‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 28 sur 119 · ON · texte numérisé non relu

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Voylà, dit Claude le Laboureur dans son livre Les Masures de Vile-Barbe (tome I*% chapitre VII, page 8), voylà le récit de la translation de ces saints, ce qui est si bien circonstancée «r que je le tiens authentique, et les miracles qui s'en ensui- « virent ont esté si fréquents et si célèbres, que depuis ce « temps Téglise et monastère de Saint-André-en-Forez ont « changé de nom, et Taffluence des pèlerins abordants en ce ff lieu, du petit Occiacum, a fait une jolie ville qui porte le <f nom de son nouvel hôte, saint Rambert. »

Quand on se pénètre du passage intéressant de notre légende, où il est dit que le comte Guillaume réunit autour de lui un grand nombre de fidèles et de prêtres, pour faire cortège aux précieuses reliques qui allaient quitter son manoir et prendre la route du Forez (i), on ne peut se défendre d'un sentiment de curiosité. On voudrait savoir ce qui se passa, en ces jours de foi naïve, où le moindre événement religieux suffisait pour exciter l'enthousiasme de populations au cœur simple et croyant.

Or, d'après les documents que nous avons étudiés et discutés, voici comment les choses durent vraisemblablement arriver.

Lorsque le comte Guillaume fit appel à la piété des Recteurs dont les paroisses étaient voisines de son château-fort, tous assurément durent répondre avec le plus grand empressement à sa pieuse invitation, entraînant, après eux, un clergé nombreux et une foule de paroissiens.

Et, lorsque le seigneur Prieur de notre monastère de Saint-André-les-Olmes reçut l'heureuse nouvelle de l'arrivée toute providentielle, dans son église conventuelle, du sacré trésor qu'on lui avait annoncé, il dut aussi, certainement,

(i) Voir la légende de saint Rambert aux pièces justificatives n* 3... Misit qui menèrent monasierii rectorcs et ecclesiarum, qus sunt ultra Ligerim, ut cum ornatu obviàm sanctorum relîquiis ad littus fluminis procédèrent... clerum et populum advocat, qui cum audierunt taies margaritas eô pervenisse, catervatim raunt, cernere cupicotet mira que genintur, vel corporis sanitatem rccuperare, etc.« etc.

se préparer à faire aux précieuses reliques, la plus solennelle et la plus magnifique réception.

Pour tout dire, en cette circonstance bénie où les cœurs des recteurs et des religieux bénédictins, des seigneurs et des manants battaient à l'unisson, avec les tressaillements d'une même joie, dans l'attente du plus extraordinaire des événements, ce ne furent assurément, de toutes parts, au milieu des brillants préparatifs de la fête, qu'acclamations enthousiastes, que brûlantes invocations en l'honneur des saints de Dieu .

Le texte de la légende de la translation miraculeuse des reliques, en nous révélant l'affluence des populations riveraines de la Loire, autour des reliques portées en triomphe des bords du fleuve jusqu'au Prieuré, ne fait, il est vrai, aucune allusion à la présence, dans le pieux cortège, des austères habitants du cloître de Saint-André.

Mais, n'est-il pas tout naturel de penser que le seigneur Prieur, averti par l'ami dévoué et le Protecteur temporel de son monastère (i), s'empressa d'adoucir, pour la circonstance exceptionnelle, les rigueurs de la clôture ? Oui, et il n'hésita pas à donner à ses religieux toute permission de franchir le seuil de leur cellule, pour se mêler à la foule des pèlerins marchant au-devant des reliques attendues ?

Et nous ne pouvons pas nous résigner à croire que les pieux moines du prieuré de Saint- André, dont le cloître dominait la plaine par où s'avançait, processionnellement le cortège, soient restés impassibles en présence de l'enthousiasme d'une foule encore tout émue du beau spectacle d'un prodige accompli sous ses yeux.

Il nous paraît vraisemblable de penser que, quittant leur cloître pour quelques instants, ils vinrent au-devant des n:liques sur la rive gauche de la Loire. Peut-être même,

l) Le comte Guillaume.

LéCENDE DE LA TRANSLATION DES RELIQUES I I 3

furent-ils témoins du miracle étonnant qui marqua le passage des saintes Reliques à travers le lit desséché du fleuve.

