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environs de Beyrouth, en caractères grecs, sur une feuille d'or :
« Je t'exorcise, ô Satan, — O croix purifie-moi, afin que « tu n'abandonnes jamais ta demeure, au « nom du Seigneur Dieu vivant. »
Certains de ces objets ont la forme d'une chemise ou d'une tunique. D'autres figurent des animaux allégoriques. Disposés en fibules ou agrafes, retenant les extrémités d'un vêtement de pèlerinage, ils étaient quelquefois revêtus de plaques gravées avec devises, sentences ou légendes, comme :
« Ecce Homo » k Ave Mana gratta pleita ». Nous offrons ici, au lecteur, une amulette trouvée il y a peu d'années dans les ruines Fm.14 du château de Couzan (i), par notre excellent
INSIGNE ami et dévoué collaborateur H. Marthoud.
knargkht(2) Dessinée dans ses dimensions originales, elle xTiriiicLi laisse apparaître, très vivement sur son iCoii.H.Marihoud.) bronze fonement patiné, les restes d'une damasquinure d'or. Le travail intéressant de cette amulette et sa forme singulière suffiraient presque, à eux seuls, à lui
(i) PiroiswetcommuncdcSiil-aoui-Coiiiin, c4ntondcSiinl-Gwrgc>.<a-Ci>uztn (Loire).
(31 C« bijou. reprficDté <d grindtnr Diturtilc. «M cd irgcol et comportt, k ïtojtn, ud pclil inneiu de luipeniioD dfttini 1 le fixer lur les vttcmeaii, leloD la coutume ordimiremcDt obiervée diui lei ptleriuigii. Son origine préc'nt eit iDCODUue ; mail, i n'en p» doaler, ton louveoir %t rattache é<ridemnieDt i quelque pèlerinage célibre, en l'honneur de la Trii Sainte Vierge C).
<*) De tout tempi, aux premien joan de l'EgUtc nalnantt, lu moyen Ige comme en plela iD- aijcie. U Mire de Dieu, Vierge Immaculée, ■ M inioquie par le> chrétitni. Sout le* dtnomlnitioni le* plni diver*e«, lei litclea l'ont implorée pour la gutriioad» maladie* du corp* et de,rime lea pin* divenea auaii.
El la sol de la France, qui en bien toujouT* le royaume de Marie, regniim Gallia, regnum Maria, eat cmaillé des ainctuaires binis, où l'auguiie ei bonne Mère de Jétua *e plaît ■
(ombte, à guirir les corps et à sauver les Smts.
Allez en Brecague ei todi irouverei partout, autour du Ameui aanctoaire de Notre-Dame d'Auray, de pieuse* chapelles élerfea à la Madone, sous les noms les plus varié*.
El dans nos contrées n'avons-nou* pai ; N.-Dame de ValHeury, N.-Daroe du Vernay, près de Roanne; à Saint-Genest'Lerpt, N.-Dama de Pilié, ca souvenir dea déioianu ravages
A PROPOS DES SACOCHES t53
assigner une origine très lointaine, origine d'ailleurs qui pourrait être fixée par l'examen de son décor antique (Fio. 25).
11 nous paraît hors de doute que la figure chimérique représentée sur cet objet, et que paraît compléter une hache emmanchée, est l'hippocampe ou cheval marin que l'on retrouve, parfois, sur quelques types de monnaies gauloises.
Ce curieux petit poisson est non seulement « vivipare », mais jouit encore de l'avantage de pouvoir vivre un certain temps hors de l'eau. Cette particularité a fait dire de cet animal, qu'il peut revenir à la vie, même après qu'il a été momifié. Ce préjugé tombe devant l'expérience qui a démontré que l'hippocampe ne peut pas survivre au-delà de vingt-quatre heures.
A l'exemple du phénix qui renaît de ses cendres, et de la salamandre qui vit dans F'"- **
les flammes, ta fable a fait de l'hippocampe,' amulette un être fantastique et légendaire. Aussi bien,' trouvt*
les anciens l'ont-ils choisi comme emblème allégorique de leurs cultes primitifs.
Pour revenir à notre sujet, il n'y aurait ''^'^f'u'"", donc rien qui nous empêchât de reconnaître Jj dans l'hippocampe de notre amulette de Couzan, l'image de l'immortalité par ta résurrection. Le christianisme n'a-t-il
ciiKJt, diDi nai conlrfn, ptr 1i pnlc aux xvi* tt im* riéclt*. Plui prèi àt nabi, N -Diinc dt Grlcei, dont le pèlcrinigc m riitli par quclqu» mJdailIca que nou* pouidoni >C dont le monogramme da Chriai dam une auréole rijrooaanle d'une pan, et de l'aalr*, la figare de la Vierge Marie (deux lignet distinrtif) de* ancien! Pèrei de l'Oratoire), paraiueni
le dépendance, N.- Dame de Bonion , voDi implorer it lecoun de Marie poar la aanié de leuri
Enfin, il n'eat pai juiqu'an pieu hittorique de Sainl-Rimben. comi Vierge qai, en optranl l'elfei pro pniuancede Marie.
chlleau de Couua
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pas personnifié cette vérité dogmatique, dans Lazare sortant des ténèbres du tombeau !
