‹ Histoire religieuse, politique, et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 3)Chapitre 65 sur 76 · VI · texte numérisé non relu

VI

51h HISTOIRE abonnés au Journal des Débats, au Siècle et au Constitutionnel. La Cour pontificale n’amoindrissait pas ainsi la question; elle l’élargissait au contraire. En étudiant seulement l’histoire des cinquante dernières années qui ont passé sur la France, elle se demandait à quel signe visible on reconnaît la popularité dans un royaume où Louis XVI périt sur l’échafaud et où Marat fut déifié au Panthéon. La Coeur pontificale voyait Bonaparte élevé sur le pavois, puis jeté aux gémonies, les Bourbons salués comme les sauveurs de la patrie, et seize ans après proscrits encore au nom du peuple. Elle entendait la calomnie hurler à tous les noms illustres; elle contemplait chaque fraction de parti distribuant à son gré la gloire ou l’infamie. Elle trouvait le généreux soldat, le magistrat intègre, l'écrivain consciencieux, l’'habile diplomate , le ministre sage ou éloquent, harcelés par l'insulte et conspués jusque dans leur vie privée, tandis qu’on improvisait grands citoyens des hommes médiocres ou pervers, dont au même moment d’autres opinions brisaient le piédestal. La Cour de Rome rappelait à M. Rossi que l’homme d’état dont il se disait le représentant, que M. Guizot s'était plus d’une fois à la tribune glorifié de son impopularité, et elle priait le plénipotentiaire de l'Université de vouloir bien mettre d’accord cét aveu et ses reproches officiels. On allait plus loin; on plagçait sous les yeux de M. Rossi ce passage où M. Guizot définit et peint avec tant d’éloquence lopinion publique, et le Saint-Siége répétait avec le Ministre des affaires étrangères" :

« Dans les temps de fermentation et de désordre, le véritable vœu national, la véritable opinion publique

* Notes de M. Guizot sur l'ouvrage De lu souveraineté et des formes du gouverncment, par M, Ancillon, p. 159 (Paris, 1816).

sort mo ine tra, int nat ten nat qu’ OP fait dra pou : F et, :

la p sabl POP

enn

évic pou les tien les conf me sent que Prét bliq qu'i rent

stilunsi la it seuui ont ne vime où ifié au élevé ns Sa ; après dait la ntem— gré la dat, le ile diar l'initandis médioes opippelait à r'epl'éribune lénipo- ‘accord s loin; age où l'opi- Ministre

dre, le blique

(14 gouverne

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 515 sont méconnus, comprimés, insultés; les partis seuls se montrent et agissent, et la nation n’est qu’une masse inerte, ballottée tour à tour dans les sens les plus contraires et faconnée, mutilée, au gré des passions ou des intérêts qui se combattent sur son sein. À chaque alternative de succès et de revers, le parti vainqueur se prétend l'interprète fidèle, le vrai défenseur de l'intérêt national et de l’opinion publique; le parti vaincu n’est qu'un ramas de révoltés, étrangers à la patrie qu'ils ont opprimée quelques instants et qui applaudit à leurs léfaites. Que la chance tourne, le nouveau vainqueur tiendra le même langage, et se servira de Ja même illusion pour accabler son adversaire. »

Rome essayait de se rendre compte de cette mobilité, et, tout en avouant son insuffisance, elle confessait que la popularité en France & quelque chose de si insaisissable qu'il devient très-difficile de la caractériser, F'impopularité des Jésuites était bien constatée chez les ennemis de la Religion catholique; mais, à part cette évidence dont le Saint-Siége, sous peine de suicide, ne pouvait guère punir la Compagn':, en était-il ainsi dans les rangs du Clergé, parmi toutes les familles chrétiennes, au milieu de ces populations laborieuses que les Pères évangélisent et de cette foule qui assiége leurs confessionnaux ? Si les Jésuites, disait-on, sont éternellement frappés de la flétrissure morale sous laquelle passent tous les partis, tous les hommes, tous les systèmes, que peut donc craindre la France de quelques pauvres Prètres dont la voix sera étouffée par l'indignation pu blique? que fera leur stérile concurrence à l’Université? qu'importe au pouvoir que les Jésuites vivent ou meurent, s’ils n'ont point pris racine dans le Royaume ?

La menace d’une loi excluant les enfants de Loyola

LE dE

eee

Le.

“ee é >

ST

RE De

516 HISTOIRE du sol qui les a vus naître ct frappant toutes les Congrégations autorisées ou tolérées semblait aux Prélats même les plus timides une œuvre impossible à réaliser. Le Saint-Siège, par déférence pour le gouvernement de Louis-Philippe, ne daigna pas même s’en préoccuper. Cet appel à la proscription, dans an siècle et dans un pays qui a tant remué d’idées, tant sacrifié de millions d'hommes pour faire triompher la liberté individuelle, avait quelque chose de si étrange que personne ne le prit au sérieux. On se contenta de répondre aux subalternes de M. Rossi qu’ils calomniaient leur patrie. Dans cette occurrence, Rome interpréta plus noblement et plus justement qu'eux la véritable pensée nationale. Quant au schisme légal, qu’ils tenaient suspendu comme un épouvantail sur la capitale du monde catholique, et dont l’imminence leur paraissait pleine de dangers prochains, la Cour pontificale se montra encore plus incrédule. Elle sonda le trône de Louis-Philippe pour savoir où était le Henri VIIL brisant d'un seul coup l'Unité et séparant la France de la communion romaine. Elle n’y trouva qu’un vieillard fatigué de révolutions, un vieillard qui s’efforçait, en prudent fondateur de dynastie, de consolider sur la tête de son petit-fils la couronne qui, dans un temps prévu, allait avoir à traverser une minorniié toujours orageuse. Le Saint-Siége connaissait de longue date l'Épi:copat français, et il y cherchait en vain les Cranmer qui se préteraient à cet impossible caprice. En voyant le Clergé pauvre des biens de ce monde et riche seulement de sa Foi si souvent éprouvée, Rome, qui possède tous les secrets des schismes, se disait qu’ils ne sont réalisables que dans des circonstances données. Il faut que le Prince ait des passions à satisfaire, des trésors à partager entre ses

‘ongrés même ser. Le ent de ccuper.

dans un millions iduelle, e ne le x subale. Dans ment et ale.