Qui sait encore si, épris d'un saint respect pour le trésor sacré qu'on leur apportait dans les riches plis d'une étoffe de soie et d'or (i), ils ne s'empressèrent point de faire comme une garde d'honneur, autour de la châsse merveilleuse, à l'instar de celle qui protégeait l'Arche Sainte transportée par les Israélites, à travers les champs déserts de l'Arabie.

Nous allons plus loin. Au moment solennel où les saints ossements de l'illustre martyr Ram bert furent déposés sur la rive gauche de la Loire, en attendant que la foule des pèlerins traversât miraculeusement le fleuve, le seigneur Prieur, entouré de ses religieux, dut donner Tordre aux dignitaires de son monastère de charger, eux-mêmes, les précieuses reliques sur leurs épaules.

Elles furent ainsi transportées, aux chants des hymnes de triomphe, jusque dans cette église priorale dont nous pouvons encore, de nos jours, baiser avec respect les pierres huit fois séculaires.

Et quand le vénérable fardeau, après avoir pénétré dans la petite cité de Saint- André- les -Olmes par le sentier montueux, ouvert plus tard sous la porte gothique (2), dite porte de la Chana (3), arriva par la porte de

(i)I.es pauvres besaces d'étoffe grossière, dans lesquelles l'incoanu porteur des reliques les avait transportées jusqu'au château du comte, avaient été remplacées, dit la tradition, par une étoffe précieuse, sortie des armoires du pieux comte, et qui devint, plus tard, la chasuble merveilleuse, dite de « saint Rambert ■.

(3) Vers le ziv* siècle, la ville de Saint-Rambert était déjà entourée d'une enceinte de hantes et épaisses murailles flanquées de tours et percées de quatre portes. Dans une transaction, passée en 1367, entre les habitants de Saint-Rambert et le seigneur Prieur du monastère, il est parlé de fossés, de clefs des portes, de murs de la ville... comme de constructions existant déjà depuis longtemps. (Archives de lu Loire» Fonds de Saint- Ramben.)

(3) La Porte de la Chana qui s'ouvrait du cdté le plus rapproché de la rive gauche de la Loire, et qui, de temps immémorial, s'est appelée aussi Porte de Saint-Rambert, parce que son arceau gothique a, de temps immémorial aussi, abrité la statue équestre de l'illustre martyr, nous semble avoir été le passage, tout indiqué, de la procession des reliques, à leur

I 14 CHAPITRE Vil

Franchise (i), au seuil du grand portail roman de l'église priorale, il nous semble voir les flots serrés de la foule enthousiaste, envahir les trois nefs du saint lieu. Soudain, une ovation solennelle aux sacrés ossements des saints Rambert et Domitien éclate, et les malades et les infirmes de tout âge, de tout rang, essayent de les approcher de plus près pour les toucher, afin d'être guéris. Ainsi, au temps de Notre -Seigneur, les infirmes et les malades cherchaient à toucher les bords de sa robe, pour retrouver forces et santé.

Mais puisque nous assistons par la pensée aux merveilles qui se déroulèrent, il y a huit siècles, dans ce même temple et sous ces mêmes voûtes sacrées, témoins, toujours debout, de nos prières et de nos cérémonies religieuses, entendons aussi les nombreuses acclamations d'un peuple de pèlerins, faisant monter à Dieu les chants de sa reconnaissance. Contemplons

arrivée dans la petite cité de Saint-André. C'est du moins le chemin le plus court pour venir de la Loire. DvC reste, comme souvenir de cette translation des reliques de sain; Rambert, des bords de la Loire dans l'église du prieuré, on fait encore chaque année, au jour de la fête de cette Translation qui est la fête patronale — (premier dimanche d'octobre) — une procession où sont portées en triomphe les reliques du saint.

Détail à remarquer et qui donne une forte présomption pour croire qu'en 1078 les reliques passèrent par là : c'est qu'arrivés sous l'arceau de la porte gothique, les fidèles et le clergé s'arrêtent, selon une très ancienne coutume, pour laisser chanter, par un choriste, le Répons d'un Martyr et l'oraison du saint. Après cette cérémonie, la procession reprend sa marche.

