TS D CE
El 256 CIIAP. V. — HISTOIRE
Sauri n’a pas le même bonheur, il expire en priant Dieu pour ses meurtriers.
Dans ce 2 septembre espagnol, dont d’autres crimes n'étoufferont pas le souvenir, il a fallu tromper le peuple, l'enivrer presque de terreur pour l'amener à voir ainsi pass: ses effroyables vengeances. Le peuple sent le courage lui manquer à chaque pas qu’il fait dans cette voie sanglante. On l'anime par de nouveaux spectacles. Les Descamisados n'ont encore tué qu'à l'intérieur ; le savant Père Artigas, le Scolastique Dumont, le Coadjuteur Manuel Ostolaza sont fusillés à la porte du Collége, et leurs corps nus exposés aux regards de la foule. Joseph Elola succombe sous les baïonnettes.
Le Séminaire était témoin de ces scènes d'horreur; au même moment d’autres crimes se commettaient dans le Collége Impérial. Les bourreaux s’y introduisent ; ils pénétrent jusqu'à la chapelle, mais là ils sont arrêtés par un ordre supérieur et par le dévouement d'un Jésuite. Muñoz, duc de Rianzarès et déjà peut-être l'époux de Marie-Christine, avait un frère dans la Compagnie. Quelques assassins promettent au Père de Carassa de se montrer moins barbares s’il veut leur livrer Jean-Grégoire Muñoz. Ce jeune homme s'était, comme les autres, réfugié dans la chapelle, et il priait en attendant sa dernière heure. Le chef des Descamisados s'approche de Jui : « Ne craignez rien, dit-il, je suis ici pour vous sauver la vie. Je dois la mienne à votre frère, et je suis heureux de trouver une occasion de lui témoigner ma reconnaissance. » Muñoz avait compris qu'un bras puissant veillait sur ses jours. « Je reste, s’écrie-t-il, parmi les Jésuites mes fréres. Leur sort sera le mien. Sauvez-les avec moi, ou je mourrai avec eux. » Le massacre était organisé avec tant de régularité, les meurtriers se montraient si bien disciplinés que, sur l'ordre d'un garde du corps de la reine, les colères , tout-à-l'heure si terribles, se calmèrent comme par enchantement. Les victimes et les assassins restaient en présence, lorsque tout-à-coup le capitaine-général de Madrid, Jose Martinez de San-Martin, qui n’a pris aucune précaution militaire, qui a laissé grandir et se développer l’'émeute, parait dans la chapelle. Pour y arriver , il s’est vu forcé de marcher sur les cadavres des Jésuites; sa première
DK LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 257 parole est un outrage. Il reproche aux Pères l’empoisonnement des eaux de la ville; puis, pour sanctionner cette calomnie, il court montrer aux égorgeurs une fiole qu'il a trouvée et qui, ditil, contient le poison. La fiole venait de tomber des mains d'un spectateur, Ce dernier la réclame ; il offre d'en avaler le contenu pour prouver qu'elle ne renferme aucun breuvage mortel. Le capitaine-général rougit de honte ; mais l'œuvre de dévastation ne s'arrête ni au dedans ni au dehors. On a massacré ; on ravage maintenant sous les yeux de Martinez et avec son approbation. On profana les choses saintes, on dépouilla les autels ; tout fut mis à sac. Quand on eut habitué la populace à ces excès, dont le caractère espagnol répudiait la honte, la force armée intervint à sept heures du soir pour régulariser le désordre, et veiller sur les ruines amoncelées auprès des cadavres.
Le carnage ne cessa dans la maison des Jésuites que pour recommencer immédiatement chez les Dominicains et les Pères de la Merci. La Révolution avait pris le parti d'abolir les Ordres religieux ; elle égorgeait les hommes afin de tuer l'idée. Elle se faisait violente et calomniatrice pour inaugurer ses projets de spoliation et d'athéisme légal. Le couvent des Franciscains avait été soumis au même régime du sabre que le Séminaire et le Collége des Jésuites. Le tour des autres Instituts était arrivé. Les Dominicains et les Pères de la Merci succombérent sous les mêmes inculpations. Ils périrent, comme les Franciscains, par le feu, par l'eau, à coups d'épée, de poignard ou de massues. On en précipita quelques uns du haut des toits; on en étrangla d’autres. Les scènes de meurtre et de pillage se propageaient dans tous les quartiers. La capitale de ia catholique Espagne se voyait le théâtre d'un de ces drames que l4 démagogie prépare pour épouvanter ses adversaires et couvrir le peuple d'une sanglante solidarité. Le 48 juillet, au matin, la consternation régnait dans la ville avec le choléra. Le gouvernement avait reculé devant l’émeute ; Christine avait fui ; l’armée s'était rendue complice de ces attentats, ou du moins elle y avait assisté impassible comme à une exécution militaire. Ce coup porté à la Religion et à l'autorité devait retentir au loin. Le 49 juillet, quand les soixante-quatorze vic- VI 17
times ! furent déposées dans leur tombeau, un décret royal parut pour annoncer que des mesures inutiles étaient enfin prises contre l'émeute. On destituait les magistrats coupables et le capitaine-général San-Martin. Un emprisonnait les Descamisados les plus forcenés. Cette tardive justice révélait son impuissance et sa particigation au forfait , jusque dans la manière de le réprimer. Les assassins avaient commencé l'œuvre révolutionnaire ; ils imposèrent aux pouvoirs constitutionnels la tâche de l’achever.
