‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 108 sur 141 · L*ASSEMBLÉE CONSTITUANTE · texte numérisé non relu

L*ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

nonce la dissolution. Loin de nous la simple idée d'une résistance active ; nous n'oublierons jamais qu'à l'égard du Souverain elle est proscrite, dans tous les cas, par la religion dont nous sommes les ministres. Mais nous devons à l'Eglise, nous nous devons à nous-mêmes de saisir cette circonstance pour manifester notre douleur profonde, à la vue des maux dont l'Eglise de France est menacée, par les innovations aussi désastreuses qu'îrrôguliôres qu'on veut introduire dans son état et dans sa discipline, et de déclarer, pour ce qui nous concerne personnellement, qu'en cessant nos fonctions, nous ne cédons qu'à la nécessité et à l'impuissance absolue de les continuer, que nous ne les abandonnons, malgré nous, qu'avec un regret amer et que nous appellerons sans cesse, par nos désirs, la liberté de les reprendre (1). »

Les commissaires de la municipalité procédèrent ensuite à l'inventaire du mobilier de l'église cathédrale, et apposèrent les scellés sur les archives (2). Dès ce moment, il ne fut plus permis aux chanoines de s'assembler, et le silence des cloches annonça au public que l'office canonial avait cessé.

Peu de jours auparavant, il en avait été de même à la cathédrale d'Agde. La dernière réunion des chanoines

(1) J.-P. Thomas, Mém. hist, sur Montp. p. 243.

(2) Au commencement du mois d'avril 1791, à la marche que p' enaient les aflaires, les membres de rancien chapitre catlYédral de Montpellier jugèrent que c'était le moment, où jamais, de réclamer ia restitution des papiers sur lesquels avaient été mis les scellés. Les syndics capitulaires furent chargés de présenter à ce sujet une requête au district (3 avril 1791). Un arrêté de ce corps administratif, donné le lendemain, chargea la municipalité de lever les scellés et de remettre aux syndics les papiers et registres où étaient portés les comptes des revenus depuis 1776 jusqu'à 1789, sauf à réapposer ensuite les scellés. (Arch. municip. de Montp. P. 5, A. Période de Transition.)

porte la date du 9 octobre et les signatures suivantes : « Gh.-Fr. Simon, Evêque (VAgde; Tabbé de Coucy, Archidiacre; Bellenger, Sacristain; Car, Précenteur; Jordan; DE GoHiN, Camêrier; Marès; Bourbon (1). »

V. — De leur côté les titulaires de l'église cathédrale de Béziers s'empressèrent de protester contre l'article du décret qui supprimait les chapitres et demandèrent à continuer, à leurs frais, le service divin (2). Cette résolution, qui honorait ses prêtres, inspira la lettre suivante à M. de Nicolay : « Si quelque chose est capable d'adoucir la douleur amère dont je suis pénétré à la vue des maux qui affligent l'église de France, c'est certainement, Messieurs et Très Chers Frères en Jésus-Christ, l'exemple édifiant que vous venez de donner aux fidèles. Au moment de cette cruelle séparation qui vous arrache à des devoirs si longtemps remplis avec zèle, vous avez manifesté hautement le vœu religieux d'être autorisés à continuer, même à vos frais, le service divin. Que n'ai-je pu, Messieurs et Très Chers Frères, me trouver à votre tête dans ce moment intéressant et vraiment digne des applaudissemens du ciel et des regrets de la terre. Pourquoi l'état de langueur où m'a laissé la maladie que je viens d'essuyer, et qui n'a pour principe que vos malheurs et les miens, ne m'a-t-il pas permis de mêler mes larmes aux vôtres et de confondre notre douleur mutuelle ? Ah ! Messieurs, plus j'y pense, plus mon esprit se refuse à l'idée déchirante qu'au pied de ces autels où nous avons les uns et les autres contracté un engagement sacré, je ne serai plus entouré de mon vénérable sénat; je ne lèverai plus, avec tant de ministres fervens, les mains au ciel pour deman-

(1) Reg. desDélib. du chap. d*Agde.

