EE AG RE A PER A SELS ER ELEE
ss és
mem
EE
qe - miss
le critiquèrent avec des paroles dont la fraternité sacerdotale et le respect dû à un immense talent auraient pu modérer l’acrimonie. Dans ce combat, qui prépara si tristement la chute de La Mennais, il y eut de graves torts à reprocher aux deux partis. L'écrivain se portait le défenseur le plus absolu de l'autorité. Avec un ton impérieusement dogmatique, avec une ha:teur dédaigneuse, il citait à son tribunal, il jugeait sans recours les écoles anciennes et modernes. Il substituait sa propre raison individuelle au sentiment presque universel de l'Église.
Ce système comptait de nombreux partisans; il en fit surgir même autour des Jésuites. Dans leurs maisons, dans les Séminaires et même dans le monde, on rétrograda tout d’un coup vers ces époques où la scolastique tenait les esprits attentifs et surexcitait les intelligences. Une pareille situation offrait plus d’un danger. Le Père Richardot, provincial de France, prit des mesures pour les conjurer : il interdit les controverses publiques sur ces matières, et le 12 octobre 1821, le Père Rozaven lui écrivait de Rome : |
« Vous avez parfaitement fait de supprimer les thèses où l’on combattait le système de M. de La Mennais. Outre qu’il ne nous convient en aucune manière de nous déclarer contre un homme justement célèbre, et à qui la Religion a des obligations, c’est un fort mauvais moyen pour faire triompher la vérité. Les disputes ne font que piquer et aigrir les esprits. Des discussions pacifiques où l’on ménage l'amour propre et la délicatesse sont des moyens plus sûrs. Il faut réserver toute sa chaleur pouï combattre les ennemis de la Religion et de l’Église. — Vous me demandez ce que je pense de la défense de l'Essmi; je vous avoue, entre nous, que je
n’en su
un prir l'a pas il est ci pas, ce mais, d des con Dans ce de si fac sans s’en je lis ce disputer contre | prouver nomie ; | peindre l'éloge d ce mond digue et pas moir — Je tra controvei discuter :
que j'env je crois, méthode.
C'était que l’Assis dressant :
voulait co toises, il l’auteur d stitut dan
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 163 n’en suis pas satisfait, [| me paraît que tout porte sur un principe faux, M. de La Mennais se plaint qu’on ne l'a pas compris, et il a raison jusqu’à un certain point ; il est certain qu'on lui attribue des sentiments qu’il n’a pas, ce qui lui donne lieu de se défendre avec avantage ; mais, de son côté, il tire des principes de ses adversaires des conséquences qui ne suivent pas de ces principes. Dans ces matières de pure métaphysique, il n’y a rien de si facile, je dirai de si commun, que de se disputer sans s'entendre, On a tort et raison des deux côtés. Quand je lis ces sortes d'ouvrages, il me semble entendre se disputer un avare et un prodigue. Le premier déclame contre les funestes suites de la prodipalité, et s'étend à prouver la nécessité et les avantages d’une sage économie; le second a un champ non moins vaste pour dépeindre l’avarice dans toute sa laideur et pour faire l'éloge de la générosité et du détachement des biens de ce monde. L’avare a parfaitement raison contre le prodigue et le prodigue contre l'avare; mais l’un n’en a pas moins tort d'être avare et l’autre d’être prodigue. — Je travaille, pour mon propre usage, à réduire cette controverse à quelques points précis, que l’on puisse discuter sans s’écarter à droite ou à gauche, et je pense que j'enverrai mes réflexions à M. de La Mennais, qui, je crois, ne viendra pas à bout de renverser l’ancienne méthode. »
C'était en ces termes pleins d’atticisme conciliateur
que l'Assistant des Jésuites à Rome s’exprimait en s’a-
dressant au Provincial de Paris. Le Père de Rozaven voulait combattre l’erreur involontaire à armes courtoises, il désirait surtout qu’on respectät la gloire de l’auteur de l'Indifférence. Ta ligne des Pères de l’Institut dans cette polémique était tracée; ils ne s’en
RCE EME UE CŒLELTES LE SMITE
