I. pluie
ur. (BouÉ.
eioqueniiic penui» mas, quiDUt aasincii ei veiuu inciusi cum ludicibus fabu Notice SUT une chasuble, 1S44, p. 5.) (il Casula quasi minor caaa, eo quod lotuni hominem légal. {Uv. des Origines, XIX,
13) P XIX, chap.XXlV.)
B dicta quod
r. Saiat Isidore, Lly. des Origine
LA CHASUBLE DE SAINT-RAMBERT 2o5
écrivains (i), nous ne craignons pas d'avancer que ce vêtement est apostolique, et que les apôtres, par respect pour l'auguste sacrifice eucharistique, à l'exemple des prêtres juifs, se servirent de vêtements particuliers et consacrés spécialement à l'usage de la célébration des saints mystères (2).
Nous savons que saint Jean, saint Jacques le Mineur et saint Marc, afin d'inspirer aux chrétiens plus de respect pour le grand sacrifice de la nouvelle loi, portaient sur le front une lame d'or, qu'ils avaient empruntée aux grands -prêtres juifs. Mais alors, on peut croire que, pour le même motif, les apôtres adoptèrent des vêtements sacrés. Aussi bien, les auteurs par nous cités, pensent-ils que la chasuble primitive n'est autre que la pénule laissée par l'apôtre saint Paul à Troade chez Carpus, et qu'il écrivait à son cher disciple Timothée de lui apporter avec quelques livres (3). C'e^ l'opinion de Ferrari (4). Du reste, il semble tout naturel que les successeurs des apôtres, par respect pour l'Apôtre des nations, aient voulu adopter sa pénule comme modèle de celles dont ils se servaient pour l'oblation du sacrifice. Le savant Buonarrotus s'exprime ainsi à propos de fragments de verre représentant les saints apôtres Pierre et Paul et saint Laurent vêtus de chasubles : « Les planètes ecclésiastiques ont tiré leur origine des pénules romaines (5). »
(i) Barooios, Anno Chriiti, 58, ham. 67. — Ferrariat. De re vesriarift, lib. I, cap. IL — Rabanus Maanis. De Institatione cler, lib. I,cap. H. — Bona, Rerum liturg.Aib.l, cap. XXIV, t. a. p. 935.
(a) La liturgie de saint Jean Chrysostôme prescrit les prières que doit réciter le prêtre qui revêt les « habits sacerdotaux >». Saint Jérdme assure que l'Eglise a des Têtenieau spéciauk pour les cérémonies religieuses : Religio divina atterum habitum habet in ministerio altenim in nafi vitftque communi. Sur Ezéchiel, 44*
(3) Deuxième épit. à Timothée, chap. III. v. i3.
(4) Sed postquam non una penulse imago in manu s venit, mntare opinionem cogimiir, ▼estemque sacrificantium penulam fuisse fatemur.
(5) Planetas ecclcsiasticas, scu casolas originem habuisse ab his nobitibus penulis. (BoMA, inf., t. a, p. a37«)
Nous n'avons pas des représentations de chasuble des II* et m* siècles. Au iv' siècle, on la voit dessinée dans les mosaïques de Sainl-Jean-de-Latran. Ces mosaïques, relevées parCiampinus dans ses n Edifices sacrés bâtis par Constantin », nous montrent, dans la scène du sacre de l'empereur
chrétien, un évêque cou - , vert d'un vê-
tement qui l'enveloppe tout entier, et dont il relève l'extrémitéinférieure, pour pouvoir porter une croix qu'il tient élevée. Ce vêtement ne peut
"■ être que iapé-
^ ""■ ^* g nule romaine
ou chasuble
A — Saint Maxlmiea, «Ttqoc, rcvtni de 1i • caiula ■ (cbuabli anri
prlmitiït). Sur uae moulqtie du vi- ilèclc, 1 S«int-Viui, de «""qUClUvcnDC. Dtprèi Dominiqu. P.ptly. j^y y. gj^,
•c la chasuNt primilire. Tiret -l- l, rhasu-
itaut Birbcrini. '
ble est nommée, dans les objets légués à son Eglise, par saint Perpetuus, évêque de Tours (474). Comme vêtement sacré, la chasuble reçut des embellissements spéciaux, mais ne perdit rien de son caractère dîstinctif. Elle conserva, pendant longtemps, sa vaste ampleur et devint « lalarîs » par les deux pointes qui descendaient devant et derrière, jusqu'aux pieds. Cette forme était encore celle des chasubles du vi' siècle, ainsi qu'en témoigne une célèbre
La chasuble dk saint-rambert 20^
mosaïque de saint Apollinaire, de Ravenne, publiée par Ciampinus (i).
