PROCLAMATION POUR LA PRESTATION DU SERMENT DU 20 FÉVRIER
« L'Assemblée électorale du district de Béziers^ aux habitants de ce district :
a Citoyens, pendant que nous remplissons le devoir que la loi nous impose de vous choisir des pasteurs, les ennemis de la Constitution, plus hardis que Jamais, tentent de vous séduire et de vous égarer. Parmi les ministres de TÉglise qui ont refusé leur assentiment à la loi, il en est maintenant qui annoncent l'intention de lui résister et de la combattre. Ceux qui présument assez de leur influence sur la faiblesse et la crédulité du peuplte osent faire retentir la chaire des déclamations les plus incendiaires ; ceux qui n'ont pas ce dangereux empire exhalent dans des écrits clandestins leur rage fanatique... Quelle paix, quelle charité pouvez-vous attendre de ceux qui sont assez cruels pour oser vous annoncer que vous êtes (sans le savoir et contre votre volonté) infidèles à la loi de l'Évangile, séparés de l'Église de Jésus-Christ, et plongés dans la plus damnable des hérésies?
» Nous, schismatiques et hérétiques! et pourquoi? Parce que nous reconnaissons une loi de l'Etat qui veut que les chefs des églises soient honorés par le peuple.
»... Regardons avec horreur, et fermons l'oreille aux cris de ceux qui veulent nous faire, malgré nous-mêmes, schismatiques et hérétiques ; qui nous traînent par cette abominable doctrine à une guerre civile, et semblent ne
56 l'assemblée constituante
promettre le Ciel qu'à ceux qui auront déchiré leurs frères sur la terre » {1),
xn. — Les curés de Bézîei*s avaient refusé de lire en chaire l'instruction décrétée par l'autorité civile en faveur de la Constitution et du serment. L'abbé Cabanel, curé de Saint-Nazaire, comme ses fidèles collègues, fut dépossédé et quitta l'église d'où s'étaient déjà vus expulser les membres du chapitre cathédral.
Si nous en jugeons par le mobile grossier auquel céda le curé de Sauvian, près Bézîers, le serment constitutionnel n'enleva pas au clergé sa fine fleur ! Ce malheureux qui portait déjà l'apostasie dans son cœur, se rendait de sa paroisse au chef-lieu du district. Chemin faisant, il fit la rencontre de M . d'Orsènes, propriétaire du domaine de Saint-Martin, situé entre Sauvian et Béziers. Ce fervent chrétien, informé du motif pour lequel cet ecclésiastique se rendait à la ville, chercha par une argumentation pressante à le détourner de son sinistre projet. Pour toute réponse, celui-ci lui dit qu'il fallait manger ! et il le dit en termes vulgaires et humiliants (2).
XIII. — Heureusement que d'autres, dans le district de Béziers, et ils furent nombreux, s'élevèrent au-dessus de ces instincts grossiers et eurent le courage de s'exposer à la misère et à la persécution. Nous citerons en particulier les chanoines de la collégiale de Capestang, qui, tous, demeurèrent fidèles au dictamen de leur conscience.
En parlant du clergé du district de Béziers, nous ne devons pas oublier celui de l'ancien diocèse d' Agde ; cette
(1) A. Durand, HisL relig. et polit, de Bézten, p. 88 et suiv.
(2) Nous devons ce renseignement à l'obligeance de H. l'abbé Augustin Lautier, curé de Balaruc-le-Yieux,
LES PRÊTRES DE L'hÉRAULT EN FACE DU SERMENT 57
circonscription ecclésiastique appartenant désormais au 2« district de l'Hérault (1). Malgré les grands exemples donnés par M. de Saint-Simon, et par les prêtres de son entourage, il y eut quelques défections dans le clergé séculier et dans le clergé régulier. Celui de tous ces ecclésiastiques dont la chute scandaleuse fit le plus de mal, fut celle de Payen, étranger par sa naissance au diocèse, mais occupant un poste qui le mettait en vue. Il s'empressa de jurer, afin de pouvoir conserver son bénéfice et le traitement que la nation promettait aux lâches déserteurs de la foi catholique. Il entraîna dans sa chute plusieurs de ses paroissiens et quelques chanoines ou bénéficiers faisant partie du bas-chœur. Il y eut également des défections parmi les 15 ou 16 ecclésiastiques du clergé collégial et paroissial de Pézenas, séduits par la peur, la faiblesse ou l'intérêt (2). Nous reviendrons dans la suite sur ce triste sujet, dans l'intention bien arrêtée de mentionner tous les faits religieux, tombés dans le domaine de l'histoire, dignes de louange ou de blâme. Mais, en attendant, on voudra bien ne pas oublier la conduite vraiment sacerdotale du clergé de Cette, ville qui appartenait à l'ancien diocèse d'Agde (3).