1comme ique, et ers proas incré=

ur savoir Unité et

lynastie, ouronne

herchaù t imposes biens souvent

entre Ses

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 517 courtisans, des avidités à tenter en leur offrant les biens du Clergé. Il faut surtout que la Nation entière soit unie

àson Roi, et que les partis divisés par la politique ne

puissent pas se faire un drapeau de leurs croyances re-

ligivuses pour s’insurger contre un gouvernement leur 6 G

donnant l'exemple du parjure et de l’apostasie. Or la

. France était-elle dans ces conditions? Le Roi, dont le

Saint-Siége connaissait la prévoyance dynastique et-le sincère désir d’apaiser les troubles religieux, avait-il intérêt à jeter la perturbation dans les âmes? pouvait-il, de gaieté de cœur et sans espoir d’une compensation quelconque, imposer un nouveau culte au peuple français? Que, dans les conciliabules de leur impiété théorique, un petit nombre d’hommes se soient imaginé de change: la religion du pays, cela est possible. Rome ne niait pas le fait; mais, en voyant les provinces de l'Ouest, du Nord et du Midi si pleines de Foi, mais en étudiant la situation même de Paris, elle demeurait de plus en plus convaincue de l’inanité de ce rêve. La Révolution avait échoué; l'Empereur avait reculé en confessant son impuissance. Le Royaume très-chrétien était Catholique jusqu’au fond des entrailles. Personne en France, Louis- Philippe moins que tout autre, ne pouvait songer à réunir toutes les fractions de parti, picuses ou incrédules, légitimistes ou républicaines, sous l’étendard de l'Unité que les ennemis de la famille d'Orléans arboreraient contre elle. L'idée d’une séparation n’était donc qu’une menace sans portée; car, lorsque les esprits sont tout prêts à aller au schisme, le schisme est déjà passé dans les mœurs, dans les croyances. Il existe, et, avec les ardeurs françaises, il entraîne le gouvernement lui-même.

La sécularisation des Jécmites, sollicitée par de tels moyens, n'avait aucune chance de réussite. M. Rossi

518 HISTOIRE avait en vain essayé d’intimider: il crut que ses promesses seraient plus efficaces. Les pouvoirs constitutionnels, dont il faisait bon marché, ne furent plus d’aveugles instruments de troubles religieux; le négociateur leur accorda de son chef une pensée toute différente. Le Saint-Siége n'avait qu’à dissoudre en France la Société de Jésus, et à l'instant même une loi serait présentée pour réviser les articles organiques, contre lesquels Rome avait toujours protesté. Afin d’obtenir un résultat favorable, M. Rossi avait inventé des menaces impossibles; en désespoir de cause, il arrivait à des engagements irréalisables. Le Saint-Siége tient sans doute beaucoup à voir tomber les chaines que porte le Clergé, mais ce n’est pas par une iniquité qu'il convient à la Chaire de Pierre de préparer le triomphe de la justice. Protéger les Chrétiens de Syrie contre les cruautés musulmanes a toujours été un devoir des gouvernements chrétiens : Rome ne s’expliquait donc pas qu'on mît des conditions à l’accomplissement de ce devoir, toujours regardé par la France comme sacré. On berçait la Cour pontificale de l’espoir d’arracher l'Orient catholique aux maux qu’il endure; mais, pour faire cesser la persécution de Syrie, il fallait que le Pape se fit le persécuteur des Catholiques d'Europe et de la Compagnie de Jésus.

Cette espèce de prostitution de la charité, ce trafic de faveurs et d’injustices, fut repoussé à Rome comme une mauvaise pensée. M. Rossi, après s'être décidé à passer son Mermorandum, avait, pour l'appuyer, mis en jeu tous les ressorts, essayé de tous les piéges. Grégoire XVI se renfermait dans la dignité de son silence; le cardinal Lambruschini restait impassible: Il se contentait de faire savoir à l’arnbassade que le gouvernement de Sa Sainteté

ne | et] déf

À plu

ner

éga

que pro Cor et i nau Cas déli fut

tôL.

tée ord mai en] con catl vel et | asp plu: la [

son

Cong mesu dans de la

nesser inels, -ugles r leur e. Le ociété sentée squels sultat mpospage beaulergé, t à la ustice.

uautés ments aît des ujours , Cour olique persé-

ne pouvait répondre que négativement au Memorandum et par la réfutation des assertions contenues dans cette

dépéche.

