‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 44 sur 119 · C. — Ciboire informe de colombe. coBiciyi · texte numérisé non relu

C. — Ciboire informe de colombe. coBiciyi

D. — Perroquet. Tir* d'un* ornementation a

E. — ColofHlie tuiharisliqut, conservée a S>

F. — Figure d'aigle du suaire de Saial~Uei

G. H. — le Lion et le Faucon, Fraotnenli

Ui- iiicle).

atifs de la chasuble de Salai-Rtmbcn

d*ua assemblage de caractères, dont le symbolisme religieux se révèle et se traduit en invocations^ en devises ou en sentences.

C'est ainsi que le faucon si apprécié des Orientaux, pour la chasse, a été trouvé en figure calligraphique composée avec les lettres arabes, formant le texte de l'invocation musulmane : — « Bism, illah el-rahman el*rahim »• — Au nom de Dieu clément et miséricordieux (i).

« Les Arabes, pour justifier leur dévotion à cette formule, « rapportent que lorsqu'elle descendit pour la première fois ff du ciel, toute la nature fut attentive, que les anges rebelles « quittèrent le ciel, et que l'Eternel jura dans sa toute- « puissance que, quiconque répéterait ces paroles serait « heureux en cette vie et en l'autre... (2) »

Le lion apparaît aussi, d'après une légende arabe, comme étant l'image du Kalife Ali-Açad-Allah (Lion de Dieu), le gendre présumé et le quatrième successeur de Mahomet, que ses anciens coreligionnaires croyaient avoir été destiné, par Dieu, pour prêcher l'islamisme.

Mais il y a mieux encore, et c'est sur la riche bande qui orne notre chasuble qu'il faut, au milieu d'entrelacs aussi élégants que variés, chercher le sens énigmatique caché dans la suite des caractères arabes qu'elle renferme. Ces caractères qu'on peut voir au n"" i de la Fig. 32 avaient, jusqu'à ce jour, échappé à l'examen de la plupart de ceux qui ont eu la bonne fortune de voir de près notre remarquable chasuble, et n'en ont fait qu'une étude sommaire (3). Mais nous qui avons ce précieux objet à notre disposition, nous en avons

(i) Voir It F16. 33, n*' 3 et 4. Si lei Arabes représentent les criât ares animées sous forme de signes ou d'inscriptions, c'est pour se conformer aux lois du Coran.

(2) Extrait d'un article du Magasin pittoresque.

(3) Le Congrès Archéologique de France reconnaissait, en i885| des caractères d'apparence arabe, sur notre cl)asuble*

La bindc longiludinBU dcl'i

- iDKriplioa inbe.

Touloqu: teïti parfaite. D'à prit

un titsu du m* siècle, diDs le tréior de Saint-SernÏD, ï traduclion : ELBARAKA-T-EL-K AMILA - Bénédiction >[ CxvuoiiT iAUcidaire •TArcMalogii. pageSes).

Ali. nommé AÇAI)-ALT,AH, ou Lion de Dieu, composée ■ Intoque Ali, objei des plus grandes merreillit; tu le les malheurs. Oui, tous les maui cl loules les peinnacroni la prophéiic, à MOHAMMED ! ainsi que par ta puitsante , 3. 4, extraits da Magasin Pillores^ue, 1847, page 157.)

étudié, scrupuleusement pendant de longues heures, et les fils de soie et d'or qui en composent le tissu, et l'ordonnance du décor, et le détail de l'ornementation, et le sens des énigmes que cache la disposition de son admirable dessin. C'est pourquoi, nous nous faisons un devoir de les signaler aux savants orientalistes, tout en leur laissant le soin d'en faire l'intéressante traduction (Voir aux piècesjustificativesn® ibbis).

Nous le répétons, la bande médiate qui divise en deux parties égales, du haut en bas, et sur les deux faces antérieure et postérieure, la chasuble de Saint-Rambert, montre deux inscriptions ; or ces inscriptions, par une singulière combinaison familière aux artistes arabes, ne sont, selon toute probabilité, autre chose que des sentences ou invocations religieuses, à Tinstar de celle dont nous donnons le dessin, au w® 2 de la figure 32. Ces inscriptions se reproduisent tour à tour, par inversion et régulièrement en face, au regard de chaque compartiment sur les deux côtés de la largeur, et dans toute la longueur de la bande. La forme spéciale des caractères disposés, séparément, dans chacun des compartiments formés par les entrelacs est à remarquer, surtout si l'on se rappelle l'habitude des Arabes de modifier quelquefois leur alphabet, de façon à le rendre mystérieux, et à voiler ainsi le sens de leur écriture.

D'ailleurs, nous terons observer que nous sommes apparemment en présence d'une inscription sarrasine, dont les caractères et le sens se rapportent, peut-être, à un idiome oublié aujourd'hui.

En effet, il paraît évident qu'il faut rapporter aux Sarrasins la fabrication de la précieuse étoffe de la chasuble de Saint-Rambert (i). Son tissu, son décor, rappellent abso-

(i) Les collections du musée de Clany, toujours intéressantes à consulter, renferment de remarquables spécimens de tissus fabriqués par les Sarrasins. Nous pensons intéresser le lecteur en lui citant, d'après le catalogue, quelques exemples curieux :

« Tissa de soie à deux taccs, exécuté soit en Sicile, soit en Kspagne. par la main des

lument Tart mauresque que les Arabes immortalisèrent, après la conquête d'Espagne, dans ces admirables mosquées qui font, aujourd'hui encore, l'objet de notre étonnement. C'est à la suite de leur invasion dans le reste de l'Europe, vers le vil" siècle, que les Sarrasins paraissent avoir abandonné l'industrie textile, que la Sicile propagea à son tour jusqu'au XIII* siècle.

