‹ Histoire religieuse, politique, et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 3)Chapitre 20 sur 76 · EE · texte numérisé non relu

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152 HISTOIRE à chercher une gloire humaine qui, dès lors qu’elle n’est point le fruit des bonnes actions, devient vaine et trompeuse et aboutit enfin à l'opprobre. Mais tout ce qu'il y a de grand dans la réputation et dans l'honneur sera vraiment digne de notre Institut, si, selon l'esprit de notre vocation, nous nous efforçons d'être utiles à tous les hommes et par les exemples d'une vertu non vulgaire, et par une doctrine solide, et par les ministères spirituels auxquels nos Constitutions nous appliquent. Aïnsi ce sera cette ombre, telle quelle, de gloire, qui s'attachera à ce que nous ferons de bien, et ce ne sera pas nous qui nous attacherons à cette ombre vaine.»

Le Père Roothaan ne se contente pas de cette appréciation des honneurs et du pouvoir au point de vue religieux. On a prétendu, on a répété que l'humilité des Jésuites, comme individus, était réelle, mais qu’ils ambitionnaient la gloire et l'influence pour leur Compagnie. Le Général développe ainsi son opinion devant les Pères de l'Institut. Sa pensée exprimée, c'est la pensée et la volonté de tous. « Je n'ignore pas, ajoute-t-il dans la même encyclique, combien cette accusation, si elle s'adresse à tous les membres de l'Ordre, est fausse, outrageante et inventée par ses ennemis pour le rendre lui-même

odieux. Cependant, si un seul des nôtres était animé de’

cet esprit de superbe, j'en serais profondément affligé ; et je craindrais, non sans quelque fondement, que la faute d'un seul ne devint funeste au corps entier! Quoi donc ! nos révérends Pères et très-chers Frères en Jésus- Christ, cette recherche de la gloire humaine qui serait un opprobre pour la Religion en particulier et qui apparaîtrait un crime devant Dieu, pourrait-on se persuader que, si c'est au nom de l'Institut qu'on s'y livre, elle deviendra légitime et un véritable amour de la Compa-

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 153 | gnie ? Si l'Église de Jésus-Christ, désignée elle-même sous le nom de Petit-Troupeau, doit, au dire du véné- il rable Bède, quel que soit le nombre des Fidèles, croître par l'humilité jusqu'à la fin du monde, et ne parvenir que par l'humilité au royaume des cieux, une Congréga- | | tion religieuse, qui n'est qu'une portion très-minime de {il l'Église, n'est-elle pas plus obligée de concevoir et d’en- dl trétenir de pareils sentiments, et, à plus forte raison en- | core, notre Institut, que le bienheureux Père saint Ignace | n'appelait ordinairement que la très-petite Compagnie de Jésus ?»

Quand les événements ont amené une nouvelle crise, le Père Boulanger, Provincial de Paris, mande, le 14 avril 1844, à chaque Supérieur sous ses ordres : «Tous nos Pères, Prédicateurs ou Missionnaires, se feront un devoir rigoureux d’éviter dans leurs discours tout ce qui pourrait avoir trait, de près ou de loin, à la politique, ne fût-ce que par la plus légère allusion. Si quelqu'un venait à manquer d’une manière quelconque à cette recommandation, regardez, mon révérend Père, comme.un de vos devoirs importants de m'en instruire aussitôt.»

La question de la liberté d'enseignement est pendante ; l'Université, les deux Chambres législatives et la presse y rattachent la question des Jésuites. Le Provincial s'expli- que en ces termes : « Nos Pères ne doivent jamais parler de la liberté d’enseignement ni dans leurs sermons ou conférences, ni dans les allocutions qu'ils auraient occasion d’adresser à quelques réunions d'hommes ou de femmes.» |

La politique des Jésuites est complétement mise à nu. Nous en saisissons l’ensemble au milieu de cette intimité où tout homme prudent se garderait bien de laisser pénétrer un autre homme. Ces lettres expliquent et com-

154 HISTOIRE mentent les moyens auxquels peut avoir recours un enfant de saint Ignace ; elles l’initient à la vie publique, aux soins du professorat et de la chaire. Elles le fortifient dans l'humilité comme Prêtre et surtout comme Jésuite; elles lui interdisent la tentation de se poser en martyr; elles l'invitent à la perfection tout en l’éloignant des manœuvres souvent légitimes que le monde emploie pour arriver au but de ses désirs. Cependant ce n'était pas sur de pareils documents que chaque jour l’on dressait réquisitoire contre les Jésuites. Ils suivaient à la lettre les avis et les ordres de leurs chefs, car les adversaires les plus partiaux de la Compagnie lui ont toujours plutôt fait un crime qu'un mérite de son aveugle obéissance. Avec de telles instructions pour guide, elle ne devait jamuis s’écarter de la voie droite. On ne connaissait pas ces instructions : on improvisa des Jésuites de fantaisie. On les rêva riches et omnipotents, parce qu’on ne desce dait pas dans leur vie. On imagine qu’ils allaient étre redoutables, parce qu'il était convenu de faire peur de ce fantôme. On les supposa mêlés à tous les événements, parce que, pour les besoins de la polémique quotidienne, il fallait inventer un mirage propre à entretenir la crédulité, tout en fomentant dans les masses la haine du prêtre.