Alors le plénipotentiaire changea de ton. Il ne menaça plus, il ne promit plus, il n’exigea plus. On le vit se borner à demander une concession, si légère qu’elle fût. Par égard pour la France, le Saint-Siége qui, dans cette question complexe , ne voulait pas même avoir à sereprocher un défaut de formes, réunit, le 12 juin 1845, la Congrégation des affaires ecclésiastiques extraordinaires, et il lui soumit les demandes de M. Rossi. Huit Cardinaux sur douze furent convoqués. Lambruschini, Ostini, Castracane, Franzoni, Patrizi, Polidori, Bianchi et Acton délibérèrent en présence du Souverain Pontife', et ce fut sur les motifs suivants qu'ils basèrent leur vote :

1° Les lois qu’on allèsue contre les Jésuites, ou plutôt contre toutes les Associations religieuses, sont contestées même en France. Elles ont été rendues sous un autre ordre de choses, et elles se trouvent en contradiction manifeste avec le Concordat et avec la Charte, établissant en principe la liberté du culte, puisque la pratique des conseils de l'Évangile appartient évidemment à la Foi catholique. L'Église n’a jamais envisagé la profession religieuse autrement que comme la pratique volontaire et libre des conseils que Jésus-Christ donne à ceux qui aspirent à être plus parfaits. Cette profession ne doit pas

plus priver les Français de leurs droits de citoyens que

la profession même du Catholicisme. Les vœux religieux sont des liens purement spirituels; ils ne dépendent ja-

t La loi du silence est imposée aux Cardinaux qui prennent part à ces sortes de Congrégations, et, sous aucun prétexte, ils ne peuvent révéler ce qui s'y passe ou Îles mesures adoptées. Grégoire XVI, que le gouvernement français mettait de moitié dans ses actes, ne voulut pas accepter une solidarité semblable, Pour la manifestation de la vérité, il délia les Cardinaux de la loi du alence.

mais d’un gouvernement. Ceux qui ;e: contractent n’en jouissent pas moins, aux yeux de !a loi, de la plénitude de leurs droits; ils peuvent s'unir, s'associer, vivre ensemble comme tous les autres nationaux. Que les lois ne reconnaissent pas ces sortes d'associations, qu’ellesne leur acccrdent aucun titre, aucune prérogative ; qu’elles ne les admettent point à agir collectivement et comme sociétés légales, rien de mieux. Cela est de la compétence de l’autorité civile; mais cette compétence ne s’étend pas au delà.

2° Le Saint-Siége ne peut pas, sur les instances d’un gouvernement, condamner et immoler des innocents. Les Jésuites existent en France depuis plus de trente années, et aucun d’eux n'a été cité devant les tribunaux comme coupable d’un délit. Aujourd’hui même on ne formule contre les Pé.:s aucune accusation précise et qui, de près ou de loin, serait justiciable de la loi. Comment donc le Saint-Siége pourrait-il les priver par une sentence du saint état qu'ils embrassèrent avec l’approbation de l'Éplise catholique ?

3° Les vingt-cinq Évêques de France qui possèdent des Jésuites dans leurs diocèses leur rendent tous le témoignage le plus honorable. Ils se félicitent des fruits de salut que font germer ces ouvriers évangéliques. Un grand nombre d'autres Prélats ont écrit au Saint-Siége pour solliciter la conservation de ces auxiliaires indispensables. Le Saint-Siége repoussera-t-il une demande si juste et si bien motivée ?

A l’unanimité, la Congrégation extraordinaire décida que le Souverain Pontife ne pouvait et ne devait rien accorder. Grégoire XVI approuva.

C'était une grande démonstration; elle ne coûta aucun sacrifice au Pape, car la justice de l’Église l’exigeait. Cet

ne lis zot de de cul res] dro dro Fra pro l'irr la v déc pri sièc tres, croi »

tent qui:

les a nom avec comi quel Le trou!

leçor aupa

" De (Paris,

bn’en itude

re en-

s lois lesne elles mme ‘tence étend

; d’un cents. trente unaux on ne ise et Comar une

ppro-

èdent bus. le fruits s. Un Siége indisande

écida t rien

aucun t. Cet

acte raviva toutes les colères ; et, dans le premier étonnement de leur déception, les héritiers du vieux Libéralisme oublièrent ces paroles toujours vraies que M. Guizot leur adressait en 1821 avec autant de justesse que de prévoyance gouvernementale : « Partout où la liberté de conscience prévaut it l'écrivain protestant ', tout culte, toute croyan © réclame, à juste titre, le respect non-seuleme: oir, mais du public. Leur droit contre l’outrage & rive üu même principe que leur droit à la liberté. Pour se pénétrer de cette doctrine, la France a besoin, j'en conviens, de la voir hautement professée et pratiquée par le pouvoir. Non-seulement l'irréligion a eu parmi nous la force, mais elle s’est crue la vérité. Elle a persécuté, et parce qu’on résistait à ses décrets et parce qu’on se refusait à ses arguments, le principe de l'intolérance n’a été autre au dix-huitième siècle qu’au seizième. QuanI ils soni convaincus et maitres, les incrédules, comme les fanatiques, veulent qu'on croie en eux et conime eux.

» Ils ne sont pas tous guéris de cette coupable prétention; et, bien qu'il reste aujourd’hui peu d'hommes qui voulussent employer directement contre la Religion les armes du pouvoir, il en est encore un assez grand nombre qui, à chaque occasion où la Religion se déploie avec quelque hardiesse, s'en étonnent et s’en irritent comme d’un attentat à la liberté. Celle-ci a pour eux quelque chose de nouveau et d’imprévu qui les offense. »

Le cabinet des Tuileries et son envoyé à Rome se trouvaient dans ce cas ; ils ne surent pas profiter de la leçon que M. Guizot leur avait donnée vingt-quatre ans auparavant. Il ne restait plus à M. Rossi qu’à s'épargner

‘ Des moyens de gouvernement et d'opposition, par F. Guizot, p. 122 et 123 (Paris, 1821).

OCZ Vo 4 US Ÿ LT 2, $ Ÿ DZ O Ÿ, 4 2 | à Ÿ 4 S ce Ÿ < < PA‘:

: q 6? £ se M. © sl us "= .

