‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 62 · LE STONE REE RDS PROC · texte numérisé non relu

LE STONE REE RDS PROC

à toute la satisfaction que lui donne la prospérité toujours crois-

sante du petit Séminaire de Sainte-Anne.

» Vous connaissez, Monsieur, l'estime que j'ai toujours professée pour votre respectable association. Je l'ai proclamée dans toutes les occasions qui ont pu s'offrir à moi dans le cours d'une vie déjà bien avancée. »

De semblables lettres arrivaient de tous les diocèses aux en-

fants de saint Ignace. Le Clergé et les Catholiques reconnaissaient leur qualité de Jésuites; mais, pour ne pas compromettre l'Institut ou par un reste d'habitude, on ne les acceptait dans les relations ordinaires de la vie que comme prêtres séculiers. Cette position mixte avait des inconvénients qu'aucun avantage réel ne balançait. Elle offrait prise aux conjectures; elle pouvait faire accuser la Société de manœuvres ténébreuses; elle permettait à des ministres hostiles ou mal disposés de prendre ombrage d’une précaution dont personne ne s’occupait. Les Pères n'avaient pas cru devoir solliciter une autorisation d'existence légale qui, dans ’état des choses, aurait pu compliquer les intérêts de l'Eglise. La Charte leur garantissait la liberté, ils n’osérent pas aller plus loin. Par défiance du mauvais vouloir administratif ou pour donner une impuissante satisfaction à leurs ennemis, ils cachèrent leur titre de membres de l'Ordre de Jésus sous une dénomination cléricale. Cette concession enhardit le Libéralisme. Les Jésuites redoutaient l'éclat; la demi-obscurité dans laquelle ils s'enveloppaient se transforma tout-à-coup en un sourd complot contre la Charte. Ils ne gagnaient du terrain que sur les champs de bataille de l'éducation ou de læ chaire : on les soupçonna de tendre par des voies occultes au gouvernement de l'Etat. Ils avaient espéré que le mystère les protégerait contre les mensonges dont l’ancienne Société était tombée la victime, ce mystère fournit des armes à la calomnie. [ls craignaïent de s’avouer Jésuites, le Libéralisme prit à tâche d'en voir et d'en mettre partout. Ce parti n'était pas encore aguerri à ces attaques de plume, à cette incessante polémique qui, délayant toujours la même imposture sous mille couleurs différentes, l’inculque enfin dans l'esprit des masses comme un fait avéré.

Le journalisme naissait à l’art qu'il surnomma depuis la vie

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