(2) Fabrégat, Vie de M. de Nicolay y p. 49*

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der à Dieu de répandre sur le peuple qu'il m'a confié ses bénédictions les plus abondantes ; qu'aux principaux jours de l'année, je n'offrirai plus la victime sainte avec celte pompe imposante qu'augmentoient encore votre ferveur, votre recueillement et la majesté de vos chants ; que dans ces fêtes solennelles je portois entre mes mains et au milieu de vos murs la divine Eucharistie; je ne serai plus précédé et environné de ces prêtres édifians qui faisoient le plus bel ornement du triomphe de Jésus-Christ. Je chercherai du moins, Messieurs, à tromper ma douleur par le souvenir de ces temps fortunés où il nous étoit permis de nous réunir sous ces voûtes sacrées, qui ont letenti pendant tant de siècles des louanges du Seigneur. Je vous aurai sans cesse présens à mon esprit, et votre infortune ne fera que vous rendre plus chers à mon cœur. Oui, Messieurs et Très Chers Frères, que ma main droite se sèche, que ma langue s'attache à mon palais, si j'oublie Jérusalem, cette église autrefois florissante, cette épouse chérie qui a reçu mon serment, aujourd'hui dispersée, dont l'antiquité remonte aux tems voisins des apôtres, et qui fut toujours si féconde en ministres vertueux.

» Et vous aussi. Messieurs et Très Chers Frères, ne l'oubliez pas cette tendre mère qui nous a portés dans son sein ; ne l'abandonnez point ce temple sacré, le berceau de votre piété, le témoin de vos vertus. Que mes yeux vous y retrouvent encore; une désertion totale seroit pour moi un nouveau sujet d'affliction. Si vous ne pouvez y chanter la prière publique, venez du moins y célébrer en particulier les saints mystères ; venez y prier pour la prospérité de l'empire, pour le salut de l'état, pour le retour de la paix. Continuez (je vous le recommande), Messieurs et Très Chers Frères, à pratiquer cette modération chrétienne, cette soumission sacerdotale qui vous a toujours distingués. Bénissez le Seigneur qui vous

frappe et qui, peut-être, un jour, fera revivre en votre faveur ses anciennes miséricordes. En chaire, au tribunal de la pénitence, dans vos conversations, par vos exemples, prêchez la patience, la douceur, la résignation ; et faites voir à vos concitoyens que si la force publique a pu vous séparer de votre sanctuaire, rien au monde ne sera capable de vous séparer de la charité de Jésus-Christ.

» Je suis avec un profond et inviolable attachement, Messieurs et très chers Frères, votre très humble et très obéissant serviteur.

» t Aymard, Evêque de Béziers,

» Béziers, 26 octobre 1790 (1). »

Le même jour, les titulaires de la cathédrale répondirent :

« Monseigneur,

« La lecture de votre lettre, en date de ce jour, nous a. tous pénétrés de la sensibilité la plus vive. Nous avons été attendris jusqu'aux larmes à la vue de rintérêt touchant que vous prenez à notre infortune. Dans la manifestation énergique de votre profonde douleur, nous avons; reconnu la tendresse d*un père qui se voit arracher ce qu'il a de plus cher, des enfants respectueux et dociles qui faisoient leur bonheur de vivre sous ses yeux et dans sa propre maison. Nous n'entreprendrons pas. Monseigneur, de faire connoître ce que nous coûte une séparation aussi cruelle; ce seroit ajouter à vos maux, aggraver votre douleur, enfoncer plus avant le trait qui vous blesse. Accoutumés à chanter les louanges divines dans ce temple sacré que la piété de nos pères avoit consacré au Seigneur, à vous entourer, à vous servir de

(1) Barruel, Colleclion ecclésiastique , xiv, 317-319.

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ministres dans ces offices solennels que vous célébriez avec tant de ferveur, à admirer de près ces vertus pastorales qui vous avoient attiré le respect et l'amour de tous les fidèles confiés à vos soins, nous comptions, Monseigneur, que notre félicité seroît durable, que nous jouirions toute notre vie de ces précieux avantages, et qu'après notre mort, nos cendres seroient placées avec les vôtres au pied de ces mêmes autels, où nous avons offert tant de fois avec vous la Victime sans tache. Pourquoi faut-il qu'un événement désastreux nous prive de ce bonheur et change notre joie en tristesse ?

