‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, composée sur les documents inédits et authentiques (volume 2)Chapitre 13 sur 34 · ciiAP. VII. — • insTomt · texte numérisé non relu

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tent en France depuis plus de trente années, et aucun d'eux n*a été cité devant les tribunaux comme coupable d*un délit Aujourd'hui même on ne formule contre les Pères aucune accusation prédise, et qui, de près ou de loin, serait justiciable de la loi. Comment donc le Saint-Siège pourrait-il les priver par une sen* tenee du saint état qu^ils embrassèrent avec Tapprobation de TEglise catholique?

3® Les vingt-cinq Evèques de France qui possèdent des Je* suites dans leurs diocèses leur rendent tous le témoignage le plus honorable. Ils se félicitent des fruits de salut que font germer ces ouvriers évangéliques. Un grand no|nbre d'autres Prélats ont écrit au Saint-Siège pour solliciter la conservation de ces auxiliaires -indispensables. Le Saint-Si^e repoussera-t-il une demande si juste et si bien motivée?

A Funanimité, la Congrégation extraordinaire décida que le Souverain-Pontife ne pouvait et ne devait rien accorder. Grégoire XVI approuva.

C'était une grande démonstration ; elle ne coûta aucun sacrifice au Pape, car la justice de l'Eglise l'exigeait. Cet acte raviva toutes les colères ; et, dans le premier étonnement de leur déception, les héritiers du vieux Libéralisme oublièrent ces paroles toujours vraies que M. Guizot leur adressait en 1821 avec airtant de justesse que de prévoyance gouvernementale : « Partout oA la liberté de conscience prévaut, disait l'écrivaiii protestant', tout culte, toute croyance religieuse réclame, à juste titre, le respect non-seulement du pouvoir, mais du public. Leur droit contre Tonnage dérive du même principe que leur droit à la liberté. Pour se pénétrer de cette doctrine, la France a besoin, j'en conviens, de la voir hautement professée et pratiquée par le pouvoir. Non-seulement l'irréligion a eu parmi nous la force, mais elle s'est crue la vérité. Elle a persécuté, et parce qu'on résistait à ses décrets et parce qu'on se refusait à ses arguments,' le -principe de l'intolérance n'a été autre au dix-huitième siècle qu'au seizième. Quand ils sont convaincus et maîtres, les incrédules, comme les fanatiques , veulent qu'on croie en eux et comme eux.

• De$ moyem cf« gewfcmetnetU et éteppotUUm , par F. Guizot , p. 193 «t «S8

( Paris, I82i;.

» Ils ne sont pas tous guéris de celte coupable prétention ; et, bien qu*il reste aujourd'hui peu d^hommes qui voulussent employer directement contre la Religion les armes du pouvoir, il en est encore un assez grand nombre qui, à chaque occasion où la Religion se déploie avec quelque hardiesse, s'en éton-nent et s en irritent comme d un attentat à la liberté. Celleci a pour eux quelque chose de nouveau et d'imprévu qui les ofiense. »

Le cabinet des Tuileries et son envoyé à Rome se trouvaient dans ce cas; ils ne surent pas profiter de la leçon ique M. Guizot leur avait donnée vingt-quatre ans auparavant. Il ne restait plus à M. Rossi qu'à s^épargner Thumiliation d'un refus ; c'est ce qu'il fit. Sa négociation finissait avec la cour de Rome ; le Pape et les cardinaux n'avaient plus rien à voir dans cette affaire. Le ministre de France espéra être plus heureux en demandant que les Jésuites se prêtassent volontairement à quelques concessions. C'était présenter la chose sous un point de vue tout différent, et, pour transmettre son vœu, M. Rossi s'adressa au cardinal Lambruschini. Lambruschini n'agissait plus au nom du Pape ni en sa qualité de secrétaire d'Etat, mais uniquement comme média*teur officieux. M. Rossi eut avec lui quelques conversations. L'abbé d'isoard leur servit d'intermédiaire, et il n'exista jamais de rapports, même indirects, entre le Général de la Compagnie et le plénipotentiaire français. L'honneur de la Chaire apostolique était sauf; elle avait eu le courage de sa position. Le Père Roothaan fut appelé à donner au royaume très*cbrétien un gage de son amour pour la paix et à 'montrer que la Société de Jésus sait faire tous les sacrifices. ^

