TOME IV
églises, de nombreuses collégiales avec leur doyen élu qui portait le nom de Pléban; le long des rues, d’interminables murailles qui marquaient les enclos des couvents: puis, comme autant de petites villes closes, les établissements des Béguines partagées entre le chapelet, le chant de l’office, la dentelle, le soin des pauvres, sans qu’on sût bien ce qu’on devait lire en leur physionomie toute effacée, engourdissement routinier de la vie ou recueïllement sublime en Dieu. Telle apparaissait la Flandre. À l’est, en pays wallon, un état d’âme un peu différent dominaiït : là-bas, un plus vif éveil de la pensée ; une plus grande expansion de parole et de vie; des bouillonnements d'émancipation et, par intervalles, une recherche un peu téméraire pour sonder ce que cachaient des images jusqu'ici révérées. On eût dit que l'esprit douteur et libre de l'Ile-de-France avait, à la manière d’un souffle contagieux, remonté vers le Nord, à travers les vallées de l'Oise et de la Sambre, jusqu’au pays de Namur et de Liége. Cependant, tout à lorient de la Meuse, reparaissait la foi fervente des Flandres, en cette région reculée de l’Ardenne qui masquait, sous le rideau de ses forêts, l'antique abbaye d’Orval et l’église fameuse de Saint-Hubert.
Une prévoyance, même médiocre, eût suggéré de ne pas heurter ce peuple, excellent par nature, mais capable, si on le poussait à bout, de réveils exaspérés. En dépit de quelques ménagements méritoires, la fausse logique finit par triompher de la sagesse. Les biens ecclésiastiques avaient été confisqués en France : ils le furent pareillement en Belgique. Les ordres monastiques avaient été supprimés chez nous : ils le seraient pareillement là-bas; et tout au plus tolérerait-on, à titre temporaire, les congrégations enseignantes ou hospitalières. Le serment à la Constitution civile avait été imposé jadis au clergé français : à défaut de ce serment inséré dans une législation maintenant abolie, on imposerait au clergé
et à LA À SECONDE TERREUR
belge la ue prescrite par la loi du 7 oh an IV. u À la SRRpRNE s me ss une désire, moitié À face
et fon De qu is : ne Re aire ae qu'en acquisition de biens nationaux. Ainsi on contraignait les religieux, ou à garder sans en tirer usage le titre d’où dépen- daiït leur subsistance, ou à à devenir, eux les spoliés, les complices de la spoliation lt LE FAN Entre toutes les servitudes nées de 1a AE celle « qui Fo parut la plus pesante au clergé belge, ce fut l'obligation de prêter le serment de vendémiaire. La plupart se persuadèrent que cet engagement impliquait l'approbation, au moins implicite, des lois révolutionnaires et blessait par conséquent jo l'honneur sacerdotal autant que la discipline ecclésiastique. Derrière le clergé se rangea le peuple fidèle. Des pétitions nombreuses et ardentes furent envoyées à Paris, protes- TER contre Le serment et réclamant la liberté ins cultes. % Les élections de 1797, en amenant dans les Conseils une oi maj orité modérée, provoquèrent dans les départements réunis — ainsi appelait-on Îles provinces belges — un réveil plein d'espérance. On sait ce que dura léclaircie, et comment le coup d’État ds 18 FRopis fut la revanche du jacobinisme vaincu. * En France, la persécution se ranima. Dans les départe- ” ments belges, elle fit rage. 4 Tout d’abord, on vit arriver en Belgique des fonctionnaires | étranges, sortes de revenants de la Terreur dont le récent coup d'État avait ranimé le crédit. Le plus notable fut Mallarmé, ancien conventionnel et régicide. « C’est un bri-
(1) Ti du 15 fructidor an IV, art. 13 (DUVERGIER, Collection des lois, tx, P- 191).
jugement sommaire. Cet homme devint commissaire du Directoire à Bruxelles. D’autres suivirent, hâbleurs, pro-
Ceux-ci écoutaient, contenant leur cœur, mais déjà avec des frémissements de vengeance, comme il convient à un peuple fier, susceptible, un peu vindicatif quoique excel-
autant que les bienfaits.
lois les provinces belges et la France.