Quoi qu'il en soit, notons que ce curieux objet a été trouvé : i* sur le sommet d'une montagne escarpée et très élevée; 2" en un lieu de pèlerinage très animé, et dont le modeste sanctuaire est toujours très fréquenté ; 3® et qu'enfin cette précieuse trouvaille a été faite dans le voisinage d'une station thermale très appréciée, et par les Anciens et par les Modernes.
Il n'est pas toujours facile de distinguer des autres bourses à reliques, Vaumônière sarrasinoise (i), très usitée au temps des Croisades. On en possède de fort beaux échantillons, d'une grande richesse. « Cet objet, dit « Victor Gay dans son Glossaire Archéologique^ faisait ce partie du costume pendant tout le moyen âge, se portait « à la ceinture et servait, dans le principe, à renfermer « l'argent de l'aumône (2). d
« Dès l'époque de Charlemagne, il nous est connu par c( les monuments. La plus ancienne des aumônières trou- *< vées ne diffère pas sensiblement du type adopté aux « xiii* et XIV* siècles. Sa forme trapézoïdale, à sommet « arrondi, est celle des aumônières sarrasinoises -, imitation « des produits orientaux qui occupait à Paris un corps de
(i) Année 1298. — Che sont joiel ke on deliTra pour donner (an mariage de la comtesse d' Artois j. Une douxaine de bourses faites en sarrasinois. {Glossaire Arch,, Victor Gat, 2* fascicule, p. 197.)
(2) Année 1492. Ch. XI.
La bourse de la libéralité.
Une bource qu'on dit une aulmosnière Nous conTÎent pendre à ceste ceincturette D'or et de perles bien brodée ... Avoir clouans pour senrement garder Ce que princesse veult tenir ou donner.
(Oliv. DE LA Marchb. Lc parement des Dames.)'
{Oloss. Areh.t Victor Gay, 2* fascicule, p. 199.)
« métier (i). L'aumônîère des Croisades s'est conservée ic jusqu'au xvi® siècle, mais avec Taddition d'une garniture tf métallique souvent très riche. »
Mais cette richesse de garniture ne date point seulement de ce siècle, où le beau semblait renaître dans les arts et dans tous les travaux de luxe. En effet, dès Tannée 1260, nous lisons dans un poème intitulé « Miracles de saint Eloi » les vers suivants qui nous apprennent qu'au xin* siècle le luxe avait déjà transformé les bourses à mettre l'argent des aumônes, en sacs élégants de toilette, remplis de menus objets de toute nature : clefs, bijoux, tablettes à écrire et même médicaments.
. . . Les aumôniéres Avoit tant riches et tant chières, D'or et de gemmes bien ouvrées, De boutons d'or enfrangelëes.
(Miracles de saint Eloi, p. 3i) {2).
C'est alors que la bourse, fabriquée avec les étoffes les plus soyeuses et les plus riches (3) fut, selon sa destination, dénommée : alloière, escarcelle, tasse, réticule.
Valloière, du mot aloi ou titre des monnaies, était la bourse particulièrement réservée à l'argent de « bon aloi d, puis-
ai) Année ia6o. — Nus ne nulle (des merciers) ne puet faire faire ne acheter aumosnières sarraainoises où il ait mellé fil ne coton aveques soie, pour ce que l'en ne doit pas mètre fil ne coton areques soie, parce que c'est décevance à ceux qui n*i si connaissent pas. {Rfg^. (TEL BoUeau, titre 75.; (^Glossaire ArchèoL, de Victor Gat, i« fascicule, page 85.)
Année i3oo. — J'ai les diverses aumosnières
Et de soie et de cordoan...
Si en ai de plaine toile.
Le dit du Mercier, édit. Crapelet, p. 149.
(Glossaire Arch», Victor Gat, p. 83, !•■ fascicule.)
(3) Glossaire Arch., Victor Gay. Ibidem.
"(3)*i^nnée i3i3. — Que nuls ne nulles dud. mestier (de Boursier) ne mettent ou facent en bourSta^^e lièvre perlles ne perrerie aucune, qui ne soient fines er loyaux {Statuts de boursiers de Paris. Ms. C. fol. 5 v*.) {Gtoss. Arch,, Victor Gav, a* fascicule, p. 197.)
Année i36o. — Quatre boursettes batues àor, les deux pendues ensemble, semmées de pelles menues; en cbascune bourse trois boutons de pelles, (/nveii/. de Jean de Boulogne.) Ibidem,
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qu'il était, dans le principe, le denier de la charité réservé aux pauvres. On portait, suspendue à la ceinture, cette bourse ou gibecière, faite tantôt de cuir, tantôt d'étoffes de toutes sortes, associées aux garnitures de fer ou d'or d'orfèvrerie, du travail le plus délicat et le plus riche (i).
