‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 12 sur 119 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Nous le retrouvons chez les Hébreux. Quand les Israélites quittèrent l'Egypte et que, par le désert pénible, ils s'acheminèrent vers la terre promise, ils emportèrent avec eux les os de Joseph (i).

Nous le retrouvons chez les païens qui, tous, ont le culte des morts. De nombreuses libations se faisaient toujours aux funérailles. Le sang des victimes humaines coulait longtemps sur les tombeaux fermés. Chez les Egyptiens, on embaumait les corps. Chez les Romains, on les brûlait pour en conserver la poussière. Et Homère nous assure que les restes de Patrocle furent enfermés dans un coffret d'or, et que Ton mit le plus grand soin à recueillir les ossements d'Achille (2).

Jetons un regard sur ce qui se fait chaque jour autour de nous. Un enfant honore les restes de ses parents, une épouse ceux de son époux. Une mère jette des fleurs sur la tombe de sa fille. On conserve avec piété le portrait des êtres aimés, quelquefois même, on garde quelques cheveux de ces êtres chers et disparus. Quand on ne peut conserver toute la dépouille mortelle d'un père, d'un bienfaiteur, d'un homme de génie, on garde au moins son cœur. Et même s'il s'agit d'un bon roi, c'est le corps entier que l'on embaume, et auquel on rend comme un cultecivil. Et tout cela n'a jamais suscité le moindre cri d'indignation.

(1) Exode, XIII, 19.

(a) Iliade, XXIV, 72-76.

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