‹ Histoire religieuse et civile de Saint-Rambert en ForezChapitre 54 sur 119 · AU LUMINAIRE DR SAINT RAMBERT · texte numérisé non relu

AU LUMINAIRE DR SAINT RAMBERT

i3ii. — En juillet de cette année, dame Flore, fille de

Guillaume de Chambles, fait un legs de 2 sols viennois à la chandelle (luminaire) de saint Rambert.

1329. — Le 2 février, legs de Pierre de Veauche, fils de feu

Pierre Roer, au luminaire de saint Rambert.

1341. — Le 21 avril, legs de Benoîte Boniolha,d'Andreyzieu,

paroisse Saint-Cyprien, au luminaire de saint Rambert.

1348. — Le 7 septembre, legs de Jean Colombet, d*Anères,

paroisse Saint-Just-sur-Loire, au luminaire de saint Rambert.

i356. — Le 10 octobre, legs de messire Hugue d'Urgel,

chevalier, fils de feu messire Humbert d'Urgel, aussi chevalier, au luminaire de saint Rambert.

1 36i . — Le 20 août, legs de Jean de Bonson, juré de la cour

de Forez et noble Sicarde, dite Liatarde, femme de Falconnet de Chambles, damoiseau, au luminaire de saint Rambert.

1370. — Le i5 septembre, legs d'André Chalandon, dit

Malbuyas, du Lac, paroisse Saint-Cyprien, au luminaire de saint Rambert.

i382. — Le 20 janvier, legs de Jacquemet Vîcaret, de

Grantgent, paroisse Saint-Just-sur-Loîre, au luminaire de saint Rambert.

1391. — Le mercredi après Noël, legs de Barthélemi Roland,

d 'Andreyzieu , paroisse Saint - Cyprien , et d'Antoine Milon, de Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert,

1400. — Vers le 25 septembre, legs de Jean de Mont Jaunier,

de la paroisse Saint- Ram bert, au luminaire de saint Rambert.

1403. — Le 21 février, Messire Jean Poncet, prêtre curé de

Saint-Rambert, lègue, pour une fois, trois francs en orpour l'entretien du luminaire de saint Rambert.

1403. — Le 17 septembre, legs de Jeanne de Malhargues,

femme de Jean de Bosco (Du Boys), notaire juré de la Cour de Forez, au luminaire de saint Rambert.

1408. — Le 6 septembre, legs de Catherine Rochaing, veuve

d'Antoine Milon, de Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

141 5. — Le 26 février, legs de Messire André Granet, prêtre

habitant Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

1424. — Le 1 1 mai, honnête homme Jean Bicieu, clerc de

Saint-Rambert, donne et lègue une fois pour toutes, à l'église Saint-Rambert a une asnée » d'huile pour être répartie « dans les lampes » de saint Rambert, de la bienheureuse Vierge Marie et de tous les saints et saintes de Dieu, et les y tenir allumées.

1427. — Le 29 avril, legs de honnête homme Messire Déodat

Sarrazin, prêtre curé de Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

1428. — Le 5 septembre, legs de Jean Michel, de Saint-

Rambert, notaire public, au luminaire de saint Rambert.

1432. — Le 5 janvier, legs de Messire Jean Girin, prêtre de

Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

1439. — Le i3 août, legs de Pierre Ponchon, forgeron, de

Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

1444. — Le 21 novembre, autre legs de Messire Jean Poncet,

prêtre de Saint*Rambert, au luminaire de saint Ramben.

1447. — Le 29 avril, legs de Pierre Reynod de Mont-Jaunier,

paroisse Saint-Rambert, au luminaire de saint Rambert.

16 14. — A ceue date, et le mercredi 9 juillet. Monseigneur de

Marquemont faisant sa visite pastorale à Saint- Rambert-en-Forez, constatait la présence d'un autel sous le vocable de saint Rambert^ édifié derrière le grand autel, ce pour y dire Messes pour les malades j>. C'est une preuve évidente que le culte de saint Rambert était bien vivant, à cette époque, dans les familles chrétiennes qui lui demandaient la santé de leurs malades. (Archives de la Paroisse.)

N'est-il pas évident que tous ces legs pieux, faits au profit du luminaire de la chapelle ou de la châsse de saint Rambert, n'ont été que l'expression de la reconnaissance des testateurs envers le Saint, dont ils avaient reçu des faveurs signalées?