XIV. — A Lodève, les partisans des idées nouvelles ne se contentèrent point de la cérémonie dans laquelle les membres du clergé du district devaient prendre des engagements solennels vis-à-vis de la Constitution civile. Ils
(1) Son histoire a été longuement écrite par le chanoine deGohin^ ancien vicaire général des deux derniers évéques, M. de Gharlevat et M. de Saint-Simon ; le grand séminaire de Montpellier possède une grande partie des manuscrits de M. de Gohin.
(2) Ms du chanoine de Gohiii, Etat du clergé séculier et régulier du diocèse d'Agde, passim.
(3) Voir au ch. iv du présent Livre,
58 l'assemblée constituante
organisèrent pour le 26 avril 1791 une grande fête politico-religieuse, dans l'église paroissiale de Clermont- THérault. Le discours officiel fui donné par Pierre Bois, curé de Puéchabon, ancien dominicain de la maison de Montpellier et qui deux ans plus tard apostasia. Il était membre des Sociétés des Amis de la Constitution de Clermont, de Lodôve et de Pézenas. L'orateur parlait en présence de la municipalité de Clermont, du procureursyndic et des administrateurs du district de Lodève, de la Société des Amis de la Constitution, de la Garde nationale et des Juges des tribunaux de paix et de commerce.
Nous avons sous les yeux ce discours imprimé avec l'épigraphe que voici : « Un cri d'émotion m'annonce la tenue des Etats-généraux ; j'étois mort esclave, je ressuscite libre et j'adresse mes vœux au Génie tutélaire de la France. »
Le texte : Digituê Dei est htc (Exod. Vin, 19) est traduit par cette amplification purement idéale : «c C'est dans le chef-d'œuvre de notre Régénération que nous devons reconnoitre le doigt de Dieu... — Dieu des Français, c'est vos bienfaits que je célèbre ; l'ouvrage de notre régénération est entre vos mains... Frappez ces anciens tyrans; exterminez ces Pharaons superbes I ou, plutôt, Père commun, éclairez nos ennemis qui sont aussi les vôtres... Assurez à la Constitution sur des bases solides, inébranlables, et rendez ainsi la contre-révolution impossible. La Constitution, 4 millions de gardes nationales, 83 départements qui se touchent de la Méditerranée à l'Océan, la majestueuse Assemblée nationale qui représente et réunit en un seul point toutes les volontés de l'empire... les municipalités, les districts, les Sociétés généreuses de citoyens instruits et patriotes... telles sont nos forces; c'est la plus grande force qui ait jamais existé sur la terre. Mais il faut que la Constitution soit assise sur les mœurs. La Religion me l'apprend; l'expérience de tous les âges rend cette vérité
incontestable. Les bonnes mœurs engendrent les vertus; mais il faut que les vertus consolident les bases de notre Constitution... Ne cessez de donner à vos voisins des exemples de piété civique, de religion et de patriotisme... Jurons d'être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi, et le Dieu des Français, le Dieu de la Patrie, vous jure l'immortalité »(1).
Une note imprimée à la suite de cette harangue porte que « 1,800 auditeurs, pénétrés d'un saint enthousiasme, prêtèrent le serment civique, à l'exemple de MM. les Municipaux (2). On aurait voulu dans le monde administratif que toutes les chaires catholiques fussent toujours occupées par de pareils orateurs, surtout pour la station du carême. Ce n'était pas pour rien que la nouvelle loi civile considérait les prédicateurs comme fonctionnaires publics.