» L'exemple que nous avons donné, en essayant de faire adoucir en notre faveur la rigueur de la loi, en offrant de continuer à nos frais le service divin, nous le devions, Monseigneur, à la religion dont nous sommes les ministres, à l'église vénérable qui a reçu notre serment, à nos fondateurs dont les volontés seront toujours sacrées pour nous, à vous. Monseigneur, dont nous connaissions le désir et le vœu, à nos concitoyens qui attendoient de notre zèle cette marque éclatante d'attachement à nos devoirs, à nous-mêmes, à notre conscience qui nous auroit éternellement reproché, comme une lâcheté honteuse, comme une désertion criminelle, l'indifférence sur un objet aussi essentiel. Quittons, s'il le faut, nous sommesnous dit, les larmes aux yeux, quittons ce chœur antique qui a si souvent retenti de nos chants ; soumettons-nous à l'arrêt de mort prononcé contre nous ; mais que ce soit avec gloire, avec honneur et après avoir mis tout en œuvre pour détourner le coup qui nous frappe; moriamur in virtute.,, et non inferamus crimen gloriœ nostrce (1).

» Vous nous exhortez. Monseigneur, à ne pas abandonner entièrement ce temple» où nous nous étions fait une

(1) Machab, IX, 10,

si douce habitude de nous rendre. Ah ! comment pourrionsnous nous en séparer de ces autels, autrefois notre gloire et aujourd'hui le seul adoucissement de nos maux ? Oui, Monseigneur, nous continuerons d'aller sous ces sacrés portiques; nous irons y prier en particulier, si nous ne pouvons y chanter en public; nous irons y jouir du spectacle édifiant de vos vertus et nous y rappeler ces instants précieux, dont le souvenir sera à jamais gravé dans nos cœurs. Vous nous recommandez encore la patience, la douceur et la résignation : Nous le savons, Monseigneur, nous sonimes les ministres d'une religion de paix, qui commande les plus grands sacrifices, celui que nous faisons aujourd'hui est cruel, et jamais la perte de nos biens temporels ne nous fut si sensible; mais puisque le Seigneur le permet, nous courbons la tête avec docilité, nous nous humilions sous sa main toute puissante, et nous buvons sans nous plaindre le calice d'amertume qui nous est présenté. Nous espérons. Monseigneur, qu'en pasteur bienfaisant vous n'oublierez pas vos brebis dispersées; que vous continuerez à nous consoler dans nos maux, et que vous nous aiderez du secours de vos prières. De notre côté, nous ne cesserons d'élever les mains au ciel pour demander à Dieu le rétablissement de votre santé et la conservation de vos jours si précieux pour nous et pour tout votre troupeau.

» Nous sommes avec le plus profond respect. Monseigneur, vos très humbles et très obéissants serviteurs.

» Les Titulaires de Véglise de Béziers : (1)

» Béziers^ ce 26 octobre 1790. »

(1) Noms et titres des signataires : Jarlan de Marias, précenteur; - de Villerase, archidiacre; - de Loseran, succenseur; - Daydé, chanoine théologal; - Daydé, chanoine, vicaire général; - Jalabert, Purand, chanoines; - ferret, prélre-syndic; - Cabanel, prêlfe-^

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VI. — M. de Malide partageait les sentiments de son collègue, M. de Nicolay, et des prêtres de Béziers. En effet, quatre jours après cet échange de lettres, dont il n'avait pu avoir connaissance, et de concert avec le cardinal de la Rochefoucauld et 28 autres archevêques ou évêques, il apposait sa signature à ua écrit ayant pour titre : Exposition des principes de la Constitution du Clergé par les Èvêques députés à V Assemblée nationale (1). Nos prélats n'avaient pas seulement exposé les principes : ils avaient encore considéré leurs rapports avec les différentes mesures qu'ils pouvaient occasionner, et concluaient à ce que l'on attendit avec confiance la réponse du successeur de Saint Pierre. C'était peine perdue, et le mouvement schismatique allait s'accélérer.

VII. — A Béziers les membres de la Société patriotique des Amis de la Constitution et de la Liberté^ fidèles à la mission qu'ils s'étaient donnée de propager les principes nouveaux et de faire une guerre à outrance à tout ce qui pouvait rappeler l'ancien régime, ne tardèrent pas à présenter au directoire du district une pétition ayant pour but la complète et prompte exécution de toutes les mesures portées par les décrets et plus particulièrement par l'article 6, ainsi conçu : « L'église cathédrale de chaque diocèse sera ramenée à son état primitif d'être en même

pnewr; - Ducain, Granier, hebdomadiers ; - Millié, Pastre, Blanc, Vignes, Aubin, Boudon, Labaurae, bénéficiers; - Baydé, Théron, Pasiourel, Malbon, prêtres-bénéficiers; - Azéma, Petit, Augier, Mestre, Barbier, Dulac, Fraïsse, Pousson, Tindel, Borsenne,/>re7re^«; - Granier, Belpel, Portalon, Merlin, Rey, Valadon, Guibert, Gaudissart, Boucard, Bernard, Flotte, Sanche, Mouret, prébendes; - Maiiitenon, Palhes, Grenier, Barrés, neveu; — (Barruel, Collect. eccl., t. XIV. p. 320-324.)