Nous donnons la figure de saint Maximien vêtu de la chasuble primitive. Cette figure est tirée de l'une des deux précieuses mosaïques du vi* siècle de l'église Saint- Vital, de Ravenne. Cette curieuse mosaïque représente l'empereur Justinien, accompagné du saint évêque, précédés de prêtres chargés de riches présents, et suivis par un cortège de guerriers, procédant à la dédicace de cette antique basilique.
Au x' et au xi* siècle, les chasubles, sauf de très rares exceptions (2), gardaient encore leur forme primitive, et c'est sur cette forme respectable que fut coupée notre précieuse chasuble de saint Rambert, vers la fin du xi* siècle. La monographie que nous avons faite de ce remarquable vêtement sacré est une preuve irréfutable de ce que nous affirmons. Les chasubles primitives ne se retrouvent plus que dans les représentations qui en ont été faites d'après des monuments conservés. Mais il existe encore un certain nombre de chasubles célèbres autant par leur antiquité que par la richesse de leur décor, qui avec celle de Saint«Ramben sont dignes d'admiration (3).
(I) Vet. mon. Il.tab. XXIV.
(a) La chaiable du Pape Jean XII en 956, gravée par Ciampinus, est écbancrée. — De sacris œdificiis, 7* planche.
(3) Au nombre des rares spécimens qui se soient conserrés jusqu'à ce jour, on peut compter la chasuble de saint Pierre, martyr, conservée dans la basilique de Saint-Satumin à Toulouse, et dont l'étoffe se fait remarquer par son extrême simplicité. Dans la même basilique en est conservée une autre, que l'on attribue à saint Dominique, mais que les PP. Cahier et Martin, qui l'ont examinée, estiment être postérieure au xiir siècle, et dont le tissu passe, cependant, pour avoir été fabriqué en Orient.
La curieuse chasuble de Thomas Becquet (saint Thomas de Cantorbéry), conservée à Sens. Bordée sur tout son pourtour, elle présente à la partie inférieure et dans le haut de sa face principale, un assemblage symétrique de galons qu'il serait assez difficile de prendre pour une iigure du pallium. L'ouverture pour passer la tète est entourée, sur les épaules et sur la poitrine principalement, d'une riche décoration d'entrelacs, limitée par le croisement des galons précités.
Le savant Hclgaud rappelle le don iait à saint Martin de Tours par Adélaïde de Guyenne, mère du roi Robert, d'une chasuble « travaillée d'un or très pur » et dont la décoration
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La chasuble conserva son ancienne forme — qui du reste en justifiait exactement l'étymologie — jusqu'à la fin du xv* siècle, et même jusqu'au xvi© siècle. Alors, on en échancra les deux extrémités latérales, afin qu'elles laissassent passer plus facilement les bras. Peu à peu, l'échancrure, sous les bras, est devenue tellement considérable, que la chasuble en nos temps, n'est plus qu'un composé de deux pièces. Tune devant, l'autre derrière, donnant exactement la silhouette de l'instrument à cordes appelé « violoncelle » (i).