Le 7 juillet 1835, la Société de Jésus fut législativement supprimée en Espagne. On ne s’appuya sur aucun prétexte religieux ; on ne donna aucun motif politique pour expliquer cette mesure. Les Jésuites possédaient des terres et des maisons ? : ce fut leur plus grand crime aux yeux de la loi que de cupides gouvernants, que des vénalités subalternes se chargeaient d'appliquer. Les Pères de l'Institut obéirent sans résistance à ce nouveau décret de proscription, qui allait s'étendre aux divers degrés de la hiérarchie ecclésiastique. On ne jugeait pas, on ne condamnait pas le Clergé ; on le dépouillait et on l'expulsait. Les Jésuites espapagnols étaient sans asile, sans secours d'aucune sorte. La plupart se retirèrent dans d'autres Provinces de la Compagnie, d'autresne voulurent pas abandonner leur patrie. Une seule maison restait debout dans le royaume, c'était le sanctuaire de Loyola. Le général Rodil en avait déjà enlevé les supérieurs ; mais, quand l'insurrection carliste eut pris l'offensive sous Zumalacarreguy, les Pères, sans se préoccuper de la guerre civile dont le Bastan était le théâtre, se livrent à l'enseignement et à la prédi-cation. Il fondent un Noviciat dans le Guipuzcoa; ils y recueillent les Jésuites dispersés par la tempête. Ils sont sur le territoire occupé par l’armée carliste, territoire qu’ils n'ont pas choisi,
Pendant cette journée, il périt quinze Jésuites, sept Dominicains, quarantequatre Franciscains et huit Pères de la Merci, On ne compta que onze blessés , et parmi ces derniers plusieurs moururent à peu de jours de distance.
3 Lorsque les Jésuites français subirent l'ostracisme des ordonnances du 46 juin 4828, ils cédèrent à la prière d’un grand nombre de familles catholiques et foudèrent immédiatement un Collége à lembouchure de la Bidassoa, daus un bourg appelé los Passages, à une lieue de Saint-Sébastien. Ainsi placés entre la France et V'Espagne, ils pouvaient répondre au vœu des deux peuples, Le roi d’Espagne, le comte de Fournas, capilaine-général de la province, et l'Evèque de Pampelunc se montrèrent favorables au nouvel établissement. Après la mort de Ferdinand VI, il devint un objet de persécution, Mina l'inquiéta souvent, et enfin, le 44 juillet1834, Rodil le ft fermer par la force,
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 259 mais qui leur est indiqué par la force des choses. On prend texte de la situation même de leur ancien Collége de Loyola pour les accuser de carlisme. On annonce que le Père Gil est en faveur auprès du prince et que les Jésuites dirigent tous les mouvements.
Ainsi que cela était arrivé dans d'autres tourmentes intestines, la Compagnie s'abstenait de toute participation aux luttes des partis. Elle intervenait quelquefois dans les deux camps; elle y remplissait les devoirs du ministère ecclésiastique : elle consolait les affligés, elle: soignait les blessés, elle apprenait à tous à vivre, à mourir chrétiennement ; mais son action politique n'est signalée sur aucun point. L'armée constitutionnelle proscrivait ou égorgeait les Jésuites, celle de don Carlos leur offrait aide et protection. Ils restèrent là où leur présence était regardée comme un bienfait, Le Père Unanue fut le confesseur du prince, et les infants continuérent, comme du vivant de Ferdinand VIL, à être élevés par les Jésuites ?. Toujours soumis à l’autorité, les disciples de samt Ignace obéirent au quartier-général carliste comme ils obéissaient à Madrid. Ils crurent que leur prudence ne leur susciterait pas de nouvelles calamités. Après la convention de Vergara, ils rouvrirent leur Collège ; et, comme Espartero voulait se débarraser de la reine-régente et des derniers Jésuites, l'établissement de Loyola fut supprimé. La Société de Jésus n'existe plus dans la patrie de saint Ignace, de saint François-Xavier, de saint François de Borgia et de Laynës.
De même que l'Espagne, le Portugal, appauvri, épuisé par les guerres de Napoléon, se trouvait livré aux discordes intestines. La désunion éclatait dans la famille de Bragance presque en même temps que dans celle de Bourbon. Ces princes n'avaient su ni gouverner leurs royaumes ni résister à l'oppression étrangère. Aprés avoir donné à l'Europe le spectacle de leur inertie, ils venaient se disputer quelques débris de trône et mettre l'usurpation à la place du droit. Cet exemple de querelle fratricide dans les maisons royales était un encouragement accordé aux révolutions. Elles en profitérent pour rendre odieux les infants
1 Ce fut le Père Mariano Puyal qui, dès 4894, se vit chargé de l'éducation du fils: aîné de don Carlos.
260 CHA. -V. — HISTOINE
qui n'invoquaient pas leur secours ou pour avilir ceux qui le sollicitaient. Les guerres de don Carlos contre Christine , les luttes entre don Pédro et don Miguel produisirent des résultats funestes aux monarchies ; la Société de Jésus en Portugal en ressentit le contre-coup.