164 HISTOIRE écartèrent qu'une fois T’agitation se perpétuait; les esprits s’échauffaient au dehors, et la paix intérieure de la Compronie était menacée, lorsque, à l’insu des chefs de l'Ordre, le professeur de philosophie du petit Séminaire de Forcalquier fit soutenir publiquement par ses élèves, à la fin de l’année scolaire de 1822, une thèse en faveur des théories de l’abbé de La Mennais. Le 18 janvier 1823, le Père Rozaven se plaint à Richardot de cette infraction : « Nous étions convenus, lui mande-t-il, et vous me l’avez promis dans une de vos lettres, que vous ne permettriez ni d'attaquer ni de soutenir ce système dans les thèses publiques, et c'est évidemment le parti que dicte la prudence. Permettre à qui voudra d'attaquer et à qui voudra de défendre un système que l'on dit fondamantal, ce serait introduire dans la Compagnie la diversité de doctrine, contre nos Constitutions et contre la volonté si souvent manifeste de notre saint fondateur. Permettre seulement de défendre et ne pas permettre d'attaquer, ce serait annoncer au publJic que la Compagnie adopte cette doctrine, ce qui assurément n’est pas et, je l’espère, ne sera jamais; car, au surplus, je désapprouverais également qu’on attaquàt, pour la même raison, savoir, parce que des thèses ne doivent contenir que des doctrines reçues, et combattre que des doctrines rejetées par la Compagnie. »
De pareilles imprudences étaient trop opposées à l’attitude prise par les Jésuites pour qu'il fût possible de les tolérer. Elles pouvaient se renouveler en sens contraire; le Général Louis Fortis crut qu’il importait d'y mettre un terme. D'accord avec ses Assistants et s’appuyant sur plusieuis règles de saint Ignace ainsi que sur le décret 41° de la cinquième Congrégation générale, il fit défense d’enseigner ou de combattre les doctrines
te
du théo Fortis d n'entre de con semblab perdent putation nous ju, nos écol prouvée.
fession d » Nou Descarte dons les suivons | les et qi Descarte
deux doc attachées parmi les phe aussi
Cette venait pa bation p:
il essaie d il a plusi enfants d étaient si se trouva
L’écrivai mettait e
son systèt habitué à
DE LA COMPAGNIE DE JESUS, 165 du théologien novateur. « Il est bien entendu, ajoutait Fortis dans cette encycliqne du 4 octobre 1823, qu'il n'entre nullement dans notre intention de censurer et de condamner aucune de ces propositions ou autres semblables, ou de vouloir que ceux qui les soutiennent
perdent aux yeux des nôtres quelque ‘' e de leur réputation de piété et d’attachement loion. Mais nous jugeons qu'il ne convient pa ver dans nos écoles ces propositions avant qu’: ivnt été ap-
prouvées par celui à l'autorité duquel nous faisons profession de rendre une entière soumission d’esprit.
» Nous ne nous donnons pas pour les disciples de Descartes ou d’aucun autre philosophe. Nous ne défendons le système d’aucun d’eux en particulier ; mais nous suivons les principes qui sont communs à toutes les écoles et qui étaient soutenus communément avant que Descartes vint au monde. Nous reconnaissons cependant deux docteurs auxquels nos écoles se font gloire d’être attachées : saint Thomas, dont l'autorité est si grande parmi les docteurs chrétiens, et saint Augustin, philosophe aussi subtil que profond théologien. »
Cette réserve si énergiquement recommandée ne convenait pas à l'abbé de La Mennais. Il sent que Papprobation patente de l’Institut sera un triomphe pour lui : il essaie de l'obtenir. L'année suivante il se rend à Rome; il a plusieurs conférences avec le Père Rozaven. Ces deux enfants de la Bretagne, dont la situation et le caractère étaient si opposés, mais qui, par une mutuelle estime, se trouvaient amenés à s’hororer, ne purent s'entendre. L’écrivaiff professait le culte de l'autorité, le Jésuite le mettait en pratique; l’un ne voyait de vérité que dans son système, il limposait avec inflexibilité; l’autre, plus habitué à l'obéissance, faisait part de ses doutes et se
ie ms ee