CHAPITRE Ilf
La restauration des Bourbons et la France de 1614. — Le prince de Talleyrand conseille à Louis XVIH de rétablir les Jésuites. — Hésitation du roi. — Mesures que prend le ministre disgracié. — Siluation des Pères de la Compagnie en France, — Le Père Varin et les Pères dela Foi — Les Jésuites en présence de la Charte constitutionnelle, — Leur existence est-elle légale? — Le Père Varin fonde l’Institut des Dames du Sacré-Cœur, de la Sainte-Famille et de Notre- Dame. — Rut de cette triple fondation. — Le Père Delpuits crée la Congrégation. — Ses commencements et son but. — Les premiers Congréganistes. — Décret qui la dissout. L'abbé Legris-Duval en prend la direction. — Les Jésuites restent volontairement en dehors du mouvement politique. — Origine du libéralisme, — Ses premiers apôtres. — J.cs Jésuites dispersés en 1815, — Les Evèques de l'église gallicane font appel aux Jésuites-pour leurs petits séminaires. — Fon dation de huit maisons. — Le cardinal de Bausset et les Pères de la Compagnie. — Mauvais terrain sur lequel ils se placent, — La presse constitutionnelle se fait l'adversaire de l’Institut et de la royauté.— Mort du Père de Clorivière.— Simpson lui succède.— Sa leltre aux supérieurs. — Les véritables monita secreta des Jésuites. — Leur politique mise à nu.— Commencement des Missions. — Les Eveques forcent les Jésuites à devenir Missionnaires.— Les Pères se résignent à l’impopularité pour obéir aux ordres des prélats.— Mission de Brest.— L’émeute et la liberté.— Les principaux Missionnaires de la Compagnie.— Le Père Guyon.— Effet produit par ses Missions. — L’abhé de La Mennais avec les Jésuites.— Lettre du Père Rozaven au Père Richardot sur la neutralité à garder envers le système de M. de La Mennais.— Conférence de Rozaven et de La Menuais.— Le Père Godinut et l’auteur de l’Essai sur l’indiff-rence.— Leur correspondance.— Mécontentement de La Mennais. — Le Père Raymond Brzozowski partisan de ses doctriues.— La Mennais appelle les Jésuites à marcher sous son drapeau.— M. de Carné blâme les Jésuites. — Les partis extrêmes invoquent ou flétrissent les Pères. —
lufluence qu’un leur suppose. — Le Père Ronsin à la tète de la Congrégation. =
OEuvres de la Congrégation. — La Chapelle des Missions-Etrangères — Exer-
cices des Congréganistes. — Fondations pieuses. — La Société des Ronnes-OEu-
vres. — Les petits Savoyards. —-La Société de saint François Régis. — Le Clergé et les laïques dans la Congrégation. — Colère du Libéralisme contre la Congrégation, — But de ses fureurs. — On prète au Père Ronsin un pouvoir ex- ‘ traordinaire, — Reproches et calomnies adressés aux Congréganistes. — La
Congrégation domine la France. — Frayeurs de l'opposition autiathulique, — La Congrégation a-t-elle régné? — Effets des terrreur libérales. — Le duc de Rohan et l’abbé Matthieu remplacent le Père Ronsin, — Congrégation militaire. — Le Lihéralisme parvient à la faire dissoudre,
Une révolution aussi décisive dans les idées que dans les mœurs venait de s’accomplir en France. Cette révolution, dont le foyer permanent était à Paris, réagissait à toutes les extrémités du monde. Malgré les désastres militaires et la chute de l'Empire, la France, trahie par la victoire, régnait encore moralement sur l'Europe. Le retour des Bourbons, l'enthousiasme universel qui les accueillit, les principes de religion, de monarchie et d'ordre que Napoléon avait su remettre en vigueur, tout tendait à persuader qu'il serait possible un jour de dominer les instincts démagogiques. Il n’y: avait qu'à suivre la ligne tracée par l'Empereur avec une si prudente énergie. Il ne fallait restaurer du passé que ce qui était bon et acceptable en soi, qu'ouvrir aux idées nouvelles un lit dont 1» mesure devait se combiner avec tous les intérêts. Les événements furent plus grands que les hommes : les Bourbons succombèrent sous la tâche que la Providence leur imposait.
Après les premiers élans d’une joie dont les témoignages éclatérent avec unanimité, la France de monarchique que Bonaparte l'avait faite, se vit tout-à-coup ramenée à ses errements révolutionnaires. Il la laissait religieuse : les Bourbons allaient permettre qu’on corrompît sa Foi. Lorqu'en 1815, après la bataille de Waterloo, le prince de Talleyrand, président du Conseil, voulut s'entendre avec Louis XVIIL sur les moyens à employer pour pacifier les esprits et conslider le trône, l'ancien Evêque d'Autun ne craignit pas de dévoiler au roi sa pensée : « Sire, lui dit il, Votre Majesté espère se maintenir aux Tuileries : il importe donc de prendre ses précautions. Une sage et forte éducation peut ? seule préparer les générations nouvelles à ce calme intérieur, dont chacun proclame le besoin. Le remède le plus efficace pour y arriver sans secousse, c'est la reconstitution légale de la Compagnie de Jésus. » Louis XVIII en était encore aux arrêts des Par-
Clergé à Con- Lir exque, — duc de litsire,
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