XV. — A Saint-Pons le chapitre cathédral s'était réuni, pour la dernière fois, le 8 février 1791, à l'occasion de l'acquit d'une fondation, et, depuis lors, la grande église n'était plus desservie que par le clergé paroissial, dont le chef, l'abbé Dominique Pouderous, âgé de 70 ans, comptait déjà 35 ans d'exercice comme curé. Il était né à Villeneuve de Béziers (22 juin 1721) et, à raison du lieu de sa naissance, appartenait à l'ancien diocèse de Béziers. M. de Nîcolay laissa volontiers partir ce jeune prêtre, malgré les observations de son entourage. « Il a, sans doute, du talent, leur dit-il ; c'est même un sujet distingué ; et
(i) Discours sur la Constitution française, prononcé le 26 avril 179 i. Van H de la Liberté, dans tégl. par. de Clermont de ^Hérault; - Pëzenas, Bois, 1781, in-12.
(2) Lac. cit., p. 89.
60 l'assemblée constituante
néanmoins je le vois avec plaisir s'éloigner de nous; je n'ai pas confiance dans sa vertu » (1). M. de Nicolay avait donné un diagnostic dont les événements démontrèrent l'exactitude.
Ce malheureux curé, avait cependant des mœurs pures et sévères, à ce qu'assurent diverses correspondances inédites de cette époque ; mais l'orgueil et l'ambition lui firent accepter sans trop de difilculté la Constitution civile du clergé, avec ses désastreuses conséquences. Il avait déjà prêté le premier serment exigé par l'Assemblée nationale, lorsqu'il annonça d'une façon très positive son intention de le renouveler, le 20 février, dans son église paroissiale, en présence de son peuple.
Son neveu, prêtre et curé de Venergue, dans le diocèse de Toulouse (2) informé de ses dispositions, vint le trouver pour le dissuader de ratifier son serment civique, disant à qui voulait l'entendre a qu'il fallait être coquin et canaille pour prêter un pareil serment » ; mais, il le prêta luimême, le lendemain, entraîné par les discours et par l'exemple de son oncle (3). Malgré les supplications d'un grand nombre de ses ouailles, demeurés fidèles à l'église catholique, le curé prêta le serment, après un discours dans lequel se heurtent le faux et le vrai.
« Pourquoi, demande-t-il, pourquoi donc tant d'étonnément et d'effervescence, tant de murmures et de plaintes, même dans quelques-uns d'entre vous ? quand il ne s'agit que de confirmer un engagement déjà pris... De quel œil me regarderiez-vous, si obligé par mon caractère et ma
(1) Documents fournis par 'feu M. le chanoine Bruguiére, archi- Tiste du diocèse d'Albi.
(2) Ce bénéfice était à la nomination du chapitre cathédral de Samt-Pons.
(3) Nous deTons encore ces renseignements à l'obligeance de M, le chanoine Bniguière.
LES PRÊTRES DE l'hÉHAULT EN FACE DU SERMENT 61
place de vous prêcher la soumission au Souverain, je vous donnois aujourd'hui l'exemple de la révolte î.. Et de quoi s'agit-il en ce moment ? de se soumettre, avec serment, à la Nation, dont je suis membre; à la Loi qui m'assujettit si légitimement comme citoyen ; au Roi qui est mon chef suprême, dans les mains duquel réside le souverain pouvoir exécutif ; et à la Constitution, qui est l'ouvrage de la double puissance législative et exécutrice, laquelle retranche tant d'abus, et présente pour l'avenir tant de biens ! Et n'est-ce pas ce que j'ai déjà juré parmi vous et avec vous, soit dans les assemblées primaires, auxquelles vous m'avez appelé, soit dans la maison commune, où vous* m'aviez donné place parmi vos notables, soit à l'autel de la Patrie, le jour de la Fédération, à laquelle, invité par vous, je me fis un devoir d'assister?