35 LÈE 48£ + — =—— | = à 3 EDS à 7 F 3? À NN 89 KE F 4 \ d SN N° NN LE Sé SEA Où < es N À. Lee Ô

522 HISTOIRE l'humiliation d’un refus ; c’est ce qu’il fit. Sa négociation finissait avec la Cour de Rome; le Pape et les Cardinaux

n’avaient plus rien à voir dans cette affaire. Le ministre de France espéra être plus heureux en demandant que

les Jésuites se prétassent volontairement à quelques concessions. C'était présenter la chose sous un point de vue tout différent, et, pour transmettre son vœu, M. Rossi s’adressa au cardinal Lambruschini. Lambruschini n’a gissait plus au nom du Pape ni en sa qualité de secrétaire d’État, mais uniquement comme médiateur officieux. M. Rossi eut avec lui quelques conversations. L’abbé d’Isoard leur servit d'intermédiaire, et il n’exista jamais de rapports, même indirects, entre le Général de la Compagnie et le Plénipotentiaire français. L’honneur de la Chaire apostolique était sauf; elle avait eu le courage de sa position. Le Père Roothaan fut appelé à donner au Royaume très-chrétien un gage de son amour pour la paix et à montrer que la Société de Jésus sait faire tous les sacrifices.

La Congrégation extraordinaire s’était prononcée en faveur des Jésuites; elle crut néanmoins devoir faire représenter au Général de l’Institut les conséquences que pourrait entraîner son refus de toute espèce de concessions. Les Cardinaux Acton et Patrizi furent choisis

pour remplir ce message. Ils étaient pieux et chers à la

Compagnie ; ils exposèrent la situation au Général ; mais dans le même temps Roothaan fut entouré, obsédé par de prétendus amis de l'Institut qui lui peignirent la France sous les plus sinistres couleurs. On lui dit que sa résistance amènerait peut-être le massacre de ses frères, tout au moins de déplorables conflits. Dans l'impossibilité où il se trouvait de connaître du jour au lendemain le véritable état des choses, et mu par l’idée que ses con-

cess du déc:

vinc tant qui guèr sion jeud Saint quel du g aucu nos n Père Saint:

nouv Seign sons :

maux du $:

conso

tion aux istre que con- > vue Rossi i n'ataire ’1eux.

’abbé amais Comurage onner our la e tous

ée en faire ences e conchoisis

rs à la

l; mais édé par ent la que sa frères, mpossidemain es con-

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 523 cessions tourneraient au bien de la Religion, de la paix, du Aoyaume et à celui de la Compagnie elle-même, il se décida, le 14 juin 1845, à adresser une note aux deux Provinciaux de Paris et de Lyon. Le Général mandait : « Après tant de démarches et de mémorandums de M. Rossi, qui est allé officier tous les Cardinaux, le Saint-Père n’a guère voulu entrer personnellement avec lui en discussion sur l’affaire qui est l’objet de sa mission. Il s’est tenu jeudi dernier une Congrégation de Cardinaux devant le Saint Père, et, grâce à Dieu, la décision unanime a été que le Saint-Père ne pouvait rien accorder aux demandes du gouvernement français, et non-seulement ne donner aucun ordre, comme on le lui demandait, de dissoudre nos maisons en France, mais pas même un tel conseil au Père Général. M. Rossi aura donc une réponse digne du Saint-Siége, et Pierre confirmera encore cette fois de nouveau ses frères. Nous avons certainement à bénir le Seigneur de ce résultat, vu surtout les artifices, les raisons astucieuses de promesses, de menaces de plus grands maux, qui avaient été employés pour ébranler la fermeté du Saint-Père et des Cardinaux. Il y a bien de quoi nous consoler de cette unanimité.

» Maintenant, n’y a-t-il pas quelque chose à faire de notre part pour calmer l’irritation que va produire. la réponse de Rome ? N’ayons pas l'air de braver l'orage qui gronde. ».

À la suite de ces paroles, où le Père Roothaan veut que tout se passe doucement et sans éclat, il propose aux Supérieurs de l'Ordre en France la diminution ou la dissolution des Maisons de Paris, de Lyon et d’Avignon, de manière à ce que l’arrivée d’un agent du gouvernement n’y trouve pas de prise, et il termine ainsi:

« Il m’en coûte de donner une telle disposition, mais

je crois de mon devoir de suggérer cette mesurr de prudence. J'espère que cela pourra se faire tranquillement, et, comme je viens de le dire, sans éclat; ce qui vaut infiniment mieux, sous tous les rapports spirituels et temporels, que si cela devait se faire plus tard tumultuairement. »

Le Général des Jésuites n'ordonne la dissolution d'aucune maison : il la propose, il la conseille, mais il n’a pas le droit de l’exiger', et il se garde bien de le faire. Il reste dans la limite de ses pouvoirs sans oser, même dans une circonstance aussi critique, prendre sur lui de les outre-passer; car, s’il essayait de supprimer de son chef une province et même une maison, il se mettrait dans le cas de voir ses Religieux lui désobéir pour sauver le principe. M. Rossi eut connaissance de cette note. Les dispositions qu'elle annonçait ne lui parurent pas assez importantes; de nouvelles démarches furent faites au-

‘ Dans la 1ve partie des Constitutions de la Compagnie de Jésus (ch. 2, $ Ler), saint Ignace donne au Général plein pouvoir pour accepter les Maisons et les Collèges ; mais s'agit-il de les dissoudre une fois qu'ils sont . tés, il limite en ces termes son autorité :

(Déclaration 4.) « Que le Général, de coucert avec la Sc..sté, décide si les Collèges déjà admis doivent être conservés ou abandonnés. Cette décision pourra être prise dans la Congrégation générale et même cn dehors de cette Congrégation, en recueillant les suffrages de ceux à qui il appartieut de donner leur voix. »