Grégoire XVI n'avait donné, aucun ordre, n'avait formulé aucun conseil positif; cependant la Compagnie do Jésus se vit dans la nécessité de faire quelques concessions momaitanées. Les Maisons de Paris , de Lyon, d'Avignon et plusieurs autres Maisons de probation ou d'étude, subirent des dispersions pai»sagères ou des diminutions.

Le 28 juin, le Père Rozaven, Assistant de France^ écrivait aux Supérieurs de Paris : c Je pense que si nous céàom quelopie chose, il doit être bien entendu que nous le faisons

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par nn motif de paix, et qiié nous voulons qu*il soit bien compris^ue nous faisons la réserve de nos droits , que nous voulons conserver intacts, et que noua ferons valoir toutes les fois que nous le jugerons à propos. S'il est reconnu qu'on ne peut chasser les propriétaires de leur maison, il doit Fêtre également qu*on ne peut les empêcher d'y donner domicile à qui il leur plaît. »

11 n'y avait ni incertitude ni ambiguïté à Rome. Le Saint-Siège avait refusé de se joindre à l'Université et à une fraction des assemblées législatives pour violer les droits de tous les citoyens français dans la personne des Jésuites. M. Rossi , qui le 23 juin avait sagement retiré son Mémorandum, rédigea une dépèche dans le sens des concessions indiquées ; il la communiqua au cardinal Lambruschini. On ignore si c'est à l'ambassade de Rome ou dans le cabinet du ministre que cette dépêche fut modifiée. Toujours est-il que, le 6 juillet, le Moniteur ne tint compte que des besoins parlementaires, et il annonça :

« Le gouvernement du roi a reçu des nouvelles de Rome. La négociation dont il avait chargé M. Rossi a atteint son but. La Congrégation des Jésuites cessera d'exister en France et va se disperser d'elle-même ; ses Maisons seront fermées et ses Noviciats seront dissous. »

A la nouvelle de ce succès que rien n'avait préparé, un sentiment de doute se manifesta dans toutes les classes. Cependant peu à peu on se familiarisa avec l'idée que le ministère ne pouvait pas avoir inventé une pareille dépêche, et la douleur des Catlioliques égala à peine les joies des ennemis de l'Eglise. Les journaux dévoués à la Révolution ou à l'Université proclamèrent à grands cris leur victoire, et, dans le cynisme de leurs aveux, ils ne craignirent pas d'outrager le Pontife-Suprême. Le Covr^ rier français^ du 7 juillet 1845, refléta ces moqueuses injures, que la fausseté de la note officielle devait le lendemain transformer en louanges.

f Nous avions, dit-il, fait trop d'honneur à la Cour de Rome en supposant qu'elle laisserait au gouvernement français la responsabilité d'une mesure décisive contre les Jésuites; Rome a cédé. C'est un nouveau signe de la décadence du pouvoir spirituel

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qui réside au-delà des monts. Sacrifier ses défenseurs est la marque la plus manifeste de sa faiblesse, et ce n est pas la première fois que TOrdre de Loyola éprouve Tingratitude du Saint** Siège. En prêtant les mains une fois de plus à un acte de rigueur contre ses janissaires, la Papauté continue le désarmement et accomplit son suicide depuis longtemps commencé; toute grande chose expire lentement.

» Que penser, en effet, de Ténergie et de l'habileté du chef de TEglise catholique ! Alors que les Jésuites se propagent ouvertement sur la terre de France, où ils s^étaient glissés en contrebande, et rencontrent partout Tappui déclaré des Evêques ; alors que, de chaire en chaire, de mandement en mandement, de tribune en tribune retentit le cri d'une nouvelle croisade pour la conquête des Gaules à la Foi de Clovis et de saint Louis, le Pape vient en aide au ministère embarrassé de l'exécution des lois qui prohibent la Compagnie da Jésus; il désavoue les siens et casse sa milice. A qui donne-t-il gain de cause? Â l'esprit philosophique qui a forcé le ministère à sévir.

