment égalisé que, dans le nivellement de toutes les tailles, nul ne pourrait usurper. À ce pouvoir exécutif composé de cinq
ee on donnerait le nom de Directoire. Les directeurs | seraient nommés, non par le peuple (ce qui eût pu les : grandir), mais par le Corps législatif. Chacun d’eux présiderait des délibérations à tour de rôle et serait, par un roulement L automatique, remplacé dans la présidence au bons de trois f ù mois, en sorte que quiconque aurait pu dépasser ses col. : lègues serait bien vite replongé dans le rang. La durée du mandat serait de cinq années ; le renouvellement s’opérerait chaque année par cinquième ; et pour les quatre pre mièêres années, le tirage au sort déciderait des exclusions. li Par là, on s’était flatté de prévenir les empiétements collecni tifs aussi bien que ceux d’un seul. Nulle réélection n’était 4 autorisée, hormis au bout de cinq années. Une série de pré- cautions s'étaient accumulées pour déjouer par avance toute usurpation militaire. Nul corps de troupe n’était admis à | séjourner à moins de six myriamètres de la résidence a L Directoire ; en outre, il était interdit aux directeurs de com- .
mander les armées ; et l’exclusion s’étendit même à leurs parents jusqu’au des de cousin germain. Une méfiance -ombrageuse enchaïnait les directeurs à leurs fonctions, en | sorte qu’on eût dit des otages presque autant que des chefs: pendant la durée de leur charge, ils ne pouvaient s’absenter sans l’autorisation du Corps législatif et, une fois hors de charge, la même servitude péserait sur eux pendant deux années. — S’étant prémunis contre toute velléité d'usurpa- ÿ | tion, es auteurs de la charte nouvelle avaient réglé assez lar-
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En les attributions du pouvoir exécutif. Aux directeurs était confiée la sûreté intérieure et extérieure de l’ État ; ils dispi posaient de la force armée, nommaient les ministres, condussaient les négociations et, on le droit de ratification réservé
| aux Conseils, concluaient les traités. Enfin, par des commis- | saires désignés à leur choix, ils ir leon l'esprit public dans les départements et y assureraient l'exécution des lois. L'un des traits les plus notables de la Constitution, c’était
ei changement qu’elle apportait dans la distribution hdmi-
. des nouvelles, la mpliite da mœurs, Fe ee.
de la vie avaient souvent préservé dé excès les popula- k À tions rurales. Au chef-lieu d’un certain nombre de départements, le même esprit de modération avait pareillement prévalu, grâce à la douceur des magistrats, instruits, éclairés, ÿ tout imbus de la philosophie du dix-huitième secte et y. ayant puisé, à travers beaucoup de sophismes, des maximes É d'humanité. Entre les deux, le district avait offert à toutes les perversités un terrain d’éclosion propice. Là-bas nulle e. vraie culture, nulle saine ignorance non plus, mais un amas superficiel L ces notions confuses qui gonflent de vanité * sans pénétrer de lumière ; une crédulité qui se croyait perspicace; une ambiance saturée de calomnies; des esprits vides de science, pétris de déclamation, tu de convoitise, hypertrophiés d'envie. Pendant la Terreur, tout effort à avait été de diminuer les administrations départentent le de grandir au contraire les administrations de district, ces. petits foyers de meurtrière délation. Une pensée toute contraire avait guidé les auteurs de la constitution nouvelle. 3 Ils avaient aboli les districts, tant ce nom rappelait de mal- $ faisantes passions! Cependant, au fond des campagnes, à les administrations rurales manquaient souvent de lumière ” autant que les districts manquaient de modération. De là A le dessein de ne laisser subsister en chaque commune qu'un agent et un adjoint élus par les habitants. Ces agents se. réuniraient à des époques déterminées au chef-lieu de canton, 1 y mettraient en commun ce qu’ils savaient, et tous ensemble. se constitueraient en municipalité cantonale. | Telle apparaissait, en ses lignes principales, la constitu- f tion dite du 5 fructidor an III. Mignet a dit d’elle : « Elle d fut la Heilleure, la plus sage, la plus libérale, la plus pré-’ ï voyante qu’on eût encore établie ou projetée (1). » HE :
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(1) MIGNET, Histoire de la Révolution française, t. II, chap. xxxvVIr.