(i) La porte dite de Franchise, ainsi appelée parce que tous ceux qui pouvaient en franchir le seuil étaient exempts de poursuites infamantes, est encore debout et donne accès, de la place de la Mairie dans le quartier de la ville où s'élève l'église. Jadis, elle faisait communiquer la petite cité avec les dépendances du prieuré, alors ceint d'épaisses murailles. Une autre porte, placée en face de la porte de Franchise et de l'autre côté de l'église, mettait en communication le quartier du Poyet avec le prieuré. De cette porte démolie depuis longtemps, il ne reste plus que les deux corbeaux qui supportaient, anciennement, la retombée de l'arc ouvert fermant la porte. Il est une autre interprétation du nom de Porte de Franchise, nous la donnons ici, afin que le lecteur juge de sa vraisemblance. Après la trahison du Connétable de Bourbon et confiscation de ses biens, en i532, au profit de la Couronne, François I"', dont les Etats venaient de s'agrandir du Comté de Forez, vint en prendre possession. Arrivant de Lyon et passant 4 Saint-Rambert, le 34 avril i536, il semble tout naturel qu'il ait accordé aux habitants, en cette heureuse circons* tance, quelque franchise communale, dont la Porte du Prieuré, par où passa le cortège royal, aurait gardé le souvenir.

Cette hypothèse s'accrédite par l'octroi qu'il fil, peu après, à la petite ville de Sury-le- Comtal qu'il traversa en se rendant h Montbrison. Le nom de c rue Franche • conservé i l'une des principales et anciennes voies de cette ville, n'aurait pas d'autre origine.

la nombreuse couronne de prêtres, de religieux agenouillés autour de Técrin d'or et de soie, déposé sur le maîtreautel, au milieu de mille lumières éclatantes. Leurs cœurs sont à la confiance et à la joie, pendant que leurs lèvres murmurent d'ardentes prières.

Il n*est pas jusqu'aux joyeuses envolées des cloches du vieux beffroi roman, jusqu'aux parois extérieures et intérieures des murs de l'église, disparues sous les plis pressés de riches tentures aux couleurs rouge et argent, rappelant les titres glorieux du martyr Rambert et du confesseur Domitien; il n'est pas jusqu'aux autels ruisselants d'or et de lumières... qui ne redisent la magnificence de cette grande fête de la translation des reliques, fête où la joie débordante de tout un peuple de fidèles et de prêtres, exprime mieux que tous les discours, le bonheur que chacun éprouve de posséder, près de soi, un pareil trésor.

Ah ! si les pierres de notre vieille église avaient une voix, que ne nous raconteraient-elles pas de la foi vive de nos ancêtres, de leur empressement à vénérer les reliques de notre cher et illustre Patron, de leur joie de les posséder, de leur absolue confiance en elles, et des grâces nombreuses, éclatantes même, obtenues par l'intercession de saint Rambert I

Car si nous en croyons ce passage de la légende de l'office du glorieux martyr « Dans la suite des iemps^ il y eut un « grand concours de malades venus de tous côtés pour implorer « le secours du paillant athlète du Christ^ et personne ^jusqu à « ce jour ^ ne s'en est allé sans avoir obtenu quelques grâces. » Oui, si nous en croyons cette légende vénérable, des flots de pèlerins affluèrent de tout temps autour de la châsse de saint Rambert. Car ces saints ossements, loin de perdre leur puissance d'opérer des miracles, après avoir été transportés en Forez, devinrent, au contraire, une source de grâces pour tous ceux qui les y vénérèrent, dans leur nouvel oratoire.

Il6 CHAPITRE VII

Et puisque, d'après la légende de Toffice du saint martyr « Personne ^jusqu'à ce jour ^ ne s'en est allé sans avoir obtenu quelques grâces », on peut dire qu'il fut, dans la suite du temps, incalculable le nombre des pécheurs convertis, des malades guéris, des familles réconciliées, des deuils consolés, des champs fécondés par l'intercession de notre illustre Patron.

Oui, quelque part que reposent les restes sacrés des saints, ils portent toujours en eux cette force divine à laquelle les lois de la nature sont obligées de céder, cette force surnaturelle qui en fait comme des- sources de vie, et des remèdes efficaces pour guérir les infirmités du corps et cicatriser les plaies de 1,'âme.

