‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 19 sur 119 · TIERS-DE-SOI · texte numérisé non relu

TIERS-DE-SOI

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lui. Maii>iat«(lMMdi(f«, p. 107,111,111.)

Charles Martel fut le père de Pépin, dit le Bref, qui eut pour fils Charlemagne, très auguste empereur.

Ces observations sur les rois et les princes sont faites, ici, pour que chacun sache à quelle époque et sous quel prince régnant^ fut martyrisé le très vaillant athlète de Jésus-Çhrist, le noble Rambert.

Nous l'avons dit, le martyr Rambert avait été enseveli sous le portique de l'église du monastère de Saint Domitien; mais les fidèles, attirés par le bruit des miracles opérés à son tombeau, accoururent en foule dans la vallée de ce Bébron >, enlevèrent le corps du saint du lieu où il reposait, et le transportèrent dans l'intérieur de l'Eglise, tout auprès des restes vénérés du bienheureux Domitien.

Pendant plusieurs siècles, les prodiges se multiplièrent d'une manière extraordinaire au tombeau de notre illustre martyr.

Les aveugles recouvraient la vue, les boiteux marchaient, les démons étaient mis en fuite, les frissons de la fièvre et les maux de dents disparaissaient. Et, il n'était pas une âme dont la prière confiante n'obtînt de Dieu, par l'entremise de saint Rambert, de douces et saintes consolations.

Entre autres prodiges que Dieu daigna opérer au tombeau du généreux martyr, citons le suivant :

Pendant un très long temps. Dieu permit que, du tombeau de saint Rambert, l'huile coulât goutte à goutte et assez abondante, pour qu'elle pût alimenter les lampes suspendues tout auprès.

Or, quelqu'un, alors, souffrait-il de quelque infirmité, était-il atteint de quelque maladie, il recouvrait la santé, dès que les pieux fidèles préposés à la garde du tombeau, l'avaient oint avec cette liqueur merveilleuse.

Le mot grec Euo^ se traduit en latin par « miséricorde ». Aussi bien, par une sage disposition de la divine Providence, est-il arrivé que les oeuvres de piété s'accomplissent par

Tonction de Thuile. En effet, nous voyons dans l'Ancien et le Nouveau Testament que les rois, les prêtres, les prophètes recevaient la consécration avec l'huile bénite. Or, plusieurs documents des saints Docteurs de TEglise nous démontrent que cette cérémonie renferme quelque allégorie. A ce propos en effet, il est écrit, au sujet de l'ancien peuple d'Israd : « Ils sucèrent le miel de la pierre, et Vhuile des plus durs « rochers » (i). Suivant la même idée, saint Paul dit encore : a Et la pierre était Jésus^hrist. Si donc la pierre est « Jésus^hrist et que Vhuile jaillisse du plus dur rocher^ « l'ancien peuple de Dieu a sucé le miracle » (2).

C'est ce que le Christ a voulu démontrer, en faisant couler l'huile de la pierre du sépulcre de saint Rambert, pour la gloire de son martyr.

Il convient bien, en effet, de parler ici de la miséricorde, afin que les fidèles serviteurs du saint martyr n'hésitent point à réclamer, avec confiance, son secours dans les circonstances pénibles et malheureuses de la vie ; bien convaincus que la bonté du Saint dont ils auront invoqué le nom, sourira toujours à ceux qui lui seront dévoués.

Brisons donc, nous aussi, l'orgueil de notre faible raison contre la pierre, selon les paroles du psalmiste (3), et sachons que cette pierre est le Christ.

Mais, implorons sa clémence avec l'espoir de notre pardon, afin que par les mérites du bienheureux martyr Rambert, il daigne, dans sa miséricorde, nous faire parvenir au bonheur qu'il a promis à ses fidèles serviteurs.

Bien que les miracles dont nous n'avons qu'effleuré le récit — les temps de l'Antéchrist approchent, selon qu'il est

(1) Deut. 32, V. i3.

(3) I Corinth. lo, v. 3, 4, 5.

écrit : le ravage marche devant sa face [\\ — paraissent cesser aujourd'hui, cependant la santé bien plus précieuse des âmes continue à être accordée par Tintercession du saint martyr Rambert.