Les congrégations enseignantes et hospitalières avaient ‘été provisoirement maintenues : elles furent proscrites (1). Les prêtres avaient jusque-là circulé librement dans la rue : le port de l’habit ecclésiastique fut interdit. Les chapitres, les séminaires furent dissous, et pareillement les corporations laïques (2). Les ventes de de d'Église se poursuivirent. L'Université de Louvain fut supprimée. Partout s’étalaient
tieuse : l’ordre fut donné de tout abattre.
La plupart des prêtres belges s'étaient révoltés contre le serment de vendémiaire. Quelle plus grande répugnance
n’éveillerait pas le serment de fructidor, avec sa formule « de haine à la royauté »! Contre ce serment, le cardinal de Franckenberg, archevêque de Malines, seul demeuré ven Belgique de tous les membres de l’épiscopat, protesta en termes à la fois résolus et mesurés. Il observait avec douceur que « nul chrétien ne peut prêter le serment de haïr ». Il offrait d’ailleurs de signer lui-même et de faire signer à son clergé l’engagement de ne jamais travailler à rétablir la royauté en France. La seule réponse fut un ordre d’arrêt
(1) Loi du 5 frimaire an VI, art. 12 (DUVERGIER, Collection des lois, RE pe 145):
(2) Zbid., art, 1e,
gand de mon pays », avait dit de lui l’abbé Grégoire en un
vocants, raillant sans pitié tout ce que les Belges révéraient.
lent, et qui, dans sa mémoire fidèle, sait fixer les injures
Dans les mois qui suivirent, les mesures s ’accumulèrent avec une précipitation nn pour niveler sous les mêmes
les signes du culte, et’ avec une profusion presque supersti-
ge Te |
CE POP CAE
nommé Jean-Henri de Franckenberg, se disant archevêque | de Malines » (1). Le grand âge du cardinal — il avait ei
LA SECONDE TERREUR Hi Va
et de déportation, signé Larévellière-Lépeaux, « contre le
soixante-douze ans — lui épargna les extrêmes rigueurs.
On se contenta de le reconduire jusqu’à la frontière Cu
Rhin. Il se fixa à Emmerich sur la rive droite du fleuve.
Contre les prêtres belges, réfractaires au serment, le Directoire était armé. Il l'était par la loi du 19 fructidor, applicable aux départements réunis aussi bien qu’à la France et qui permettait de déporter, tout ecclésiastique qui déplaisait.
Ils déplaisaient presque tous, et on le vit bien à ce qui suivit. Les rigueurs atteignirent d’abord les plus considérables, ceux qu’on croyait les conducteurs du peuple : tels Duvivier, ancien secrétaire de l’archevêché de Malines : Bellefond, doyen du chapitre de Tongres; Stevens, vicaire
général de Namur; tels aussi Havelange, recteur de l’'Uni-
versité de Louvain et, à peu de temps de là, Huybrecht, | curé de Saint-Bavon, qui, tous les deux, mourront à la Guyane. Çà et là un certain nombre de religieux furent pareillement désignés pour la déportation, les uns comme F instigateurs de révolte, les autres pour avoir participé à des pratiques superstitieuses. Puis les coups frappèrent comme
par régions : à la fin de l'automne 1797, les curés et cha- Re noines de Louvain; quelques semaines plus tard, plusieurs
prêtres notables du pays de Gand qu’on appelait alors le département de l’Escaut ; un peu plus tard encore, les prin-
cipaux chanoines et dignitaires des églises d'Anvers et den el
Malines. Vers le même temps, les proscripteurs portèrent leurs sévérités sur le clergé de Maestricht : après quoi, ils revinrent derechef à Gand. Enfin, aux derniers jours de lhiver, trente-huit prêtres furent atteints en bloc, les uns
(1) Voir le texte de l'arrêté dans Victor PIERRE, la Déporiation ecclésiastique sous le Directoire, p. 9.
mn
appartenant à la cité. de Bruges, les autres aux villes ou villages de la Flandre maritime (1).