La réputation des riches tissUs fabriqués autrefois à Palerme, nous rappelle encore aujourd'hui toutes les merveilles de cette industrie célèbre, où l'art arabe s'épanouit dans toute sa traditionnelle splendeur, art merveilleux que l'Italie avec ses beaux draps de Lucques, et Venise avec ses draps d'or, égalèrent peut-être, mais ne surpassèrent jamais.

LA c PÉNULE » ANTIQUE DES LAÏQUES

SERVIT DE MOoàLE AIT XI* SIECLE POUR CONFECTIONNER LA CHASUBLE ACTUELLE DITE « DE SAINT-RAMBERT B

La a pénule » dans sa forme première était celle d'un manteau entièrement fermé et allongé, devant et derrière, par une légère pointe, avons-nous dit au paragraphe III de ce

Sarrasins. Ouvrage du xiii* siècle formant un damier dont les cases sont décorées d'animaux chimériques et d'ornements divers. »

■ Tissu de lin, brodé en soies de couleurs, provenant de l'abbaye de Saint-Martin-du- Canigou, et reproduisant des caractères arabes. •

« Tissu de soie, d'origine orientale orné de lettres, d'entrelacs et d'ornements

courants à double face. »

« Tissu de soie d'origine sarrasine, fabriqué en Sicile et probablement à Palerme, au xiit* siècle, et décoré de médaillons et de perroquets en couleurs. »

m Tissu de soie, industrie sarrasine des fabriques de Sicile à la fin du xiii* siècle. La bordure la plus large présente des chiens et des cygnes, comme motif principal d'ornementation. »

c Tissu de soie couvert d'arabesques et d'animaux avec bordure ornée de

médaillons et d'inscriptions dans le caractère arabe. Ouvrage de l'industrie sarrasine du XIII* au XIV* siècle. •

« Tissu de soie d'origine sarrasine, fabriqué à Palerme au xvn siècle ; figures de femmes relevées d'or, lions et palmiers. «

LA CHASUBLE DE SAINT-RAMBERT 2o3

chapitre. Elle ne comportait qu'une ouverture supérieure suffisamment grande pour laisser passer la tête. Tertullien (i) attribue aux Lacédémoniens l'origine de ce vêtement, dont l'emploi était spécialement réservé contre les rigueurs de l'hiver.

Les Gaulois connaissaient la « pénule » ; ils en modifièrent un peu la forme et l'appelèrent d'un autre nom (2). Les Romains en l'adoptant sous les noms de « penula » ou « penola », lui conservèrent sa forme première.

Saint Pierre et saint Paul étaient ordinairement vêtus de la « pénule », dans leurs nombreux voyages. Faite avec une laine grossière, elle était quelquefois en cuir « scortea » (3).

Ce ne fut que sous le règne de Dioclétien qu'elle se répandit dans toutes les hautes classes de la société, et devint un vêtement de distinction (4). Ce vêtement, très en faveur dans la société civile de Rome, fut cependant accepté par les clercs ecclésiastiques et devint bientôt, ainsi que nous allons le voir, le principe fondamental de la première chasuble.

La pénule antique des laïques, mise au service des clercs,

(I) Apolog. VI.

(3) Ils faisaient ainsi, pour la plupart des vêtements de ce genre, à leur usage.

(3) Ce qui la rendait très lourde, et en fit défendre l'usage aux femmes, par Sévère Alexandre. (Lampride.)

(4) Décorée avec beaucoup de magnificence, ses proportions devinrent plus amples, ce qui la fit appeler « planète » parce que, descendant jusqu'aux pieds, elle enveloppait complètement celui qui s'en revêtait. C'est dans cette disposition nouvelle que les sénateurs l'acceptèrent, de préférence à la toge. Exemple que les autres Romains «'empressèrent bientôt de suivre, en l'ornant de riches broderies. Par une loi de Gratien, Valentinien et Théodose (383), son usage fut reconnu aux chefs militaires. « Mais en même temps» cette loi « dispose qu'à celles des sénateurs seront cousues des bandes de pourpre. Il paraît que, pour < plus grande commodité, on y pratiqua, à une certaine époque* deux ouvertures latérales « pour passer les bras. » (Abbé Maaticny. Dict. des Antiq. chrét., p. 537.) Ce détail a été observé sur deux statues antiques du Capitole et de la villa Borghèse.

a toujours été regardée comme l'origine de la chasuble

primitive (i).

La chasuble primitive, en effet, d'après tous les liturgistes qui se sont occupés des vêtements sacerdotaux, était fermée de toutes parts, ne comportait, à l'instar de la pénule, qu'une ouverture dans sa partie supérieure, assez grande pour que la tête du prêtre y pût passer facilement, et retombait jusqu'à terre tout autour de lui.

La forme toute spéciale de la chasuble primitive (Fm. 33), de ne comporter qu'une ouverture et d'envelopper le prêtre, la fit appeler « casula », parce que, suivant l'opinion de saint Isidore de Séville, elle était l'image d'une petite maison dans laquelle était enfermé le prêtre qui la revêtait (a).

SAINT LÉcGR On t'appela aussi « planète », parce

'^ h ''^"''°*î • - que ses bords flottaient librement autour du prêtre {3).

La chasuble remonte à une très haute antiquité, et avec plusieurs graves

c Hoh«mbourg.

le saint Ugtr.

PP. Ben«diclins

lé : De sacris ordin, iublcs. Il qu'elle* ne " mage», el enire

s. T>cil(

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