»... Je sais que mes premiers sermons, tout comme celui qui est exigé de moi dans ce moment, ne sauroient être le lien de l'iniquité, et renfermer rien d'illicite et de contraire à la Religion sainte que je professe et que je n'ai cessé d'enseigner et de prêcher depuis près d'un demisiècle, ayant déjà passé parmi vous 35 ans, qui sont la plus grande partie de cette longue carrière, aussi honorable que pénible. Mais y a-t-il dans les décrets rien de contraire à la foi, aux dogmes, à la morale, et môme à l'antique et essentielle discipline, dont on y .voit au contraire un désirable rapprochement? Portent-ils, ces décrets, la moindre atteinte à l'autorité spirituelle de l'Eglise ? Ils se bornent à une organisation civile et politique du Clergé, sans toucher à l'enseignement et à la propagation de la doctrine, ni à l'administration des sacremens.
» ... C'est donc une grande erreur dans plusieurs, d'imaginer et d'oser avancer que les Prêtres, qui se montreront soumis à la loi du serment, vont devenir schismatiques et même hérétiques... Et n'est-ce point pour
62 l'assemblée constituante
préTenir ce malheur, et pour instruire plus efficacement les fidèles commis à nos soins, que la Loi oblige encore tous ceux qui sont chargés de l'enseignement et tous les pasteurs des âmes, en un mot, tout ce qui est fonctionnaire dans le ministère sacré, à jurer qu'ils rempliront avec zèle et courage les augustes fonctions dont ils sont, ou dont ils seront chargés pour l'instruction et la sanctification des fidèles confiés à leurs soins. Serment aussi glorieux pour des vrais pasteurs que consolant pour le peuple chrétien... Combien serais-je donc coupable de vous refuser ma vigilance, mes soins, mes travaux et tous les secours d'un zèle pastoral, le plus actif, le plus persévérant qu'il me sera possible? C'est à quoi Je m'oblige devant mon Dieu pour tout le temps que sa providence me retiendra parmi vous. Je m'oblige encore par le même lien sacré, à être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, et à maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi... i» (1)
XVI. — L'exemple du curé Pouderous fut suivi, le même jour, dans la même église, et dans la même chaire, par l'abbé Alexandre-Victor Rouanet. Cet ecclésiastique était né le 13 septembre 1747, à la Bastide-Rouairoux, petite paroisse du diocèse de Saint-Pons, comprise aujourd'hui dans le diocèse d'Albi. A l'époque de la Révolution, il comptait vingt ans de ministère, dont trois en quaUté de vicaire et dix-sept comme professeur de philosophie au séminaire de Saint-Pons. Il n'avait jamais possédé de bénéfice, ni fait la moindre démarche pour s'en procurer. C'est lui-même qui l'aflirme dans un mé-
(1) Discours prononcé le SO février 1791^ dans l'Eglise par. de SainhPons, par M* Pouderous, curé; « Montpellier^ Picot, 1791, in-io de 7 pages.
LES PRÊTRES DE l'hÉRAULT EN FACE DU SERMENT 63
moire, publié l'an vi de l'ère républicaine; et dont nous aurons occasion de parler (1).
Avant de prêter le serment, il expliqua les motifs de cette démarche dans un discours, véritable apologie de la Constitution civile du Clergé (2). Son point de départ était ce passage de la première épître catholique de Sailit-Pierre(3): « Ayez soin seulement de sanctifier dans vos cœurs le Seigneur Jésus-Christ par la pureté de votre foi et la sainteté de votre vie. Soyez toujours prêts à répondre pour votre défense à tous ceux qui vous demandent raison de l'espérance que vous avez; le faisant toutefois avec douceur et modestie, et con»ervant en tout une conscience pure ; afin que ceux qui décrient la vie que vous menez en J. C. rougissent de vous difiamer, comme ils le font sans aucun sujet. »
Disons tout d'abord un mot nécessaire à l'intelligence de ce texte qui est détourné de son sens naturel et primitif. Le prince des apôtres parle de ceux qui soufirent pour la justice et les félicite : « Si vous soufftez pour la justice, écrit-D, vous serez bien heureux I ne craignez donc point, » etc. (4) Le prêtre jureur, qui n'était nullement persécuté pour la justice, laisse de côté la pensée fonda-
(i) Réponse ttAlexandre' Victor Rouanei, prêtre ei vicaire épiS' copal du diocèse de l'Hérault, à la lettre datée d'Alcobaça en Portugal, à lui adressée, et signée Jean- Marc de Royère, évéque de Castres; p. 10; - Béziers, Fuzier, an vi, in-12.