Cette haine trouva bientôt un aliment. Les Évêques ne se dépuisaient pas qu'il était urgent de vivifier l'esprit des populations, qu’au sortir des bras de la terreur révolutionnaire on faisait tomber dans ceux de l’athéisme légal. Les divers ministères qui se succédérent rapidement au pouvoir semblaient, depuis 1815, se coaliser contre l’Église et la monarchie. Il fallait opposer un frein à ce débordement de passions; l'Épiscopa‘t eut recours aux Jésuites. Il pensa qu'eux seuls, par la sy:

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 155 vivacité de leur zèle et par la force même qu'ils empruntaient au levier de l'association, pouvaient ressusciter les merveilles des premiers temps de la Compagnie. On forma le projet de régénérer peu à peu la France par les Missions.

Le 4 août 1806, Portalis, dans un rapport à l’empereur Napoléon, disait : « Depuis 'ong-temps les Missions sont connues dans l’Église et elles y ont fait de grands biens.

» Les Pasteurs locaux n'ont pas toujours les moyens de s’accréditer dans leurs paroisses ; mais, indépendam ment de tout fait particulier, il résulte de la commune expérience qu’il est des désordres auxquels les Pasteur: ordinaires ne peuvent porter remède. Ces Pasteurs sont les hommes de tous les jours et de tous les instants ; on est accoutumé à les voir et à les entendre ; leurs discours et leurs conseils ne font plus la même impression. Un étranger qui survient et qui, par sa situation , se trouve en quelque sorte dégagé de tout intérêt humain et local, ramène plus aisément les esprits et les cœurs à la pratique des vertus. De là s’est introduit l'usage des Missions, qui ont produit, en différentes occurrences, des effets aussi heureux pour l'État que pour la Religion. »

À la suite de ce rapport, Portalis présentait l’abbé de Rauzan comme Supérieur des Missions, et l’'Empereur, avec sa haute pensée gouvernementale, s’empressait d’adhérer à tout ce que son Ministre des cultes lui proposait. Napoiéon avait pris les Missionnaires sous son égide; il les constituait les apôtres de la famille, il les couvrait de sa protection. Les Évêques s’imaginèrent que les petits-fils de Saint-Louis ne pouvaient pas refuser de marcher sur les traces chrétiennes d’un enfant de la Révolution. Ge fut de ce point qu’ils partirent. On ne

156 HISTOIRE demandait aux Jésuites que de sacrifier leur repos et leur vie pour l’accomplissement de cette œuvre jugée: nécessaire , et à laquelle se dévouaient déjà les Missionnaires de France, dont les abbés de Rauzan, Forbin de Janson et Fayet étaient les chefs, On exposait sans défense les disciples de saint Ignace aux moqueuses fureurs de l’incrédulité; on les compromettait, aux yeux de cette partie du peuple acceptant alors les journaux pour règle de sa foi et directeurs de l’opinion. Les Jésuites néanmoins ne se laissent pas intimider.

Ils savent qu'ils seront abandonnés par le gouverne-

ment ; ils n’ignorent pas que le bien tenté par eux leur sera toujours reproché comme un crime; mais, en présence de tant de périls, ils assument courageusement sur leurs têtes la plus large responsabilité. Ils se jettent en avant, et, à dater de 1818, un les voit parcourir les villes, instruire et convaincre du haut des chaires, planter la croix, ramener la paix dans les consciences, appeler au pardon des injures ainsi qu’à la réconciliation, et rapprocher des familles que les discordes intestines avaient depuis long-temps divisées. Cette œuvre, dans les circonstances où elle se présentait, avait quelque chose d’éminemment utile; elle pouvait porter d'heureux fruits, car le Libéralisme n’avait pas eu le temps d’infiltrer au cœur des provinces son ignorance égoiste et ses étroites préventions. Il était donc fondé à redouter ces adversaires, qui s'emparaient des multitudes par l'autorité de la parole, qui les dominaient par l'éloquence, qui popularisaient le repentir et la vertu. C'était une révolution au profit des idées de travail et d'amélioration sociale. L'Église remplaçait le club; les cantiques pieux succédaient aux chants lubriques ou sanguinaires ; la foule se pressait dans les temples; elle

