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sida; elle eut pour trésoriers les princes Charles Doria et Gabrielli, pour secrétaire Camille di Pietro, auditeur de Rote. Par une dérogation aux règles de la Compagnie
de Jésus, mais par un sentiment de reconnaissance qu’il
était bon d’éterniser, on força le Père Roothaan à prendre place dans ce comité sous le titre de conseiller député ecclésiastique. Six sections particulières se rattachèrent à la commission. Elles eurent pour chefs monseigneur Morichini et la princesse Orsini, le marquis Patrizi et la comtesse Marioni, le prince Dominique Doria et la comtesse Lozzano-Arpoli, monseigneur Marini et la princesse Borghèse, le marquis Serlupi et la comtesse de Marsciano, le chevalier Reni-Picci et la comtesse Orfei. La princesse Borghèse s’était déclarée la tutrice des orphelines; elle les faisait élever dans son palais. Le Père Roothaan décida qu’à Saint-Étienne-le-Rond vingt orphelins seraient entretenus aux frais de la Société de Jésus.
Au mois de janvier 1830, un prêtre de Vérone, dom Pierre Albertini, avait conçu le projet de faire rappeler les Jésuites dans la Lombardie vénitienne. L’Évêque du diocèse et les magistrats de la ville accueillirent cette idée avec un empressement auquel la population entière s’identifia. Le 19 mars 1836 un décret impérial sanctionnait ce vœu; il accordait aux Pères l’entrée de tous les royaumes soumis à l'Empereur d’Autriche; il leur permettait le libre exercice de leur Institut et de leur méthode d'enseignement, nonobstant les lois en vigueur. Une Maison fut fondée; elle reçut presque aussitôt la visite de l'Empereur et d’Anne-Marie de Sardaigne, son épouse. Dans le même temps le cardinal Odescalchi renonçait aux dignités de l'Église pour commencer son noviciat.
Charles, prince Odescalchi, né le 5 mars 1786, était
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tant de bonheur, et le prince de l'Eglise fut admis au
nombre des Novices de la Société.
Ce fut le 8 décembre 1838 que le cardinal Odescalchi se dépouilla entré les mains du Père Antoine Bresciani, Recteur de Modène, de la pourpre qu’il avait honorée. Ce fut ce jour-là encore qu’il revêtit pour la première fois l'habit de l’Institut. Servir, pour lui c'était régner. Les fatigues du Noviciat furent la plus suave de ses voluptés. La cellule qu’il dut occuper parut plus belle à ses yeux que les palais où il avait passé son enfance et son âge
mûr. Détaché de la terre, cet homme se replia en luimême pour vivre tout à fait de la vie de Jésuite. Les uns l'admiraient, les autres le plaignaient: lui se contenta de bénir Dieu. Voici en quels termes, le 8 décembre 1838, il annonçait au Général de la Compagnie son premier jour de félicité :
« Mon très-révérend Père, ayant pris ce matin le saint habit de la Compagnie, après avoir célébré la sainte Messe et après avoir, selon les instructions du Père Recteur, donné la communion aux Novices, mes frères bien-aimés, je consacre mes tout premiers moments à écrire à Votre Paternité, bien que cette lettre ne doive partir que demain. Je vous écris sans délai, mon trèsrévérend Père, pour vous remercier de la lettre, précieuse par-dessus tout, que vous avez daigné m’adresser et que je conserverai fidèlement pour la consolation de mon âme, avec le bref du Saint-Père, qui, je dois l’avouer, a mis le comble à ma tranquillité.
» Les circonstances touchantes que je viens d'indiquer et celle encore de la belle fête de la très-sainte Vierge, à qui je me sais redevable de ma vocation et de la liberté que j'ai obtenue d'y obéir, ne me permettaient pas de différer un seul instant de m'adresser à celui qui sur la terre devient mon supérieur dans la nouvelle carrière que j'entreprends de suivre. Je me sens très-heureux, et la joie qui remplit mon âme ne peut se décrire. Le monde, dont les jugements portent si souvent à faux, exalte ce qu'il appelle mon sacrifice héroïque; quant à moi, je bénis la divine miséricorde qui m'a accordé jus-
qu'aujourd'hui le temps, et qui aujourd’hui même me procure le moyen de me sanctifier et avant tout de me
convertir, » Je vous remercie de la bonté singulière avec la-
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