(2) Discours prononcé par M» Rouanet, professeur de théologie de la ville de Saint» Pons; imprimé par ordre du Directoire du Département. Montpellier, Picot, 1791, in-4«.
(3) I. Petr. m, 15 : Dominum Christum sanctificate in cordibus vestris; parali semper ad satisfactionem omni poscenti vos rationem de ea quœ in vobis est spe ; sed cum modestia et timoré conscientiam habtntes bonam, ut in eo quod detrahunt vobis confundanlur qui calumniantur veslrambonam in Christo conversationem.
(4) Si quid patimini propler justittam, beati, m, 14.
64 l'assemblée constituante
mentale de S. Pierre, tronque le texte, et se raccroche à ses développements.
«... C'est pour me conformer à la leçon du prince des apôtres que je viens aujourd'hui, M. T. C. F., vous rendre raison de ma foi et de la démarche que je vais faire en prêtant le serment civique. — Je me suis d'abord bien convaincu que la Constitution civique du Clergé, qui excite tant de réclamations, ne renferme rien de contraire à la foi... Il ne s'agit ici que de la discipline ecclésiastique que bien des personnes soutiennent être blessée par la nouvelle Constitution, tandis que beaucoup d'autres le nient... Je vois deux pasteurs dans un même troupeau; l'ancien qui résiste et le nouveau que la loi y établit. De là, deux partis...
« Non ; ce ne sont point des considérations humaines qui m'ont déterminé dans une circonstance aussi importante. Après avoir lu, réfléchi, consulté, prié, j'ai pris ma détermination sur les bords de la tombe qui va bientôt me recevoir, au pied du tribunal du souverain Juge, à qui je dois rendre compte de ma démarche ; c'est là que l'impérieuse loi de la charité est venue se joindre à l'oracle de l'Evangile : Rendez d César ce qui est à César; pour me prescrire l'obéissance à la Loi civile ; et c'est d'après l'intime conviction où je suis que le bien de la Religion exige de moi ce serment, que je me réunis à mes collègues pour le prêter. Je jure donc, etc. »
En unissant, il cherche à réfuter cette parole qui lui revenait de tous les côtés : « La Religion est perdue ». Puis il prie pour l'Église de France, pour « l'auguste Diète de V Empire y>y pour les administrations civiles, pour les défenseurs de la Patrie et pour les prêtres.
XVII. — Hélas 1 ces prêtres en avaient bien besoin et le district de Saint-Pons se trouvait dans un fâcheux état! L'évéque diocésain M. de Bruyères de Chalabre, dont on
supprimait le siège, avait fui devant la tempête, confiant son troupeau à la sollicitude de M. deNicolay. Le Chapitre cathédral, supprimé lui aussi, était dispersé. Les personnages les plus influents demeurés en place étaient le curé de la vUle et le professeur de philosophie du séminaire. On ne pouvait pas compter sur le professeur de théologie pour retenir les esprits faibles sur la pente de la tentation; l'enseignement étant donné d'après la théologie janséniste d'Habert. De toutes ces causes réunies, résulta pour l'ancien diocèse de Saint-Pons un grand malheur, et ceux qui tenaient la tête du mouvement furent bientôt suivis par un nombre assez considérable de prêtres du district, appartenant pour la plupart aux cantons de Saint-Pons, d'Olargues et de Saint-Chinian. Nous citerons en particulier les curés ou chapelains des paroisses et annexes suivantes : Colombières-la-Gaillarde , Mons, Prémian, Saint-Vincent, Cesseras, Sainte-Magdeleine de Monis, Babeau, La Livinière et Pardailhan.
tilST. RlLlG. Vi L'ÙIRIULT. — T. 11.