CHAPITRE V
Les Jésuites à Rome. — Leur expulsion de Russie devient le salut de la Compa-
quie, — Caractère de Fortis, — Ses premières mesures, — Les Jésuites rappelés dans le Piémont et la Sardaigne, — Révolution de Piémont, — Victor-Emmanuel abdique. — Charles-Félix roi, — 11 connaît les projets des Carbonari, — Sa fermeté les déjoue., — Les Pères Roothaan et Manera à Turin. — Le Père Grassi confesseur du monarque, — Charles-Albert et les Jésuites. — Les nouveaux Colléges et le palais de la Reine à Gênes. — Intrigues pour perdre la Compagnie. — Mort de Pie VIE. — Le Conclave de 1823, — Le cardinal della Genga est élu pape sous le nom de Léon NU, —Frayeurs des Jésuites à la nouvelle de cette élection, — Le Père Rozaven ne partage pas ces craintes. — Léon XI rend aux Jésuites le Collége Romain, — Portrait de Léon NU, — 11 protége la Compagnie, — Le Père Ricasoli est chargé par lui de l'éducation de ses neveux, — Jésuites qui refusent l'épiscopat. — Le comte Michel Szezytt au noviciat.— Mort de Fortis et du Pape. — Congrégation générale, — Le Père Jean Roothaan est nommé Général de la Société, — Pie VIE et les Jésuites. — Caractère de Roothaan, — Les révolutions en Europe provoquent l'insurrection en Italie, — Ses premiers efforts tournent contre les Jésuites, — Le Conclave choisit le cardinal Capellari pour Souverain Pontife, — Portrait de Grégoire NVE —- Les Jésuites, par ordre du cardinal Zurla, donnent les exercices de saint Ignace à tous Îles religieux de Rome. —- L'insurreciion les chasse de leurs colléges, — Ils y rentrent, — La Propagande les charge du Collége Urbain. — Le choléra aux portes de Rome. — Calomnies contre le Pape et les Romains, — Précautions prises par le gouvernement pontifical. — Le peuple de Rome et les processions, — Trauslation de l’image de sainte Marie-Majeure au Gésu.— Le choléra se déclare, — Les Jésuites pendant le fléau. — Grégoire XVE et les orphelins, — Le Père Roothaan membre de la commission supérieure pour répartir les secours, — Le cardinal Odescalchi renonce à la pourpre et entre au uoviciat des Jésuites de Vérone, — Sa lettre au Général le jour même où il revêt l'habit de l'Ordre. — Mort du Père Odescalchi, — Encyclique du Général pour l'année séculaire. — Les Jésuites rentrent à Venise, — Les habitants de l’île de Malte demandent des Pères au gouvernement anglais, —
Lord Stanley seconde leur vœu. — Les Jésuites en Sicile, — Ils sont médiateurs
entre les partis. — Leur attitude à Naples. — Les Jésuites rappelés en Espagne. — Le Père de Zuniga provincial. — Ou leur restitue les biens non aliénés, — Le Collége Impérial de Madrid. — Leur succès, — La révolution de 1820 proscrit la Compagnie. — Fondation du collége militaire de Ségovie. — Son Et, — Mort de Ferdinand VIE — Premiers symptômes de guerre civile. — On accuse les Jésuites d'être hostiles au gouvernement constitutionnel, — Pour exciter le peuple contre eux, on répand le bruit qu'ils ont empoisonné les fontaines. — L'émeute chez les Pères, — Massacre des Jésuites de Madrid, — Le Père Munoz, sauvé par les assassins, protége les autres enfants de saint Ignace, — Le pouvoir constitutionnel en face du crime autorisé, — Les Cortès suppriment la Compagnie. — La maison de Loyola survit à la destruction, — Les Jésuites et les Carlistes, — Dou Miguel en Portugal, — Rappel de la Compagnie. — Le Père Delvaux y conduit quelques Pères français, — Timidité du gouvernement vaincue par le cardinal Justiniani. — Succès de leurs prédications, — La petite-fille de Pombal et les Jésuites. — Don Miguel leur restitue le célèbre Collége de Coïmbre, — Marche
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h | | 278 HISTOIRE 4 triomphale des Pères dans la province de Beira, — Le Père Delvaux au tombeau di de Pombal, — Les Jésuites à Coimbre, — L'armée de don Pedro, — La guerre 44 civile et le choléra, — Politique et dévouement des Pères, — Don Pedro tâche | | d'attirer les Jésuites dans son parti, — Propositions peu constitutionnelles de ce Û prince. — Don Miguel évacue Lisbonne, — La révolution y règne par l'émeute. — h Les Jésuites sauvés par un Anglais, — Nouveau décret de proscription contre l l l'Iustitut, — Les Jésuites de Coimbre à la Tour Saint-Julien, — Le baron Mortier
[hi : les délivre.
Nous avons dit de quelle manière l'Institut de Loyola avait pu, en 1820, au moment de la Congrégation générale, échapper à une crise; cependant le péril, quoique + ajourné, n’en paraissait pas moins imminent aux esprits dont la prévoyance ne se laissait pas éblouir. Il existait au siége mème de la Compagnie des éléments de dissolution. Ils s'étaient produits dans une circonstance s0lennelle; on était parvenu à les neutraliser, mais tout faisait présumer quun jour ils finiraient par triompher. A Rome, la Société de Jésus se composait, en majeure partie, de Profès que l’âge avait privés de l’énergie et de l’activité nécessaires pour bien gouverner. Comme presque tous les vieillards, ils montraient une propension naturelle à se laisser guider par ceux qui savaient capter leur confiance. A côté de ces anciens apparaissaient des jeunes gens à peine admis dans la Compagnie, Le talent et même un certain degré de zèle et de vertu ne sup- pléaient pas chez eux à l'expérience et à la connaissance de l'esprit de l’Institut. Ils offraient donc plus de dangers réels que de solides appuis. Entre ces deux extrêmes, il manquait en Italie une génération moyenne. L'absence totale d'hommes mürs faisait pressentir la chute de l'Ordre de Jésus; cette absence avait déjà encouragé les projets des novateurs, et depuis long-temps la Province romaine sollicitait Bzrozowski de mettre un terme à l'instabilité. C'était en Russie que la génération intermédiaire se trouvait; mais l'empereur Alexandre refu-
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