XVIII INTRODUCTION
mettre la main à la bourse et laisser tomber une pièce dans Tescarcelle du pauvre. C'est en offrant à Dieu cet acte matériel que Tâme le sanctifie. Une parole pieuse ne peut se dire que par un mouvement de la langue, mouvement que Tâme sanctifie en le rapportant à Dieu. Et ainsi il ne peut y avoir d'acte saint auquel le corps, dans une mesure inégale mais nécessaire, ne participe. L'acte d'amour même et l'acte de foi qui demandent, semble-t-il, la moindre participation du corps, passent encore par notre cœur et par notre cerv^eau.
Or, cette union de Tâme et du corps, dans la production des actes saints, élève le corps et le rend digne d'admiration et de louange, comme Tintime union de la nature divine et de la nature humaine en Jésus-Christ élevait la nature humaine et la rendait digne de nos adorations.
Et c'est pourquoi on va pieusement au tombeau de saint Paul. Son âme était apôtre par excellence. Mais elle n'a accompli sa grande œuvre que par le corps de saint Paul. Ses pieds Tont porté sur presque toutes les routes du monde. Ses lèvres ont proféré les grands enseignements de l'Evangile. Ses doigts ont écrit ses magnifiques lettres. Son cœur s'est épuisé d'amour et de zèle.
Et c'est pourquoi on rend un culte au corps de saint Vincent de Paul. Vincent de Paul a été l'apôtre de la charité. Mais, certes, son corps avait bien quelques mérites quand, résolument, Vincent prit la place d'un galérien, s'assit sur le banc des