Quiconque refusait le serment était mhabile à exercer le culte public. Donc, une à une, dès les premiers mois de 1798, les églises se fermèrent. Les temples clos, les cloches muettes, les manifestations religieuses proscrites, les prêtres poursuivis ou emprisonnés, toute cette interruption violente des coutumes ancestrales frappa le peuple d’une terreur sombre, comme si la Belgique eût été mise en interdit. Tout fut tenté pour que les anciennes observances ne périssent pas. À défaut des églises, on se rassembla dans les maisons particulières. En plusieurs lieux, les chapelles des couvents furent rachetées par des prête-nom ; et avec la connivence des municipalités, on tenta d’y continuer les rites traditionnels. Dans certains villages, il arriva aussi que les paysans descellèrent de leurs gonds les portes de leur église : de la sorte, disaient-ils, on n’y pourrait mettre les scellés. Toute la semaine, en ces populations de foi intacte, un souci dominait, celui de la messe à entendre le dimanche. Dans la région de Maestricht, un certain nombre de fidèles imaginèrent de franchir, dès la veille du saint jour, la frontière afin de remplir en paix l’obligation sacrée. Cette dévotion parut factieuse ; et les agents du Directoire plaeèrent, le: samedi, des gendarmes au débouché des routes, pour empécher le pieux exode des fanatiques.
Tout s’exaspérait. Au coin des rues ou à l’angle des chemins, les croix, les calvaires s’abattaient ; à ces profanations, s’allumait dans l’âme des paysans une de ces colères blanches auxquelles les Flamands sont sujets et qui éclatent terribles, après avoir longtemps couvé. Avec l’ardeur de la résistance, croissait l’ardeur de la persécution. Pendant tout l'été, les arrêtés de déportation contre les prêtres se succédèrent. On
(4) Voir le texte de ces arrêtés dans Victor PIBRRE, la Déportation ecclésiastique sous le Directoire, p. 10-170.
en one bientôt plus de cinq cents. Hastaut, BEA la révolte de la prière qui ne voulait ni s’interrompre ni capi-
cé tuler. En leur obstination ardente, les Belges imaginèrent
LE des messes, hr Les Ils se im soit mi ou
se sn à rien n’était. omis, Nos Le paroles d la conséer tion. Pendant ce temps, à la même heure, on savait que dans une maison écartée, dans un bois, dans un fourré, un prêtre célébrait secrètement le saint sacrifice. C est à cette oblation que les fidèles s’associaient. Ces cérémonies s ap-. . pelèrent les messes aveugles (4). On les nommait ainsi parce ï que rien ne se voyait, ni l’officiant, ni le calice, ni les. espèces __ sacrées, bien qu’on s’unît aux mystères divins par une pe , | dont; jamais la ferveur n'avait été égalée. J'ai raconté des choses pareilles en parlant jadis de da Vendée. En Vendée, une levée militaire fut le prétexte, no la cause profonde de l’insurrection. Les ressemblances se. L complétant, il en fut de même dans les départements belges, H Le 18 fructidor an VI (2) avait été votée la loi dite de la conscription qui avait déclaré soldats et réparti en cinq F __ elasses tous les jeunes gens célibataires de vingt à vingt- cinq ans. Quelques semaines plus tard, la classe la plus jeune fut convoquée. Quand l’appel fut publié en Belgique, l’oppression religieuse y était au comble, et la colère aussi. Un = même cri s’exhala : mourir pour mourir, nous aimons mieux mourir ici Des rassemblements nombreux se formérent dans l’Ardenne. Bientôt le soulèvement éclata dans le pays de Waes, c’est-à-dire entre Gand et Anvers, puis s
| propagea dans la Campine et se ramifia dans les Élandee
Ce fut une insurrection rurale, non de bourgeois, et si
{1) Voir Léon pe LAnZAC DE LABORIE, la Dertnaio française en Belgique, t. Ier, p. 214.
(2) & septembre 1798.
même excessif? Ici s’arrête la comparaison avec la Vendée. Chez les Belges, nulle habitude militaire, nulle expérience, nul chef autorisé et, sauf dans l’Ardenne, nulle facilité pour
tirent les arbres de la liberté, gardèrent en arrestation quelques fonctionnaires particulièrement odieux. Leur sort misérable fut de subir de lourdes pertes — car la répression fut cruelle — sans en infliger eux-mêmes de sensibles.
semaines et que même ils étonnèrent un jour leurs adver-
vinrent à rompre le cercle et à se dégager. Leur principale opération fut d'occuper Hasselt. Bientôt ils en furent
la fin, au moins le déclin de linsurrection.