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 157 accueillait avec joie ce retour vers le Christianisme. On dénatura le principe qui produisait d'aussi merveilleux résultats. Il importait d’opposer la force brutale à des démonstrations pacifiques; ce fut à Brest que l’on tenta la première résistance. Le 21 octobre 1819, k Courrier français annonça : « Ta Mission qui devait avoir lieu à Brest a avorté; les habitants préfèrent les inductions morales aux inductions jésuitiques. » Afin d’échauffer les esprits, on prétend que le Curé de la ville ne veut pas recevoir les enfants de Loyola. Des menaces sont proférées, des plans sont dressés pour faire échouer la Mission. Le Curé dément le refus qu’on lui attribue. On a dit que l’Évêque de Quimper est hostile aux Jésuites ; le Prélat accourt: il bénit leurs premiers travaux, et, le 24 octobre, les églises de Saint-Louis et de Notre-Damede-Reconvrance s'ouvrent .1 multitude qui se presse autour de la chaire. Cette affluence devenait inquiétante; les Constitutionnels se mettent en campagne pour expliquer de quelle manière ils entendent la liberté, Le Clergé ne cède pas aux injonctions du parti; "1 le confond dans l’anathème qui frappe les Jésuites. F’autorité municipale est méconnue et outragée jusqu’au moment où elle passe à l'émeute; alors on l’eniv:« de louanges.

C'était une tourbe de jeunes gens ou d'hommes étrangers au pays, qui dictaient la loi; leur nombre pouvait se constater à chaque heure; mais, sachant qu’ils seraient toujours forts contre la faiblesse, hardis contre l’indécision et la pusillanimité, ils poussèrent à la résistance. Le 25, l'Évêque de Quimper mande au Sous- Préfet : « Il est permis d’être surpris que, sous le gouvernement du Roi qui a donné une Charte pour assurer la liberté des cultes et qui a proclamé la Religion catholique la Religion de l’État, cette Religion ne puisse

158 HISTOIRE jouir à Brest de cette liberté. Je ne réclame que la protection de la loi et non sa sévérité. Ce n’est pas à moi de tracer aux autorités la manière de la faire respecter.» Le 27, il s'adresse au Maire pour déplorer cet attentat. L’émeute parcourt la ville en criant : Mort aux Jésuites! À bas le Christ et la Religion !

Les magistrats municipaux et les administrateurs civils avaient encouragé ces manifestations. La presse libérale les avait prédites d'avance; le ministère ne sut pas les réprimer. Les honnêtes gens de tous les partis se r'ésiunaient déjà à ce rôle passif, qui rend si audacieux les esprits turbulents. On baissait la tête devant :’insurrection, on en déplorait les résultats, et personne ne se levait pour agir contre elle. Cette inertie lui révéla sa puissance. Au nom d'une population qui souffrait en silence une pareille tyrannie, la révolte prononça que la France entière ne voulait pas de Missionnaires, et qu’il fallait les expulser de Brest. Son vœu fut un ordre. Le 28, les Jésuites s’éloignèrent. Le Libéralisme avait tenté un grand coup; la victoire lui restait; il comprit qu'il importait de lui donner tout le retentissement possible. Î! ameuta les révolutionnaires de Moriaix , qui, avec des chants obscènes entremélés de cris de : Vive la Charte! aceueillirent les Jésuites à leur passage.

Au dire du Moniteur, rien ne devait justifier ces tumultes; les paroles mêmes des Missionnaires ne pouvaient y servir de prétexte ; mais ces hypocrites lamentations offraient aux Libéraux la mesure de l'impéritie ou des comnivences secrètes du gouvernement. Ce premier suceës enmhardii leur témérité. Les villes de Bourges, de Nevers, Saint-Malo, Autun, Châälons-sur-Marne, Lisieux, Béle, Châlons-sur-Saône, Seurre, Mende, Coulonmiers, Craon, Seez, Alencon, Chinon, Beaugé, Laigle,

