A RO PARENT RE CES SES
festa un grand désir de la paix, mais ajouta qu’elle doutait de son crédit sur son frère. Enfin on recourut à un ancien magistrat de la Chambre des comptes, M. Bureau de la Batardière.
Avec Mme Gasnier-Chambon et Mlle de Charette, M. Bureau se rendit à Belleville où résidait le chef des insurgés du Marais. Charette avait prolongé sa résistance avec une obstination de courage et une fécondité d’expédients qui touchaient au génie; mais il était désormais sans ressources, sans munitions, sans vivres, en outre très irrité contre
Stofilet. Il accueillit courtoisement les messagers et désigna pour se rendre à Nantes deux de ses lieutenants, M. de Béjarry et M. de Bruc.
Ceux-ci y arrivèrent le 8 nivôse (28 décembre 1794), vers dix heures du soir. Ils avaient gardé leur épée, mais s'étaient dépouillés de leur cocarde blanche. Introduits auprès des Représentants, ils demandèrent d’abord si les chefs étaient compris dans l’amnistie : «Oui, certainement », leur répliquat-on aussitôt. Ils continuèrent : « Quel sera le sort des émigrés? Quel sera le sort des prêtres insermentés qui sont actuellement en Vendée? » Les Représentants ne purent qu’invoquer les lois portées contre les uns et les autres et que lamnistie n’abrogeait pas. Cette réponse provoqua un très vif mécompte. Ce n’était pas que dans les rangs vendéens il y eût beaucoup d’émigrés ; mais en revanche, nombreux étaient les prêtres, et aucun n’avait prêté serment. Les Représentants adoucirent un peu leur langage : « La Convention, dirent-ils en termes évasifs, ne veut le sang de personne ; sans doute, elle facilitera les moyens de sortir de France. » Les messagers se retirèrent ; mais deux jours plus tard, à une heure avancée de la soirée, ils revinrent. Visiblement, le sort des prêtres leur tenait à cœur : « À quoi se réduirait, observèrent-ils, la liberté des cultes si nos prêtres ne nous étaient pas rendus ? — Les prêtres réfracs taires sont proscrits, répliquèrent les Représentants. — San-