Vescarcelle ne semble pas s'être distinguée des bourses appelées alloières, aumônières, etc., par une forme spéciale. La seule particularité notable de cet objet, c'est sa ferrure devenue parfois œuvre d'art sous la main de l'ouvrier (2).
Le mot tasse paraît offrir un air de parenté avec le mot <c tassette », par Thabitude de la porter suspendue à la ceinture, à la façon des tassettes de l'armure, dont les lames d'acier articulées servaient, par leur tassement^ à couvrir et à garantir des coups d'épée, le haut des Jambes du chevalier.
Quant au réticule ou sachet en forme de filoche, il ne faut pas le confondre avec la bourse à reliques. Celle-ci était à l'usage des choses saintes. Celui-là servait, au moyen âge, à contenir, entre ses soyeuses parois, les mêmes objets de toilette que l'on trouve, de nos jours, dans le « ridicule » d'une femme du monde : les flacons de sels et d'odeurs, l'indispensable miroir, le carnet d'ivoire pour les visites, et la bourse aux mailles d'or.
(i) Année 1380. ~ Voroie volentiers savoir
Se je doy celle mance avoir.
La dame dist qu'elle est faite, Hors d'une aloière l'a traite.
Que elle à sa çainture avoit.
{Le châtelain de Coucy, v. 1027.)
{Ibidem, p. aS; fascicule i»'.)
(3) Année i557. — Pour la façon d'avoir monté ung fer d'escarcelle faict à la damasquine, pour servira M. d. S. (le roi). Fourny de doubleure et soye et l'avoir toute bordée et garnye de passement, bottons et cordons, garnye de houppe et crespine, le tout d'or superfin et de soye noire : 63 s. {Cpte rojr. de Julien de Boudcville, fol. 36 et 61.)
{Gloss. Arch,, de Victor Gav, 5* fascicule, p. ôSg.)
A PROPOS DES SACOCHES iSy
Mais il est temps, cette énumération faite, de ramener le lecteur aux simple et pauvres sacoches dans lesquelles furent apportées, en notre Forez, les précieuses reliques des saints Rambert et Domitien.
Elles étaient vraisemblablement d'une étoffe grossière, cellelà même dont se servaient les pauvres gens, à cette époque reculée (i). Or, en voici la double raison : d'abord, le pieux serviteur de saint Rambert, chargé du soin de transporter les reliques du bienheureux martyr, qu'il fût d'ailleurs religieux ou qu'il fût laïque, n'avait probablement pas à sa disposition les ressources nécessaires pour faire confectionner de riches bourses, à l'instar de celles dont nous venons de donner la description.
Et, ensuite, il ne voulut se procurer aucune sacoche de prix, de peur d'éveiller l'attention, d'exciter la curiosité et de ceux qui auraient confectionné le précieux objet et de ceux qui, dans le long voyage qu'il allait entreprendre, pourraient l'interroger sur la nature de son riche fardeau.
Vêtu de la modeste livrée des pauvres, dépourvu même de l'humble bourdon de pèlerin qui aurait pu entraver sa marche hâtive, il s'en va tout simplement, sur les grands chemins, chargé de la vulgaire besace d'un homme que la foule regarde passer avec indifférence, parce qu'il est précisément l'homme « à la besace ».
Mais l'humble messager de saint Rambert, qui était venu des bords de l'Albarine au manoir d'Yzeron dans le plus strict incognito, devait bientôt ouvrir publiquement la marche triomphale des pèlerins faisant cortège aux saintes
(i) Streinula, c» c'est le mot employé dan» le texte de la légende de la Translation des reliques. Il se traduit, dans le Ùietionnaite latin-français de Quichbeat. par bagage, bardes... Or, tout le monde sait que le root hardes éveille l'Idée d'étoffe grossière et de peu de valeur. Donc, nous avons raison d'affirmer que les divers lots de reliques de saint Rambert étaient renfermés dans quelque grossière étoffe, comme la toile.
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reliques, de cette demeure seigneuriale à Téglise de Saint- André-les-Olmes.
Les sacoches, de tissu grossier, dans lesquelles avaient été pieusement renfermés les sacrés ossements du martyr Rambert et du confesseur Domitien, allaient bientôt disparaître pour faire place à un écrin plus riche et plus digne des perles précieuses, apportées du pays de Bugey.
En effet, la tradition locale, toujours fidèlement gardée dans les familles rambertoises, nous apprend, dans son langage naïf et pittoresque, que les reliques arrivèrent sur les rives de la Loire dans une « robe » de soie et d'or. Et elle ajoute que cette châsse improvisée, choisie dans les armoires du comte Guillaume, après avoir servi de pieux suaire aux insignes restes de nos saints, fut, plus tard, transformée en la fameuse chasuble que possède encore le trésor de notre Eglise.
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