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3h HISTOIRE
. au but dans lequel ils ont été institués. Sous prétexte de
vaquer aux fonctions de leur sacerdoce, ils fréquentent. des endroits où aucun Catholique romain n’habite; ils.
aveuglent les gens du peuple et leur font changer de croyance. Les mêmes principes dirigent leur conduite dans le gouvernement de Saratow. — Les bulles des Papes et les lois de l'Empire défendent d'engager les Grecs-Unis de passer: au culte catholique romain; cependant le Père Général des Jésuites opposait à leurs règlements une autre bulle qui permet aux Grecs-Unis, à défaut de prêtres de leur rit, de se présenter à la com-
munion par-devant les prêtres catholiques romains. Mais
“les Jésuites dépassent même les dispositions de cette bulle, Ils répandent leur séductios dans les endroits qui ne manquent pas de prêtres du rit grec-uni, En 1815, j'ai rappele au Père Général des Jésuites le contenu suivant du décret impérial du 4 juillet 1803 : « Cette to- » lérance, qui porte le gouvernement à s'abstenir de toute » influence sur la conscience des hommes dans les af- » faires de Religion, devrait servir de règle aux autorités » catholiques dans leurs relations avec les Grecs-Unis, et » leur interdire toute espèce de tentatives pour détour- » ner ces-sectaires de leur culte. Si la Religion domi- » nan’: ne se permet à cet égard aucun moyen coercitif,
Dans les colonies aussi, les. Jésuites, en séduisant les individus de la profession évangélique, répandent dans les familles les germes de trouble et de division. En r8or, les Jésuites employaient jusqu” à la violence pour convertir dés Juifs : conduite incompatible, selon les termes du décret impérial du 12.a6ût 180or, tant avec les principes généraux de la Religion chrétienne, qui ne souffre
:.» De même en Sibérie leur conduite ne répond point’
» combien plus une Religion tolérée doit s’en abstenir.s
| bourg;
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS, 35 ducune coaction, qu'avec les lois positives de l’Empire, qui punissent sévèrement toute espèce de séduction. On a été obligé de réclamer l'assistance des autorités locales pour arracher les enfünts juifs de la maison des
” Jésuites.
» Mais, si quelques faits ont été réprimés alors, les principes existent toujours, et les Jésuites continuent à s’y conformer dans leur conduite, malgré tous les ordres contraires du gouvernement. L’ usagé même qu'ils font de leurs biens ne se trouve pas en harmonie avec les préceptes de la charité chrétienne. L'état des paysans qui habitent les terres possédées par les Jésuites dans la
© Russie-Blanche prouve combien peu cette Société s'oc-
cupe de leur bien-être.
» Votre Majesté Impériale a rencontré elle - même - quelques-uns de ces malheureux que les maux physiques
ont privés dé tout moyen d’existence, munis de passéports" .pour mendier leur pain. Touché de leur extrême misère, vous m'avez ordonné, Sire, d'écrire au Père Général des Jésuites combien il était contraire aux principes chrétiens d'abandonner à la pitié publique des êtres pauvres et faibles, surtout lorsque les Jésuites ont
tous les moyens pour venir à leur secours. ;
» Tels sont les faits véritables relatifs aux Jésuites en Russie. Un Etat puissant leur accorde un refuge hono-
‘ Dans ce passage du rapport officiel, le Ministre, on le voit, chèrche à intéresser :
la sensibilité de l'Empereur et à lui présenter les-Pères de la Compagnie de Jésus comme des-maîtres durs et cruels qui ne prennent aucun soin de leurs paysans. Les tcrres affpartenant aux Jésuites’ avaient été le théâtre des guerres de 1812, Elles s'étaient -vues- dévastées aussi bien par les armées ennemies que’ par les troupes amies, 11 devait donc nécessairement s'ÿ rencontrer plus de misère qu'ailleurs. Ou laissait les plus indigents ou les jus vagabonds errer, jusqu'aux portes de Péters *,