Don Miguel n’ignorait pas la popularité dont, après soixantedix ans d'exil, le nom des Jésuites jouissait encore sur les rives du Tage. Son trône était mal affermi, il pensa qu'en rendant à ses sujets les apôtres que Pombal leur avait arrachés, il ferait un acte aussi agréable qu’utile à sa patrie. Il n'existait plus de Pères portugais : par l'entremise du marquis de Lavradio, son ambassadeur à Rome, don Miguel fait demander d'envoyer à Lisbonne quelques Missionnaires de la Compagnie. Le généralat est vacant par la mort de Fortis. Le Vicaire donne son agrément à cette mesure : le Père Godinot, Provincial de France, désigne six Jésuites et deux Frères coadjuteurs qu'il place sous la direction du Père Delvaux. Rétablir les enfants de saint Ignace sur cette terre où la mémoire de leurs services et de leurs souffrances restait gravée dans les cœurs, était une pensée qui devait produire d'heureux résultats ; mais il fallait l’accepter avec courage et ne reculer devant aucune de ses conséquences légales. Le décret du 10 juillet 1829, que Delvaux reçut à Madrid, ne pouvait pas satisfaire les amis de la Compagnie; il semblait n'être destiné qu'à irriter ses adversaires. Don Miguel avait pris un moyen terme : sans se prononcer sur le passé, il offrait les Jésuites comme de nouveaux auxiliaires au Clergé séculier. « Considérant, disait-il dans cet acte officiel, le grave préjudice que soufrent l'éducation chrétienne et la civilisation des domaines de ces royaumes par le manque de ministres évangéliques, et voulant aller au devant des maux de toute nature que la durée rendrait irrémédiables, ayant toujours en vue le bien de la Chrétienté, et par lui la félicité de mes fidèles sujets, j'ai pour bon d'appeler à cette fin la Compagnie de Jésus et de permettre qu’elle s’établisse de nouveau. »
Ce laconisme, décelant tant de craintes, cachait les justices d'une réhabilitation sous des besoins trop réels. Il ne dut guère rassurer les Jésuites sur l'avenir, il ne les intimida point cependant. Les Pères comprirent que don Miguel et le duc de Cadaval,
son ministre, étaient placés dans une fausse position ; ils crurent qu'il n’appartenait pas aux disciples de l'Institut d'en aggraver les périls. Une porte s’entr'ouvrait devant eux dans ce pays si cher à saint François-Xavier et aux fondateurs de la Compagnie, ils résolurent d'y pénétrer sans discuter le protocole d’admission. Le 13 août 1829 ils arrivent à Lisbonne. Rien n'avait été préparé pour les recevoir. Ces Jésuites, toujours si opulents, au dire de leurs adversaires, revenaient à la demande du gouvernement, et ils se trouvaient exposés à mourir de misère sur la voie publique. Les Lazaristes pourvurent à leurs premiers besoins, ils leur offrirent un asile. La duchesse de Lafoens mit plus tard sa maison de campagne la Maraviglia à la disposition des enfants de saint Ignace, et ce ne fut que le 24 octobre que le ministère de don Miguel s'occupa de leur entretien.
Don Miguel, maître du Portugal et régnant par la terreur, ainsi que l’affirmaient les Libéraux, n'osait ni avoir une volonté ni manifester un désir. Prince honnête homme, mais irrésolu et toujours dominé par la crainte de déplaire à ses ennemis, il n'avait pas jugé prudent de mettre encore les Jésuites à l'œuvre. On enchainait leur zèle afin de ne pas fournir de nouvelles armes aux hostilités du dehors. Ces précautions étaient un inutile palliatif, le cardinal Alexandre Justiniani, Prononce du Saint-Siége, le comprit. Il y avait à Lisbonne l’église du Laureto, destinée aux étrangers, et qui, exempte de la juridiction du Patriarche, restait, par un privilége spécial, soumise à l'autorité. des Nonces apostoliques. Justiniani détermine les Jésuites, au mois de mars 1830, à y prêcher le carême et à y donner les exercices de la retraite. Les Pères Barelle, Mallet, Bukacinski et Pouty se livrent avec ardeur aux travaux de la prédication et de la confession. Les Jésuites étaient avoués; leur voix se faisait entendre ; les habitants de Lisbonne se pressent autour de leurs chaires. La réaction tentée par le marquis de Pombal, les doctrines désolantes qu’il répandit pour corrompre le cœur des peuples n'y avaient laissé que peu de trace. Il avait affaibli le pouvoir moral de la noblesse en la dépouillant de sa foi et de son prestige; mais le
peuple était resté fidèle aux sentiments religieux. Le peuple sa-
luait dans les Jésuites les maîtres des générations éteintes; il
accourait à leur rassage, il se prêtait docilement ä leurs leçons, et, pour protester contre les désastres du dix-huitième siècle, il entourait de ses hommages les Pères de la Compagnie. Ce retour d'opinion était si manifeste que la comtesse d'Oliveira, petite-fille de Pombal, voulut elle-même s'y associer. Elle se rendit auprès du Pére Delvaux, et, dans une lettre du 27 mai 1830 adressée par ce Jésuite au Père Druilhet, nous lisons :
