VERS L'AN 1078 (I
Il y avait donc déjà quatre cents ans que l'illustre Rambert était tombé victime de la haine de l'impie et cruel Ebroïn, Maire du palais, et qu'il reposait sur la terre de Bourgogne, dans le monastère et près du tombeau de saint Domitien, honoré et invoqué, comme on honore et comme on invoque un saint Martyr, lorsqu'il apparut à un de ses serviteurs dévoués.
(i) Légende, du latin legtnJa,cho%et qui doivent être lues, de Légère, lire. Ce mot signifia d'abord les versets que Ton récitait dans les leçons de Matines; il fut ensuite donné par extension aux vies des saints et des martyrs, parce qu'on devait les lire dans les réfectoires et les communautés. — La nôtre est extraite de l'Ancien Bré%'iaire du Prieuré.
Toute légende repose sur un fond de vcrité que chaque âge a pu orner à sa façon, mais qui n'en est pas moins une vcrité respectable et digne d'exciter notre attention. Ici la légende n'est ni plus ni moins que le texte du bréviaire récité pendant sept siècles par les religieux du prieuré de Saint-André et plus tard par les chanoines de la collégiale de Saint- Rambert, texte précieux approuvé par Rome et qui, à cause de ces deux raisons, mérite tout notre respect et notre confiance. Dann les preiriers temps, il est vrai, le cri unanime du peuple et l'autorisation de l'évêque suffisaient pour canoniser un martyr. Mais, dans les siècles suivants, l'Eglise établit des règles plus sévères pour réprimer tout abus. Alexandre III, sur la fin du II* siècle, défendit par une Décrétale « d'honorer un saint sans ^agrément de VEglise romaine ». Ce droit nouveau fut établi bien plus tard en France.
Cet homme, dont la dévotion à saint Rambert était très grande et la confiance à toute épreuve, fut soudain, pendant une nuit, favorisé de l'apparition du saint Martyr. Celui-ci exprima à son pieux mandataire un vif désir de voir ses sacrés ossements enlevés des bords du Bébron, et transportés sur le sol forézien, aux rives de la Loire.
Cette apparition extraordinaire de saint Rambert à un de ses fervents serviteurs avait lieu vers Tannée 1078 (i), saint Jubin ou Gébuin étant archevêque de Lyon, et Guillaume !•% comte de Forez et de Lyonnais (2).
Effrayé d'abord d'une si étrange vision, le fidèle serviteur du saint Martyr court, dès l'aube, au tombeau du bienheureux Rambert, s'agenouille auprès des reliques bénies de son puissant protecteur, et lui fait cette prière :
0 Très Saint Ami de Dieu^ si la vision dont j'ai été favorisé pendant cette dernière nuit m'est bien venue de vous^ veuille\ sans retard me réitérer la même faveur! Et, le jour achevé, il va prendre son repos. Tout à coup, ô prodige ! le saint athlète du Christ se présente de nouveau à ses yeux, vêtu d'une tunique teinte de sang.
— Pourquoi as-tu douté, dit la vision, et pourquoi as-tu refusé d'enlever, de ce lieu, mes restes sacrés ? Mes instances ne sauraient-elles te déterminera obéir?
Cependant, l'aube du jour suivant venait à peine de paraître, que le fidèle serviteur du saint martyr était déjà à son
(i) J.-M. DE LA Mure s'exprime ainsi dans son Histoire du Diocèse de Lyon, page i52 : « L'année suivante, 1079, saint Jubin consacra à Dieu, en l'honneur delà Sainte Vierge.
« l'église abbatiale, depuis collégiale de Beaujeu, fondée par Bérald, l*un des premiers et
« des plus anciens seigneurs de Beaujeu.... * Environ vers ce même temps, arriva la mémorable et miraculeuse translation des
« reliques de saint Rambert martyr, en un célèbre Prieuré de son Diocèse, qui a pris ce
« nom, au Pays de Forés.
(2) Saint Gcbuin ou Jubin fut élu Archevêque de Lyon au Synode Eduen tenu â Autun, vers 1077, et mourut le 18 avril 1079. (Bréviaire Lyonnais, légende delà fête, au 18 avril.)
