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h04 HISTOIRE avec ces hypothèses. D’après les catalogues de 1845, l'Ordre ne compte que cinq mille Jésuites, et cinq cent dix-huit sont employés aux Missions '. C'est le dixième, la même proportion qui se trouve depuis l’origine de l’Institut, Mais, comme pour réfuter d'avance ces impu tations, le Général et les Provinciaux de la Compagnie ne cessent de stimuler le zèle des jeunes gens. Dans son encyclique du 5 décembre 1833 sur les Missions d’au delà des mers, le Père Roothaan s'exprime ainsi :
« Quels doivent être mes sentiments, mes révérends Pères, et en mème temps quels doivent être les vôtres en présence de tant de besoins et de tant de demandes auxquelles le petit nombre d'ouvriers nous met dans l'impossibilité de répondre.
» Pour remplir le devoir de ma charge, d’abord je vous invite et vous exhorte tous de la manière la plus pressante à ne rien omettre pour ressusciter en vous l'esprit de votre vocation. Que ceux ensuite en qui le ciel fera naître le désir de cet Apostolat le regardent comme une grâce insigne, lui ouvrent leur âme tout entière, et l’entretiennent avec soin; qu'ils s'offrent souvent à Dieu pour que sa sainte volonté leur en accorde un jour l’accomplissement, et qu'après en avoir conféré avec le guide de leur conscience, ils ne manquent pas, soit par eux-mêmes, soit par leur Proviucial, de nous faire passer leurs noms pour être in
‘ Le tableau de toutes les années précédentes suit la même progression, Plus le nombre des disciples de l'Institut augmente, plus la Société fait passer de Missionnaires au delà des mers. En 1845, leur nombre s'élève à 518 ; en 184%, il n'est que de 471 ; en 1843, de 390; en 1842, de 375 ; en 1841, de 333. Le chiffre se balance ainsi sur chaque catalogue du Gésu, depuis le rétablissement comme avant la suppression de la Compagnie.
1 est bon de faire observer que le chiffre correspondant à chaque millésime doit être reporté à l'année précédente. Ainsi le nombre des Religieux de la Compagnie employés dans les Missions en 1845 est de 518, selon le catalogue du 1°" janvier 1846.
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, 405 scrits au nombre des aspirants à un si glorieux ministère. » Les Provinciaux ne doivent pas regarder les sacrifices qui en résulteront comme de véritables pertes : ces paroles de l'Évangile donnez et on vous donnera trouvent ici leur application. Il n’est pas nécessaire d'attendre qu’une province soit assez fournie de sujets pour pouvoir donner aux Missions quelque chose de son abondance, et pour ainsi dire de son superflu. Jésus- Christ voulant que chacun se plaise à donner même de sa pauvreté, et se tienne assuré que ce qu’il aura donné ainsi lüi sera rendu avec usure par la bonté divine, il dit : Donnez et on vous donnera; date et dabitur vobis. Ainsi, devons-nous être persuadés que plus une province se montrera libérale en ce qui tient à cette œuvre, plus elle donnera de bon cœur à Dieu et aux Missions ses meilleurs et ses plus utiles sujets, plus aussi la bonté divine aura soin de l’enrichir de nouvelles recrues et de sujets non moins précieux. »
Onze ans plus tard, le 14 juin 1844, le Père Louis Maillard, Provincial de Lyon, indique aux Jésuites de nouvelles terres. l’île de Madagascar implore des Prétres francais. Elle a été long-temps le tombeau des Européens; son climat meurtrier a dévoré les Lazaristes que saint Vincent de Paul y envoya et les diverses générations d'émigrants que la cupidité pousse vers ces côtes. Mais, en échange de tant de périls avoués, il y a plusieurs nations idolâtres qui, à l'exemple des Malgaches, aspirent au Christianisme. M. Dalmont, préfet apostolique de cette île, fait appel aux Pères de l’Institut, Maillard y répond : « Si, dit-il dans la lettre qu'il adresse à chaque Jésuite, si le zèle n’était pas cette flamme sacrée qui ne cesse de brûler sur la terre comme elle brûle dans les cieux; si les œuvres apostoliques, et
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