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 159 Orléans, Amiens, Le Puy, Avranches, Niort, Le Mans, Avignon, Aix, Bordeaux, Alby, Metz, Rennes, Cosne, La Charité, Issengeaux, Montauban, Clérac, Saumur, Besancon, Doué, Périgueux, Angers, Paimbœuf, Gaillac et Langres devinrent tour à tour le théâtre sur lequel les Jésuites firent éclater leur zèle. Parmi les Pères qui se vouaient ainsi à l’accomplissement d’une grande tâche, il y avait d’habiles orateurs, des hommes qui savaient remuer les multitudes et les enchaîiner au pied de l'autel. On remarquait dans leurs rangs Antoine Thomas, ancien docteur de Sorbonne et pendant vingt ans supérieur de Laval; Charles Gloriot, dont la vaste science et la riche imagination faisaient oublier les écarts de style. L'éloqueuce de Gloriot débordait avec tant d’impétuosité qu'il subjuguait ou terrassait ses auditeurs. Auprès de lui apparaissent Calliat, plus doux, plus fleuri; Louis Bouet, à la parole incisive; Louis Sellier, que l’originalité de son talent fait passer du sublime au trivial, et qui, plus admirable qu'imitable dans sa vie, électrise les populations; Nicolas Petit, l’homme qui éclaire par le raisonnement; Claude Besnoin, à esprit caustique; Charles Balandret, toujours onctueux et iustructif ;, Joseph Barelle et Maxime de Bussy, pleins de cet art de bien dire, qui entraîne par la force unie à l'adresse et au sentiment; les deux Chanon, auxquels le zèle donne des forces; Maxime de Causans, écrivain et prédicateur sur qui l'élégance exerce peut-être trop d'empire ; Étienne Mollet, Clément Boulanger et Pierre Chaignon. Chacun de ces Missionnaires avait un cachet individuel, un talent à part. Le Père Claude Guyon les absorba tous dans sa puissante individualité. Dct des Avantages qui constituent l’orateur véritablement populaire, beau et passionné, ardent et sensible, il faisait

tour à tour frémir et pleurer; on se pressait avec transport autour de sa chaire et de son confessionnal, car sa parole dominait les masses et provoquait le repentir dans les âmes.

Les fruits recueillis étaient abondants et incontestables; on en fit un crime aux Jésuites. À Vincennes, le Père Guyon avait évangélisé les troupes en garnison dans la forteresse; il leur avait parlé de Dieu et de leurs devoirs avec cette énergie qui convainc. A Bicêtre, d’autres Jésuites venaient le 24 juin 1824, conduits par l’Archevêque de Paris, faire descendre les consolations évangéliques sur la tête des infirmes, des vieillards et des coupables que la société retranche de son sein. Ils réveillaient les sentiments de Foi; ils répandaient sur la France entière les germes de Christianisme que la Révolution croyait avoir étouffés. Il y avait des villes où l’on assiégeait pendant la nuit les portes des églises, où l’on se précipitait sur les pas des Missionnaires , où l’on pleurait à leur départ, après avoir souvent maudit leur arrivée. Sans doute, dans ces transitions subites, il se rencontrait autant d'entraînement passager que de remords durables. Plusieurs oubliaient les engagements pris au pied de la croix ; mais, dans le cœur de ces multitudes vaincues par l’ascendant des Missionnaires, 1l sur: vait aux fêtes et aux enthousiasmes de la ferveur un principe de religion, dont le Clergé pouvait évoquer partout les traces et le souvenir. Le Missionnaire semait dans les exagérations calculées de son éloquence, c'était au Pasteur à moissonner.

Les soins de l'apostolat et de l’éducation, les travaux littéraires cu théologiques auxquels les Jésuites se livraient dans l’intérieur de leurs maisons, les outrages qui passaient au-dessus de leurs têtes sans les atteindre

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 161 pour aller saisir d’une béate stupéfaction les esprits forts de l’estaminet, n'empêchaient pas les Pères d’étudier la marche des idées, de s'appliquer à en seconder ou à en suspendre le progrès, selon qu'elles leur paraissaient utiles ou dangereuses. A peine née, la Compagnie de Jésus était, comme aux premiers jours de sa fondation, devenue un centre où le prêtre, le philosophe et le savant accouraient chercher la lumière. Les Jésuites la répandaient sur les uns, ils la recevaient des autres. Ils s’associaient au mouvement que la science imprimait à toutes les études, et ce fut alors qu’ils se virent engagés avec l'abbé de La Mennais dans une de ces discussions qu’il importe de juger sur pièces.

Dans ce temps-là, F'élicité de La Mennais était un vigoureux génie attaquant les ennemis du Catholicisme avec l’arme de l’éloquence et de la raison. Esprit lucide et passionné, cœur plein d’amour et de colère, l’écrivain breton cachait un caractère de fer sous une maladive enveloppe. Son opiniâtre dialectique, son ironie étincelante de verve, son style puissant li avaient en quelques années conquis une célébrité dont l'humble candeur du prêtre faisait hommage à l'Église. L’abbé de La Mennais défendait les Jésuites, parce que leur cause était juste; il les aimait, parce qu'il hu avait été donné de les voir de près. Lorsque le système philosophique présenté par lui dans le deuxième volume de l’Indifférence en matière de Religion eut engendré la discorde parmi les théologiens, quelques nuages ne tardèrent point à altérer la bonne harmonie existant entre les disciples de saint Ignace et le T'ertullien du dixneuvième siècle. Les questions qu'il sonlerait lui attirèrent des panégyristes et des censcurs. Les uns le saluèrvnt comme un dernier Père de l'Église, les autres VI. Al

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