‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 43 sur 141 · I. — LE CHAPITRE CATHÉDRAL SAINT-NAZAIRE DE BÉZIERS · texte numérisé non relu

I. — LE CHAPITRE CATHÉDRAL SAINT-NAZAIRE DE BÉZIERS

Le Chapitre cathédral Saint-Nazaire comptait 12 chanoines, dont 6 dignitaires : le grand archidiacre, le précenteur, l'archidiacre de Cabrières, le sacristain, le camérier et le succenteur ou sous-chantre (2). Son bas chœur se composait de 62 ecclésiastiques ; savoir : 4 hebdomadiers, 24 prébendes (ou conducteurs), 22 sous-prébendés (ou semi-conducteurs), et 12 bénéficiers. Les dignités et eanonicats étaient à la nomination et à la collation de Tévêque. Il en était de même pour la plupart des bénéfices; cependant le corps du Chapitre était en possession de présenter et de nommer à certains bénéfices. Le chanoine en tour

(i) Arch. de THérault, Reg. des Délib, du Chap, cathéd. Saint" Nazaire de Béziers.

(2) Un chanoine désigné sous le nom û'EcolâlrCf avait sous sa direction les Ecoles mages, ainsi appelées par opposition aux Petites Ecoles. Il jouissait gratuitement des locaux où se tenaient les classes et percevait le revenu de la Prébende précepiorale de l'église cathédrale S. Nazaire. Pour entrer en fonctions, il devait être pourvu d'un certificat de « capacité et suffisance » ; il recevait ensuite « collation et octroi de la régence et maîtrise des écol^is », qui lui étaient conférées par révéque et les consuls de la ville de Béziers. (Soucaille, Not. hist. sur le Collège de Béziers, p. 7.)

de semaine, représentant ses confrères, désignait les nouveaux titulaires. Son droit d'institution commençant avec son tour de semaine, le samedi à trois heures du soir, pour finir à la même heure le samedi suivant.

Les chanoines se réunissaient habituellement en Chapitre le matin après la messe capitulaire ; mais, comme parmi ces ecclésiastiques, plusieurs, jeunes encore, suivaient les cours des facultés de théologie, où se préparaient aux ordres dans les séminaires, le nombre des capitulants était ordinairement fort restreint. Il arrivait souvent, même après que tous les titulaires avaient été officiellement avertis par le bedeau de la tenue d'un Chapitre ordinaire, que les présents étaient au nombre de cinq ou six tout au plus. Habituellement, ils étaient trois, vérifiant l'axiome : « Tresfaciunt capitulum •. Ils délibéraient même quelquefois lorsqu'ils se rencontraient deux seulement.

Le plus ordinairement le procès-verbal de la séance couché sur le « plumitif » ou « notes brèves » consistait en ces mots : « Il n'a rien été délibéré ».

Les chanoines s'engageaient par serment à ne pas faire connaître ce qui se passait dans l'enceinte de la salle capitulaire, c'est-à-dire en famille « et in loco majorum ».

On estimait assez ordinairement les revenus du chapitre cathédral à 98,000 livres et ses dépenses à 40,000 (1). Ces chiffres n'étaient qu'approximatifs, car nous trouvons pour l'année 1784, année exceptionnelle sans doute, les indications suivantes, fournies par le conducteur-trésorier :

Recettes 202.037» 3» 4^

Dépenses 224.732 > 1 « 18 ^

En moins 22.694 ^ 18 » 6 <*

(1) Sabatier, HisL de la oille ei des Evêques de Déziers.

Quelle était, indépendamment des offices ou obits rétribués, la part faite à chaque catégorie des ecclésiastiques attachés au chapitre ? Nous ne sommes pas en état de le préciser. Nous pouvons cependant indiquer u^ie partie considérable de leurs revenus et la proportion dans laquelle les parts étaient faites. Il s'agit de la récolte du vin, convertie en argent, distribuée aux ayant-droit, et sous le titre de « vinum dimûsum » en 1785.

1,100 livres pour les chanoines.

500 — pour les conducteurs.

366 — pour les demi-conducteurs.

Les pauvres avaient leur part dans les revenus du Chapitre et plus particulièrement ceux de la paroisse Saint-Nazaire et de son annexe Saint-Félix, et ceux aussi des paroisses dans lesquelles le Chapitre avait des prieurés.

Le Registre des Délibérations (19 avril 1786) établit les catégories suivantes :

1^ Annexes Saint-Félix ;

2° Paroisses Saint-Nazaire, Vendres, Maraussan ;

3'' — Caux, Lauraguel;

40 Vendémian, Bassan, Murviel ;

50 — Montblanc, Cers;

6* — Saint-Geniès.

Saint-Nazaire possédait un orgue remarquable par sa puissance d'effets et par sa disposition. Sa montre a été proposée pour modèle par Dom Bédos de Celles (1). Peu d'années avant la Révolution, il fut réparé pour la dernière fois par le facteur Isnard, et vérifié par le célèbre Lépine, facteur d'orgues à Pézenas. Ce dernier reconnut que l'instrument avait été considérablement augmenté et se chargea volontiers, sur la proposition du

(1) Auteur de VArt du Facteur d'orgues.

Chapitre, de son entretien, moyennant une subvention annuelle de 200 livres, assurée par une convention écrite (1).

Page 1