La « Galtia Ghristiana », partie de la Métropole de Lyon et de Vienne, le fait mourir eq 1082. Voir cet ouvrage, page 179.
tombeau. Le front prosterné dans la poussîète, il rend grâces à Dieu et remercie saint Rambert de la nouvelle vision dont il a daigné le favoriser. Mais il supplie encore le bienheureux de ne point lui refuser une troisième révélation des choses étonnantes dont il a eu déjà deux fois la faveur. Si vous accédez à mes désirs, ô illustre Patron et Protecteur, lui ditil, bannissant toute crainte^ je me mettrai en route pour le but indiqué, sous la garde de Dieu qui a dit par la bouche du prophète : « Ne craignei point de paraître devant ceux à qui je vous enverrai^ parce que je suis avec vous pour vous délivrer (i). »
Le jour suivant, qui était le dimanche, les premiers rayons du soleil doraient à peine l'horizon, que le fidèle ami du saine martyr se disait déjà à lui-même : ce Oui, si la vision dont j'ai été favorisé se montre à mes yeux une troisième fois, obéissant à la volonté de Dieu je partirai immédiatement pour le pays où je dois aller. »
Il avait à peine mis fin à ses réflexions que saint Rambert lui apparaît et lui dit : a Ami, lève-toi promptement et hâte-toi de prendre le chemin que le Seigneur va te montrer. Chargé des saints ossements de mon corps, et des reliques de saint Domitien, tu porteras ce précieux fardeau, par delà le fleuve de Loire, au monastère de Saint-André, dans le Comté de Forez (2). »
En entendant ces paroles, grande fut la joie du pieux personnage à qui le saint athlète du Christ daignait expliquer,
(0 Jérémie. I. 8.
|a) Le monastère ou prieuré de Saint-André-les-Olmes, dont l'église fui la fille aînée dt la fameuse abbaye de l'Ile-Barbe. parce qu'elle fut fondée par les moines Bénédictins de cette dernière abbaye, existait déjà au x* siècle. En effet, nous le voyons désigné dans la charte de Conrad le Pacifique, datée de 971. Dans cette charte, ce roi donne à l'abbé Eldebert. prieur de l'Ile-Barbe, pour son serment de fidélité, l'investiture et la confirmation de tout ce qu'il tenait de lui — entre autres biens : .... Cellam quoque de Occiaco, cum Ecclesià Sancti Andreœ^ capellamque juxtà eam in honorera sancti Cosmc — Le monastère fut dédié à saint André, en souvenir de celui de l'Ile-Barbe. dont ce lut le premier patron. — (Voir LB Laboureur. Masures de l'Ile-Barbe, tome I, page 63.)
une troisième fois, la mission providentielle qu'il lui confiait.
Aussi bien, dès que la nuit suivante est venue, profitant du moment où toute la nature est dans le calme et le silence, il se rend, Tâme émue, au tombeau du glorieux martyr, et les yeux levés vers le ciel, il fait cette prière : « Seigneur Jésus, <c Dieu qui aime:{ la bonté et qui en êtes Fauteur^ vous qui ave:{ « fait sortir Lazare du tombeau, quatre jours après qu' il j' eut c< été enseveli, vous qui ave:{ ouverte votr glorieux sépulcre pour « en sortir victorieux, ouvre\-moi aussi le tombeau de vos « saints, non à cause de mes mérites^ mais à cause de ceux de « vos élus^ afin que je puisse facilement transporter leurs corps « au lieu que vous^ mon Dieu et mon Sauveur^ leur ave{ « préparé. »
Sa prière finie, il voit soudain, renversée à ses pieds, la pierre qui fermait le tombeau des deux bienheureux. Saisi d'une grande frayeur, il ose à peine approcher, — mais, peu à peu, il se rassure et prend courage. Des deux mains il enlève de leur châsse les précieux ossements, et les rassemble en un faix, qu'il plie dans quelque grossière étoffe à cet usage (i), disposée en forme de besace.
Il se met en route avec son béni fardeau, marche longtemps, et arrive enfin sur les pentes de la montagne où se dresse fièrement un château fort. C'est le manoir d'Yzeron.
Mais une longue et pénible route a fatigué le voyageur. Pour se reposer, il s'assoit sur le bord du chemin, à l'ombre d'une blanche aubépine.
Or, dans ces parages et précisément à cette heure, il arriva qu'une troupe de chasseurs au service du comte Guillaume, seigneur du manoir, étaient à la poursuite d'un lièvre que la meute des chiens avait levé dans un buisson.
(i) Le mot « sardnulis j* que nous lisons dans le texte de U légende trouvera son explication, plus loin, au chapitre IX de cet ouvrage.
Lancé dans la direction de notre porteur de reliques, l'animal s'arrête, sans crainte, tout auprès du mystérieux fardeau, court et ferme.
Quant aux chiens, retenus en arrière comme par une force invisible, ils poursuivent à distance Tanimal de leurs aboiements, sans oser l'approcher.