bourg; mais ce n'étaient pas les Jésuites qui leur délivraient des passe-pbris: et qui
les autorisaient à mendier, Les Jésuites ne pouyaiqnt pas se substituer au gouvèrnement, et si celte pénurie a été constatée.par |’ Emperear lui-même, c’est bien plutôt aux officiers de police de la province qu'il faut s'en prendre qu'&la Compagnie, dont le seul devoir était de secourir les paysans vivant daus ses domaines,
36 __ HISTOIRE rable à l'époque même où ils sont poursuivis et dispersés partout ailleurs; jouissant du .bienfait, mais repoussant la reconnaissance , ils outragent ces mêmes lois qui les reçoivent sous leur égide, opposént à leur influence salutaire une -désobéissance obstinéé ,.et, usurpant le titre de missionnaires refusé par le règlement de 1769 au Clergé catholique romain en Russie, agissent au mi lieu d’un peuple éminemment chrétien comme parmi ces hordes sauvages qui ignorent jüsqu’à l’existence. de Dieu. » Et lorsque, en butte à la méfiance générale et au juste mécontentement de l’ Europe, lés Jésuites sont accucillis en Russie avec générosité ; lorsqu elle leur prodigue les marques les plus sensibles de confiance ct d’estime, en leur imposant le devoir sacré d’élever une partie de ses enfants, leurs coreligionnaires, de répandre dans leur esprit les lumières des sciences et dans leur cœur celles de la Religion; c’est alors même que, s’armant du bienfait contre le bienfaiteur, ils abusent de l’inexpérience de la jeunesse pour la séduire, profitent de la tolérance exercée envers eux pour semer dans les victimes de leur trahison une intolérance cruelle, minent les fondements des États, l’attachement à la Religion de la patric et détruisent le bonheur des familles en y portant l’esprit de discorde. Toutes les actions des Jésuites ont pour mobile l’intérêt sèul, comme toutes elles ne sont dirigées que vers l'accroissement illimité de leur pouvoir. Habiles à excuser chacun de leurs procédés illégaux par quelque règlement de leur Compagnie, ils se sont fait une conscience aussi vaste que docile.
» D’après le témoignage du Pape Clément XIV, « les Jésuites, dès leur établissement, s'étaient livrés à de ‘basses intrigues, avaient des disputes continuelles en
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 37 Europe, en. Asie, en Amérique, non-seulement entre eux, mais encore avec les autres Ordres monastiques, comme avec le Clergé séculier et les établissements de l'instruction publique; ils agissaient même conire les gouvernements. Où se plaighait de leur doctrine, contrairé aux bonnes mœurs et au véritable esprit du Chris-
” tianisme; on les accusait surtout d’être trop avides des
biens de ce monde. Toutes les mesures prises par les Papes pour mettre fin à ce scandale ont été inefficaces. Le mécontentement croissait, les plaintes se succédaient, les esprits se révoltaient, et les liens mêmes du Christianisme se relächaient. Quelques-üns des monarques catholiques, ne voyant point d'autre moyen de détourner l'orage qui menaçait de destruction leur Église, se virent obligés d’expulser les Jésuites de leurs États, » C’est dans ce sens que s’exprimait alors le Pape, dont la pénétration découvrit la cause.de tant de maux dans les principes fondamentaux de la Compagnie des Jésuites, et qui s’est décidé, en conséquence, à dissoudre cette Compagnie pour rendre l'ordre ct la paix à l'Église. |
» Lors de l’éloignement des Jésuites de Saint-Pétersbourg, il fut déjà question de les renvoyer tous hors de la Russie; mais Votre Majesté Impériale a décliné cette mesure, par la raison qu'avant de l'effectucr il fallait
trouver des Ecclésiastiques connaissant les langues étran-
gères, afin de pouvoir remplacer les Jésuites dans les colonies ainsi que dans d’autres endroits.