« La comtesse d'Oliveira m'a offert quatre de ses fils, toute fière qu’ils fussent les premiers acceptés par les Pères de la Compagnie. Je n'ai pas besoin, nous dit-elle, d'examiner ni de condamner la conduite de mon aïeul. S'il a pris à la destruction de la Compagnie la part qu'on lui attribue, c'est à nous, ses enfants, à réparer une aussi grande injustice, autant qu'il est en nous; s’il a été calomnié, s’il en est innocent, c’est à nous à le prouver par notre empressement à vous accueillir. »
Telles étaient les dispositions du Portugal à l'égard des Jésuites. Au mois de décembre 4830, ils s’établirent dans la maison de Saint-Antoine, où François-Xavier, Simon Rodriguez, Ignace d'Azévedo, Emraanuel Alvarès et Gonzalvès de Camera avaient prié, enseigné et vécu ; puis ils commencérent à donner à leurs travaux une direction plus uniforme, Les uns, comme le Père Pouty, s’efforcèrent, par les secours religieux, d'alléger les chaînes des prisonniers, les autres cherchèrent à réveiller dans les âmes des sentiments de repentir, de vertu et de piété. Témoin des succès de ces quelques Jésuites, le cardinal Patriarche de Lisbonne ne veut plus demeurer indifférent au bien qui s'opère par leur intermédiaire : il rend un décret en faveur de l’Institut, À peu de mois d'intervalle, don Fortuné de Saint-Bonaventure, archevèque d’Evora et Grand-Maître des études publiques, imite cet exemple, Il conseille de restituer aux Jésuites leur ancien Collége des Arts à Coïmbre : le 9 janvier 1832, don Miguel signe l’édit qui les remet en possession de cet établissement.
Le jour de leur entrée dans la province de Beïra fut un triomphe pour eux , une véritable fête pour le Clergé et pour le peuple. Sur les routes que les Pères Delvaux, Pallavicini et Martin parcouraient, à tous les villages, à toutes les cités, la foule se portait à leur rencontre. Le temps et les révolutions n'avaient pas
affaibli son amour traditionnel. La reconnaissance et l'espoir éclataient en chants d'allégresse, en démonstrations unanimes, accueillant le cortége. Le Clergé des diverses paroisses, les Ordres religieux accouraient, bannières en tête, pour s'unit aux transports et aux bénédictions de la multitude; partout, à la vue des enfants de Loyola, on faisait entendre des cris d'enthousiasme ; partout on leur appliquait ces paroles de l'Ecriture : Z'untes, tbant et flebant ; venientes aulem venient cum exsultatione, C'était peindre par un seul mot les douleurs de l'exil et les joies du retour, ;
La première ville qui s’offrit aux Jésuites après leur entrée dans le diocèse de Coïmbre, ce fut Pombal, là où avait été exilé, là où était mort le ministre de ce nom. Ils sont en face de leur persécuteur. Ecoutons le Père Delvaux raconter leur vengeance : « Nous fûmes reçus, écrit-il le 6 mars 1832, au son des cloches, complimentés et conduits en triomphe par le Curé-Archiprêtre, accompagné de tout son Clergé, L'Eglise, où deux de nos Pères allèrent dire la sainte messe, était magnifiquement illuminée , comme aux plus grandes solennités, Pour moi, pressé d'un sentiment religieux impossible à exprimer, je m'étais esquivé avec un Père et un Frère avant la rencontre du bon Curé, et j'avais couru à l’église des Franciscains, pour y prier sur la tombe du marquis, mais l'infortuné n’a point de tombe, Nous trouvâmes à peu de distance du mstre-autel une bière couverte d’un méchant drap mortuaire, que ic Père gardien du couvent nous dit être la sienne, Il y attendait en vain les honneurs de la sépulture depuis le DR nie is. à 4 dudit A SN ol
C'est donc en toute vérité que je puis dire qu'après plus d’un demi-siècle de proscription, le premier pas de la Compagnie, rentrant solennellement à Coïmbre, fut d'aller célébrer une messe d'anniversaire, le corps présent, pour le repos de l’âme de celui qui l'avait proserite, et dans le lieu où il passa les dernières années de sa vie, disgrasié , exilé rt condamné à mort. Quel concours d'événements ne fallait-il pas pour amener cet événement? Je sortis de Pombal sans bien savoir si c'était songe ou réalité. Le cercueil présent, le nom de Sébastien prononcé dans l'oraison, le son
264 CIAP, V. — HISTOIRE
de toutes les cloches de la paroisse qui célébraient le retour de ia Compagnie , tout cela à la fois ! Je crois bien que cette impression ne s'effacera jamais de mon cœvr. »
Au milieu des divers sentiments que provoquaient dans leurs Ames tant de souvenirs et les joies si chrétiennement expansives de la multitude, les Jésuites arrivèrent à Coïmbre. De nouvelles fêtes, des sollicitudes de toute espèce les y attendaient, et, à l'annonce de ces transports d'allégresse, le Général de la Compagnie leur écrivait: « Aujourd'hui hosanna ; humilité. Bientô: peut-fire ce sera : tolle, crucifige! » Le pressentiment du Père Roothaan seréalisa ; mais il ne prit point les Jésuites au dépourvu.
