‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 5 sur 141 · DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

DE MONTPELLIER

siastiques, qui pendant le dernier siècle servaient d'organe aux récriminations jansénistes, en reprochant à l'évêque de Montpellier son faste et sa mondanité, se gardaient bien de rappeler sa générosité de grand seigneur et sa charité inépuisable. « On n*en a connu toute retendue, dit l'abbé Coustou que lorsque la Révolution Tayant dépouillé de tout, les infortunés auxquels il prodiguait des secours firent, comme malgré eux, éclater leurs regrets et leur douleur. »

Il établit dans son séminaire un concours pour des prix, à la fin de Tannée classique. A ce concours étaient admis les étudiants en théologie, qui se sentaient assez de capacité pour y prendre part et qui présentaient des attestations favorables de leurs professeurs. Les épreuves duraient huit jours; les juges étaient les docteurs de la Faculté de théologie. Chaque jour deux séances avaient lieu, le matin et le soir; elles étaient constamment présidées par Mgr l'Evêque.

Il avait donné des règlements pour les conférences ecclésiastiques (20 janvier 1775). Ces réunions périodiques, établies autrefois dans le diocèse de Montpellier par les Statuts synodaux, avaient été interrompues sous l'administration de l'évéque Golbert, à la suite des troubles et des dissentions apportées dans le pays par les nouveautés doctrinales du Jansénisme. Reprises, en 1762, sur l'ordre de M. F.-R. de Villeneufve, elles furent abandonnées peu après (1). Le clergé paroissial ne voulant pas alors de conférences, ou du moins les désirant dans d'autres conditions proposées par lui-même et discutées en synode, en réclama le rétablissement à M. Raymond de Durfort, successeur de M. de Villeneufve

(1) Voir notre travail intitulé : L'Evêgue François- Renaud de Villeneufve, p. 96 ; - Montp., Boehm, 1889, in-4v

et prédécesseur de M. de Malide. Il renouvela ses instances auprès de ce dernier. Celui-ci, touché du vit empressement de ses prêtres à ce sujet, n^hésita pas à seconder leurs vues et rétablit la vieille institution délaissée depuis longtemps (1).

L'Evêgue de Montpellier ne prêchait pas; mais il écrivait et cherchait, par sa plume, à suppléer à Tinsuffisance de sa parole.

Par son Mandement pour le Carême de 1789, il appelait son peuple à la pénitence, l'engageait à considérer la cause première de renchaînemeni des calamités publiques et à y voir autre chose qu''un concours de circonstances naturelles, assemblées par le hasard. Il l'exhortait à reconnaître dans les causes secondes les desseins du Seigneur qui, pour châtier les peuples coupables n*a pas besoin de bouleverser les lois générales. « Ainsi, disait-il, sans interrompre les lois qui régissent rUnivers, il fait naître la contagion au sein de nos cités, ou frappe de mort les germes de nos moissons. Tantôt il ébranle les fondements de la terre ; tantôt il appelle sur nos frontières le glaive des nations ennemies ; quelquefois il abandonne les hommes à l'illusion de leurs pensées ; quelquefois il permet au mensonge ou à l'ambition de s'approcher du trône, de voiler à ses yeux la sainte image de la vérité. »

Il terminait en demandant à Dieu que la France régénérée ne fut plus à l'avenir la proie des maux qui la déchirent et que ses habitants fortunés et paisibles reconnussent le véritable auteur de cette heureuse Révolution. « En vain, disait-il, nous attendons notre bonheur de la Nation assemblée, si l'Esprit, qui souffle où il veut,

(1) Règlement des Conférences ecclésiastiques du Diocèse de Monlp,, in- 12,

refuse d'en poser les fondements, s'il ne daigne réunir toutes les volontés, concilier tous les intérêts, diriger tous les conseils (1). »

Quand M. de M. de Malide donnait ce Mandement, il était déjà nommé, par le clergé de la sénéchaussée de Montpellier, député aux Etats-généraux, qui devaient s'ouvrir le 5 mai de la même année.

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