Dès le début, les agents du Directoire dénoncèrent comme
les coquins sacerdotaux. En guise de représailles, une mesure
en neuf arrêtés collectifs, un par département, plus de :7 000 d’entre eux furent Ho et désignés pour la déportation. Heureusement pour eux, les troubles civils, encore non apaisés, ne permirent qu’une médiocre vigilance dans les poursuites. La plupart gagnèrent la frontière. D’autres se cachèrent ; et les populations, les autorités locales ellesmêmes les Drotdeérent le plus souvent Join de les dénoncer
(1) 45 frimaire an VII (5 décembre 1798).
bien qu’en Belgique elle est restée connue sous le nom : de guerre des paysans. Le mot de guerre n'est-il pas lui-
une lutte de partisans. Les armes étaient des armes de
chasse, de vieux fusils, des piques, souvent de simples bâtons. Les pauvres gens, victimes toutes désignées pour les représailles, brûlèrent les archives, replantèrent les croix, akate
Pourtant il est juste d’ajouter qu'ils tinrent pendant six.
saires quand, cernés dans la petite ville de Diest, ils parchassés (1), après une sorte de bataille qui marqua sinon à
Jes instigateurs du soulèvement les prêtres, les moines, en un mot tous ceux que, dans leurs rapports, ils appeléient \
sauvage engloba presque tous les ecclésiastiques belges dans Ja proscription. Le 14 brumaire an VII (4 novembre 1798),
Un petit nombre seulement, quatre ou cinq cents environ, furent saisis.
Ils n’iraient point à la Guyane. On eût dit qu’un destin funeste pesait sur les navires qui transportaient là-bas les proscrits. La Charente était tombée dans une croisière anglaise et avait dû chercher refuge aux bouches de la Gironde. La Vaillante, à son second voyage, avait été capturée. La Décade, après avoir déposé heureusement sa cargaison de déportés, avait été assaillie au retour par deux bâtiments britanniques et avait dû amener son pavillon. Ces mésaventures avaient suggéré des réflexions soucieuses : décidément, le risque de tout perdre l’emportait sur le plaisir d’être inhumain. Aïnsi se résigna-t-on à la clémence, clémence d’ailleurs toute provisoire et temporaire ; car, en ajournant les embarquements, on se gardait d’y renoncer formellement.
Les prêtres belges qui n’avaient pu échapper, soit en émigrant, soit en se cachant, seraient englobés dans le même sort que leurs confrères français. Mais quelle serait la condition que le Directoire réservait aux uns et aux autres?
Ici toute précision est malaisée, tant règne l’incohérence | I1 semble que l'arbitraire qui a présidé aux poursuites préside aussi au châtiment. Ke
Rochefort a d’abord été le lieu de rassemblement des proscrits. Les lieux de détention étant pleins et les em- de barquements pour Cayenne étant suspendus, on a imaginé Fée d’évacuer les déportés vers la citadelle de l’ile de Ré. Vers cette île, dès la fin de l’été de 1798, les convois se EH sont succédé. Bientôt la forteresse est elle-même devenue FE insuffisante, et une portion des nouveaux arrivants a été dirigée vers l’île d'Oléron. C’est entre ces deux îles que
seront répartis, dès le commencement, de 1799, les prêtres belges et français.
Ils ÿ sont rassemblés. Mais quiconque essaierait de fixer leur condition serait frappé par l’étrangeté de leur sort. Cest en une prison — en une prison d’ailleurs fort dure — qu’ils sont renfermés, tandis que la volonté primitive de ceux qui gouvernent les a désignés pour un autre châtiment. Nul jugement ne les a frappés ; et le registre d’écrou ne peut reproduire qu’un simple arrêté administratif, fort semblable aux lettres de cachet d'autrefois, en sorte qu’on dirait à l’entrée de l'Océan deux Bastilles nouvelles, seulement deux Bastilles situées fort, loin et dont, on ne parle pas. Quelle sera la durée de la détention? Les capüfs l’ignorent : et. en effet, dans la sommaire procédure qui les concerne, rien ne saurait les imstruire : ils savent seulement que leur nom est . celui de déporté et que, suivant la rhétorique jacobime, « ils souilleraient, en demeurant, en France, le sol de la liberté ». Pour comble d’imprécision, leur sort présent ne peut en rien les instruire sur leur sort futur. Ils sont aujourd’hui en um château fort insulaire. Demain, un navire ne viendra-t-il pas les prendre pour les emporter vers la Guyane? Qui oserait rien assurer? Car le Directoire, qui a eontremandé les embarquements, peut, demain, selon son bon plais, les ordonner de nouveau.