» Ce sont les inspirations de MM. Quinet, Michelet, Cousin et Thiers qui triomphent au Vatican ; c'est du Collège de France, de rUniversité, du Luxembourg et du Palais-^Bourbon que la colombe sainte s'est abattue à l'oreille du Souverain-Pontife ; et l'habile M. Rossi complète sa naturalisation parmi nous en obtenant de Rome même, à la satisfaction de l'opinion publique, l'expulsion des héritiers de saint Ignace.

j» Soit ! que la Papauté ait peur du bruit et préfère une agonie paisible aux efforts d'une tentative désespérée, nous ne nous en étonnons pas; nous prenons acte seulement de ce nouveau trait d'impuissance du Pontificat romain en hce de l'esprit des Sociétés modernes. Et qu'on le remarque, c'est sous le ministère de M. Martin (du Nord) que ce coup a été porté! On a fourni à ce petit homme le caillou et la fronde, et on l'a poussé en avant ; il est vainqueur. Hélas ! c'est que contre l'otobre de Goliath il suffit de l'héroïsme deTom Pouce.

» Serait-ce par hasard que la Cour de Rome aurait cru servir la cause de la Religion en retirant les Jésuites de France? On lui aura représenté que la France tout entière était prête à re- VT. 2(5

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tourner à la roessp, n'étaient les Jésuites cpi'elle avait en anti^ pathie, et que la suppression de cet élément parasite ferait infailliblement refleurir parmi nous Yaugusie Religion de nos pèreê^ comme dit M. Thiers ; nul doute qu*on lui ait tenu ce langage. C'est la continuation de la plaisanterie du dix4iuitième siéde. Chaque fois que la philosophie s*est efforcée d*ametter TEglise à se mutiler, elle a toujours eu l'esprit de prétendre que c*était pour le plus grand bien des principes immortels de la Foi. Le Jésuitisme a trouvé ses maîtres, et a été vaincu par ses propres armes. » C'est avec ces doucereuses paroles que l'on obtint de la Pa*» pauté, dans le siècle dernier, le sacrifice fiimeui de la Compa-* gnie. Est-ce que Rome ne s'en douterait pas? Elle est dupe de la même comédie, ou elle feint de l'être, avesglément ou par débilité. La sûéne que la philosophie et l'Eglise jouent entre elles est absolument celle du médecin et du malade. « Que diui*tre fidtes-vous de ce bras-là? -^Comment?--* Voilà un bras que je me ferais couper tout-à-l'heure, si j'étais que de vous.

— Et pourquoi? — Ne voyez -vous pas qu'il tire à soi toute la nourriture, et qu'il empêche ce côté^à de profiter? Vous avez-là aussi un œil droit que je me ferais crever, si j'étais en votre place.

— Crever un œil? -^ Ne voye2<^vous pas qu'il incommode l'au'tre?Groyez-«moi, fiiites^vous^le crever au plus tôt, vous en verres plus clair de Tœil gauche. » Et l'Eglise suit les ordonnances de la philosophie!

i Un pouvoir est jugé quand il en est tombé là. > L'Evêque de Langres éleva la voit au milieu de tous les blasphèmes et de toutes les doléances qui aliaieùt fondre sur la Chaire de Pierre. C'était, avec le cardinal de Bonald, les arche'* vèques de Paris et de Toulouse et l'Evèque de Chartres, un des plus vigoureux athlètes de l'Eglise et de la lib^té religieuse. Le 14 juillet 1845, il s'exprima ainsi sur les Jésuites :

« Ces derniers étaient en butte aux préventions et aux menaces publiques : on invitait les Ëvêques à les sacrifier ou du moins à les désavouer ; on espérait opérer leur dissolution par le concours de l'Episcopat, et, pour y parvenir, on représentait que le Clergé tout entier avait à souffrir des haines auxqudles ils étaient en proie. Les Evêques ont répondu : f Les Jésuites, en tant que