Assurément, si la dévotion à saint Rambert n'avait pas tenu la place d'honneur dans les familles chrétiennes de la ville de Saint- Rambert, et dans le voisinage; si les membres de ces familles n'avaient jamais été l'objet de quelques grâces particulières, assurément, ils n'eussent jamais eu Tidée de faire des aumônes pour l'entretien des Reliques du grand Martyr.

Remarquons, ici, que certains legs, celui par exemple de Jean Bicieu, est fait en faveur « des lampes de saint Rambert^ pour les y tenir allumées ï>.

Donc, la châsse qui contenait les précieuses reliques de notre illustre Patron était, au moyen âge, un objet de grande vénération. Loin d'être reléguée dans un lieu obscur, enve-

266 CHAPITRE XHI

loppée d'indifférence et d'oubli, elle occupait, sous les voûtes saintes de TEglise priorale, une place d'honneur (i). On la voyait, sans nul doute, au-dessus du grand autel, toute resplendissante des lumières et des lampes merveilleuses que la piété des fidèles y entretenait nuit et jour, et qui, en lui faisant comme un brillant diadème, la signalaient tout spécialement à la piété des pèlerins.

Le seul fait de lampes brûlant nombreuses devant la châsse de saint Rambert ne suffirait-il pas pour prouver qu'au moyen âge, et encore longtemps après, le culte de notre illustre Patron était cher à nos populations foncièrement chrétiennes, et que des miracles s'opéraient auprès des insignes Reliques que nous possédons (2) ?

Il est fort regrettable que, dans le nombre incalculable de documents que nous avons fouillés (3), nous n'en ayons trouvé aucun nous donnant, non point le récit détaillé des grandes fêtes annuelles de notre illustre Patron, aux siècles passés, mais y faisant seulement quelque lointaine allusion.

Nous espérons cependant, en poursuivant nos recherches, être plus heureux dans la suite.

Avant de clore ce chapitre sur le culte de saint Rambert dans le Forez, et à travers les âges, nous voulons, inspiré par

(1) Dans le procès-verbal de Mgr Camille de Neuville, lors de sa visite en 1663, nous avons vu que ce prélat vénéra la chflsse de nos reliques, placée sur le grand autel. {Archives de la Paroisse.)

(2) Messire Jean-Marie de la Mure, dans son Histoire ecclésiastique du diocèse de Lyon, page 270, Livre du Recueil des noms des saints plus singuliers, etc., s'exprime ainsi à l'article Saint-Rambert : « Et c'est de ce lieu (de Saint-Rambert-^eJoux en Bugey) « où se fit la déposition du corps de saint Rambert, environ Tan 680, que ses reliques « principales furent depuis, par succession de temps, miraculeusement transportées au « pays de Fores, en ce même diocèse du temps de Gillinus, comte dudit pays, qui vivait en « l'année 1078. et qu'elles y donnèrent le nom à un magnifique Prieuré de l'archiprètré « de Montbrison, qui auparavant y portait celui de Saint-André, où elles sont à présent « révérées, et où Dieu, en leur faveur, opère de grands et fréquents miracles. > (Texte authentique.)

(3) Grflce à Tamabilité et à l'obligeance inaltérable et de M. Joseph de Fréminville, archiviste du département de la Loire, et de M. Th. Rochigneux, bibliothécaire de la pjan^, à Mçntbrison.

LE CULTE DE SAINT RAMBERT DANS LE FOREZ 2b'J

la tradition locale, et appuyé sur les titres que nous avons cités, répéter encore une fois avec l'auteur érudit des « Excursions foré^iennes » (i) : « Avant lygS, un grand a concours de peuple avait lieu le jour de la fête de saint « Rambert, en cette ville, pour vénérer les Reliques du a Saint, et ce qu'on appelait alors « la Robe de la Vierge » « ou Chasuble de saint Rambert » (2).

(i) M. le docteur A. Rimauo, BKCursionsforéxiemmeStp. 37.

(2) Robe de la Vierge. C'est, nous l'avons dit ailleurs, le nom que le peuple de la région donne à la fameuse chasuble dont nous avons fait la description au chapitre XI«.

Page 1