Don Pédro, pour combattre son frère don Miguel et imposer aux Portugais un gouvernement national, avait rassemblé une armée. Cette armée s'était recrutée d’Anglais, de Français, d'Italiens, de Polonais et de tous les mercenaires que la Révolution tient à sa solde. Repoussés de leur patrie, tantôt par la loi, tantôt par la crainte, ils n'avaient pour la plupart qu'une vie de débauche ou de honte à expier. L'Europe s’en débarrassait en les jetant à la suite d'un souverain dépossédé qui s'improvisait constitutionnel afin de trouver des alliés. Uue guerre fratricide leur ouvrait le Portugal : ils s’y précipitérent au nom de la liberté ; ils y introduisirent le pillage et la licence. En face de tant de périls, le courage des disciples de l'Institut ne resta point au-dessous de leur tâche. Le Portugal était en feu; les familles se divisaient selon leurs passions ou leur intérêt. Chacun prenait parti pour le prince ou pour le gouvernement de son choix, quand un fléau, encore plus terrible que la guerre, vint consterner ce pays. Le choléra est aux portes de ses cités : il envahit les campagnes, il entasse partout victimes sur victimes ; il a fait irruption sous la tente; il frappe sans relâche au fond des hôpitaux.
Pour affronter une mort apparaissant sous tant de formes différentes , il fallait un de ces dévouements qui ne reculent devant aucun péril : les suites en firent preuve. Pendant plus de six mois, on les vit à chaque heure du jour et de la nuit prodiguer aux mourants les consolations de la Foi et les secours de la bienfaisance ; ils furent les prêtres de l'agonie et les médecins de la souffrance ; ils s’élancèrent partout où une douleur était signalée.
Les soldats de don Miguel, ceux de don Pédro faits captifs, les prisonniers politiques, les coupables, les innocents devinrent des frères que la charité des enfants de Loyola confondit dans le même amour et dans les inêmes soins. L'armée miguéliste campait sous les murs de Coïmbre : elle se repliait pour couvrir Lisbonne. Ce mouvement militaire provoqua de nouveaux désastres : le choléra engendra !e typhus. La contagion , que tant de causes réunies devaient alimenter, épargna les Pères; mais le typhus ne leur fit pas grâce. Bientôt ils se ärent presque tous en même temps aux portes du tombeau. Trancart et Nemkin seuls succombèrent.
Dans ce drame, qui se jouait au milieu des combats et auquel trois armées assistaient , il y eut, de la part des Jésuites ainsi exposés, une longue, une sainte lutte en faveur de l’infortune. Les deux prétendants de la maison de Bragance se battaient dans l'espoir de conquérir un trône. Leurs adhérents de l'intérieur ou du dehors avaient les armes à la main pour faire triompher un principe politique ; les disciples de saint Ignace se sacrifiérent seuls en l'honneur de l'idée chrétienne. Seuls ils restèrent sur la brèche , afin de faire entendre quelques paroles d'humanité au milieu des imprécations de la défaite royaliste et des chants de joie de la victoire constitutionnelle. Trop habitués à prendre en pitié ces guerres d'opinion pour se créer les serviteurs d’un parti, les Jésuites n’ont cherché dans la tourmente qu’à sauvegarder les principes de Foi. Ils y ont réussi autant que les passions déchaînées le permirent; et, dans une lettre du Père Soimié à Godinot, on trouve la preuve de cette estime inspirée aux Pédristes et aux Miguélistes. Soimié écrit, le 21 juillet 1834 : « Ce qui nous avait attiré la confiance des deux partis, car nous l’avions autan. qu'il est permis d’unir les deux extrêmes , n’était pas seulement le dévouement que nous avions montré dans le temps du choléra ni ‘ bonne volonté avec laquelle nous nous prêtions à toute sorte de ministère, ce fut surtout la discrétion avec laquelle , autant qu'il nous fat possibie, nous nous comportions avec les uns et les autres. Dans nos classes, il n'y avait aucune distinction entre le fils d’un Royaliste et celui d’un Constitutionnel : c'est ainsi que le voulait d’ailleurs Sa Majesté. Dans
nos instructions, nous nous contentions d'expliquer l'Evangile sans entrer dans la politique. Pour tout le reste, nous ne cherchions également qu'à être utiles à tous sans égard pour les opinions, dès qu'il n'y avait rien contre la conscience et l'honneur de la Compagnie. Ce n'est pas toujours ainsi, malheureusement, qu'il en était ailleurs. On faisait peut-être trop ressortir la différence d'opinion. La politique ne venait pas à propos dans les sermons ; elle y entrait pourtant assez ordinairement et avec une certaine aigreur; il n’y avait pas non plus toujours assez d'indulgence ni même de charité pour les personnes d’une opinion différente. Ces sortes d’indiscrétion ou hors-d'œuvre , appelez-les comme vous voudrez, produisaieut encore de plus tristes effets en Portugal qu'elles n'auraient fait ailleurs. Comme nous ne voulions que leur salut à tous, nous condamnions également tous les excès. Il faut reconnaître qu'en Portugal, plus que partout ailleurs, bien des gens embrassent une opinion et la défendent assez innocemment ; ce serait une injustice de les condamner tous indifféremment, Ces bras Portugais, quel que soit le parti qu’ils embrassent, n’en sent assez ordinairement ni moins bons ni plus mauvais chrétiens ; enfin, pour tout dire en un mot, nous évitions d'entrer dans toutes ces misères de parti à parti, qui ne font de bien à personne et du mal à plusieurs. » \