» Maintenant qu’il appert des renseignements pris par moi que les autres Ordres monastiques du culte catholique romain peuvent fournir le nombre suffisant de Prêtres capables de remplir les fonctions de leur sacerdoce dans les colonies, ct que, de Pautre côté, les Jé-
38 | HISTOIRE suites se montrent plus coupables que jamais, j'ose proposer à Votre Majesté Impériale d’ordonner ce qui suit :
» Les Jésuites, s'étant mis par leur conduite hors de la protection des lois de l’Empire, comme ayant oublié non-seulement les devoirs sacrés de la reconnaissance, mais encore ceux que le serment de sujet leur imiposait, seront renvoyés hors des frontières de l'Empire, sous Ja surveillance de la police, et ne pourront jamais y rentrer sous quelque forme et dénomination que ce soit. »
Dix autres articles, réglant, expliquant ou corroborant le décret d'expulsion, s'attachent dans leurs détails à rendre plus dur cet exil, qui ne se base sur aucun fait certain, Puis le Ministre des cultes conclut ainsi :
« En cas que Votre Majesté Impériale daigne agréer ces propositions, j'oserais la supplier de charger les Ministres de l’intérieur, des finances et moi, chacun pour ce qui le regarde ; de l’exécution immédiate des articles ci-dessus. |
» C’est ainsi qu’un terme sera mis en Russie à l’existence des Jésuites indociles aux lois et aux autorités de l'État, auxquelles ils doivent, d’après la parole de saint Paul, être soumis, non-seulement par la crainte du châtiment, mais aussi par le devoir de la conscience. Ainsi seront éloignés des hommes privés de ces véritables lumières qui viennent d’en haut, sourds à la voix de saint Jacques, dont les saintes paroles terminent la bulle par laquelle le Pape Clément XIV a supprimé la Compagnie de Jésus : « Y at-il quelqu'un qui passe pour sage et pour * savant entre vous? qu’il fasse paraître ses œuvres dans » la suite d’une bonne vie avec ‘une sagesse pleine de » douceur, Mais, si vous avez dans le cœur une jalousie » pleine d’amertume et un esprit de contention, ne vous :» glorifiez point faussement d’être sages, et ne mentez
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 39 » contre la vérité. Ce n’est pas là la sagesse qui vient » d’en haut; mais c’est une sagesse terrestre, animale, » diabolique. Car où il y a jalousie et un esprit de con- » tention, il y a aussi du trouble et toute sorte de dés- » ordres. Mais la sagesse qui vient d'en haut est pre- » mièrement chaste, puis amie de la paix, modérée et » équitable, docile, pleine de miséricorde et des fruits des » bonnes œuvres; elle ne juge pas, elle n’est pas double » et dissimulée. Or, les fruits de la justice se sèment dans » la paix par ceux qui font des œuvres de paix. »
Voilà encore un édit de bannissement contre les disciples âe l'Institut; la Russie les chasse de son sein comm : rance, l'Espagne, le Portugal, Naples et le duche «4: arme le firent au dix-huitième siècle. Un petitfils de la grande Catherine applique aux Jésuites, préservés de la mort par son aïeule, les paroles que Clément XIV leur jetait en licenciant le corps d'élite de l'ar-
‘mée chrétienne. Par une de ces anomalies auxquelles
l’histoire de la Compagnie nous a forcément habitué, tous les Monarques qui se laissent entraîner dans les voies de l'arbitraire, tous les Ministres qui signent des décrets de proscription, tous les peuples qui regardent
‘passer ces exilés ne songent pas à se demander de quels
crimes on les accuse. Il existe une loi qui sert de base à chaque Code criminel et qui est le fondement de toute justice. Cette loi, aussi vieille que le monde, défend de punir qui que ce soit avant de l'avoir fait juger et d’avoir précisé les imputations portées contre lui. Les Jésuites n’ont jamais pu jouir du bénéfice de cette loi. A Lisbonne, le marquis de Pombal les condamne de son chef; en Espagne, Charles II et'd’Aranda, son ministre, les suppriment; les Parlements de France, aux or:
dres de Choiseul et de madame de Pompadour, fabri- - £
+ RE 0 ne
