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LES DEUX CHASSES MODERNES DE SAINT-RAMBERT

Nous donnons, au lecteur, le dessin des deux châsses modernes de saint Rambert, et nous accompagnons la reproduction de cet admirable travail, dû à la plume de notre ami et collaborateur, M. Henri Marthoud, de la monographie de ces deux précieux objets.

Châsse de iSoi. — Cette châsse, en bois doré, sculpté dans le goût des œuvres de la fin du xviii* siècle, est un travail très remarquable, par la perfection avec laquelle il a été exécuté. (Fig. 39.)

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Une inscription écrite à la main et à l'encre noire, sur une des parois rouges de l'intérieur de cette châsse, nous apprend qu' « elle a esté faitte par les soins de Jean Faure, de Bou^ chorié^ de Gaspar Besson, de Pierre Giraud cadet marguillé en 1801 (i) )).

Les principales dimensions de cette châsse intéressante sont à la base, toute saillie comprise, o"*,57 cent, de longueur, o",28 cent, de largeur. Sa hauteur est de o"*,3o cent, sans les panaches, hauts seulement de o",o6 cent.

Sa forme, qui est plutôt celle d'un coffre, rappelle cependant assez vaguement, par ses pilastres cannelés et leurs chapiteaux ioniques, Timage d'un temple. Cette châsse supporte un couvercle à quatre pans égaux deux à deux, et inclinés de telle sorte que leurs bords viennent tomber, en retrait^ sur la ligne supérieure du rectangle, qu'ils laissent saillir de o'°,02 cent. Aux angles supérieurs du couvercle, quatre panaches en bois doré relèvent la silhouette de l'œuvre.

Les deux grands côtés de cette châsse permettent de voir les reliques, à travers deux glaces, à droite et à gauche desquelles sont deux panneaux rectangulaires chargés d'ornements. Les deux panneaux de face montrent un rameau de vigne, mariant ses feuilles et ses fruits avec une tige d'épis.

Les deux autres portent des motifs variés. L'un est fait d'une panoplie d'armes antiques croisant leur tranchant avec un carquois garni de flèches, sous la protection d'un bouclier. L'autre est composé d'une panoplie faite d'un faisceau de licteur et dune épée, ombragés sous les plis d'un drapeau.

Chacun desdits panneaux est percé d'une lunule de o"',o3 cent, de diamètre. C'est à travers le verre convexe de

(i) Nous avons conservé, à cette inscription, son style et son orthographe. — Bouchorié, Brochoriéf est le nom d'un quartier de la ville de Saint-Rambert-sur-Loiref où se trouvait, jadis, la vieille boucherie communale.

cette lunule que les pèlerins pouvaient, autrefois, vénérer les restes bénis de saint Rambert, en les baisant.

Les côtés latéraux de cette châsse montrent, en basrelief (FiG. 40] : l'un, saint Rambert triomphant de la tyrannie, à cheval, coiffé du casque guerrier, vêtu de la tunique des Francs, et tenant de la main droite trois épis allégoriques; l'autre porte le même saint revêtu de

SAINT KAMBERT BH BXIL SAINT RAMBERT, UARTVR

Sculptures des cAlés lilirtui de la Chlssc de iHoi.

la bure monastique, assis devant une croix, à l'ombre d'un chêne, et occupé à méditer dans un livre de prières, aux lieux où Ebroin l'avait envoyé en exil, et où il le fit martyriser.

Cette châsse, d'une valeur artistique réelle, est soigneusement conservée dans le trésor de notre église, depuis le jour où M. le chanoine et archiprêtre Subtil, notre digne prédécesseur, ta remplaça par celle qui renferme

aujourd'hui les reliques vénérées de nos saints Rambert et Domitien (i).

Châsse de 1872. — C'est en 1872, à la suite des réparations importantes exécutées à l'intérieur de notre église (2) que les ossements de nos chers saints furent transférés, de la vieille châsse de 1 801, dans une nouvelle châsse, plus belle sans doute, mais tout à fait moderne (Fig. 41).

Cette châsse, dont le poids énorme est à remarquer, mesure o°,6o cent. 1/2 de longueur, entre les deux angles des pilastres, et o",28 cent. 1/2 de largeur, o",32 cent. 1/2 de hauteur, corniche comprise, et o",46 cent., au-dessous de Tantéfixe.

Elle est faite en cuivre massif, ciselé, émaillé et doré. Le travail donne l'idée d'un temple byzantin recouvert d'une toiture à deux égouts. Sur le plan de chacun de ces égouts on voit trois croix en relief, gravées, encadrées d'entrelacs, de volutes et de fleurons dorés et émaillés, vert et rouge, sur un fond d'émail, bleu pâle. L'œuvre se termine, au faîtage, par un chapelet de perles, régulier et peu saillant.

Le corps principal de cette châsse comprend, sur ses grandes faces, trois arcades à plein cintre avec denticules, au travers desquelles et abritées sous verre, apparaissent complètement les reliques. Des colonnes courtes, entièrement détachées, aux fûts torses, losanges et émaillés, avec chapiteaux variés, de bon style, en soutiennent les arceaux. L'extrados est orné d'un bouquet de feuillage enroulé avec un fleuron central, émaillé blanc sur fond de pourpre. Sur les petits côtés, une arcade embrasse toute la

(i) Voir U figure 39.

(3) Par M. Bressoo, architecte lyonnais, d'un mérite incontestable.

largeur, de même style, quoique plus élevée. Elle est décorée, dans l'extrados à fond de pourpre, par une suite de rinceaux

DÉTAILS DK l'ornementation DC LA CHASSE E

RéduclioD ta 1/4 de l'originil. — ColoDiiellei, :

dorés à fleurons émaillés, d'azur pâle, que recouvre, au sommet, une élégante croix dorée et émaillée de rouge.

Les chasses et RELIQUAlkES i4i

Aux quatre angles, sur des pilastres à chapiteaux romans, finement exécutés et dont le corps forme un panneau à fond de pourpre, se développe un enroulement de rinceaux dorés. La composition de ces rinceaux est d'un fini irréprochable. Ils sont couronnés par une gracieuse corniche à modillons, chapelet de perles et palmettes gravées et dorées.

Pour terminer ce couronnement, des acrotères aux angles et un antéfixe, en haut relief doré, complètent cet ensemble tout à fait admirable qui résume, selon la pensée d'un auteur : « l'art gréco-romain qui admettait comme prince cipe la reproduction d'un type ornemental qui reparaît (€ identique à lui-même, tout le long d'une surface ou d'un cf édifice, comme les palmettes, les oves, les méandres, les « entrelacs, les chapelets de perles, etc. »

Cette châsse que l'on peut, sans conteste, considérer comme un chef-d'œuvre, est due au talent d'un artiste de l'ancienne maison Tissot, de Lyon. D'une parfaite exécution, elle sera toujours digne de la piété des fidèles, comme aussi, elle fera toujours l'admiration des amateurs de l'art chrétien.

Fasse Dieu que la présence, parmi nous, de cet écrin sacré de nos chères reliques soit, pour le présent et pour l'avenir, comme un préservatif salutaire contre les fléaux de la nature, le malheur des temps troublés, et les ravages de l'impiété !

qui prolège la châtie où xiDt rcDrcrmies les rdiqu» de sainl Ramben, martyr.

SLCTION DEUXIEME : LES RELIQUAIRHS

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