» Religieux, soni TœuTre de TEglise; en tant que citoyens, ils » ont à la liberté de conscience des droits qui nous sont corn* » muns arec eux. Ils nous sont chers à ce douUe titre : nom; » les défendrons, nous les soutiendrons, nous souffrirons pour » eux, parce que les coups que Ion veut leur porter frapperaient » sur la Religion et sur la liberté de tous. Ainsi, nous ne les sa- » crifierons pas, nous ne les désavouerons même pas. $

» Les Jésuites, nous le savons, ont été profondément réjouis et reconnaissants de ces dispositions et de ce langage; mais on leur a fait croire au loin que cette générosité de TËpiscopat à leur égard était téméraire, qu'en acceptant Tappui des Evêques ils compromettaient certainement et gravement leurs protecteurs, et avec eux la Religion tout entière.

» On peut sans doute accuser ces représentations de mensonges, on peut plaindre les chefs de la Compagnie d*y avoir ajouté foi ; mais, dès que les Jésuites ont accepté cette conviction, peuton ne pas admirer ce qu'ils viennent de faire?

» Ce sacrifice soudain et spontané d*eux-mèmes ne révèle-t-il pas tout à la fois et la pureté de leurs intentions, et leur amour pour la paix, et l'élévation de leurs sentiments, et leur disposition constante à s'immoler instantanément pour le bien public ? Ceux qui depuis quelques années les accusent, les injurient et les menacent, pourraient-ils présenter de pareils exemples? Toutes les apologies en paroles, tous les éloges imprimées valentils la justification éclatante qui résulte d'un pareil fait? »

La solution annoncée par le gouvernement paraissait aux hommes sages un piège tendu à la crédulité. On attendait avec anxiété les explications qui devaient venir de Rome; mais ce fiit dans cette ville que la nouvdle du Moniteur souleva la plus juste irritation. On n'y soupçonnait pas encore l'impudence de ces mensonges que les Constitutionnels acceptât comme des nécessités parlementaires. Sous le coup de Tindignation qu'il essayait de partager, M. Rossi déclina toute responsabilité dans un acte qu'il affirmait être contraire à ses dépêches ; l'abbé de Falloux fut même chargé par l'ambassade de faire une démarche dans ce sens guprès des Jésuites et de les rassurer. Le négociateur protestait contre le gouvernement dont il était le délégué.

L'un niait avoir écrit ce que l'autre prétendait avoir reçu. La cour de Rome, c[ui a une si haute intelligence de la dignité du pouvoir, ne voulut pas sortir de sa réserve habituelle même pour triompher de ces récriminations. Elle obtenait le désaveu, elle s*en contenta. Elle n'avait pas traité, elle n'avait rien accordé ; il ne lui vint donc pas à la pensée de réclamer le prix des concessions qu'elle s'attacha toujours à glorieusement refuser.

Pour aplanir les difficultés dont le ministère français s'était malencontreusement embarrassé, le Saint-Siège avait déclaré qu'il lui était impossible d'intervenir d'une maniéré contraire aux règles canoniques et aux devoirs du Pontificat. Grégoire XVI écrivait aux Evèques de France ^ : « Nous n'avons jamais failli à nos fonctions, nous n'y faillirons jamais. • Le Vicaire de Jésus- Christ tenait admirablement une parole que l'épiscopat était digne d'entendre. Aucun document, ni public, ni secret, n'autorisait d'une façon quelconque l'opinion qui attribue au Souverain- Pontife ou au cardinal Lambruschini les mesures spontanément adoptées par les Jésuites. Dans ces mesures, qui furent approuvées ou blâmées, mais que le Général de la Société a pu conseiller, il n'a point été question que les Jésuites perdraient ou aliéneraient la propriété de leurs maisons. Leur droit d'existence ne fut pas mis en doute.