bien qu’en partie justifié, ne peut être accepté que sous réserve. Rien n’est pire que les étourderies des hommes graves. Or, ces hommes, d’esprit cultivé, d'apparence réfléchie, qui s’appelaient Daunou, Boissy d’Anglas, Baudin des Ardennes, ne s'étaient pas avisés d’une extraordinaire lacune. Avec un soin scrupuleux, ils avaient organisé les Conseils et, avec un soin plus minutieux encore, le pouvoir exécutif. Puis, leur subtile prévoyance s’engourdissant tout
à coup, ils avaient oublié, semblé oublier que les deux auto-
rités se trouveraient, par la force des choses, en perpétuel contact et qu'il fallait, à la manière de deux mécanismes qui s’emboîtent, en régler, en adoucir, en amollir les frottements. Le Directoire n’avait la faculté ni de proroger ni d’ajourner ni de dissoudre les Conseils. I1 n’avait aucun droit d’initiative. Bien plus, les ministres ne pouvaient paraître dans les Chambres ; et la seule forme de communications autorisée était celle de messages, sortes d’exhortations transmises, avec une pompe à la fois solennelle et puérile, par des fonctionnaires dits messagers d’État. De leur côté, les Conseils n'avaient aucune prise sur le Directoire et ne pouvaient ni le destituer ni le mettre en accusation. On a vu des architectes, très distingués par ailleurs, pécher par d’étonnantes distractions et, dans l’aménagement d’un édifice, omettre d'assurer tantôt les ouvertures indispensables, tantôt les communications intérieures. Aux architectes de la Constitution, on pouvait adresser pareil reproche. Où il importait d'ouvrir des jours, de ménager des passages, ils s’étaient contentés d’édifier un mur plein. En cas de conflit, la seule ressource serait, pour le plus fort ou le plus audacieux, de démolir le mur.
Avec des mœurs plus avancées, le mal eût été réparable : car la sagesse publique eût introduit l'esprit de transaction et d'entente, même à travers la rigidité des décrets ; et, ainsi qu'il arrive chez les peuples traditionnels, la coutume
eût corrigé la loi. Mais le seul enseignement était alors celui
de la Révolution qui n’avait appris que la fausse logique ou la violence. Donc, la principale étude ne serait pas d’amélivrer la Constitution, mais de l’exploiter ou de la trahir, et l’on n’assisterait qu’à une surenchère d’usurpations misérables, en attendant le maître qui confisquerait tout. L’instrument était imparfait quoique fort habilement agencé en diverses parties ; ceux qui le manièrent achevèrent de le gâter. En ses Mémoires, le lieutenant-général Mathieu Dumas, après avoir rendu hommage à la Constitution de l’an III, ajoute mélancoliquement : « La machine valut mieux que les machinistes (1). » Sous la forme mythologique du temps, Mme de Staël a exprimé le même jugement : « On jeta, dit-elle, trop de serpents dans le berceau d’Hercule (2). »
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Le 11 brumaire an IV (3), on vit remonter des Tuileries vers le Luxembourg un cortège à la fois solennel et minable. En un carrosse, quatre hommes étaient entassés ; une escorte les encadrait, composée moitié de fantassins aux uniformes usés, moitié de cavaliers portant, au lieu de bottes, des souliers troués. Sur le parcours, quelques passants s'étaient rassemblés. Ils regardaient, curieux, amusés, légèrement méprisants. On remonta la rue de Tournon. Dans le palais d’où jadis le comte de Provence était parti pour Pexil, un grand aspect d'abandon ; çà et là quelques restes d’un mobilier dévalisé pièce à pièce ; et toute la froideur humide d’un jour d’automne qui tombait. A travers l’enfilade des salons dorés, les nouveaux venus atteignirent une petite salle
(1) Souvenirs du général Mathieu Dumas, t. III, p. 74. (2) Mme de Sraer, Considérations sur la France, Chap. xxxr. (3) 2 novembre 1795.
où, ue ne is | s’arrêtèrent. Seul, 4 AS les avait reçus. Il apporta une table, quatre chaises et, pour allumer du feu, tira de sa provision quelques Débe AU tour de la table et à la flamme du foyer, une délibération | commença. Ces hommes, à l'aspect de réfugiés plutôt que de de maîtres, étaient les directeurs à qui le vote des Conseils venait de conférer le pouvoir exécutif (1). Ils s ’appelaient Barras, Larévellière-Lépeaux, Reubell, Letourneur. Ils seaient rejoints le surlendemain par Carnot, élu sur le refus de Sieyès ; et ainsi serait constitué le Ds net appelé d à régir la France. SN M En ce palais du Luxembourg qui sera leur résidence, les ‘1 nouveaux Ne apparaissent dès le premier jour tels “ F qu’ils seront jusqu’au bout.