Le même caprice, qui s’est joué de toutes les règles, s’est plu à entasser côte à côte des hommes de toute origine comme pour multiplier les froissements. En la citadelle de Ré, il y à 700 détenus ; il y en aura 4 000 l'année suivante. Au château d'Oléron, il y aura, à la fin de 1799, 250 prisonniers. Or, le mélange est le plus singulier du monde : des forçats, des chouans, des femmes, des domestiques de nobles, puis un groupe de pauvres paysans d'Artois qu’on qualifie d’émigrés parce qu’ils sont partis jadis pour fuir la tyrannie de Lebon. C’est au milieu de ces Compagnons laïcs — une centaine à Saint-Martin-de-Ré, une cinquantaine à Oléron
— que see enfermés les prêtres. tin. seront Due Rae mois 900 environ à l’île de Ré, près de 200 à Pile d'Oléron. | Entre ces prêtres eux-mêmes, quel n’est pas le contrast Fe y a les assermentés au pont de mi à Peu pe et
es Sd s E. 6 > É E rs & © © e à ons - .m° ©.
ma ES ca & 2 3 8 :
4 di dbtee fidèles, mais eux-mêmes Fate en groupe | em groupes très séparés sinon rivaux. lei sont les B el plus de 200 à l’île de Ré, 126 à l'ile d'Oléron (4): ils vivent à part, se considérant comme d’une autre nation et portant l’amer souvenir de leur pays opprimé. Là sont les Bretons, des Manceaux, les Angevins. Ailleurs, se rassemblent les 9 Al Lorrains, les Meusiens, les Francs-Comtois. Dans les salles, les cellules, les greniers des deux so E u | resses, les déportés sont pressés jusqu’à l’entassement. Cependant, si Pon comparait le chiffre des détenus écroués | avec le nombre des arrêtés de déportation, l’étonnement pe serait grand, non de compter tant de prisonniers, mais 14 voir si peu.
arrêtés ne sont nie pour la ae 300 envi- ron Les ne entre Fe deux îles de Ré et Re un
pe
| es LE environ Ha prisonniers dns les jeu! Où : sor les autres? js Cest que le Directoire, quoique malfaisant, avec pensée #
(1) Tableau ch pibnlatil des prêtres déportés (Victor PIERRE, la Ter }FeUr SOUS le Directoire, appendice n° VII).
vérance, n’a point toujours la main assez fort ses victimes ou pour les garder.
Beaucoup, grâce à la complicité des habitants, parviennent à se cacher : de là, en nombre infini, des procès-verbaux de perquisitions infructueuses qu’on retrouve aujourd’hui aux … Archives. D’autres, dans la Mayenne, le Maine-et-Loire, les Côtes-du-Nord, sont appréhendés, mais délivres par les
e pour saisir
rable exode, de secrets amis; si, Chemin faisant, il tombe malade, s’il est déposé à l’hôpital, des certificats de complaisance prolongent pour lui la halte, et à tel point qu’il a beaucoup de chance de demeurer oublié, ou bien encore d’être renvoyé chez lui sous la surveillance de la municipaé. Il n’est pas non plus sans exemple que le déportable, arrivé au gîte d'étape et dépose à la prison, y demeure le
triste faveur? Il ne le sait pas et peut-être ne le saura-t-il jamais. AS NE “a Aiïnsi s’égrènent les convois qui se dirigent vers la côte ; ainsi s'explique la disproportion extraordinaire entre le nombre des arrêtés et le nombre réel des victimes. De cette atténuation, quelque part revient-elle au Directoire? Il
mais, d'ordinaire, sa clémence se place si mal que ceux qui la méritent le moins sont ceux qui l’éprouvent le plus. En cette période fructidorienne, la véritable force du prêtre, C’est la pitié que son sort excite dans l’âme populaire ; et cette pitié est le signe qui réconforte, alors que, si l’on ne considérait que la législation ou les pouvoirs publics, tout porterait à désespérer. |