Ce qui fait cesser les divins miracles, soit au tombeau de saint Rambert, soit ailleurs, c'est l'énormité de nos péchés, nous, qui après la grâce du Christ révélée à tous, sommes retournés en arrière.

C'est pourquoi il est écrit de Jésus-Christ Notre-Seigneur : « A cause de l'endurcissement de ce peuple infidèle^ il na pu c( faire aucun prodige à Capharnaum. »

Quant à nous, fidèles de ces temps, nous ne méritons pas, sans doute, que notre bienheureux martyr nous guérisse ou nous console par ses faveurs, comme autrefois il guérissait et consolait le cœur chrétien de nos ancêtres.

Toutefois, n'allons point mettre en doute la bonté et la puissance de notre cher et illustre Patron. Aujourd'hui, comme aux âges lointains, où les prodiges se multipliaient autour de son tombeau, il peut et il veut exaucer nos supplications. A nous donc de Tinvoquer avec ferveur et de le prier avec un cœur pur et confiant.

Nous avons dit plus haut que, pendant plusieurs siècles, les reliques de saint Rambert furent, dans le Bugey, en si grande vénération, que de toutes parts, les foules accouraient, confiantes et pieuses, leur demander des grâces particulières. Aussi bien, arriva-t-il que les prodiges se multipliant, les pèlerinages aussi devinrent plus nombreux ; tant et si bien que leur affluence énorme eut bientôt formé, tout près du lieu, un village qui prit le nom de Saint-Rambert.

<i L'origine de cette ville est donc toute sainte ; elle est <c due à saint Domitien, mais surtout à saint Rambert. C'est

(t) Job. 41, ▼. i3.

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cr ainsi que la religion arrive jusqu'aux déserts les plus (( sauvages, et que, dans notre patrie surtout, elle fut un « germe fécond de vie et de civilisation.

a Et telle est encore la force de la sainteté qu'elle rend « éternelle la mémoire d'un homme qui meurt martyr pour <c la Religion et la Justice. Rien ne peut la détruire, tandis « que la mémoire et les œuvres des impies périssent, avec le « bruit qui les accompagne.

« En effet, vainement des hommes égarés essayèrent, à « l'époque de la Révolution de 1 798, de faire oublier le nom de « saint Rambert. Celui de « Montferme » qu'on donna à la (c Ville semblait être le plus propre à résister aux injures du i< temps ; mais il n'eut pour durée que celle du vertige des « impies qui avaient conçu la folle pensée d'effacer les traces (c de saint Rambert, dans une vallée toute pleine de ses soucc venirs.

<c Aussi, au bout de quelques années, la ville reprit-elle « le nom de celui à qui elle devait l'existence et qui la (( protégeait depuis plus de onze cents ans (i). »

Ce que nous venons de dire au sujet de la petite ville de Saint- Rambert-en-Bugey, nous le dirons, dans un autre volume, de sa sœur la petite cité de Saint- Rambert-en -Forez qui, elle aussi, changea vers la fin du xi* siècle, son nom galloromain « d'Occiacum Occieu » en celui de Saint-Rambert, le martyr illustre, dont elle venait de recevoir providentiellement une partie [considérable des précieuses reliques.

Avant de rapporter les merveilles de cette translation miraculeuse d'une partie du corps sacré de saint Rambert, des bords du torrent de Bébron où il était vénéré depuis quatre siècles, dans l'église du prieuré de Saint-André à Occieu, vers 1078, nous demanderons au lecteur de vouloir

(i) Nous empruntons ces excellentes réflexions et les détails qui les accompagnent, à l'érodit auteur de l'Histoire hagiologique de Belley : M. Depéry. vicaire général de Belley. 1834.

bien nous suivre dans quelques détails historiques relativement au culte de ce saint martyr, dans la vallée de TAlbarine, en Bugey.

Ces détails, dont l'authenticité repose sur les pièces justificatives reproduites à la fin de cet ouvrage, seront précédés d'une notice historique sur la petite ville de Saint-Rambertde-Joux, illustrée par le tombeau de notre saint martyr, et sur Tabbaye de Saint-Domitien qui eut Tinsigne honneur de posséder, la première, le corps vénéré de saint Rambert.

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