DE MONTPELLIER
deux corps, le chapitre et la cour des Aides, donnèrent de pleins pouvoirs à leurs deux chefs respectifs pour négocier cette affaire ; elle eut tout le succès qu'on pouvait attendre de Tesprit et des sentiments de tels négociateurs. Sans enfreindre TÉdit du Roi, on prit des arrangements qui ménagèrent tous les intérêts et les égards que deux corps, composés d'hommes faits pour s'estimer mutuellement, pouvaient désirer et attendre l'un de l'autre.
Cette affaire qui pendant longtemps occupa tous les esprits, acquit à M. de Malide une grande réputation de sagesse, de modération et d'habileté. Le même arrangement éprouva plus de difficultés avec les Trésoriers de France. Un tiers-arbitre fut choisi par les deux parties; ce fut M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, homme très distingué par ses lumières et son esprit religieux. Il trouva le moyen de contenter tout le monde.
La réputation acquise à M. de Malide par ces succès alla toujours croissant. Dans toutes les administrations des œuvres de charité, prisons, hôpitaux, miséricorde, etc. dont il était le président, ainsi que dans l'administration du collège royal, tous les avis se réunissaient toujours à celui de l'Evêque, dont la sagesse était si bien connue. Dans les assemblées des Etats du Languedoc il jouissait également du plus grand ascendant et d'une très haute influence ; sa réputation à cet égard était parfaitement établie.
Il était peut-être de tous les évêques de France le plus exact à résider dans son diocèse. Respecté et chéri de son clergé, il s'occupait beaucoup de l'instruction et de l'éducation de ses jeunes ecclésiastiques. Les études de philosophie et de théologie se faisaient à l'Université. Les professeurs étaient nommés par le roi sur la présentation de l'évêque, chanceUer de l'Université. Ces études étaient dans un état brillant. Plusieurs évêques du
Languedoc envoyaient leurs ecclésiastiques à MontpelJier, pour y prendre leurs grades. M. de Malide encourageait ces travaux par sa présence au par celle de son vice-chancelier (M. Cousin de Grainville) aux thèses et actes publics qu'on soutenait pour obtenir les degrés qu'il conférait ensuite, en sa qualité de chancelier. Des conférences particulières sur les différentes branches de la science ecclésiastique avaient lieu dans le séminaire sous la direction d'hommes distingués, choisis par TEvêque et qui ont laissé une mémoire précieuse. M. de Malide assistait régulièrement aux examens des membres de ces conférences.
Quoique M. de Malide ne fut pas prédicateur (il ne monta jamais en chaire), il encourageait beaucoup ceux de ses jeunes ecclésiastiques qui annonçaient des dispositions pour le ministère de la parole; il les exhortait à cultiver les talents que Dieu leur avait donnés et leur en facilitait les moyens.
Ami passionné des pauvres, il était inépuisable dans ses largesses à leur égard. Il aimait à entrer dans leurs maisons, à visiter leur intérieur, afin de mieux s'assurer de leurs besoins et nous avons entendu nous-même, de la bouche de quelques vieillards, des traits admirables de sa charité. Elle se manifesta plus particulièrement pendant le rude hiver de 1789. Attendri sur leur sort, il implora pour eux les secours des riches de son diocèse et fut tendrement consolé dans ses alarmes par le spectacle de la charité chrétienne qui se développa sous ses yeux.
Sa bienfaisance se trouvait alliée à la grâce et à la distinction de l'homme du monde le plus accompli. Pendant la tenue des Etats, les réceptions de l'évéque de Montpelher n'étaient ni moins brillantes ni moins fi'équentées que celles de l'archevêque de Narbonne ou du commandant en chef de la Province. Les Noicvelles ecdé-