Stupéfaits à la vue d'un phénomène si étrange, les veneurs se demandent les uns aux autres : Qu'est cela ? — Qui a jamais vu pareille chose? — Allons vite dire à notre maître la merveille dont nos yeux sont témoins. Car il y a certainement, dans cet événement, quelque chose de divin. C'est un fait qui ne sera pas longtemps sans avoir du retentissement.
Ils s'en vont donc raconter au comte Guillaume ce qui se passe d'extraordinaire sur ses terres. Etonné et frappé de l'étrangeté de l'événement, le noble seigneur accourt à la suite de ses gens, vers le lieu du prodige, pour constater la vérité des choses qu'on lui a rapportées.
A peine s'en est-il approché, qu'il aperçoit un voyageur dans l'attitude du repos. Tout auprès de lui, et déposées à terre, sont des sacoches pleines.
Très surpris à son tour, le comte interpelle notre homme. Qui es-tu ? — Où vas-tu ? — Que portes-tu dans tes sacoches ?
Qui je suis ? — Où je vais ? — Ce que je porte ? — Le voici en peu de mots, répond le voyageur :
« Je suis le serviteur de Dieu et du très saint martjT « Rambert. Je porte les ossements vénérés de son corps et «f ceux du saint confesseur Domitien, au comté de Forez, « par delà la rivière de la Loire, dans le monastère de Saintce André, et cela, de par Tordre et la volonté de saint Ram- « bert lui-même. »
Kn entendant ces paroles, le comte Guillaume ne peut contenir les transports d'une joie d'autant plus douce et plus vi\x. qu'il était, selon les mœurs de ces temps, le Père tempoH du monastère de Saint-André-les-Olmes (i).
Veuille rester quelque temps au milieu de nous, répond le
\>mte au pieux voyageur, nous ferons appel aux habitants de j -ontrêc, et lorsque nous aurons réuni un bon nombre de pèlerins, nous accompagnerons, en grande pompe, les reliques que tu portes en Forez.
Sans tarder, le comte Guillaume envoie les gens de sa maison prévenir le Prieur du monastère de Saint-André, et les Recteurs des églises qui se trouvent au-delà de la Loire. Il les invite à venir sur les bords de la rive droite du fleuve, en pieuse et solennelle procession et au-devant des reliques des saints Rambert et Domitien, qui leur arrivent d'une manière toute providentielle.
il) Erat eoim prsfati Monasterii Pater, quem temporalem Yocant {texte tiré de Foffice 4e saint Rambert. //• nocturne, 4' leçon).
Ce qui veut dire que le comte Guillaume, seigneur très chrétien, était l'ami et le protecteur A\x monastère de Saint-André, à la prospérité duquel il s'intéressait sans doute. Et si sa joie fut si grande en trouvant sur ses terres le porteur mystérieux des reliques de saint Rambert, c'est que peut-être ces mêmes reliques si fécondes en miracles, et dont la renommée ne lui était pas inconnue, il les avait désirées pour l'église de son monastère favori, et peut-être Hvait sollicité des religieux qui en étaient les heureux possesseurs en Bugey, l'honneur d'en avoir à sa disposition quelques précieuses parcelles.
M. l'abbé BouÉ, curé de Saint-Just, Lyon 1844, dans sa Notice sur la chasuble de saint Rambert, page i3, va jusqu'à dire que ce fut le comte Guillaume qui fit faire au xi* siècle cette translation. Nous serons moins affirmatifs que cet auteur, après de la Murb qoi, dans son Histoire du Diocèse de Lyon, mentionne simplement que cette translation se fit miraculeusement du temps de Guillaume, comte de Forez. Nous ajouterons que ledit comte n'eût pas alors été étonné de voir arriver, sur ses terres, l'homme porteur du précieux fardeau des ossements de nos saints, s'il eût lui-même commandé et organisé la translation .
Une cérémonie prévue, commandée, impose la joie, mais non l'étonnement, la surprise. Du reste, que signifierait le mot « miraculeusement », si d'avance tout avait été prévu ? — Pour nous, le comte Guillaume avait bien pu demander quelques parcelles des reliques, — mais d'après la légende du Bréviaire, d'après de la Mure, dans son Histoire du Diocèse^ page 370, il ne parait pas que le comte Guillaume ait prévu d'avance et organisé la cérémonie de la translation, que toujours on a appelée « miraculeuse ».