h0 HISTOIRE quent des arrêts où l’iniquité le dispute à l'ignorance. qu’à A Rome même, dans une heure de cécité pontificale, chris Clément XIV br: : ia Société dont les plus saints, dont reille les plus grands ‘ ses prédécesseurs sur la chaire de s’en s Pierre ont gloziné les services et honoré les vertus. No Chez ces peuples de mœurs si civerses, mais qui tous | pies tiennent à la législation naturelle comme à la garantie Mais de leurs droits, la Compagnie de Jésus a souvent trouvé fier € des accusateurs, des proscripteurs et des bourreaux, phes elle réclame encore des magistrats intègres. Elle a été côlé, condamnée, flétrie, exilée , décimée ; elle n’a jamais été en fa jugée. | vons Le rapport du prince Galitzin, œuvre du conseiller De Tourguéneff et du comte Capo d’Istria, ne porte pas quelq l'empreinte de cette haine vivace qui se rencontre seu- | duels lement dans des hommes appartenant au même culte. | ils la } On ne charge pas les Jésuites de crimes imaginaires, on l . ne les ne dénature point leurs correspondances ; on semble in- | ï sumal voquer le prétexte le plus plausible pour les sacrifier au | mettr( triomphe des Sociétés Bibliques et des rêves de fédéra- méfia ‘ion d'Alexandre; mais le document officiel reste dans 1 ques € les bornes d’une modération calculée. Le gouvernement | de san possède les papiers de la Compagnie, ses correspon- 4 AI dances avec Rome et avec les Jésuites de tous les pays. ; depui On a dit et accrédité à Pétersbourg que les Russes em- | Russie brassant le Catholicisme recevaient par l'entremise des l tion f Jésuites un bref du Saint-Siége qui leur accordait la fa- ; chacu culté de paraître schismatiques lorsque, dans leur for À nière intérieur, ils étaient unis à l’Église romaine. On a même ù ques. prétendu que le gouvernement moscovite avait entre l'Ordr les mains des preuves de cette hypocrisie. Le rapport verne n'en fait aucune mention; on n’en découvre nulle trace Ecclé. dans les archives impériales; tout tend même à établir sions
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. ai qu’à cette époque, si les Sociétés Biblicnes et le néochristianisme d'Alexandre eussent pu tourner une pareille arme contre Rome, ils n’auraient pas manqué de | , ï
s’en servir.
Nous avons sous les yeux des copies de ces brefs, copies qu’on affirme authentiques et levées sur l'original. Mais, comme l'historien doit se tenir en garde et se défier des falsifications ainsi que des documents apocryphes suggérés par l'esprit de parti; comme, d’un autre côté, le SaintSiége et les Jésuites se sont toujours inscrits en faux contre de s:mblables documents, nous ne pouvons y ajouter foi jusqu’à preuve plus décisive.
De ce rapport, accepté par l'Empereur, il surgit bien quelques excès de zèle catholique, mais ces faits individuels, en supposant leur véracité démontrée, méritaient- | ils la peine sévère appliquée à tout un Ordre? L'autorité ne les signalait que depuis très-peu d'années; est-il présumable que les Jésuites aient cherché à se compromettre, précisément lorsqu'ils se savaient en butte aux méfiances de Galitzin, aux intrigues des Sociétés Bibli- | ques et des Universités, sur lesquelles P Empereur venait | de sanctionner leur triomphe? | |
À la nouvelle de l’ukase qui brise les liens existants | depuis plus de deux siècles entre les Catholiques de la Russie-Blanche et la Compagnie de Jésus, la consternation fut générale. Des larmes coulent dans les Églises ; chacun accourt du fond des steppes pour voir une dernière fois ceux qui ont si souvent consolé les Catholiques. Dans toutes les villes où s'élève une maison de l'Ordre, des commissions furent nommées par le gouvernement; elles se composèrent d’un Magistrat, d’un Ecclé....:tique séculier et d'un Religieux. Ces commissions avaient ordre d'interroger individuellement cha-
que Jésuite, de lui promettre des avanuages sans bornes et la faveur du pouvoir, s’il voulait renoncer à l’Institui. Trois ou quatre “irux Pères, sur près de sept cents, se laissèrent séduire.