Ces paroles ne déterminent pas les sujets de l'Ordre qui doivent être consultés ; mais la 1v° Congrégation générale, usant du droit que les bulles des Souverains Pontifes et les Constitutions de saint Ignace el'es-mêmes confèrent à ces sortes d’assemblées, décide la question, Elle décrète (üécr. xx11t et Xxv11) que, pour la dissolution d'une maison ou d’un Collége, il faut, si la nécessité n'est pas urgente, attendre la tenue de la Congrégation générale. Si les circonstances ne permettent pas ce délai, il est nécessaire, pour une maison située en Europe, de prendre l'avis de tous les Provinciaux et des deux plus anciens Profès de chaque province d'Europe, des assistants, du procureur-général et du secrétaire-général de toute la Compagnie ; et, pour une maison hors de l'Europe, il faut en outre consulter le Provincial de qui dépend cette maison. Dans l’un et l'autre cas, c'est la majorité des suffrages qui décide,

Ce décret a toujours été fidèlement observé. Les archives du Gésu renferment des exemples du second mode de dissolution, Quant au premier mode, les actes des Congrégations générales en fournissent plusieurs.

En 1646, la vite Congrégation générale refuse au Père Caraffa l'autorisation de dissoudre le Collége de Spolète; elle ne la lui accorde par rapport aux Colléges de

près « Vo écris plus sure:

ratio dans sans et la d'u com]

» 4 je cr breu.

nom

» I pier

Sora et moyens Assistar offense garde s moire «

La p Salerne acceptée Salerne conditio

La x1

La x pouvoir à la glo

La xY venus, ]

Le G pouvoir cette dis

Depu passées, il ne pe pas encd fondamd

d'aul n’a faire.

nême ui de e son ttrait auver assez $ au-

$ Ler), les Colen ces

les Colrra être tion, en

nsultés ; ns Pon- ’assemsolution endre la e délai, tous les pe, des nie ; et, de qui ges qui

ent des Res Con-

ation de léges de

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 525 près du Père Roothaan et, le 21 juin, ce dernier manda: « Vous avez reçu, je l’espère, ma lettre du 14. Je vous écris aujourd’hui sur le même sujet, car je me suis encore plus convaincu de la nécessité de se conformer aux mesures de prudence que je vous ai suggérées. La déclaration qu'ont faite plusieurs Évêques de nous recevoir dans leurs palais, si nous venions à être chassés, mérite sans doute la plus vive reconnaissance ; mais la charité et la prudence ne nous permettraient pas de profiter d’uue offre si obligeante, dont l’acceptation pourrait les compromettre gravement.

» Aux maisons indiquées dans ma lettre précédente, je crois devoir ajouter celles qui sont notablement nombreuses, Saint-Acheul particulièrement et les Noviciats nombreux.

» Nous devons tâcher de nous effacer un peu, et expier ainsi la trop grande confiance que nous avons eue

Sora et de Monte-Santo, qu'autant que, nouvelles informations prises et tous les moyens de les mettre en meilleur état employés, il jugera, après avoir consulté les Assistants, que leur dissolution est plus utile, en ayant soin d'éviter ce qui pourrait offenser ces villes et les princes. Recommandation, ajoute la Congrégation, qui regarde surtout le Collége de Sora, à cause des bienfaits dignes d’une éternelle mémoire que la Compagnie a déjà reçus de la famille Buoncompagni.

La province de Naples demandait aussi la dissolution des Coiièges de Capoue, de Salerne, d'Amantea, de Pauli et de Bibone, et celle de la résidence de Monopoli acceptée dans l'espoir d'y fonder un Collége, La Congrégation refuse l'abandon de Salerne et de Capoue; elle n’accorde son autorisation pour les autres lieux qu'aux conditions déjà posées pour Sora et Monte-Santo.

La x1° Congrégation générale donne au Père Paul Oliva plein pouvoir.

La xvu* accorde au Père Visconti, à la demande de la province de Venise, le pouvoir de dissoudre un petit Collége et une Résidence, s’il le juge plus convenable à la gloire de Dieu et au bien de Ja Compagnie.

La xvin* donne au Père Centurione la faculté de réduire, vu l'insuffisauce de revenus, le Collége de Frascati à l’état de Résidence.

Le Général actuel demanda à la xxte Congrégation générale, qui l'avait élu, le pouvoir de dissoudre deux Colléges, et ce pouvoir lui fut accordé, pourvu que cette dissolution pût avoir lieu sans donner de légitimes sujets d'offense.

Depuis l'origine de la Société de Jésus, ces prescriptions n'ont jamais été outrepassées, Le Général a le droit de diminuer une maison, de disséminer les Jésuites ; il ne peut jamais prendre sur lui de faire ce que la loi défend. L'Ordre de Jésus n’est pas encore assez constitutionnel pour se permettre ou autoriser une violation du pacte fondamental.

526 ISTOIRE à la belle promesse de liberté qui se trouve dans la Charte et qui ne se trouve que là. »

La Cour de Rome n'avait rien accordé, elle n’était même pas entrée en pourparlers ; le Général interrogeait les Jésuites sur les concessions que seul il n’avait ni le droit ni la volonté de faire. Il proposait, laissant à qui de droit dans l’Institut le soin de décider. Cette pensée était si naturellement celle de Roothaan que, le 28 juin, le Père Rozaven, assistant de France, écrivait aux Supérieurs de Paris : « Je pense que, si nous cédons quelque chose, il doit être bien entendu que nous le faisons par un motif de paix, et que nous voulons qu'il soit bien compris que nous faisons la réserve de nos droits, que nous voulons conserver intacts et que nous ferons valoir toutes les fois que nous le jugerons à propos. S'il est reconnu qu'on ne peut chasser les propriétaires de leur maison, il doit l’être également qu’on ne peut les empêcher d'y donner domicile à qui il leur plaît. »