Ces paroles sont le résumé de la politique des Jésuites; ils n'en dévient jamais. Don Miguel les avait appelés. De nouveaux événements changent la face des choses ; don Pédro est vainqueur. Les Pères ne se préoccupent de cette révolution qu'au poini de vue catnolique. Le trône leur était aussi indifférent que la vie. Le 24 juillet 1833, l’armée constitutionnelle pénètre dans Lisbonne, et Villañor, qui la commande, fait annoncer aux disciciples de l'Institut qu'il les couvre de sa nrotection. Don Pédro lui-même, üe se déguisant pas la situation du pays, négocie avec eux pour conserver un moyen assuré de pacifier. Ilest l'arbitre du Portugal , mais il sait que les étrangers seuls ont vu avec joie son triomphe ; il n’ignore pas à quels auxiliaires ce triomphe est dû ; il fait sonder les Jésuites pour connaître leurs projets ultérieurs. Ce n’est pas la première fois qu'il s'adresse à eux. Au mois de mars 1833, trompé comme les autres sur l’ascendant politique
dont il croit que les Pères disposent, l'ancien empereur du Brésil n’a rien épargné pour les lier à son parti. Il leur écrit de sa main, il leur offre le rétablissement de la Compagnie, l'archevèché primalial de Prague, la direction de la conscience de dona Maria Il, des trésors et des faveurs de tout genre, s'ils mettent au service de la Révolution le crédit dont ils jouissent auprès du peuple. Don Pédro ne leur demande en échange de tant de bienfaits fu-
* furs que de lui livrer Coïmbre et Lisbonne. Ces propositions ne
furent que plus tard connues des Pères ; mais alors la victoire avait décidé. Pédro était arrivé au comble de ses vœux; il régnait sous le nom de sa fille: et, dans le chaos même de ses préoccupations, l'idée de rattacher les Jésuites à sa cause le poursuivait encore ; il voulait les avoir pour intermédiaires entre don Miguel et lui. Le duc de Palmella leur promettait son appui s'ils consentaient à ne pas se retirer dans l'intérieur du royaume. Ils étaient à Coïmbre et à Lisbonne par ordre de leur Général. La violence seule pouvait les empêcher d'obéir jusqu'au bout. Cette détermination était irrévocable. Les Pédristes soupçonnent qu'il ne leur sera pas donné de commander longtemps : pour faire acte d'autorité, ils se ruent, le 29 juillet, sur la Maison de Saint-Antoine. Le meurtre allait commencer avec le pillage ; on avait forcé les appartements, on se mettait en devoir d'outrager les Jésuites. Le Père Moré semblait destiné à devenir la première victime, lorsque tout-à-coup il est saisi par un des envahisseurs. De la crosse de son fusil set homme écarte ses compagnons, puis tombant aux pieds de Moré : « Père, s'écrie-t-il, mon bienfaiteur, c'est à vous que je dois la vie ; vos soins m'ont sauvé lorsque j'étais en prison ‘ .» Cette scène frappe d'étonnement les Révolutionnaires accourus pour mettre à sac la demeure des Jésuites. Ils reculent devant l'idée d’un nouveau crime, et ils laissent à leurs chefs le soin de consommer avec les apparences de la légalité l'attentat qu'ils n’ont pas osé commettre. Don Pédrs était débordé. Dans les rangs de son armée, parmi
‘Parmi les iotes manuscrites du Père Delvaux, nous trauvons plusieurs traits qui honorent k; prisonniers politiques. Leur parti était vainqueur, ils n'oublièrent pas les consolations et l’appui que les Jésuites leur avaient offerts pendant la ceptivité. Comme gage de reconnaissance, et peut-être mus par une pensée d’aveuir, plusieurs de ces prisonniers adressèrent des pétitions à don Pedro dans l'intérêt de la Compagnie de Jésus.
aa erceee
ses administrateurs, il ne trouvait d'obéissance que pour le mal. On le coniraignait à le faire, ille fit. Le cardinal Justiniani recut ordre de sortir de Lisbonne sous trois jours, afin de bien constater la rupture du nouveau gouvernement avec le Saint-Siége. Les Cortès démocratiques de 1820 avaient gardé les Oratoriens dans le palais des Necessidades, don Pédro les oblige à évacuer sur-le-champ cette habitation. Avec une inexpérience qui accuse encore plus d'irréflexion dans le caractère que de vices dans l'âme, ce prince essaie de jouer le rôle de libérateur. Il a fait ouvrir aux voleurs et aux assassins les portes des prisons. Ces misérables , encouragés par les désordres dont ils sont témoins, excités par les vœux impies qui retentissent à leurs oreilles, se mettent à investir les églises et les couvents. Ils égorgent, ils pillent, ils plongent dans les cachots tous les prêtres qu'on désigne à leur vengeance.