(1) Paris, V® Hérissant, 1790, in-8» de 52 p. suivi de 16 p. de notes.

temps épiscopale et paroissiale, par la suppression des paroisses et le démembrement des habitations qu'il sera jugé convenable d'y réunir ». Et, la pétition s'exprimait de la sorte, parlant de Téglise cathédrale de Béziers : « Peut-on dire que l'église cathédrale soit ramenée à son état primitif d'être en même temps épiscopale et paroissiale, quand nous voyons encore à côté du chœur réservé pour le ci-devant chapitre, une chapelle destinée au service .de la paroisse ; quand, le même jour et dans la même église, nous voyons deux messes solennelles cél(!brées, l'une à huit heures par le curé, sans être assisté des anciens titulaires du chapitre, l'autre à dix heures par les anciens titulaires, sans être présidée par le curé ; quand enfin nous entendons le son des cloches appeler modestement les paroissiens aux offices de la paroisse, tandis qu'au contraire elles appellent pompeusement les anciens titulaires aux offices du chapitre... Hâtez- vous donc, Messieurs, hâtez-vous de faire exécuter une loi déjà exécutée dans l'étendue de plusieurs autres districts ; ... empêchez qu'on ne continue à dire qu'il a été permis aux chapitres de Béziers de célébrer toujours les offices, à la charge par eux de fournir aux frais du culte. » (1).

VIII. — A Montpellier, les Amis de la Constitution et de V Egalité^ 'animés du même esprit que leurs collègues de Béziers, envoyent une députation à l'Assemblée administrative du département de l'Hérault, pendant que ses membres sont réunis en séance, dans la matinée du samedi 6 novembre 1790. Le secrétaire est chargé de les prévenir qu.e le conseil est prêt à les recevoir et à les entendre. Les députés se présentent à la barre au nombre de huit. L'abbé Léger porte la parole en ces termes :

(i) Fabrégat, Vie de Mgr de Nicolay, p. 5i-57.

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« Messieurs, nous vous apportons rhoramage de la Société des Amis de la Constitution et de VEgalité, Des citoyens qui font profession d'un attachement sans réserve à la Révolution et à la Constitution, sous laquelle cet empire vient de renaître, doivent ce tribut de respect et d'estime à des citoyens dignes d'être le principal soutien de l'une et de l'autre. Oui, Messieurs, nous vous regardons comme les premiers anneaux de la chaîne, désormais indissoluble, qui unit tous les Français à l'Assemblée nationale, et par elle à la liberté, au bonheur. Les immortels architectes qui ont reconstruit l'immense édifice de cette monarchie vous ont confié la disposition des matériaux et l'exécution des plans. Vous vous présentez à l'administration avec le plus beau des titres, le choix des contrées qui veulent être heureuses et libres ; et si votre patriotisme embrasse une moindre étendue, les biens que nous avons droit d'en attendre sont sans bornes. La simplicité des mœurs succède au faste repoussant; une sévère économie à la fausse magnificence qui couvrait d'un masque d'or le squelette de la misère; l'esprit précieux de détail au prétendu talent de voir tout en grand, qui fait de ses idées autant de chimères à force de les généraliser; le respect inviolable pour la loi, pour le citoyen, au régime qui n'admettait de l'une et de l'autre que le nom pour se jouer sans pudeur de la chose. Déjà, Messieurs, les travaux de votre directoire annoncent aux citoyens ce que vous ferez pour eux. La vigilance la plus éclairée, l'application la plus infatigable, le patriotisme le plus actif, ont caractérisé son administration. Elle a maintenu le bon ordre et la paix, réprimé toutes les manœuvres, déconcerté toutes les entreprises des ennemis publics. Le premier acte de votre séance a été de partager, en les adoptant, en les marquant de votre sceau, la gloire de leurs travaux et 4e leurs succès. Nos cœurs vous décer-

nent la couronne civique, et vous serez doublement heureux en voyant tous les citoyens de ce département heureux par vous. »

L'Assemblée ne marchanda pas ses applaudissements au discours patriotique de l'orateur et délibéra qu'il serait inséré dans le procès-verbal. Le président Cambon remercia la députation et l'invita à prendre séance dans le parquet (1)