S'il arrive, souvent, que nos prières adressées aux saints dont nous vénérons les cendres demeurent inexaucées, ce n'est point que les corps des saints auprès desquels nous nous agenouillons soient dépourvus de puissance et d'énergie.

Mais si nos soupirs ne sont pas entendus, c'est qu'ils ne sont point sincères, si nos larmes ne les émeuvent pas, c'est qu'elles ne sont point amères, et si nos prières restent stériles, c'est qu'elles ne sont accompagnées, ni de la pureté du cœur confiant, ni de la pénitence de l'âme humiliée.

Prions et humilions nos cœurs, menons une vie chrétienne et nous verrons « les miracles se multiplier autour du « tombeau du Bienheureux Rambert, martyr, les aveugles M recouvrer la vue, les boiteux marcher, les démons prendre « la fuite, les frissons de la fièvre et les maux de dents « disparaître ».

Avant de terminer ce chapitre, nous voulons réduire à néant quelques objections que ne manqueront pas de faire les esprits prévenus contre la vérité de tout récit tracé par la plume des copistes du moyen-àge.

Nous n'ignorons pas que les fraudes pieuses sont de toutes les époques, et que les historiens qui, dans le cours du moyen-âge, rassemblèrent les traditions éparses n'étaient ni inspirés ni infaillibles. Nous savons même qu'ils mutilèrent quelques-unes des légendes, mêlèrent souvent aux récits vrais ou faux que leur avaient légués les siècles, des erreurs et des contre-sens : c'est une conséquence fatale de leurs préjugés et de leur ignorance des temps antiques (i).

Nous savons, d'autre part, qu'en dépouillant notre pieuse légende de son vêtement de naïveté toute médiévale, nous aurions à offrir à certains lecteurs, un fait qui capterait d'autant plus leur créance qu'il serait plus naturel et plus ordinaire : le rapt, par exemple, des reliques du saint martyr Rambert par un émissaire du comte Guillaume; ou encore, le simple enlèvement des dites reliques par le comte Guillaume lui-même, qui, avec l'assentiment des religieux du monastère de Saint- Domitien, les aurait fait porter dans son château d'Yzeron, et de là, en grande pompe, dans l'église de son prieuré favori de Saint-André-les-Olmes.

Nous pourrions donc, abandonnant le récit légendaire conservé par le Bréviaire bénédictin et la Tradition locale, écrire ces pages à l'exemple de certains historiens qui répugnent à admettre tout ce qui porte l'empreinte du merveilleux et du miraculeux. Mais, plein de respect pour la mémoire du pieux comte Guillaume, nous n'avons pas voulu mettre le fait de la translation de nos saintes reliques au rang des actes entachés de déloyauté et de profanation. Nous n'avons pas voulu priver le lecteur des charmes dont est remplie notre vieille et chère légende.

N'eussions-nous pas été parjure à notre foi, que de traiter avec mépris les naïves légendes que l'Eglise accueille, avec

(1) Pour ne citer qu'un exemple à Tappui de ce que nous avançons. la légende de saint Domitien citée par Guichknon dans son « Histoire de la Bresse et du Bugey • est agrémeotce de Tépithète « mutilatam» mutilée ».

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tant de respect, dans ses saints offices? C'est pourquoi, à ceux qui se défient des légendes, les regardent comme des récits fabuleux, indignes de fixer Tattention des esprits sérieux, et tout au plus bonnes pour amuser les enfants, nous répondrons : si les légendes ne sont que des fruits de l'imagination, si les récits merveilleux que nous lisons dans la f^ie des Saints ne sont que les produits poétisés de cerveaux enthousiastes, pourquoi alors voyons-nous des auteurs sérieux aimer tant à les insérer dans les pages de leurs livres ?

Sans doute, sous des dehors fabuleux, la légende nous dérobe le fait historique, exact et précis ; mais les voiles dont elle l'entoure sont si transparents qu'il suffit d'un regard pour les pénétrer. On devine, à travers leurs séduisantes couleurs, la vérité qui, à l'instar d'une fleur parfumée dont la suave odeur trahit la présence sous la mousse, se présente d'ellemême à l'esprit, naïve et sincère.