Pour se former une idée, même imparfaite, de l’existence à laquelle ils se vouaient, il ne faut pas seulement les étudier au milieu des cités ou parmi les enfants qui bénissaient leur nom et acquittaient, par une reconnaissance dont les preuves subsistent encore, les bienfaits de l'instruction chrétienne ou de l’édueation première. Ce ne fut point là qu’ils apparurent plus grands par le sacrifice de toutes les joies humaines que par le travail; mais il importe de jeter un regard sur les Missions que le gouvernement leur donna à défricher. Dès le 5 avril 1805, le Père Fidèle Grivel écrivait des bords du Volga à un de ses amis de France : « Il n’y a que vingt mois que la Compagnie est chargée de ces Missions, et déjà il y a un changement notable. Il y a cent mille Catholiques répandus dans le gouvernement de Saratof, ils sont divisés en dix Missions, dont six sur la rive gauche et quatre sur la rive droite du Volga. Chaque Mission est composée de deux, trois, quatre ou cinq colonies ou villages. Ma Mission est à Krasnopolis, sur la rive gauche. J'ai neuf cent soixante-deux communiants en quatre colonies; chacune a une assez jolie église de bois. |
» Ge n’est pas ici un Japon, ni un pays de Hurons, ce n’est pas non plus un Paraguay; c’est un diminutif de l'Allemagne quant au moral, et jusqu'ici il n’y a pas d'apparence que nous mourrions martyrs. Je suis satisfait et disposé à rester ici volontiers le reste de ma vie. »
Les Jésuites n’avaient pas en Russie l’attrait du péril pour les exciter, l'enthousiasme ou la résistance des peu-
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DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 43 plades sauvages pour les animer. Leur zèle ne devait éclater qu'au commandement militaire. Il était circonscrit dans d’étroites limites; les franchir eût été un crime irrémissible. Il fallait être modéré dans son ambition de civiliser par la Foi. Ils avaient à vaincre les vices invétérés de ces populations sans patrie, les défiances des Grecs, souvent, comme à Riga, les susceptibilités protestantes refusant aux Catholiques un peu de cet espace et de cet air libre qu’elles savent si bien conquérir pour elles. La capitale de la Livonie était toujours la cité intolérante par principe : au nom de futher, elle tendait à opprimer la Religion romaine. Chaque culte pouvait élever son temple dans les murs de cette ville; il était interdit aux seuls Catholiques de jouir d’une prérogative qu’ils disputaient depuis trois siècles. Vers 1802, ils osèrent s'adresser à l’empereur Alexandre et lui demander des Jésuites. Le Père Gruber recut ordre d’en faire passer trois en Livonie : il désigna Joseph Kamienski, Marcinkiewicz et Puell, qui arrivèrent le 10 février 1804. Le prince de Wurtemberg et les magistrats moscovites accueillirent avec empressement ces Religieux; mais bientôt ils n'eurent pas de peine à s’apercevoir des inimitiés secrètes ou patentes auxquelles leur ministère allait être en butte. La plupart des Catholiques de Riga s'étaient laissés gagner par cette fièvre de débauche qui puise les grands centres commerciaux. Les trois Missionnaires succombaicnt à la peine sans espérance de succés, lorsque, en 1806, le Père Joseph Coince se fit leur auxiliaire.
A peiue a-t-il pris connaissance de la position morale dans laquelle languissent les habitants de Riga, qu’il s'ingénie pour y remédier. Par une de ces inexplicables corruptions dont il ne fant accuser aucun culte, car au-