Au centre de la table, Reubell a pris place, appelé par le sort à présider, pendant les trois premiers mois, les délibérations. Avec des débordements de parvenu, il s’étale bien au large, grand, fort, de carrure massive, de volonté impérieuse, de façons vulgaires, s'imposant par grossièreté : d'humeur comme d’autres par bonne grâce, et prêt à sub- merger toute contradiction sous le flot de ses paroles commandantes. rune venu jadis d’ Alsace, il est actif, rompu aux affaires, n’en dédaignant aucune, — même, dit-on, les véreuses, — toujours pourvu d’une solution, fût-ce une solu- tion de procureur, sans vues dans one sans élévation dans V’âme ; ; en revanche, grand abatteur de besogne ; en un mot, l’un de ces personnages secondaires, mais rudes au tra vail, qui grandissent en exploitant la paresse des autres. Il s’insinuera de proche en proche, et dans le gouvernement il s’appropriera la justice, les finances, puis les affaires exté- rieures elles-mêmes.
Auprès de Reubell un homme se détache, grand, aux
(1) LAREVELLIÈRE- LÉéPrAUx, Mémoires, t. Ier, p. 316-317. —- BAILLEUL, Examen critique des considérations de Mme de Staël sur la Révolution française, t. II, p. 281.
4; no Cest De qui Re avec lui souvenir de deux journées : le 9 Thermidor où il a terrassé Robes- { pierre, le 143 Vendémiaire où, avec Bonaparte, il a vaincu la réaction. Tout soulevé par cette double bonne fortune, il affecte des allures militaires, et volontiers s’ s’orne d’un grand sabre sur lequel il s’appuie d’un air vainqueur, en matamore qui se croit soldat. « Le général Barras », disent ses flatteurs ; et de nul titre il n’est plus vain. De vrai, il a été jadis lieutenant dans les armées royales ; il appartient à l’une des à plus anciennes maisons de Provence et, même au milieu 1 des nivellements révolutionnaires, a gardé la vanité de son nom. Il a été fusilleur à Toulon, puis l’un des plus osés parmi les thermidoriens. Maintenant une seule passion le possède, celle de jouir. Tous les vices s’épanouissent en lui. Il est paresseux, avide de bonne chère, vaniteux d'honneurs, indifférent au mensonge, et par-dessus tout libertin. lent à l’ordinaire, il se dresse sous l’obstacle, avec des éclairs inattendus de colère méchante. En Jui nulles vues, nuls principes, nulle habileté aux affaires, mais un TR à flair de policier, un sang-froid propice aux coups de main, et même une certaine puissance d’efforts, à la condition que ÿ l'effort soit très court et promptement Fe pers de butin. Appartient-il à un parti? On l’ignore. Ce qu’on sait, © est qu’il est à vendre, mais sans grand profit pour l'acheteur, | car il ne se ee point. Cependant ses yeux, quand ils 1 se portent sur les lambris du Luxembourg, s’allument de désirs fastueux ; et déjà un dessein l’obsède qu’il réalisera plus tard, celui de raviver les dorures fanées, de rallumer les lustres éteints, de ranimer les salons déserts. En ce somptueux palais, il rêve d’une cour; et il la ressuscitera, toute peuplée de traitants, d’aventuriers, de courtisanes : il la ressuscitera, vénale jusqu’à liner se voluptueuse jusqu’à la pourriture, toute gonflée d’une double corruption, celle de l’ancien régime, celle du régime nouveau, et telle,
en un mot, que le plus vicieux des rois de France se fût étonné d’être dépassé.
Qu’on continue le tour de la table. Voici le contraste : un homme tout bossu, à la tête disproportionnée, aux jambes grêles, à l'aspect ridicule. C’est Larévellière-Lépeaux, Angevin d’origine et d’assez notable bourgeoisie. À la Convention, il n’a pas laissé que de déployer quelque courage, car il a été proscrit à la suite des Girondins. Ses manières sont douces, ses goûts très simples, sa probité non suspecte. Il est homme de foyer ; et avec joie, tandis que sa fille joue du clavecin, il s'incline sur le berceau de son fils auquel il a donné le nom d'Ossian. Il se plaît aux passions reposantes : la principale est celle de la botanique. Dans le gouvernement, son lot sera la direction de l'instruction publique et des beaux-arts. Les splendeurs du Luxembourg l’intimideront autant qu’elles
attireront Barras. Les soirs d’été ou bien encore les jours de
décade, on le verra s’évader du Palais et partir, tantôt pour la campagne, tantôt pour le Jardin des plantes ; d’autres fois il se réfugiera chez des amis plus rustiques encore que lui et qui, ainsi qu'il le raconte, le recevront modestement à
la cuisine. Au Directoire, il a été élu le premier, étant de ces
inoffensifs qui n’offusquent pas. Inoffensif, l’est-il tout à fait? Son cerveau n’est pas plus fait pour les hautes pensées que son corps malsain pour l’action intense, et de cette double impuissance il nourrit le sentiment douloureux. Il y a chez lui, par intervalles, des révoltes d’infirme, des malveillances de débile, des rigidités de pédant. Puis une haine, une haine implacable, celle du catholicisme, trouble l'habituelle placidité de son âme. Au seul nom de prêtre, un frissonnement de colère le secoue et sa taille toute contrefaite se dresse, comme s’il avait à terrasser un ennemi personnel. C’est que, dans ses méditations solitaires, il rêve, ainsi qu’on le dira plus tard, une religion à lui; et, tout possédé de ce dessein, il travaille furieusement à extirper, comme on ferait d’une intolérable concurrence, l’autre
religion, c’est-à-dire celle que le peuple a jusqu'ici révérée.
