XXII INTRODUCTION
Mais, surtout, Dieu a multiplié les grâces aux pèlerins des saints tombeaux.
Dans Marbourg, ville de la Hesse électorale,, s'élève une magnifique église du xm' siècle. Les statues et les peintures, les sculptures et les fresquesde cette église redisent la vie et la gloire de sainte Elisabeth de Hongrie. A la sacristie, on montre la châsse d'argent qui contenait les restes de la Sainte. Et les escaliers de pierre, visibles encore, et qui conduisaient autrefois à la châsse élevée, ont été profondément creusés par les innombrables pèlerins qui vinrent jadis prier leur « chère Sainte ». Or, dans cette église, et pendant trois siècles, se passa le drame du miracle. Dieu y manifesta sa puissance et y montra tout ce que le culte des reliques pouvait sur son cœur.
Les maux de l'âme, en effet, étaient guéris au tombeau de sainte Elisabeth. Les peines intérieures y trouvaient des consolations immédiates. Les faiblesses de la volonté y étaient immédiatement domptées. Les souffrances et les infirmités physiques trouvaient un remède à ce tombeau. Après avoir prié dans la chapelle où reposait la sainte, les sourds, les boiteux, les aveugles, les insensés, les lépreux, les paralytiques s'en retournaient guéris (i). La mort même fut parfois obligée d'abandonner sa proie. Et plus le bruit de ces prodiges se répandait,
(i) « La vie est divinement rendue aux morts la lumière, aux aveugles^ l'ouïe aux sourds, la parole aux muets et le marcher aux boiteux. » (Bulle de canonisation de sainte Elisabeth.)
INTRODCCTION XXUl
plus on voyait s'accroître la foule des malheureux, et plus se multipliait le nombre des miracles. Et cette puissante inter\'ention de Dieu dura trois siècles, jusqu'au jour où Tun des descendants de la sainte fît profaner la châsse et cacher les reliques.
Et si nous nous rappelons que cette page d'histoire s'est renouvelée près des tombeaux de tous les saints, n'aurons-nous pas raison de conclure que Dieu lui-même veut et bénit le culte des reliques ?
A évoquer toutes ces idées saintes et tous ces souvenirs des temps où la foi était vive, il vient au cœur le désir de faire revivre un peu dans les âmes, l'antique confiance aux patrons de nos églises et à leurs insignes reliques.
Peut-être arriverait-on à ce résultat en faisant connaître la grande sainteté de nos immortels protecteurs, et l'histoire, souvent si intéressante, quoique ignorée^ des reliques de nos églises.
C'est là tout le but de ce livre.
Qu'il fasse donc, dans quelques âmes, revivre « la tendre et intime familiarité de nos pères avec celui que Dieu avait manifestement appelé à Lui, -et dont t Eglise a proclamé la Sainteté ».
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