Malgré les loyales assurances que les ducs de Tercère et de Palmella avaient données, les Jésuites couraient encore plus de dangers que les autres Religieux , lorsqu'un jeune Anglais, M. Yvers, se dévoue pour les sauver. Dans cette révolution de Portugal les Anglais jouaient le premier rôle : ils durent en retirer les plus grands bénéfices. Yvers avait si chaudement épousé la cause des Pères de la Compagnie qu'il mit dans leurs intérêts . les officiers de la marine britannique, et, avec autant de courage que d'adresse, il réussit à arracher plusieurs enfants de saint Ignace à une mort certaine. Yvers ne put veiller sur tous : ceux de Coïmbre dont le Père Mallet était Supérieur, ne furent pas aussi heureux. Le gouvernement constitutionnel se montrait hostile à la Société de Jésus. Don Pédro n'avait pu l'amener à servir ses intérêts par une lâche trabison ; il espéra que les menaces produiraient plus d'effet que les séductions. Les Jésuites restaieni inébranlables dans leur devoir. À Coïmbre, sous le coup de la terreur et de l'occupation à main armée, ils se livraientà leurs travaux habituels, enseignant la jeunesse, visitant les malades et les hôp lanx, essayant par leurs sages avis de faire descendre la paix sir cette terre désolée. L'influence que la prière et l'autorité de 11 vertu donnaient à quelques pauvres prêtres français contre-carrait tous les plans des Libéraux. Ils avaient rêvé qu'il leur serait facile
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 269 de détacher le Portugal du lien qui unissait le royaume très-fidèle au Siége de saint Pierre. Tout était dirigé dans ce sens. On appelait les Moines et les Séculiers à l'indépendance , on éveillait l'ambition des uns, les convoitises des autres; mais l'exemple des Jésuites était un obstacle à tant d'innovations. Don Pédro prend le parti de les expulser. Le 24 mai 1834, il remet en vigueur tous les édits du marquis de Pombal. Son décret est ainsi libellé :
« Le duc de Bragance, au nom de la reine, dûment informé que quelques membres de la Compagnie de Jésus étaient venus dans ce royaume au temps de la domination de l’usurpateur, et que, forts de la faveur des circonstances ils avaient conçu le projet téméraire d'y rétablir la Société éteinte par les nombreux et puissants motifs que dut prendre en considération le seigneur Roi don Joseph [°" ; étant certain d'ailleurs que ces individus, se confiant dans l'appui que devait espérer d'eux la cause de l'usurpateur, qui est la cause de l'ignorance et du fanatisme , obtiendraient facilement le but qu'ils se proposaient, ce qui est arrivé de fait, ayant obtenu du gouvernement intrus l’ampliation nulle et non avenue de la bulle du Saint Père Pie VIL qui commence Sollicitudo omnium Ecclesiarum, daté du 20 août 1814; étant malheureusement de plus de notoriété publique que les susdits Religieux se sont montrés fidèles aux principes de la Compagnie dont ils font partie, Sa Majesté Impériale ordonne que le corrégidor de la Municipalité de Coïmbre intime à tous les membres de la Compagnie qui se trouvent dans la ville l'ordre d'en sortir immédiatement. Il leur donnera leur itinéraire, et dans le plus bref délai ils se présenteront à la secrétairerie d'Etat. Là, on pourvoira au moyen de les embarquer pour l'extérieur du royaume et de ses domaines. Bien entendu que, dans le cas de contravention, le gouvernement de Sa Majesté Impériale usera à l'égard desdits Religieux de la sévérité qu'ils ont méritée par leur audacieux et criminel projet. »
Cet édit, dans lequel les dates ne sont pas plus respectées que la raison et la vérité, fut signifié aux Jésuites. On les arréta, on les mit à la disposition de don Pédro, on les traîna, comme des malfaiteurs, de prison en prison. Dans un espace de quarante
lieues de Coïmbre à Lisbonne, ils marchôrent 4 pied sous un so- Jeil brûlant, au milieu d'une grande offluence de Chrétiens implorcnt à genoux leur bénédiction et entre deux haies de soldats qui plus d’une fois mélèrent leurs larmes à celles de la foule, Quelques mois auparavant ils avaient parcou:u cette même route ; alors on jetait sur leur passage des fleurs et des branches d’oranger. Maintenant, proscrits sans avoir combattu, ils recueillaier! le cri de regret qui s’échappait de tous les cœurs. Cette ovation faite à des vaincus était un mauvais symptôme pour les idées novatrices. Les Jésuites dans les fers avaient été salués comme des martyrs; à l'approche de la capitale, on crut utile d'organiser la contre-partie du triomphe. Le peuple les accueillait avec un douloureux respect ; on enjoignit à la populace de se porter à leur rencontre, et, par des huées sans fin, de leur faire expier ces démonstrations de pieuse gratitude. L'ordre fut exécuté ; les J£suites arrivèrent sous le coup des menaces et des outrages. Ils étaient Français; le baron Mortier, ambassadeur de Louis-Philippe à Lisbonne ne consentit pas à les laisser servir de jouet à cette tourbe de libéraux mercenaires, enrégimentés par l’ancien empereur du Brésil. On entraînait les Pères vers la capitale pour diriger contre eux un mouvement et pour les offrir peut-être en holocauste aux excès démagogiques. Le baron Mortier s'oppose à ce plan; il réclame, au nom de la France, les enfants de saint Ignace. Sa fermeté leur sauva la vie. Il y avait non loin de Lisbonne une prison célèbre dans les annales de la Compagnie. C'était la tour de Saint-Julien, où, sous Pombal, tant de Pères se vivent mourir dans le dénûment le plus absolu. On déposa leurs sucresseurs à cette même tour ; mais l’active vigilance du baron Mortier et l'appui de M. Guizot ne leur firent pas défaut. Le nouveau gouvernement portugais cherchait à les garder en apprentissage de martyre; peu de mois après, il fut forcé de les rendre à la liberté.
