‹ Histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 51 sur 65 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

un minutieux souci de fuir tout mcident : de l’évêque, on parle le moins possible ; pour le pape, on prie aux jours de grandes fêtes. Et le pauvre curé engourdit sa vie, disant assez pieusement sa messe, machinalement son bréviaire. De son serment, il porte le poids, avec la double excuse de sa science courte et de la confusion des choses. Que s’il y songe, c’est avec un ressaut d'inquiétude, mais qui ne va pas jusqu’au repentir m surtout jusqu’au repentir public. En attendant, il entretient parmi ses ouailles une petite, toute petite lueur chrétienne, jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu de transformer cette lueur en flamme et de l’épurer en la ravivant.

Je voudrais regraver le tableau de cette église que les fructidoriens viennent à la fois de frapper en la déclarant suspecte et de fortifier en la débarrassant de ses adversaires.

Un homme domine, Grégoire, vrai pape du clergé constitutionnel. Partout, il s’efforce de souffler la vie. Mais, dans ses collègues ou dans son clergé, ne rencontre-t-il pas presque autant d'obstacles que d'appui?

Autour de lui, les réunis forment une sorte de sacré collège dont les membres ne s’accordent point toujours, soit entre eux, soit avec leur chef. Dans le corps épiscopal règne Panarchie. Il y a les découragés : dans la Mayenne, Villar qui se confine dans ses livres ; dans les Basses-Alpes, Villeneuve qui, sous la réprobation de sa propre famille, se réfugie à la campagne ; dans la Drôme, Marbos qui se refuse obstinément à reprendre ses fonctions : « Personne dans Valence, écrit-il, ne m’accueillerait, personne ne me suivrait (4). »

(1) Chanoïne Jules CHEVALIER, l’Église constitutionnelle dans la Drôme, p. 433.

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