PERTE TO ENT
sur les fautes de la journée. En outre, tout un culte public
était organisé. Aux jours de repos, les sectateurs se rassembleraient en des temples pour y célébrer ce qu’ils appe-
laient « leurs fêtes religieuses et morales ». Nul ornement
luxueux, nulle statue, nul buste, mais simplement un autel
paré de fleurs ; sur les murs, quelques inscriptions ; puis des
prières, des lectures morales, des hymnes chantées en com-
MAL .mun. 1e
À ce début, la nouvelle association s’offrait au publie avec un grand aspect de décence, se défendait de toute hostilité contre les autres communions religieuses, se piquait de n'être point une secte, mais une institution de morale. universelle (1). À tous ces titres, elle semblait appeler à elle les hommes de bonne volonté qui, ne pouvant se plier
aux dogmes révélés, tenaient à honneur les préceptes de la
sagesse et avaient souci d’y conformer leur vie.
L'un des premiers adeptes fut Valentin Haüy, le bien-. faiteur des aveugles; puis survinrent plusieurs membres du Corps législatif : Goupil de Préfeln, Dupont de Nemours, Creuzé-Latouche, Rallier. Deux comités furent formés, l’un
faisant office de clergé et chargé de choisir les lecteurs et
les lectures, l’autre figurant un conseil de fabrique et pré-
posé à l’organisation matérielle. La première réunion eut ei
lieu en la petite église de l’ancien couvent des Catherinettes, au coin de la rue des Lombards et de la rue Saint-Denis.
C'était un jour de dimanche, le 26 nivôse an V (2).
voirs publics s’en occupaient peu. Volontiers, la police l’eût “A
L'association était menacée de vivre obscure autant que
sage. Les catholiques ne s’en inquiétaient guère. Les pou-
dénoncée comme une survivance du culte de l’Étre suprême jadis mauguré par Robespierre. Pendant ce temps, les scep-
tiques se montraient indulgents et railleurs. « Religion pour
(1) Rituel des Théophilanthropes, p. 6, note. (2) 15 janvier 1797.