‹ Histoire religieuse, politique, et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 3)Chapitre 33 sur 76 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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256 RISTOIRE siastiques pris parmi ceux que possédait alors en si grand nombre l’église de France. C’est aussi un fait que depuis ce Roi jusqu’à Louis XVIIT, qui remit sa famille en possession du trône de France, les Souverains intervinrent toujours avec leurs ordonnances dans l'érection des petits Séminaires. Les Évêques, de leur côté, nonseulement ne s’opposèrent jamais à l'intervention de l’autorité royale en pareils cas, mais ils l’invoquaient au contraire, la jugeant nécessaire pour conserver l’enseignement des petits Séminaires indépendant de Ja juridiction de l’Université. Cette longue possession dans laquelle était la puissance laïque d'intervenir pour l’établissement des petits Séminaires, et, de la part des Évêques, la reconnaissance du bon droit de cette même puissance, me semblent dignes de beaucoup d'attention. » Maintenant pour la première fois les Évêques ont senti la nécessité de réclamer contre le principe admis jusqu'ici par l’autorité laïque touchant les petits Séminaires, savoir, qu'ils ne peuvent exister sans son bon plaisir. La réclamation est certainement juste ei fondée sur les bonnes maximes; mais malheureusement cette réclamation est dominée par une contradiction évidente qui la vicie:en effet la doctrine des Évêques développée dans le Mémoire, et précisément dans le paragraphe qui commence: — l’une et l’autre ordonnance, — jusqu’à ces mots: — avec quelque précision, — reste pour le moins beaucoup affaiblie par l'exposition des droits qu’ils accordent au prince dans le paragraphe qui vient après celui que j'ai indiqué, lequel commence par ces mots : Que le prince, — où ils disent en propres termes, qu’au Souverain appartient le droit d'inspection et la surveillance nécessaire sur les écoles ecclésiastiques, pour assurer l'ordre public, empêcher les transgressions des

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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 257 lois et maintenir les droits et l'honneur de la souveraineté. Il me paraît que ces Prélats, en admettant un tel principe, ont ruiné leur cause d’une manière irréparable, puisque le Roi peut maintenant faire tomber toutes leurs remontrances avec ce raisonnement très-simple : Vous admettez que c’est à moi de surveiller les écoles ecclésiastiques pour empêcher la transgression des lois; mais j’ai remarqué que la manière dont étaient organisées les écoles secondaires dites petits Séminaires était équivalente à une véritable transgression des lois qui sont en vigueur dans le Royaume : donc j'ai dû les réformer.

» Ainsi Votre Éminence voit que, d’après la doctrine établie par les Évêques, toute la controverse peut maintenant se réduire, de la part de la puissance laïque, à une pure question de fait, savoir, si la manière dont sont réglés les petits Séminaires est ou n’est pas contraire aux lois. Or chacun sait que, dans ces questions de fait, le Souverain a toujours beaucoup d’avantages sur des sujets; et puis comment en proposer, et comment en obtenir même un simple examen? La ré-clamation des Évèques aurait pu être plus forte et leur raisonnement plus serré s'ils s’étaient appuyés sur le texte du Concile de Trente. Si, avant de présenter leur travail, ils me l'avaient communiqué, je n’aurais pas manqué de leur faire goûter mes observations, et je les aurais également priés de ne pas prononcer le terrible non possumus, pour éviter aussi de se mettre dans une position fausse, d’où ils n’auraient pu ensuite sortir sans compromettre leur honneur. Mais la chose est faite, et ces Français, Dieu les bénisse! aiment peu la discussion; ils commencent par agir, et ensuite ils réfléchissent.

» Quant à nous, il convient de ne pas perdre de vue

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