Rome ne s'était engagée ni verbalement ni par écrit; mais, dans les prévisions d'une lutte orageuse à l'ouverture de la session des Chambres de 1846, le cabinet des Tuileries désirait obtenir au moins un témoignage, quelque peu positif qu'il fût, de l'intervention pontificale. Au commencement de septembre, M. Rossi reçut une note de son gouvernement qui le félicitait sur fheureuse issue de la négociation. Cette note remerciait en même temps le Pape et le cardinal Lambruschini du service qu'ils avaient tous deux rendu à la France en ordonnant aux Jésuites de se disperser. M. Rossi s'empressa de la communiquer ofiiciellement au Saint-Siège. Ce stratagème n'avait pour but que de créer un document authentique et de le publier comme une preuve de l'action du Pape dans ces événements. Grégoire XVI et Lambruschini ne se laissèrent pa% prendre au

1 « Huie nostro muneri nunquam defbimus , nunquam deeriitios. »

piège. Le cabinet des Tuileries , par Tentremise de son plénipotentiaire, demandait un acte émané de la secrétairerie d^Etat, Lambruschini répondit à peu prés en ces termes : « Sa Sa'mteté est fort surprise des remercîments adressés à elle et à son ministre, puisqu'elle n'a rien accordé dans Taffaire des Jésuites. Si elle eût agi, elle n'aurait pu le faire qu'en se conformant aux saints Canons. Si le gouvernement du roi très-chrétien a des actions de grâces à rendre, c'est au Général des Jésuites qu'il faut les adresser; car il a pris de lui-même, sans ordre ni conseil du Saint-Siège, des mesures de prudence pour tirer d'embarras le gouvernement du roi. Sa Sainteté, dans cette circonstance, admire la discrétion , la sagesse, l'abnégation de ce vénérable chef d'Ordre , et elle a lieu d'espérer qu'après les grands sacrifices que s'imposent les Jésuites français dans des vues de paix et de conciliation, le gouvernement de Sa Majesté leur accordera protection et bienveillance. »

Il est au-dessous de l'histoire de s'occuper de toutes les intrigues souterraines et de tous les faux-fiiyants mis en jeu à Rome ainsi qu'à Paris pour colorer cette négociation et la rendre au moins acceptable dans la forme. M. Guizot y consacra la puissance d'un talent qui aurait dû être mieux employé * ; mais cette puissance ne change point les actes, elle ne modifiera jamais les faits. Les uns et les autres sont produits. C'est à la France et à l'Europe qu'il appartient maintenant de commencer l'instruction de ce grand procès qui, selon une dernière imposture du Journal des Débats, semble être jugé par l'opinion publique et perdu par les Jésuites.

1 Dans la séance de la Chambre des pairs du 16 Juillet 1845 {Moniieuràu. 47), M. Gaiiot, ministre des affaires étrangères^ reodaot compte de la Dégocialion Rossi, fit très-bien pressentir les faits que Jious yenons de raconter. II disait: « Ce que le gouTernement du Roi a fait à l'égard de la cour de Rome , la cour de Rome Ta fait à l'égard de la Société de Jésus.

» Nous ne nous étions pas servis de nos armes temporelles ; elle ne s'est pas servie de ses armes officielles et légales. Elle a fait connaître à la Société de Jésus la vérité des choses, des faits , des lois, l'étal des esprits en France , lui donnant ainsi à juger elle-même de ce qu'elle avait à faire , do la conduite qu'elle avait à tenir dans l'intérêt de la paix pi biique , de l'Eglise, de la Religion. J'ai une vraie et profonde satisfaction k dire que dans celte affaire la conduite de tout le monde a été sensée , honorable , conforme au devoir de chacun. La Société de Jésus a pensé qu'il était de son devoir de faire cesser fétat de choses dont k France se plaignait. ... De toutes parts il y a eu acte de libre intelligence et do bons procédés. »

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ff L'opinion publique, dit la feuille universitaire par excellence dans son numéro du 18 octobre 1845, était émue et faisait appel à l'exécution des lois. Cet appel a été entendu : les lois ont reçu leur exécution; la Stciété de Jésus a été dissoute et ses maisons ont été fermées. L'opinion se repose et peut se reposer sur cette première satisfaction qui n'a rien d'équivoque ; car, à l'heure qu'il est, il n'y a plus de J^uites en France. »

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