I n’y avait ni incertitude ni ambiguïté à Rome. Le Saint-Siége avait refusé de se joindre à l’Université et à une fraction des assemblées législatives pour violer les droits de tous les citoyens français dans la personne des Jésuites. M. Rossi, qui le 23 juin avait sagement retiré son Memorandum, rédigea une dépêche dans le sens des deux lettres de Roothaan; il la communiqua au Cardinal Lambruschini. On ignore si c'est à l’ambassade de Rome ou dans le cabinet du ministre que cette dépêche fut modifiée. Toujours est-il que, le 6 juillet, le Moniteur ne tint compte que des besoins parlementaires, et il annonça :

« Le gouvernement du Roi a reçu des nouvelles de Rome. La négociation dont il avait chargé M. Rossi a atteint son but. La Congrégation des Jésuites cessera

as la

était geait ni le à qui ensée juin, x Suquelaisons L soit roits , ‘erons s'il est e leur s em-

e. Le é et à ler les e des retiré e sens ua au mbas- > cette uillet, emen—

les de Rossi a essera

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 527 d'exister en France, et va se disperser d'elle-même ; ses Maisons seront fermées et ses Noviciats seront dissous. »

A la nouvelle de ce succès que rien n’avait préparé, un sentiment de doute se manifesta dans toutes les classes. Cependant, peu à peu on se familiarisa avec l’idée que le ministère ne pouvait pas avoir inventé une pareille dépêche, et la douleur des Catholiques égala à peine les joies des ennemis de l’Église. Les journaux dévoués à la Révolution ou à l’Université proclamèrent à grands cris leur victoire, et, dans le cynisme de leurs aveux, il ne craignirent pas d’outrager le Pontife suprême. Le Courrier français, du 7 juillet 1845, refléta ces moqueuses injures, que la fausseté de la note officielle devait le lendemain transformer en louanges.

« Nous avions, dit-il, fait trop d'honneur à la Cour de Rome en supposant qu’elle laisserait au gouvernement français la responsabilité d’une mesure décisive contre les Jésuites, Rome a cédé. C’est un nouveau signe de la décadence du pouvoir spirituel qui réside au delà des monts. Sacrifier ses défenseurs est la marque ja plus maüifeste de sa faiblesse, et ce n’est pas la première fois que l'Ordre de Loyola éprouve l'ingratitude du Saint-Siége. En prêtant les mains une fois de plus à un acte de rigueur contre ses janissaires, la Papauté continue le désarmement et accomplit son suicide depuis long-temps commencé; toute grande chose expire lentement.

» Que penser, en effet, de l’énergie et de l'habileté du chef de l'Église catholique ? Alors que les Jésuites se propagent ouvertement sur la terre de France, où ils s'étaient glissés en contrebande, et rencontrent partout l'appui déclaré des Évêques; alors que, de chaire en chaire, de mandement en mandement, de tribune en

tribune, retentit le cri d’une nouvelle croisade pour la conquête des Gaules à la Foi de Clovis et de saint Louis, le Pape vient en aide au ministère embarrassé de l’exécution des lois qui prohibent la Compagnie de Jésus; il désavoue les siens et casse sa milice. A qui donne:t-il gain de cause ? A l’esprit philosophique qui a forcé le ministère à sévir.

» Ce sont les inspirations de MM. Quinet, Michelet, Cousin et Thiers, qui triomphent au Vatican; c’est du Collége de France, de l’Université, du Luxembourg et du Palais-Bourbon que la colombe sainte s’est abattue à l'oreille du Souverain Pontife; et l’habile M. Rossi complète sa naturalisation parmi nous en obtenant de Rome même, à la satisfaction de l’opinion publique, l’expulsion des héritiers de saint Ignace.

» Soit! que la Papauté ait peur du bruit et préfère une agonie paisible aux efforts d’une tentative désespérée, nous ne nous en étonnons pas; nous prenons acte seulement de ce nouveau trait d'impuissance du Pontificat romain en face de l'esprit des Sociétés modernes. Et qu’on le remarque, c’est sous le ministère de M. Martin (du Nord) que ce coup a été porté! On a fourni à ce petit homme le caillou et la fronde, et on l’a poussé en avant; il est vainqueur. Hélas ! c’est que contre l'ombre de Goliath il suffit de l’héroïsme de Tom Pouce.

» Serait-ce par hasard que la Cour de Rome aurait cru servir la cause de la Religion en retirant les Jésuites de France ? On lui aura représenté que la France tout entière était prête à retourner à la messe, n'étaient les Jésuites qu’elle avait en antipathie, et que la suppression de cet élément parasite ferait infailliblement refleurir parmi nous l’auguste Religion de nos pères, comme dit M. Thiers; nul doute qu’on lui ait tenu ce langage. C'est

la cor Chaai V'Égl tendr immo etaé

» C de la de la pas ? | de l’ê philos celle vous ( je me — Et toute fiter ?

creve voyez faitesclair «

LÉ les bl

fondr.

‘de Bo

l'Évêq l'Églis s’expr

menac

ir la saint assé e de qui

qui a

elet, t du rg et attue Rossi it de que ,

éfère ésess acte onti-

>rnes.

Marrni à oussé l'om-

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, 529 la continuation de la plaisanterie du dix-huitième siècle. Chaque fois que la philosophie s’est efforcée d'amener l'Église à se mutiler, elle a toujours eu l'esprit de prétendre que c’était pour le plus grand bien des principes immortels de la Foi. Le Jésuitisme a trouvé ses maîtres, et a été vaincu par ses propres armes.