TE | Te. # } M 1 lats CHAPITRE VI.
ile, te ; à La Compagnie de Jésus reprend ses Missions au-delà des iners. — Reproches qui | «flui sont'adressés, = Elle ne veut pas créer de Clergé indigène? — Ses motifs, — | in- Elle cherche partout à établir la liturgie romaine au préjudice des autres +. — | er Les Jésuites américains retournent dans leur patrie après la suppressic:: ? Père Jo! roll, Washingion et Franklin. — Le Jésuite fuit reconn:1i:t 1, :. lon berté ux Etats-Unis, — 11 est nummé premier Evêque de Tire, h0- L lu Père Lévnard Neale au Général des Jésuites &:: Russie. Le i évieur des Missions en Amérique. — Le Collége de Gvor.. mé pesto s de la position des Jésuites. — Les Américains ct les idées ni religieu rotestantisme encourage les Missionnaires catholiques. — Le Père Grassi Supérieur. — Le Père Kohimann et le secret de la confession, — ]1 vec estfraduit devant la Cour suprôme de justice, — Défense du Jésuile. = 11 fait à triompher la discrétion sacerdotale, — Le Collége de Georgestown érigé en Uni- . ) j versité, — Mort de Carroll et de Neale, — Six frères dans la Compagnie, — Ses ces û Progrés, — Les sauvages demandent des Robes-Noires.— Les Nègres de la Ja- 14 maïque fout entendre le même vœu. — Guillaume Du Bourg, Évèque de la Nouve” velle-Orléans , et les Jésuites, — Le Père Van Quickenborn part avec des Novices Ils | belges pour le Missouri. — Vau Quickenborn fonde des Résidences et un Collége. L f. #1 — Excursion dans l’intérieur des terres, — Les Jésuites d’abord n’osent pas se hi 4 livrer à leur zèle apostolique dans les tribus sauvages. — Causes de leur retard, —
t à P Les Colléges périclitent faute d'argent. — Les Jésuites refusent de toucher à Ja ; 1 subvention universitaire que la lui les oblige de recevoir, = Expulsion du Père i l Kelly, — Le choléra aux Etats-Unis, — Les Jésuites et tes Sœurs de la Charité, — À Le Père Marc-Elroy à Frederick-city. — Ses fondations, — Marc-Elroy apaise ur À une sédition d'ouvriers irlandais, — Les Jésuites répandus dans les Elais de 4 l'Union. — Leurs travaux, — Leurs succès, — Îls essaient de civiliser les sauvages
b par l'éducation, — Van Quickenborn au pays des Kickapoas. — Comparaison que à font les Indiens entre les Jésuites et les ministres anglicans, — Mort de Van À Quickenborn, — Le Père Hélias chez les Osages. — Le Père Hooker chez les Po-
; towatomies. — 11 se fait médecin et archilecte. — Les présidents de l'Union favo-
Se= risent les Pères. — Les tribus de VOrégon veulent les Robes Noires, —Le Père Lu de Smet part pour le pays des Tétes-Plaies, — Réception qui lui est faite, — Le
Père Point. — Réduction de Sainte-Morie, — Vie des Jésuites aux Montagnes- pe se Rocheuses. … Le Père Larkin à l'anniversaire de l’indépendance américaine, — Le Jésuite prèche devant l'armée el les magistrats des Etats-Unis. — Les Pères à rs ÿ la Jamaïque, — Ils arrivent au Mexique.— Leur proscription.— Le Père Arrillaga on | au Sénat. — Le Général Santa Anna les rappelle, — Mission de Syrie, — Le roi 4 Othon et les Jésuites. — Le Père Franco à Syra. — Obstacles qui naissent, — Le u- % Père E‘ariehet à Beyrouth. — Les Jésuites ne veulent pas renoncer à la protection
de la France, —Les Catholiques de Calcutta demandent des Jésuites au Pape. — % Le Père Sain(-Léger y installe les Missionnaires, — Commencement de la Misre LA sion.— Les mauvais prètres repoussés par les Anglicans, qui ne veulent plus Fs avoir affaire qu'aux Jésuites. — Création du Collége de Saint-François-Xavier à
74 Calculta, -— Les Evéques secondent les Pères. — Un Prince indien, Babou-Seol,
L fonde un Collége indien pour les Jésuites. — Conditions qu'il y met. — Les Jésuites acceptent de faire l'éducation des Gentils. — Inauguration du Collége-
Seal, — Les enfants de saint Ignace et les magistrats Anglais. — Mort des Pères
Moré, Erwin et Weld, — ]nfraction aux coutuines indiennes, — Les Jésuites per-
dent leur Collége indien. — Développement des Missions. — Les Jésuites à Mada-
gascar.-—La République Argentine sollicite des Jésuites pour instruire la jeu-
nesse, -—, Elle décrète leur rétablissement, — Les Jésuites refusent de soutenir la
politique de Rosas, — Rosas les force à sortir de Buenos-Ayres, —1]]s s’ouyrent le