Les légendes sont des bouquets embaumés des très agréables parfums du passé. On est toujours tenté de détacher quelques fleurs de leur gracieuse touffe.

La légende qui suit offre un tel rapprochement avec celle de notre martyr saint Rambert, soit par la date des faits, soit par les lieux où ils se passent, soit encore par les qualités sœurs des deux saints, soit enfin par la façon dont leurs corps furent découverts et transférés, que nous n'hésitons pas à en reproduire les parties essentielles. Le lecteur nous saura certainement gré de lui donner, ici, un document capable de justifier, au moins indirectement, La vérité des faits relatifs à la translation de nos Saintes Reliques.

LÉGENDE DE SAINT FLORENTIN (56i)

« Jadis advint que les Wendes, les Souabes et les « Alains (i) que aucun appellent Huns, issirent de leur « contrée pour France détruire et gâter. Un roi avaient, d qui Crocus était appelé..*

« Quand il eut passé le pont de Mayence sur le Rhin, et « qu*il eut gâté et détruit la cité, il alla tout détruisant et « gâtant les terres et les contrées par où il passait; moult cr y fit griès, dommages aux églises et au peuple. . .

« Tant alla que il parvint es parties de Bourgogne. Il « advint, un jour, que il s'imagina d'avoir Chevaliers du pays ce à être ses soudoyers en sa cause et en ses guerres; ce enseigné lui fut et indiqué que près de là, y avait un « chevalier preux et vaillant et vigoureux de corps et bien ce éprouvé d'armes. Le roi Crocus le manda devant lui et ce l'aresna, et reprit que il fut son soudoyer avec autres ce chevaliers que il avait éprouvés en son service. Le che- <c valier qui était bien garni et bien armé de la foi de ce Jésus-Christ, répondit au tyran en cette manière : ce Je suis ce ei serai toujours soudoyer cVun seul Seigneur^ à qui je suis ce et que je servirai en cette vie temporelle. »

« Le tyran lui demanda : comment ce Sire avait nom ; et <c le chevalier répondit que ce était Jésus-Christ, qui est un ce seul Dieu en trois personnes, et triple unité. Le tyran lui ce redemanda de quel nom et de quelle religion il était ; et le ce chevalier répondit : ce Florentin suis appelé^ par nonty et ce suis chrétien et chevalier de Notre-Seigneur Jésus-'Christ « que je Vài nommé, »

(i> Chronique de Saint^Denis, — Extrait de la brochure de B. Zbller , professeur an Lycée Charlemagne : Les fils de Clotaire ; FréJégonde et Brunehaut (Paris, 1880^

<( Le roi Crocus lui fit couper la langue et, après ce, couper a le chief. Le prud'homme et bon chevalier, messire saint <c Florentin rendit, par son martyre, Tâme à Notre-Seigneur « Jésus-Christ, et fut son corps enseveli, et mis en sépulture (c en une ville qui est au pays, et qui, orendroit^ est nommée « Saint-Florentin.

« Grand temps fut le corps de ce bienheureux martyr, en « l'église de cette ville, et encore y est le chief; et pour les (( grands miracles que notre Sire faisait et fait encore pour <c lui en ceux qui, dignement, le requièrent et le requerront; « un prud'homme qui au temps de lors était, prit le corps du a benoît martyr, et sans le chief le translatèrent de lieu en autre « pour savoir où ils trouveraient lieu religieux où ils pussent ce dignement et honorablement hebergier.

(c A la parfin, fut rapporté à Bonneval, en l'église et diocèse M de Chartres, pour ce que ceux qui rapportèrent cuidaient (C que ce fût le plus religieux lieu où ils le pussent mettre. En <c cette abbaye est et repose, dignement moult honorablement ce et moult dignement, le corps de Monseigneur saint Florentin « le martyr. Et là fait, notre Sire, grans miracles de jour en i( jour, en l'honneur et en mémoire de ce glorieux martyr.

« Quand Crocus le tyran fut pris, il fut vilainement mené « par les cités que il avait détruites; après ce, mourut, fut « tourmenté de divers tourments, selon ce que il avait « desservi (i). »

(i) Nous avons respecté et le style et l'orthographe de cet intéressant document.

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