A moins cependant que M. l'abbé BouÉ veuille entendre par ces mots « le comte Guil" laume fit faire cette translation 1, que le comte Guillaume fut l'organisateur de la pro> cession, qui, partant de son manoir d'Yzeron. accompagna jusqu'au prieuré de Saint-André les reliques saintes reçues chez lui miraculeusement.
Puis, oubliant la chasse et ses plaisirs, il charge ses nombreux serviteurs de convoquer, autour du vieux manoir d'Yzeron, à une date fixée, le clergé et les fidèles des paroisses d'alentour.
A la nouvelle qu'elles allaient bientôt recevoir le trésor précieux de reliques si fécondes en miracles, les populations riveraines de la Loire accourent en masse, avides sans doute de contempler la merveille que le comte Guillaume leur apporte, mais heureuses, surtout, de ce que la présence au milieu d'elles, de ces saintes et puissantes reliques serait assurément une source de sanctification pour les âmes et guérisons pour les corps.
Cependant le comte Guillaume avait rassemblé une grande foule de pèlerins autour des saintes reliques, abritées dans son château.
Au jour fixé, cette foule compacte, prêtres et fidèles, s'ébranle et se met en marche vers la Loire.
Mais déjà un peuple innombrable attendait, en prières, sur les deux rives du fleuve.
O prodige, les reliques sacro-saintes entourées de la foule sont à peine arrivées au bord du fleuve, que les eaux se divisent et forment, à droite et à gauche, comme deux murailles, à l'instar du Jourdain refoulant autrefois ses flots, ou de la mer Rouge s'ouvrant devant les fils d'Israël, qui la traversèrent à pieds secs.
Ainsi fut accomplie cette parole du Psalmiste : « Ils iraverseront le fleuve à pieds secs (i) » : ou encore, cet autre passage de la Sainte Ecriture : « L'eau s'arrêtera de couler (2). »
Nous ne passerons point ici sous silence les choses mer-
(i) P&ftume 63, venet 6.
(2) Exode, i5, verset 8,
veilleuses (i) que le Seigneur daigna opérer par l'intervention de ses serviteurs Rambert et Domitien.
En effet, lorsque la foule faisant cortège aux reliques des deux saints eut traversé le fleuve à pieds secs; lorsque de toute cette grande multitude, pas un homme ne semblait être resté en arrière, il arriva que le cours de la Loire resta encore suspendu, et ses eaux divisées comme deux murailles.
Frappé de ce prodige, le comte Guillaume eut i^dée de faire monter quelqu'un en haut d'un grand arbre voisin, afin qu'il pût se rendre compte de quel nouveau miracle la divine Providence daignait, encore, favoriser la foule pieuse, puisque les eaux du fleuve, après le passage des reliques et des pèlerins, cessaient encore de couler.
Un jeune homme monte, en effet, sur un arbre, et à peine a-t-il promené ses regards dans la direction de l'autre rive de la Loire, qu'il voit venir une vieille femme boiteuse. « Je vois une femme appuyée sur un bâton, crie-t-il à ceux qui se tiennent là, elle vient à nous avec une extrême lenteur. » Ces paroles firent penser au comte Guillaume et à tous les fidèles qui venaient de passer la Loire miraculeusement, que
(i) L'innée... 1079, s*i°t Jubin consacra À Dieu, en l'honneur de la Sainte Vierge, l'église abbatiale, depuis collégiale de Beau jeu, fondée par Bérald, l'un des premiers et des plus anciens seigneurs de fieaujeu et du Beaujolais, qui a pris le nom de cette ville, et sous ce même saint prélat. Environ ce même temps, arriva la mémorable et miraculeuse translation des reliques de saint Rambert, martyr, en un célèbre prieuré de son diocèse, qui a pris ce nom, au pays de Forez, en laquelle translation la rivière de Loire se partagea au passage de ces reliques, comme on apprend de titres et preuves authentiques de ce monastère. (Histoire Ecclésiastique du Diocèse de Lyon, par M'« J.-M. de la Mure, docteur-chanoine de la collégiale de Montbrison. Edition de 1671, page i56.)
Ce miracle de la division des eaux de la Loire, en deux murailles, pour laisser le passage libre aux reliques de saint Rambert, n'est pas le seul qui rendit fameux ce beau fleuve. Le Laboureur, au tome II de son Histoire des Ducs de Bourbon, et à la page 439 et suivantes, édition moderne avec annotations par Chantelauze, cite le miracle suivant que Dieu fît en l'année 1491, en faveur du P. Jean Bourgeois, saint religieux Cordelier de l'Observance régulière, précepteur et ami de Charles VIII, roi de France, et du seigneur d'Urfé. Un jour, le Père Jean Bourgeois venant de Lyon, et voulant passer la rivière de Loire pour se rendre à Montbrison. le batelier lui refusa sa barque, à cause que ne portant point d'argent, suivant son Observance régulière, il ne lui en pouvait donner. Animé d'une vive confiance en Dieu, à l'exemple de saint Raymond, de l'Ordre de saint Dominique, il étendit son manteau sur les eaux, et s'étant mis dessus avec son compagnon, faisant le signe de la croix, il passa très facilement et heureusement à l'autre bord de la rivière.
la divine Providence pourrait peut-être bien ménager à la foule la vue d'un autre prodige.
