‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 5)Chapitre 12 sur 86 · RENTRER TA · texte numérisé non relu

RENTRER TA

enfants, et l'obtive charité des Jésuites somitite se auldre pe la torreur. Tout à-œoup un nouveau es Férsnereges et les , Un seul

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Les populations les avaient: vu. affronter le danger. ekbraver la mort pour encourager ou. servir les: malades ;, la famille impériale crut qu’il n'appartenait, qu'à elle seule. de récoinpenser tant; de sacrifices. En 1856, l'archiduo. Ferdinand visita les maisons de. la Compagnie à Tarnopol, à Starawies et. à Sandets;. il.se déclara leur-protecteur; il les remercia publi. quement de leur charité. Pour. çonsacrer: cette jus, tice, l’'Empererr, en. 1854, fit augmenter de. cinq cents florins la rente que l'Etat payait,à chaque établissement, François Pistek, archevêque de Lemberg,, et. l'archiduc : Ferdinand. témoignent .la désir . de 4 en un ROUTE dans la capitale même de la

l { |A peinscerœu esta conçu qu'il se réalise, Le nom. des Jésuites était aussi populaire en Allemagne qu'au temps de Canisius. de Possevin et d'Hofæe. .A Tar+. nopolsurtout, le Père Paul Dunia s’était.açquis parmi, les étudiants une célébrité qui retentissait danstoutes, les familles. Cet homme, dont le nom. est. une. des. gloires de la. patrie, a été souvent à même de:remar.. quer. ge la.pauvreté est, pour beaucoup de jeunes. gens distingués par leurs talents, un obstacle qui-les, arrête au milieu de leur carrière. Il songe à réparer les torts. de la fortune. ABn. d'assurer à ces jeunes gens les moyens de s'instruire sans avoir à rougir. devant les autres d’une indigence qui peut les humi:: lier, il mendie de porte en porte. Lorsqu'il arecupilli; T'aumône qui n’est jamais refusée à sa bienfaisance, partage secrétément l'or qu'il à féçü”t l'étudiants que lui seul, connait; puis, Jusqu'ad 16 août. 1838, jour, de: sa.mori,.il continue celte. uvre. dont. plus d'un savant d'Allemagne:a profité. Fit

‘Les bicnfaiteurs naissaient en même ternps quétes Jesüites répañdaient le bienfait. ‘Dans tous tes Lo :

“où ils propagènt la vertu par l'éducation et'par l’élo- “qence ils ravivent l'esprit chrétien. Le comte La- ‘dislas Tornowski, la comtesse Agnès Mier, le con- ‘seiller d'Etat Szaniawski etles principaux du royaume s'associent à léurs œuvres. Ici on les trouve au fond des Hôpitaux ou des prisons ; là, comme à Lemberg, ‘ils se chargent de faire pénétrer quelques idées de morale et de repentir au sein des bagnes. Msis déjà la Gallicie ne suffit plus à leur zèle. Le gouvernement ‘appréviait leurs travaux : dès l'année 1829, il leur ