‹ Histoire religieuse de la révolution françaiseChapitre 52 sur 65 · AUX · texte numérisé non relu

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2 surprend de profondes lassitudes, mêlées de regrets qui essemblent à des remords. Sermet, ancien religieux, évêque ‘tropolitain de Toulouse, a déployé au concile, si nous LU royons les Annales de la religion, une remarquable élonce (1); mais n'est-il pas l’un des plus désabusés ? étais, écrit-il, plus qu’évêque quand je portais les san- sé les ; je cessai de l’être quand on m’affubla de la mitre 2)» RON côté des découragés, il y a les aigris : tel, à Saint-Claude, w ïse, d'instruction étendue et d'honneur intact, mais dif. cile et rude, toujours prêt aux ruptures. Il y a les fougueux, toujours en attitude de lutte : tel, à Versailles, le vieux C ément, tout à la fois le plus âgé et le plus intempérant des nstitutionnels. Il y a les violents : tel Andrein, le nouvel évêque du Finistère, d'humeur âpre et d’âme délatrice : « Lui trouvez-vous une tête épiscopale, écrit de lui ironiqueent Lecoz (3)?» Tout à l'inverse, quelques-uns se recueillent, voyant de salut que dans la réconciliation avec Rome, se taisant le plus souvent par le sentiment de leur impuise : ainsi apparaissent Tollet, Danglars, quelques autres. | il y a ceux qui, moitié par renonciation à leur éplise, : 47104 par nécessité de vivre, se sont garés dans des emplois ers : dans la Drôme, Marbos, déjà nommé, est conseiller préfecture; à Auch, Barthe est professeur à l’École cen-. Ie e; dans la Meuse, Aubry exploite un moulin. ci Ces hommes si disparates se rapprochent presque tous | ar un trait commun, je veux dire un certain esprit de volte contre celui qui s’est arrogé l'empire. « Nous n’avons pas, disent-ils, secoué le joug du pape pour subir celui de Grégoire. » À Grégoire, on reproche son intransigeance : il dit-on, par ses sévérités, écarté du ministère sacerdotal poussé à bout beaucoup de prêtres disposés au repentir.

a) Annales de la religion, t. V, p. 571. de (2) Correspondance de SERMET (Revue des Pyrénées, année 1898, pe

(3) Correspondance de Lecoz, p. 224.

À quoi Grégoire de répondre : « Il vaut mieux manquer € prêtres que d’en avoir de mauvais ; on n’est point chrétie à demi; on ne sauve pas la moitié de son âme. » Contre chef de l'Église schismatique, les imputations s ’accumulent celui-ci l’accuse de trop afficher sa haine contre les royalistes ; sl celui-là se plaint qu’il ne répond pas aux lettres. Puis il y a ceux qui, se jugeant dignes du premier rang, sont travaillés par le dépit d’une supériorité trop pesante. En ses lettre Lecoz appelle Grégoire «son cher et respectable frère »;ile complimente même sur « ses chefs-d’œuvre ». Mais, à travers les formules laudatives, perce l’impatience. « Je sens, lui écrit-il un jour avec FeE que ma correspondance vous est importune. »

L'un des principaux embarras de Grégoire, ce pontife à la fois subi et contesté, c’est le grand nombre des diocèses. privés d’évêques par la mort, l’indignité ou la désertion des titulaires. Il a imaginé de créer, sous le nom de presbytère des comités composés des principaux curés ainsi que d membres de l’ancien conseil épiscopal et qui assumeraien la charge de l’administration diocésaine. Vers la fin c l’année 1797, quinze presbytères fonctionnent (1). La mesu n’est que provisoire, et l’ambition est de pourvoir aux év chés vacants. Mais comment opérer les remplacemen La Constitution civile a jadis établi des règles fixes, ma calquées sur des mœurs toutes changées et sur des form politiques abolies. Où retrouver ces bourgeois de 1791, élec-. teurs du second degré, tout pénétrés de gallicanisme ou de jansénisme, qui procédaient aux élections épiscopales ap avoir dévotement entendu la messe? Où retrouver surt ces assemblées de district qui choisissaient les curés? Et cela seul montre la fragilité d’un dessein qui a prétendi souder à des institutions toutes contingentes la religion elle-*

(1) Compte rendu par le citoyen GRÉGOIRE au Concile national des travaux des évêques réunis à Paris, imprimé par ordre du Concile, p. 12.

même. Faute de pouvoir ressusciter l’ancienne procédure, on s’égare en combinaisons arbitraires. Il arrive que dans Péglise cathédrale, on organise un scrutin, mais tellement travaillé, tellement dicté d'avance, qu’il n’offre qu’un déri- | Soire ulses des formes électives. Parfois aussi, on dédaigne ces apparences, et le métropolitain rond de nommer lui-même ses suffragants. Mais la dignité épiscopale, désormais dépouillée de traitement et d’honneurs, semble à plusieurs aussi peu désirable que jadis elle était enviée. Lecoz, métropolitain de Rennes, en recherche d’évêques pour Angers et Nantes, a, dans sa correspondance et sous une forme très suggestive, détaillé ses mécomptes. Tout à fait sceptique en matière d'élection, il n’hésite pas à opérer . lui-même. Il songe d’abord à un prêtre du nom de Ménard <ui est âgé, mais «encore vert », et de plus possède — ce qui * ne gâte rien en ce temps de détresse — douze mille livres de rentes. Ménard fait attendre un mois sa réponse, puis déclare que « pour chose au monde il n’acceptera ». Rebuté de ce côté, Lecoz se rabat sur un autre curé, l’abbé Marchand. Marchand est bon prêtre, trop bon prêtre même; car dans l’entrefaite, il est accusé d’avoir propagé « les maximes du fanatisme ». Sur ce grief, il est arrêté, en sorte que le candidat évêque n’est plus qu’un déportable. Lecoz cherche encore et croit enfin avoir trouvé un sujet épiscopable. C’est un abbé Ferré, plus vieux que tous les autres, mais qui, dit-on, acceptera. De nouveau, l’espoir est déçu. Lecoz n’est pas plus heureux dans la Loire Inférieure où un prêtre du nom "de Le Feuvre consent d’abord, puis se dérobe ; et c’est ainsi que Nantes, aussi bien qu’Angers, demeure sans pasteur (1). En dépit des répugnances ou des refus, on réussit à pourvoir d’évêques huit diocèses en 1798, quatre en 1799. Mais à un degré inférieur de la hiérarchie, l’organisation du ser-

(1) Correspondance de Lecoz, p. 310-312, 336. — QUERUAU-LAMERIE, de Rétablissement du culte en Anjou après la Terreur, p. 63-70.

vice paroissial est un autre objet de soucis. Une foule de mauvais prêtres ont, par apostasie ou profanation, déshonoré : l’église nouvelle. Aux jours d’extrême danger, on les a vus, se dispersant de tous côtés, secrétaires de mairie, instituteurs, employés de bureau, épiciers, aubergistes. Maintenant les voici qui, rebutés partout, rôdent autour du sanctuaire : et seule, une extrême vigilance peut réussir à écarter de l'autel ces indignes serviteurs. A côté des mauvais prêtres, il y a les prêtres médiocres, c’est-à-dire ceux qui ont faibli, mais sans se déshonorer publiquement. Presque tous ils ont été réintégrés et forment le gros de l’armée sacerdotale. Le plus souvent, ils sont réguliers de mœurs, assez pieux, attentifs à observer les cérémonies rituelles ; mais, en général aussi, ils sont de tête faible, de style larmoyant, d'esprit étroit quoique se croyant très larges, le cerveau tout travaillé par les restes des vanités qui jadis les ont égarés, en un mot plus propres à figurer le culte qu’à le vivifier. Cependant de tout ce peuple ecclésiastique deux ou trois mille hommes se dégagent en qui est demeurée, toute généreuse et vivante, la sève chrétienne. Si jamais le culte constitutionnel doit se développer, c’est par eux qu’il s’étendra. Mais | voici Où apparait, à travers la force, la faiblesse. Grégoire et ses collègues suivent avec un espoir plein de fierté leurs zélés auxiliaires. Par intervalles, leur joie se mêle d'inquiétudes. Ils se réjouissent d’avoir des collaborateurs si parfaits, mais tremblent qu’ils ne le soient trop. Et, en effet, plusieurs, tout à coup, espacent leurs correspondances. Ils se dérobent, se terrent, se renferment en une silencieuse recollection de leurs actes et de leur passé. Un jour, on apprend qu'ils se sont rétractés ; qu’ils ont été « au blanchissage chez les bons prêtres », comme dit Sermet avec un ironique dépit (1); et alors leurs chefs, leurs amis

(1) Correspondance de SERMET (Revue des Pyrénées, année 1798, p. 106- 117 ot passim).

Hi dr Mb à ob Saint- Germain-l Auxerrois qui ! est comme la seconde cathédrale et où Royer, le nouvel is évêque (1), vient chaque vendredi prêcher et dire la messe; . puis, sur la rive gauche, la grande église de Saint-Sulpice. Grégoire déploie sa carte et promène son regard sur les départe- el 1 ments. — Du Nord de la France, les nouvelles sont assez F médiocres: : toutefois, dans l’importante ville de Boulogne, les Di constitutionnels ont la majorité (2). — Dans l'Ouest, la pres- qu'’ile bretonne s’est montrée moins réfractaire qu’on ne l’eût (ui De Rennes, ee mande nn dans sa ville ne Le il

où à le he: ne un point à Re peu racine : ainsi apparaît le Maine, tout sillonné par les bandes de chouans ;l’Anjou, où les assermentés ne sont en crédit qu'à Saumur de bientôt. n’occuperont plus qu’une quarantaine de paroisses (5); le pays nantais où, suivant l'expression de Lecoz, «le thermo- nl mêtre de l'esprit public est à zéro » (6) ; la Vendée où le culte

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no Nommé à l'évêché bibl in de Panis « en juin 1798 et installé ‘1 Je 45 août suivant.

(2) DERAMEcOURT, le Clergé du diocèse d’ Arras pendant la Révolution, CAIN Pp 271 |

(3) Læcoz, Correspondance, p. 266.

(&) Annales de la résine LE VI et VII passim. — Free Correspon- He, p. 333.

(5) QuervAU-LAMERIE, le cent du culte en Aniou Dr la Terreur, p. 65.

(6) Lecoz, Correspondance, p. 234,

conformiste n’est guère exercé qu’à F ontenay (0). — À : l'extrémité opposée de la France, l’Alsace ne s’est guère laissée entamer, et le pays messin non plus, bien que l’évêque de Metz, Francin, écrive un jour qu'aux grandes fêtes chrétiennes, sa cathédrale est trop petite (2). Dans la Meurthe, les insermentés dominent parcillement : ils sont aussi très j 2 puissants dans les Vosges, bien que quelques petites villes, par exemple Mirecourt (3), soient acquises au schisme. En Franche-Comté, la clientèle des assermentés a grossi d’une façon sensible par le départ des prêtres fidèles : ainsi en est-i dans le département du Doubs où beaucoup de catholiques se résignent, faute de mieux, à suivre les offices du nouveau culte (4). — Si, à travers la Bourgogne, on revient vers lee centre, on peut noter sur la carte plusieurs départements où de grands scandales ont discrédité le culte constitutionnel, au point d’en anéantir par endroits la trace : tels la Nièvre, V’Allier, le Cher, la Creuse. — Que si, en remontant le cours de l’Allier, on s’engage dans le massif central, le mécompte n’est guère moindre pour les assermentés. Ce n’est point que de ces régions la vie religieuse se soit retirée ; elle y est au contraire très intense; mais en ces contrées montagneuses, la Haute-Loire, le Cantal, la Lozère, l'Aveyron, le catholicisme romain a presque tout absorbé. — Cependant, en débouchant des Cévennes, on pénètre en territoire méridional. Là, tout calcul échappe. A Toulouse, l’évêque Sermet a donné le confirmation à plus de cinq mille enfants, et, quand il prêche, sa cathédrale est pleine ; Mais il est contraint de confesser que, dans sa ville épiscopale, il ne compte pas plus de six mille diocésains vraiment fidèles. En revanche,

(1) CHASSIN, Pacification de la Vendée, t. III, p. 12, note. (2) Annales de la religion, t. NI, p. 328. LS'HAE (3): THOMASSIN (l'abbé), Essais sur la persécution révolutionnaire dans le district de Lamarche, p. 462.

À (4) SAUZzAY, Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Doubs, : © X, passim. |

au pied des Pyrénées, notamment dans la région de Tarbes, le schisme semble avoir fait d'assez importantes recrues (1). Dans le Sud-Est, dans la vallée du Rhône, la confusion est plus grande encore. Par endroits et comme par taches, le schisme apparaît florissant ; ailleurs, il ne figure qu’à titre négligeable, soit que le catholicisme romain domine exclusivement, soit que les influences révolutionnaires, puissantes au point de tout détruire, aient enveloppé dans la même disgrâce le culte nouveau qu’on dédaigne de connaître et le culte traditionnel qu’on a déserté.

La carte se reploie. Pour Grégoire, pour les patrons du culte constitutionnel, y a-t-il lieu de se réjouir ou de s’affliger? Sûrement la proscription du clergé orthodoxe a fait refluer un assez grand nombre de fidèles dans les temples schismatiques. Mais combien a-t-on gagné? Sur l’heure, on ne le sait pas exactement ; aujourd’hui encore, toute précision serait malaisée. En revanche, ce qu’on n’ignore pas, ce qu’il est impossible d'ignorer, ce sont les obstacles multiples contre lesquels se débattent Grégoire et ses amis.

Le premier naît de la pauvreté. Plus de traitement, mais de simples pensions variant entre huit cents et mille francs et dont le quart seulement est payé en numéraire. Les offrandes sont presque nulles et pareillement les quêtes : pour ne citer qu’un exemple, en l’importante ville de Besançon, le jour du sacre de l’évêque Demandre, on recueille en tout 12 livres, 19 sous, 6 deniers (2). Un grand avantage serait d'établir le denier du culte, et l’une des lettres synodiques, émanées du récent concile, a tenté de l’organiser. Mais la loi défend toute contribution régulière ; et d’ailleurs, soit tiédeur, soit parcimonie, l’empressement est médiocre. Quand le presbytère n’a pas été aliéné et quand on peut le recouvrer, les curés s’y abritent et vivent en partie avec les

(1) Annales de la religion, t. VI, p. 486.

(2) SauzAy, Histoire de la persécution révolutionnaire dans le Doubs, t. X, p. 216.

produits du jardin, dans le cas contraire, c’est l'extrême détresse. Certains évêques réduisent leur table au point de ne faire qu’un seul repas. On n’a point d’argent pour payer les ports de lettres, et, à plus forte raison, pour l'impression des documents épiscopaux. A l’époque du concile de 1797, le grand obstacle a été la dépense : « Je suis trop vieux pour aller à pied, a objecté l’évêque Constant, et trop pauvre pour aller à cheval (1). » D’autres ont écrit qu’il leur faudrait vendre leurs couverts d’argent ou engager leurs meubles. . En 1798, trois évêques du Sud-Ouest qui se rendent au sacre de Villa, nommé au siège épiscopal de Perpignan, se trouvent trop pauvres pour louer une voiture; modestement, ils prennent place en un bateau qui transporte des marchandises sur le canal du Midi (2) ; et en route, avec une gaieté un peu forcée, peut-être avec un retour d’envieux souvenirs, ils plaisantent sur cet appareil minable qui contraste avec le train fastueux de leurs prédécesseurs sous l’ancien régime.

À cette pénurie, s’ajoutent d’autres soucis. Le mariage des divorcés, les publications de mariage au prône sont autant de sujets de conflit avec l’autorité civile. On possède de grandes, de belles églises, mais à la condition de les partager, un jour avec les théophilanthropes, un autre jour avec les pontifes du culte décadaire, un troisième jour avec les organisateurs patentés des grandes fêtes civiques. Il arrive même que l’administration centrale de la Seine imagine, par arrêté du 22 vendémiaire an VII, de débaptiser les églises , de Paris : l’église Notre-Dame s’appellera le temple de l'Être suprême, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois le temple de la Reconnaissance, l’église Saint-Sulpice le temple de la Victoire, et ainsi des autres (3). — Cependant, à ces déplaisirs s’ajoute un cuisant sujet de confusion et de colère. Je veux parler de la substitution obligatoire du décadi au di-

(1) Durenaues, l'Eglise d'Agen pendant la Révolution, P. 461. (2) Annales de la religion, t. VII, p. 95.

(3) Réimpression du Moniteur, t. XXIX, p. 452-458.

tirant Dons Le Nord, . an … lndre-et-Loire, la Saône- et- Loire, diverses admi

ne tsbration de ir rites A Aux environs de Pons la p ti des curés constitutionnels faiblissent, et on peut de les provinces noter pareillement d’assez honbrauses défai lances. Il se trouve aussi que quelques prêtres, jaloux de is vs sion a dar Ru een de fêter tout ensemble le dimanche

chure sur Péronne du nue La en n'était point sans courage, Car il fut doué et faillit être e déporté

En cette condition compliquée et même au milieu de quelques gains momentanés, il est un souci auquel le clergé constitutionnel n’échappe pas, c’est celui de l'Église catho lique déchirée en deux. NE

J’écarte les indignes qui ne méritent pas qu’ on sonde ue DRE pensées. Je ne m'’arrête qu’à ceux qui ont gardé leur honneur Chrétien. Quand ces prêtres pénètrent dans leur église,

(1) Annales de la religion, t, VII, passim.

Jeur semble d’abord que rien n nt changé : ce sont les êmes ornements liturgiques, la même parure de l'autel et, à la même place, le même livre des Évangiles ; ce sont les mêmes commémorations, les mêmes symboles, les mêmes mystères. Tout au plus, peut-on noter quelques différences dans le vocable : au prône, on parle plus qu’ailleurs de la soumission au pouvoir civil; on suppute le temps par le calendrier républicain ; on e désigne sous l'appellation de citoyen. Ces dissonances ne sont que nouveautés contingentes qui n’altèrent ni le culte ni la foi. Mais voici qu’ au milieu même des oraisons rituelles, le prêtre s’interrompt tout à coup. Ces paroles de paix et dé charité que la prière amène sur ses lèvres, sont-elles vraiment dans son cœur? tte divine oblation de l’autel, l’offre-t-l en complète nion d'amour avec l’Église universelle? Le scrupule le saisit, l’étreint, violent jusqu’à l’obsession ; et alors il se rappelle ce précepte de Jésus : Si au moment de consommer de sacrifice, tu ressens quelque courroux contre ton frère, va te réconcilier avec lui, et tu viendras ensuite RON le sacrifice. |

On ne peut douter que, parmi les prêtres assermentés, beaucoup n'aient médité ces paroles du divin maître. Qu’on lise les écrits des constitutionnels. Les appels à la conciliation abondent. Dans sa correspondance avec Grégoire, Tollet, évêque de la Nièvre, ne cesse de prêcher l'entente avec Rome. « Jamais, sans le concours du pape, écrit de son côté Sermet, nous n’aurons la paix intérieure. » Et ailleurs il trace ces ERA : « Tous les jours, je fais dire la collecte pro extinguendo schismate (1). » En invitant les insermentés de son diocèse à déléguer l’un des leurs au concile de 17074 Flavigny, le respectable évêque de la Haute-Saône, se féli- cite d’abord de la liberté qui a été rendue aux reclus. Il | Dion : « Choisissez parmi vous le prêtre le plus éclairé,

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