‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 11 sur 119 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

rameurs, se laissa mettre les fers aux jambes, et, de ses mains, fit aller la rame. Et quand Vincent de Paul, brisé par les travaux de sa longue existence, arrivé à quelques heures de sa mort, se faisait porter auprès de M. Portail, malade aussi, j'admire Tâme forte du saint, mais je rends hommage à son corps que tourmentait, dans d'affreuses tortures d'agonie, ce dernier acte de charité.

Et je comprends les foules accourues aux funérailles et, depuis, au tombeau du vénérable curé d'Ars. En notre siècle sensuel, ce prêtre fut un modèle de mortification. Il crucifiait sa chair par des instruments de pénitence. Chaque nuit, il meurtrissait ses os sur la dure. Il se privait de nourriture et de sommeil pour demander la conversion des pécheurs. Il en était arrivé à refuser à son corps, jusqu'à l'ombre d'une satisfaction sensuelle. Et, chaque jour, il acceptait 12 à 14 heures de confessionnal qui, par suite de maladies, devinrent bientôt un calvaire. Sa vie ne fut bien qu'un épouvantable et continuel martyre de ce qu'il appelait son « cadavre ».

Aussi bien. Dieu lui-même a consacré cette idée d'union intime, d'union de mérite entre l'âme et le corps des saints, quand il a assuré la résurrection des morts et la gloire éternelle au corps même

des saints.

Le culte des reliques est d ailleurs tellement dans la nature de l'homme, que nous le retrouvons partout et toujours.

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