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l'avenir. Les avis étaient partagés. Laynès et Salmeron se montraient redoutables athlètes , mais fs avaient en face des érudits aussi exercés qu'eux dans les combats de la controverse.
Les conférences dogmatiques n'ofraient ni autant d'animation ni autant de cet intérêt qui s'attache aux débats pour ainsi dire personnels. La diversité d'opinions sur les matières soumises à l'appréciation des hommes se manifestait de temps à autre. Elle disparaissait au moment même où l'on traitait de l'essence du Chistianisme, des Mystères et des Sacrements. Alors il n'y avait dans l'assemblée qu'une loi et qu'une foi.
Tandis que le Père Lejay expliquait le texte de saint Paul sur la grâce, les Cardinaux, présidents du Concile, chargeaient Laynès et Salmeron de faire la nomenclature des erreurs dont les théologiens avaient à s'occuper dans les réunions qui précédaient les séances solennelles. Les deux jésuites eurent encore à recueillir les actes des Conciles, les bulles pontificales, les citations des Saints-Pères et des docteurs qui; condamnaient ou réfutaient les maximes coupables ou erronnées. Ce travail, vaste répertoire où sont déposées, comme dans un arsenal, les armes de l'Eglise, servait de formulaire: aux autres théologiens. Ce fat pendant que Laynès et Salmeron s'en occupaient que, le 27 décembre 1546, ce dernier prononça un discours latin devant le synode. Ce discours produisit une telle i impression que l'assem-
* blée:se réunit dans un vœu unanime pour en exiger
la publication : il existe encore.
Lorsque la discussion sur la grâce fut épuisée, on passa aux sacrements en général et à chacun en particulier; on commença par le Baptème et par la Con-
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. ns
firmation. On n'accordait qu'une heure, et encore
trèssrarement , sux orateurs qui avaient à proposer des cas embarrassants ou à soumettre des objections. Une exception fut faite en faveur de Laynès, dont la rapide éloquence saisissait au passage les questions les plus ardues et les résolvait avec une supériorité qui ne laissait plus de chance possible à l'erreur. Pour abréger les discussions, le Concile l'autorisa à prendre la parole pendant trois heures consécutives.
Le 11 mars 1547, l'Assemblée fut transférée à Bologne par suite d'une maladie contagieuse qui régnait à Trente. Ce changement.de résidence ne convenait pas à l'Empereur. La plupart des évêques espagnols et allemands s'abstinrent : il n’y eut done pas de Synode général, et il fut prorogé à l’année 1550. Le. Chancelier de l'hôpital vint alors à Bologne pour représenter la France qui, malgré Charles-Quint, approuvait la translation du Concile.
Pourtant, durant à peu près trois mois, on agila, dans des séances particulières, les questions dogmatiques sur la Pénitence. Laynès developpa ses idées, ou plutôt le sentiment de l'Eglise, et il montra tant de précision sur tous ces sujets si variés qu'il reçut ordre de rédiger par écrit son opinion sur les autres sacrements. Cette opinion formait habituellement la base des décrets.
Ces séries de travaux auraient accablé tout autre
homme; pour le jésuite, elles ne semblaient seulement que le tenir en haleine de bonnes œuvres. À Bologne il reprit avec Salmeron sa vie de charité et de prédication populaire. Il avait des heures pour le Concile, des beures encore pour les pauvres et les enfants, des
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beures surtout pour les malades, Canisius et Pasquier: Brouet leur vinrent en aide. Canisius avait rejoint Lejay à Trente: tous deux étaient les procureurs:da cordinal d'Augsbourg; et, dans ces conférences d'où le talent n’était pas banni avec la solennité, Canisius se. pévéla bientôt.
10 septembre 1547, Pierre-Louis Farnèse, fils | du] Pape, et qui. avait reçu de son père l'investiture du duché de Parme, mourait sous les coups de quelques gentilshommes de Plaisance. Après avoir assassiné Je prince, les conjurés s'emparent du château et font, retentir le cri de vive la liberté! Dès ce Lempslà ce cri était le mot d'ordre. des révolutions. et des schismes., Ce. meurtre suspendit complétement les travaux préparatoires du Concile, Il fallait la paix pour traiter à tête reposée d'aussi importantes matières, et l'Italie était. menacée d’une conflagration. générale: Le Pape Paul IIT étant mort dans l'intervalle, son … successeur, Jules IIT, réunit le Synode à Trente le 1°" mai 1551.
Les Cardinaux-Légats: pour cette session furent Marcel Crescenzi Sébastier Pighini et Louis Lippomani, Le cardinal Madrueci y. assistait. avec onze
ambassadeurs, neuf: archevèques, cinquante:sept Evèques plusieurs Abbés, généraux d'Ordres, docteurs en droit Canon et en droit Civil, et:un grand nombre de théologiens, parmi lesquels on distinguait Miranda , Melchior Cano, Garraza, Alphonse de Castro, Michel Elding Foscarari et Louis de Ca- . tane., Laynès et Salmeron ne purent se rerdre à Trente qu'au mois de juillet. Le. nouveau Pape. leur avait témoigné la même confiance queson prédécesseur. Ils, étaient encore les oräteurs du Saint-Siége. En
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