‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 62 · VI · texte numérisé non relu

VI

Il n'y restait plus qu'un petit nombre de Profès. Enrôlés sous les drapeaux de l’Église, ils combattirent avec Le Maistre et Bruson en qualité de volontaires. Leurs armes furent la prière et l’é-

… tude, la résignation et l'exercice de la charité. La Belgique osait

à peine résister au souverain qui prenait à tâche d’obscurcir ses qualités royales par le plus inconcevable des égarements. Elle avait des instincts catholiques, et Guillaume s’efforçait de les froisser tous les uns après les autres. Chaque mot de liberté sorti de sa bouche était une nouvelle provocation au despotisme. Les Jésuites, quoique peu nombreux, exerçaient sur les masses une réelle influence. Xeurs paroles, leurs conseils, leur attitude, leur silence même, tout était matière à soupçon, et par conséquent à incrimination. Les agents hollandais investis par Guillaume des emplois publics, ies réfugiés de tous les pays auxquels il accordait une impolitique hospitalité ne cessaient de représenter les disciples de Loyola comme les ennemis de son gouvernement. On les accusait de régner en France sous le manteau fleurdelisé des Bourbons, Guillaume de Nassau ne voulut pas qu’il fût dit que la Compagnie tenait un autre royaume entre ses mains. Elle avait ouvert des retraites où les prêtres séculiers et les laïques confondaient leurs prières , et se façonnaient à la pratique des vertus chrétiennes. En 1824, le Monarque enjoint aux Evéques d’avoir à prohiber ces exercices spirituels. La querelle religieuse était assoupie; les Belges avaient courbé la tête, les ministres de Guillaume lui persuadent qu'il faut en finir avec l'enseignement catholique.

Moins d'une année après, le Collège de Beauregard à Liége, dont le directeur M. de Stas avait appelé à son aide quelques professeurs Jésuites, se fermait à l'instant où le roi allait en donner l'ordre. Le petit séminaire de Culembourg était réservé au même sort, quand les archiprètres d'Amsterdam et d'Utrecht, unis aux Vicaires apostoliques de Hollande, résolurent de ne céder qu’à la violence. Guillaume était parvenu à fatiguer l'opposition même catholique : il pouvait régner tranquille. Cette espèce d'apathie, ce sentiment d'indifférence qu'à une heure donnée on signale dans les partis les plus vivaces, se faisait jour. Le roi ainsi que Goubau et Van Maanen, ses confidents, crurent que le moment

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