Deux militaires, l’un et l’autre anciens officiers du génie, complètent la table du Conseil : Letourneur (de la Manche), personnage msignifiant qui s’absorbera dans Carnot, puis Carnot lui-même survenu après ses collègues. Vers ce retardataire, volontiers les yeux se tournent. Il est marqué d’une flétrissure ; car il à fait partie du Comité de salut public. En même temps, on se souvient en quoi il s’est racheté. « Il a organisé la victoire », s’est écrié pour sa défense l’un des Conventionnels (1) ; et ce mot qui Pa sauvé de la proseription résonne avec un son d'hommage glorieux. Dans l’accomplissement de sa tâche, on le verra laborieux plus que personne ; il se montrera intègre jusqu’au serupule, austère en une société dissolue, noblement passionné pour le bien public. Cependant, en ses habitudes d’infatigable labeur et tout confiné dans les choses militaires, il s’isolera un peu de ses collègues. Ce sera dédain de soldat pour les agitations politiciennes. Ce sera aussi embarras de se fixer. Sa clairvoyance d'homme d’État l’inclinera vers l’ordre ; ses attaches jacobines le ramèneront en arrière, et l’image du Comité de salut public le couvrira d’une ombre qui brouillera tous ses desseins, qui obscurcira jusqu’à ses pensées. Aussi demeurerat-il à demi impuissant, doutant des autres et de lui-même, aussi englué dans la politique que précis dans les affaires, trop compromis pour inspirer aux hommes d’ordre la confiance, trop hautain lui-même pour la gagner au prix d’un désaveu.
Tels apparaissent, en cet automne de 1795, les membres du Directoire. Quelle conduite suivront-ils? Il semble que les aspirations du pays les convient à une politique d’apaisement. Au moment de se séparer, les Conventionnels ont, par une usurpation impudente, décrété la réélection des deux tiers d’entre eux. Or, contre ce scandaleux empiétement, les électeurs ont protesté en choisissant le troisième
(£) Convention nationale, séance du 9 prairial an IEI.
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tiers — — Je nouveau tiers comme on apple — RE uni ‘quement parmi les. réactionnaires ou les modérés. Far ie ils gr ont manifesté clairement leur volonté. 1 % ‘: Dès les premiers jours, on devine que les nouveaux gou- À vernants seront inhabiles à s’élever jusqu’à cette politique
à, nationale. Leur regard, au lieu de se porter sur le pays. ÿ ne s’étend pas au delà de cette double assemblée qui, sous le nom de Conseil des Cing-Cenis et de Conseil des Anciens, ne vient de succéder à la Convention. En ces Conseils eux- L. mêmes, leur vue, attentive non à se dilater mais à se ré- | trécir, ne veut considérer que ce résidu de l’ancienne Repré- sentation qui, par fraude, dol et violence, s’est prorogée dans ses pouvoirs. C'est avec ces Conventionnels, transfusés dans 1 EN les nouveaux Conseils, qu’ils ont siégé dans la salle des Tuik :: leries ; c’est avec eux que le plus souvent ils ont voté, notamment dans le procès du roi; car sauf Reubell, alors en ï | mission aux armées, tous sont régicides. Je n’ignore pas les 5e divergences entre eux : Larévellière compromis avec les
Girondins, Carnot d'esprit plus large. Mais, en dépit de quelques velléités indépendantes, tous, depuis Thermidor,
si sont demeurés soudés au bloc. Maintenant dans leurs an
La Ru
ciens collègues, passés par glissement: frauduleux dans le. | | on législatif, ils reconnaissent et saluent leurs électeurs | d'hier. Ainsi arrivera-t-il qu’au lieu de se montrer les inter-
| prètes de la volonté nationale, ils ne seront le plus souvent # que les exécuteurs testamentaires de la Convention.
Ils le seront en matière politique ; ils le seront surtout en
matière religieuse.
Je cherche les dispositions qui dominent au Luxembourg.