‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 2)Chapitre 45 sur 62 · DR NE RD MEL RE SSD PR PRES · texte numérisé non relu

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vide. L'abime murmure doucement : Venez à ut que craignezvous ? Ne voyez-vous pas que je ne suis rien...

Puis;“dans la sixième leçon, s'adressant aux Jésuites: : « Vous avez quarante mille chaires que vous faites parler de gré ou de force. Vous avez cent mille confessionnaux d'où vous remuez la famille; vous tenez dans la main ce qui est la base de la famille ; vous tenez la mère : l'enfant n'est qu'un accessoire. Et que ferait le pére quand elle rentre éperdue, qu’elle se jette en ses bras en criant : « Je suis damnée! » Vous êtes sûrs que le lendemain il vous livrera son fils. Vingt mille enfants dans vos petits Séminaires, deux cent mille tout-à-l'heure dans les écoles que vous gonvernez ! des millions de femmes qui n'agissent que par vous! »

Tels étaient les leçons que l'Etat laissait donner. à-la jeuner.… catholique du royaume. M. Quinet, de son côté, et dans le même temps, s'attaquait systématiquement à la Compagnie de Jésus. En s'appuyant sur des textes tronqués, défigurés ou falsifiés, il instruisait le procès des Exercices de saint Ignace

“et des Constitutions : la vie morale, spirituelle, affirmait-il ?,

est tarie dans cette loi. Feuilletez-la' de bonne foi, sans arrièrepensée; demandez-vous, si vous le voulez, à chaque page, si c'est la parole de Dieu qui sert de fondement à cet échafzudage. Pour que cela fût, il faudrait au moins que le nom de PF : fût

prononcé, et j'atteste que c’est celui qui y paraît le nh -e-

ment 3. Le fondateur se fie beaucoup .aux combinaisons mndustrieuses, très-peu aux ressources de l’âme, et dans ceite règle de la Société de Jésus, tout se trouve, excepté la confiance dans la parole et le nom de Jésus-Christ. »

” Pascal avait altéré les textes des casui:tes. de la Compagnie et proluit un ouvrage plein de merveilleuse malice. M. Quinet es-

‘ Des Jésuites, p. 1409.

2 Jbidem, p. 497.

3 Cette accusation a quelque chose de matériel qui permet de la saisir et F7 répondre. Les éditeurs de la nouvulle treduction des Constitutivns de l'Ordre de Jésus, publiée chez Paulin (Paris, 4842), sont les adversaires des Jésuites, el néanmoins ils avouent, à la page 470, que le nom de Diew revient plus décing'cents fois dans les’ Constitutions. Or,'dans l'édition de Prague de 4787, les mêmes Constitutions, avec l'examen général qui les précède, sont renfermées dans cent quarante huit pages, d’où il résulle que le nom de Dieu se Lrouve à peu près répété quatre ou cinq fois dans chaque page,

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saya de s'atteler au même char; mais, pour:se faire pardonner ces supercheries, il' fallait le. génie et l'esprit des Pr'ovinciales. Par malheur, M. Quinet n'eut que la bonne volonté. « Jeivois, professait-il dans sa sixième leçon ‘, de longues ordonnance, sur la philosophie. Je suis curieux de: savoir ce que peut être la philosophie du. Jésuitisme.. Ce qui brille dans ce programme ? et ce qu'on ne peut y faire entrer, c'est l'habileté à éloigner tous les grands sujets pour ne maintenir que les petits. Devine-

riez-vous jamais de qui d’abord il est défendu de parler dans la * Des Jésuites, p.265.

2 Les orduunances dont M. Quinet a tiré un si étrange parti ont été étudiées par nous avec autant de soin que les faits eux-mêmes; il ne nous sera donc pas difil-

‘ ale de redresser les erreurs du docte Universitaire.

Quelques Pères de la Société s'étaient plaints dans les viris et rx° Congrégations Générales que plusieurs-régents de philosophic: s’écartaient de leurs programmes, soit en traitant certains sujets du domaine théologique, soit en perdant le temps à établir des discussions oiseuses sur des subtilités'et des arguties de l’école. La Compagnie de Jésus n’était pas si tolérante que.le Collége de France; elle. ne laissait pas à ses professeurs le droit de vagabondage ; elle voulait que chacun se reuferinât dans le plan. mènie de son cours) afin que-tout tendit au but conmun. La ixe Congrégation, tenuco. en 4649, invite le Père Piccolomini, qui vient d’être élu Général, à porter remède au mal en faisant rentrer les maitres dans les limites de leur pragraume. Piccolomini, en 4654, adressa aux Supérieurs l'ordonnance que M. Quinet dénature. Elle ést insérée dans l’Institut à la suite du Ratio studiorun, et nouë devons montrer de quelle tranière M. Quinet en a abusé.

Ces paroles : Quæstiones de Déo. :. prætereantur, sout extraites de la règle il du professeur de philosophie (Instit. Soc. Jes., t. 11, p.494), et au lieu de celte formule presque athée : Les questions touchant Dieu doivent étre omises, dont l'Universitaire éclectique se fait une arme, on lit sur le texte original : « Dan: la métaphysique, en traitant de Lieu et des intelligences, il faut passer les que one qui: dépendent en tout ou en grande partie de la révélation. »

Quant à l'accusation de ne pas permettre qu'on s’arréte à l’idée de l’Etre plus de trois ou quatre jours, M. Quinet s’est servi du mème procédé de soustraction. Dans l'ordonnance du Père Piccolomini, on ne trouve pas idea ÆEntis, l'idée de l'Etre seulement, mais l’Etre de raison, Ens rationis, ce qui cousliiue la plutnotable de toutes les différences; car l'Etre c'est Dieu, et l’Etre: de raison est une de ces subtilités scolastiques dont s’cccupaient les philosophes du moyen âge.

Le texte relatif au silence sur la pensée de la subslanre a été soumis aux mèmes mutilations que les précédents. Nous le rétablissons en entier : « Que ies professeurs ne parlent pas de la substance ou Etre surnaturel, De substuntid vel Ente supernaturali, lorsqu'ils expliqueront le prédicament de la subslance. »

Dans le langage de l'Ecole, ce mot prédicament a le mème sens que celui de ce= tégorie,

a dernibre recommandation de Piccolomini relative aux principes n'a pas dé plus heureuse sous la plume de M. Quinet. On lit dans l'ordonnance :.« Que le préfet des études preune garde qu’à l'uccasion des principes des causes, les professeurs n’eutreut dans.lu question des principes et des processions divines, » Cest tout simplement défendre eux régents de philosophie naturelle de s’immiscer dans les questions thévlogiques.et-suruaturelles qui regardent la Sainte-Trinité, Toutes les autres cilations de M. Quinet reposent sur la mème base, Elles rentrent dans ce préceple général qui oblige les professeurs de philosophie à ne pas empicler sur le dumaine de la théologie : « Ne ad ea tractandu REARRNE quæ theolo: gici énstiluti propria sunt. »

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