DE BÉZIERS
citoyen de la ville de Béziers, avec tous les droits de bourgeoisie (24 juin 1787).
Ami des sciences et de la littérature, il attira autour de lui les esprits les plus distingués, non seulement de la ville, mais de la contrée ; il favorisa le développement et le progrès des études, dans la Faculté de Théologie où les Dominicains enseignaient ; il voulut môme que l'étude du droit civil et ecclésiastique y eut une place distinguée. Il obtint aussi des lettres patentes pour la création d'une chaire de mathématiques, dont le titulaire était payé par le trésor royal.
Dans ses mandements adressés soit à son clergé, soit aux simples fidèles, il se montra vrai théologien. Il mérita Tamour de ses prêtres (1).
11 n'eut pas à faire à Béziers de créations nouvelles ; la ville et le diocèse, ainsi que nous le dirons bientôt, étaient peuplés de maisons religieuses ; il eut le grand mérite de les conserver.
En 1788, M. de Nicolay fut élu député à l'Assemblée de la sénéchaussée de Béziers, où il siégea avec les évoques
(1) Voici le titre des principaux Mandements et Ordonnances publiés par M. de Nicolay : Mandement qui ordonne les prières des 40 heures dans l'Eglise Saint- Aphrodise pour le Roi; - 12, 13 et 14 mai 1774. — Service funèbre pour le roi Louis XV, décédé à Versailles le 10 mai 1774. — Sacre et couronnement du Roi, L'éféque ordonne que, le 26 juin 1775, une messe solennelle sera célébrée pour le Roi, et un Te Deum chanté après les Vêpres. — Jubilé de 1776. — Naissance d'une princesse; Prières pour la Reine; - 2 janvier 1779. — Te Deum, en actions de grâces de divers avantages qiie les troupes du Roi ont remporté sur les Anglais; - 1779. — Changement du cimetière de Saint-Aphrodise; - 30 septembre 1779. — Te Deum, pour la naissance du Dauphin; - 1781. — Te Deum, victoires remportées sur les Anglais; - 1781. — Te Deum, au sujet de la Paix; - 1783. — Mandement, daté de Versailles, pour obtenir de Dieu la cessation des maux qui affligent le royaume. Oraisons des 40 heures, les 20, 21 et 22 septembre 1789.
d'Agde et de Saint-Pons. La popularité dont il jouissait, la sympathie que lui témoignaient en toute occasion les habitants de sa ville épiscopale, pouvaient faire pressentir que le même honneur lui serait décerné, en 1789, lors de la convocation des Etats-généraux.
Mais le clergé du second ordre commençait à se détacher du corps épiscopal, et les plus influents de ses membres travaillaient à exclure les évéques de la députation aux Etats-généraux; dès lors nos prélats cessèrent de paraître aux réunions électorales (1).
Le choix des votants se porta en effet sur le clergé du second ordre et Tabbé Marlin (Jean-Jacques), curé de Saint-Aphrodise, à Béziers, fut préféré à M. de Nicolay.
Ce vote était moins contre Tévéque du diocèse que contre un de ses grands-vicaires, Tabbé Daydé. Cet ecclésiastique, à tort ou à raison, avait soulevé contre lui dans le clergé biterrois, une malveillance ou plutôt une répulsion, dont on faisait remonter les eff'ets jusqu'au bon prélat. On lui reprochait « des écarts de hauteur, de pédantisme et d'omnipotence (2) ». L'abbé Martin, au contraire, jouissait de l'estime et de la confiance de ses confrères, par un jugement sain, un esprit délié et pratique, un caractère aimable et l'ensemble des qualités d'un pasteur recommandable.
Malgré l'échec qu'il venait d'éprouver, M. de Nicolay n'hésita pas à donner, de Paris où il se trouvait en ce moment, un Mandement à son clergé, pour ordonner, au nom du Roi, des prières publiques, aux fins de demander
(i) Mémoires hisloriq. sur la ville et le siège d'Agde, ses monuments, son territoire et son commerce, par M. Grasset, ancien curé de la paroisse Saint-Etienne, - M' in-4* de 104 pages appartenant à M. le chanoine Beauguil, curé-archi prêtre de Saint-Etienne d'Agde.
(2) Sabatier, p. 425.
à Dieu le succès des Etals-généraux et pour faire un appel à la concorde.