» C'est avec ces doucereuses paroles que l’on obtint de la Papauté, dans le siècle dernier, le sacrifice fameux de la Compagnie. Est-ce que Rome ne s'en douterait pas ? Elle est dupe de la même comédie, ou elle feint de l’être, aveuglément ou par débilité. Ta scène que la philosophie et l’Église jouent entre elles est absolument celle du médecin et du malade. « Que diantre faitesvous de ce bras-là ? — Comment? — Voilà un bras que je me ferais couper tout à l'heure, si j'étais que de vous. — Et pourquoi ? — Ne voyez-vous pas qu’il tire à soi toute la nourriture, et qu’il empêche ce côté-là de profiter ? Vous avez là aussi un œil droit que je me ferais crever si j'étais en votre place. — Crever un œil? — Ne voyez-vous pas qu’il incommode l'autre? Croy:: -moi, faites-vous le crever au plus tôt, vous en verrez plus clair de l'œil gauche. » Et l'Église suit les ordonnances de la philosophie !

» Un pouvoir est jugé quand il en est tombé là. »

L'Évêque de Langres éleva la voix au milieu de tous les blasphèmes et de toutes les doléances qui allaient fondre sur la Chaire de Pierre. C'était, avec le Cardinal

‘de Bonald, les Archevêques de Paris et de Toulouse et

l'Évêque de Chartres, un des plus vigoureux athlètes de l'Église et de la liberté religieuse. Le 14 juillet 1845, il s’exprima ainsi sur les Jésuites :

« Ces derniers étaient en butte aux préventions et aux

menaces publiques : on invitait les Évêques à les sacri- YL ôh

580 HISTOIRE fier ou du moins à les désavouer; on espérait opérer leur dissolution par le concours de l'Épiscopat, et, pour y parvenir, on représentait que le Clergé tont entier avait à souffrir des haines auxquelles ils étaient en proie. Les Évêques ont répondu : « Les Jésuites, en tant que » Religieux, sont l'œuvre de l’Église; en tant que ci- » toyens, ils ont à la liberté de conscience des droits » qui nous sont communs avec eux. Ils nous sont chers à » ce double titre : nous les défendrons, nous les soutien- » drons, nous souffrirons pour eux, parce que les coups » que l’on veut leur porter frapperaient sur la Religion » et sur la liberté de tous. Ainsi, nous ne les sacrifierons » pas, nous ne les désavouerons même pas. »

» Les Jésuites, nous le savons, ont été profondément réjouis et reconnaissants de ces dispositions ét de ce langage; mais on leur a fait croire au loin que cette générosité de l’Épiscopat à leur égard était téméraire, qu'en acceptant l'appui des Évêques ils compromettaient certainement et gravement leurs protecteurs, et avec eux la Religion tout entière.

» On peut sans doute accuser ces représentations de mensonges, on peut plaindre les chefs de la Compagnie d'y avoir ajouté foi; mais, dès que les Jésuites ont accepté cette conviction, peut-on ne pas admirer ce qu'ils viennent de faire?

» Ce sacrifice soudain et spontané d’eux-mêmes ne révèle-1-il pas tout à la fois et la pureté de leurs intentions, et leur amour pour la paix, et l’élévation de leurs sentiments, et leur disposition constante à s’immoler instantanément pour le bien public? Ceux qui depuis quelques années les accusent, les injurient et les menacent, pourraient-ils présenter de pareils exemples”? Toutes lès apologies en paroles, tous les éloges impri-

>pérer , pour entier proie.

nt que ue cidroits hers à outien- COUPS eligion fierons

lément de ce tte gééraire ; rometurs, et

ions de ompaites ont irer ce

es ne s intene leurs moler depuis les meemples”?

impri-

més valent-ils la justification éclatante qui résulte d'un pareil fait ? »

La solution annoncée par le gouvernement paraissait aux hommes sages un piége tendu à la crédulité. On attendait avec anxiété les explications qui devaient venir de Rome; mais ce fut dans cette ville que la nouvelle du Moniteur souleva la plus juste irritation. On n’y soupçonnait pas encore l’impudence de ces mensonges que les Constitutionnels acceptent comme des nécessités parlementaires. Sous le coup de l’indignation qu’il essayait de partager, M. Rossi déclina toute responsabilité dans un acte qu’il affirmait être contraire à ses dépêches; l'abbé de Falloux fut même chargé par l’ambassade de faire une démarche dans ce sens auprès des Jésuites et de les rassurer. Le négociateur protestait contre le gouvernement dont il était le délégué. L'un niait avoir écrit ce que l’autre prétendait avoir reçu. La Cour de Rome, qui a une si haute intelligence de la dignité du pouvoir, ne voulut pas sortir de sa réserve habituelle même pour triompher de ces récriminations. Elle obtenait le désaveu, elle s’en contenta. Elle n’avait pas traité, elle n’avait rien accordé; il ne lui vint donc pas à la pensée de réclamer le prix des concessions qu’elle s’attacha toujours à glorieusement refuser.

Pour aplanir les difficultés dont le Ministère français s'était malencontreusement embarrassé, le Saint- Siége avait déclaré qu'il lui était impossible d’intervenir d’une manière contraire aux règles canoniques et aux devoirs du Pontificat. Grégoire XVI écrivait aux Évêques de France : « Nous n’avons jamais failli à nos fonctions, nous n’y faillirons jamais. » Le Vicaire de

t « Haic nostro muneri nunquam defuimus, nunquam deerimus, »

Es >

LE ar

Le h (Le } D til Ars ‘Fr F LT Mel!