La pauvre femme estropiée qui avait suivi, avec une piété si tendre et si constante, les reliques des saints Rambert et Domitien, ne méritait-elle pas de traverser la Loire par le chemin desséché qui avait servi à la foule ?
Tous les pèlerins, alors, font halte un moment pour attendre la vieille femme.
Bientôt elle entre dans le lit du fleuve et y marche, en effet, sans encombre. Bien plus, elle n'a pas plus tôt atteint la rive opposée, que soudain la Loire recommence à rouler ses eaux avec sa rapidité ordinaire.
Tout le peuple, témoin de ce tait prodigieux, verse alors des larmes de joie : c*est un concert unanime d'actions de grâces à Dieu, et de remerciements à ses saints.
Enfin, une longue procession s'étant formée à nouveau, les reliques reprennent leur marche triomphale vers le monastère de Saint-André, aux accents des hymnes pieux et des saints cantiques, que les pèlerins redisent avec le plus pieux enthousiasme.
Déposées dans l'église conventuelle du monastère avec tous les honneurs qu'elles méritaient, ces précieuses reliques sont encore celles que nous vénérons à la fin de ce xix' siècle.
Dans la suite des temps, il y eut un grand concours de malades venus de tous côtés pour implorer le secours du vaillant athlète du Christ, saint Rambert (i).
Et personne jusqu'à ce jour ne s'en est allé sans avoir obtenu de lui quelques grâces. Ce qui veut dire, que depuis huit cent vingt ans que la ville de Saint-Rambert-en- Forez possède les insignes reliques de son illustre Patron, et que sa
(t) Nous ne sommes pas éloignés de croire que c'est à ce concours de pèlerins que Tantique bourg d'Oecieu dut de devenir une petite cité qui compta plus tard parmi les treize ▼illes « vocalles • du Forez. On appelait, ainsi, les villes dont les députés avaient voix dans les assemblées du Forez.
vieille église reçoit les pèlerins confiants en la protection du généreux manyr, le culte de saint Rambert a toujours tenu une grande place dans la vie chrétienne des habitants de notre vieille cité et des populations de la contrée, comme aussi la bonté de notre saint envers ses fidèles protégés, s'est bien souvent, s'il faut en croire la tradition du pays, manifestée par des prodiges en leur faveur (i).
i a tonjoun invoqué uiiil Rimbin pour la fécoD^té
iel> il «I repréacnté dtiDi Its imigo ou statues du
DioycD Ific lymbotiHilt cette fécondiU, comme
il> tymbolisaienl jadii I* paix (Fie 17).
Au nombre det miracles, insigan par leaqueta
il faut placer l'év
énement
prodigieux qae la
tradition acoDMcr.
! comm<
: an fait d'une vérité
Menacée d(tre 1
■ssiégée
et préparée i une
, la Yill.
! de Sslnt-Rambert
s apprêtait k prendre con
qui, Tenu de Maotbrisoa 1
pour la surprendre.
avait déjà fait ivi
pied dei muraîlki
. L'assai
ji de la Porte dite
du Poyet était do
nné, les
deux tours carrées
qui faisaient %^a
corps venaient de
tomber au pouvoi
ssai liants, la porte
lore*e allait être
franchit
qaand. 6 prodige
radieuK de gloire.
l'un jeune et brillant
guerrier, monlé >
ur un 1
apparat aux yeux d
de majesté, lui pri
rois épis d'or d'une
main désarmée, comme symbole de paix et de
réconciliation.
Surpri. de cette
vision
aussi eitraordinaira
qu'imprévue, Teant
rmi recala épouvanté, et le*
chefs décidèrent ai
isiiUti qi
le d-une place aussi
plus sanglante défaite. El sans coup féri
illustre
protetlear saini Rambe
l'illustre
: martjr est, depuis
cette époqa
sous la
figui
re d'un pacifique guerrier
■ cheval,
, ponant de la mai
n droite l'en
lionnel
trois épis d'or (•).