IX. — Cette démarche était sufiSsante pour émoustiller le zèle de l'Assemblée ; trois jours après elle vote par acclamation une proclamation ainsi conçue :

« Le Conseil du département de l'Hérault, considérant qu'il est de son devoir de lever tous les doutes qui pourraient retarder l'entière exécution des décrets de l'Assemblée nationale sanctionnés par le Roi, concernant la Constitution civile du Clergé, et de hâter le moment où les peuples pourront jouir du bienfait de cette institution, qui tend à nous ramener à la simplicité et aux vertus de la primitive église, a arrêté et proclamé ce qui suit :

» A dater du jour de la proclamation du Roi du 24 août 1790, tous les citoyens catholiques, soit ecclésiastiques, soit laïques des ci-devant diocèses de Béziers, Montpellier, Lodève, Agde et Sain^Pons, ceux appartenant ci-devant à d'autres diocèses et compris aujourd'hui dans les limites du département de l'Hérault, n'ont pu et dû reconnaître d'autre juridiction épiscopale que celle de l'évêque du département dont le siège est établi à Béziers. Les demandes pour obtenir les dispenses de publication des bans de mariage et autres dépendant du régime ecclésiastique devront être adressées au conseil habituel

(1) Procès-verbaux de l'Assemblée administrât, du départem» de f Hérault pend, la Révolution^

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et permanent de Tévêque du déparlement, qui seul a le droit d'en prononcer.

» Dès la publication de cet arrêté, les directoires des districts du département de THérault feront procéder à rinventaire des papiers des offlcialités des ci-devant diocèses de Montpellier, Lodève, Agde, Béziers et Saint- Pons, et en expédieront la remise à Tévêque du département ou à ses préposés à cet effet, qui en feront leur changement. Les individus qui composent les chapitres, soit cathédraux, soit collégiaux, dont la suppression a été prononcée par l'article 20 de la susdite proclamation, ne peuvent plus se rassembler en corps, ni prendre les mêmes qualités et marques distinctives qu'auparavant ; Et cependant, comme rien n'est plus conforme à l'esprit de la Constitution que de voir les ministres de la religion se réunir dans les temples et se vouer spontanément à l'exercice du culte public, tous les ecclésiastiques ci-devant titulaires de bénéfices et autres indistinctement, conservent la liberté, qui est d'ailleurs un devoir pour eux, de suivre cléricalement tous les offices dans leurs paroisses respectives, ne prenant place dans les chœurs qu'après le curé et les vicaires, et ils peuvent y faire, avec la permission du curé et concurremment avec lui et ses vicaires, tous les offices publics que le curé autorisera. Les curés devront célébrer le service divin sur l'autel principal de leur paroisse et avec la solennité convenable.

» Le Conseil du département attend du patriotisme et de la charité de l'évêque, des curés et autres ecclésiastiques, qu'ils redoubleront en ce moment de zèle à remplir leur devoir, et à inspirer aux peuples dont le soin leur est confié le respect pour l'autorité légitime, l'obéissance à la loi, l'amour de la paix et d'une Constitution qui a pour

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base Tégalité, la fraternité et tous les principes des vertus chrétiennes. » (1).

Et, dès le lendemain, le corps administratif décrétait ce qui suit : « Le Conseil du département de THérault, vu l'arrêté de son directoire du 29 du mois dernier, ensemble ravis du directoire de district de Béziers du 3 du même mois, et la lettre du procureur-syndic dudit district; ouï le procureur-général syndic, a délibéré que le directoire de district de Béziers est autorisé à nommer deux de ses membres à l'effet de se transporter sans délai dans le domicile du sieur évêque du département de THérault, de le prier et requérir qu'il forme incessamment son conseil, aux termes de Tart. 14 de la proclamation du 24 août, et d'en retirer une réponse définitive ; comme aussi de procéder incessamment à l'examen des bâtiments destinés à l'habitation dudit sieur évêque, et autres y attenant, pour faire dans le plus court délai possible leur rapport au Conseil du département, sur le mode le plus convenable et le plus économique d'établir le séminaire du département, suivant la teneur de l'art. 11 de la susdite proclamation. Le Conseil a chargé son président de témoigner en son nom audit sieur évêque son empressement à concourir à toutes les vues utiles et profitables que-* pourront lui inspirer les nouvelles circonstances, et lui exposer combien il importe au bonheur public qu'il seconde le vœu de la Constitution en formant promptement le tribunal ecclésiatique où doivent ressortir les fidèles du département (2). »

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