J'ES LEE #" £ # : 8 Oui

532 HISTOIRE | Jésus-Christ tenait admirablement une parole que l'É. piscopat était digne d’eutendre. Aucun document, ni public ni secret, n’autorisait d’une façon quelconque l'opinion qui attribue au Souverain-Pontife ou au Cardinal Lambruschini les mesures spontanément adoptées par les Jésuites. Dans ces mesures, qui furent approuvées ou blâmées, mais que le Général de ia Société conscilla, il n’a point été question que les Jésuites perdraient ou aliéneraient la propriété de leurs maisons. Leur droit d’existence ne fut pas mis en doute.

Il ne leur restait plus qu’à accomplir le vœu de leur chef, vœu auquel ils avaient adhéré. Dès les premiers jours d'août, le gouvernement français n’eut plus rien à exiger d'eux. Ils avaient rempli et au delà la promesse qu'on a si étrangement dénaturée et qu’il leur eût été loisible de répudier, puisque, par une déloyauté que les Jésuites n’ont jamais voulu comprendre, on les déliait de leur parole. | :

Rome ne s'était engagée ni verbalement ni par écrit; mais, dans les prévisions d’une lutte orageuse à l’ouverture de la session des Chambres de 1846, le cabinet des Tuileries désirait obtenir au moins un témoignage, quelque peu positif qu’il fut, de l'intervention pontificale. Au commencement de septembre, M. Rossi reçut une note de son gouvernement qui le félicitait sur l’heureuse issue de la négociation. Cette note remerciait en même temps le Pape et le Cardinal Lambruschini du service qu’ils avaient tous deux rendu à la France en ordonnant aux Jésuites de se disperser. M. Rossi s’empressa de la communiquer officiellement au Saint-Siége. Ce stratagème n'avait pour but que de créer un document authentique et de le publier comme une preuve de l’action du Pape dans ces événements. Grégoire XVI

etI Le | pot reri terr adre corc n’au non:

tion:

qu'il ordr denc Sa Se la sa et ell s’imp et de acco les i en je ciatic M. G dû êt

" Da M. Guiz fit très-b Gouvern à l'égard

» No de ses a des chos elle-mén térêt de faction à rable, d

et Lambruschini ne se laissèrent pas prendre au piége. Le Cabinet des Tuileries, par l'entremise de son plénipotentiaire, demandait un acte émané de la secrétairerie d’État, Lambruschini répondit à peu près en ces termes : « Sa Sainteté est fort surprise des remerciments adressés à elle et à son ministre, puisqu'elle n’a rien accordé dans l'affaire des Jésuites. Si elle eût agi, glle n'aurait pu le faire qu’en se conformant aux saints canons. Si le gouvernement du Roi très-chrétien a des actions de grâces à rendre, c’est au Général des Jésuites qu’il faut les adresser, car il a pris de. lui-même, sans ordre ni conseil du Saint-Siége, des mesures de prudence pour tirer d’embarras le gouvernement du Roi. Sa Sainteté, dans cette circonstance, admire la discrétion, la sagesse, l’abnégation de ce vénérable chef d’Ordre, et elle a lieu d’espérer qu'après les grands sacrifices que s’imposent les Jésuites français dans des vues. de paix et de conciliation, le gouvernement de Sa Majesté leur accordera protection et bienveillance. »

Il est au-dessous de l’histoire de s’occuper de toutes les intrigues souterraines et de tous les faux-fuyants mis en jeu à Rome ainsi qu'à Paris pour colorer cette négociation et la rendre au moins acceptable dans la forme. M. Guizot y consacra la puissance d’un talent qui aurait dû être mieux employé '; mais cette puissance ne change

‘ Dans la séance de la Chambre des pairs du 16 juillet 1845 (Moniteur du 17), M. Guizot, ministre des affaires étrangères, rendant compte de la négociation Rossi, fit très-bien pressentir les faits que nous venons de raconter. Il disait : « Ce que le

gouvernement du Roi a fait à l'égard de la Cour de Rome, la Cour de Rome l'a fait à l'égard de la Société de Jésus.

» Nous ne nous étions pas servis de nos armes temporelles; elle ne s'est pas servie de ses armes officielles et légales. Elle a fait connaître à la Société de Jésus la vérité des choses, des faits, des lois, l'état des esprits en France, lui donnant ainsi à juger elle-même de ce qu'elle avait à faire, de la conduite qu'elle avait à tenir dans l'intérêt de la paix publique, de l'Église, de la Religion. J'ai une vraie et profonde satisfaction à dire que dans cette affaire la conduite de tout le monde à été sensée, honorable, conforme au devoir de chacun. La Société de Jésus a :-ns6 qu'il était de

point les actes, elle ne modifiera jamais les faits. Les uns et les autres sont produits. C'est à la France et à l'Europe qu'il appartient maintenant de commencer l'instruction de ce grand procès qui, selon une dernière imposture du Journal des Débats, semble être jugé par l'opinion publique et perdu par les Jésuites.

« L'opinion publique, dit la feuille universitaire par excellence dans son numéro du 18 octobre 1845, était émue et faisait appel à l’exécution des lois. Cet appel a été entendu : les lois ont reçu leur exécution; la Société de Jésus a été dissoute et ses maisons ont été fermées. L'opinion se repose et peut se reposer sur cette première satisfaction qui n’a rien d’équivoque; car, à l'heure qu’il est, il n’y a plus de Jésuites en France. »

son devoir de faire cesser l’état de choses dont la France se plaignait.… De toutes parts il y a eu acte de libre intelligence et de bons procédés, »

sitaire trodui publiqi + de l'éd Rappoi de Ja g — Les que lu suites leurs o Rozave vignan Liberat — Secc — Koh Les Pèr — Les

Au !

saient Jésus, présen traîner gnée a l'effray manen n'avait Cathol:

. Les et à encer nière é par

e par était pel a ociété mées.

mière e qu'il

ates parts

Page 1