Malgré cette malheureuse transformation, où la commodité l'a emporté sur le bon goût, il existe cependant quelques beaux modèles du genre.
Au château de Carrouge (Orne), on conserve une chasuble, de forme moderne, qui passe pour être un don fait à la chapelle, par Louis XI, lors du séjour qu'il y fit en 1473.
représentait^ sur le dos, le Père éternel dans la gloire, entouré d'anges et de séraphins en adoration; et sur la poitrine, l'Agneaa de Diea, victime de notre Rédemption. La même princesse fit également à saint Denis, son protecteur, une chasuble semblable, d'un travail admirable.
Enfin, voici la très curieuse chasuble du xiii« siècle, donnée par saint Louis au bienheureux Thomas Hélie, de Biville (Manche), mort en odeur de sainteté en 1253. Le dessin de ce remarquable vêtement sacerdotal, publié par M. de Caumont, d'après M. Pabbé Boue, laisse deviner tout l'intérêt historique et archéologique qu'il présente. Dans sa forme générale c'est encore la chasuble primitive; mais avec cette curieuse particularité, que sa coupe est rectifiée sur les côtés, en s'arrondissant plus haut, pour la commodité du mouvement des bras. Ses deux pointes extrêmes sont arrondies et, détail intéressant, elles paraissent avoir été prolongées, par une addition postérieure d'une étoffe semblable, mais de couleurs plus vives. Doit-on y reconnaître l'effet d'une réparation ultérieure, ou un simple ajoutage rendu nécessaire k l'époque de sa confection, par la largeur insuffisante de l'étoffe employée ? La régularité du travail et le raccord parfait du dessin, dans cette partielà, autorisent facilement un doute.
Le tissu infiniment remarquable, est généralement composé de soie et de fils d'or, sur lequel s'étale régulièrement, dans la disposition d'un damier divisé en losanges, une variété de figures héraldiques révélant assez bien son illustre donateur. Et, bien que les conleors en soient généralement éteintes, il est facile de reconnaître sur un fond, apparemment rouge, les armes de France, figurées par la fleur de lys traditionnelle, et celles de Blanche de Castille, mère de saint Louis, par un groupe de trois tours crénelées. Ces emblèmes sont alternés par une autre ligne, où dans le champ de sinople des losanges, apparaissent le lion héraldique du royaume de Léon, uni à la Castille, par la famille de la reine Blanche, et dans un losange contigu, au champ également de sinople, l'aigle simple de sable^ aux ailes éployées, de la Maison de Maurienne, dont était issue Marguerite de Provence, femme de saint Louis. — Dict. des Aniiq. chrét., passim,
(i) En France, le diocèse de Moulins a conservé, dans ses églises, l'ancienne forme de la chasuble.
D'une rare beauté, ce vêtement sacerdotal présente un magnifique décor, fait de larges fleurons alternés avec des blasons de gueules chargés de fleurs de lys, d'argent sans nombre, surun fond de soie verte.
Sur les deux faces de celte merveilleuse chasuble, une large bande de soie rouge avec fleurs de lys d'argent, vient encore en forme de croix, sur la partie dorsale, s'enrichir d'une chaîne d'anneaux réguliers, formés avec des rubans bleus et violets, portant cette devise : Dieu et mon droit.
C'est la devise ordinaire des armes royales d'Angleterre. Il y a plus : ce riche décor montre entre chacun des anneaux deux couronnes, l'une royale, l'autre épïscopale, séparées par une lettre initiale gothique , du plus bel effet. Enfin, dans chacun
D'Bprti an niiniiïcrit des Céleiiins ^^S aUUeaUX et en fort fclief,
rayonne un soleil d'or et d'argent alterné, comme pour rehausser la splendeur de l'rtuvre entière (i).
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LES
CHASSES ET RELIQ^UAIRES
DE
L'ÉGLISE SAINT-RAMBERT-EN-FOREZ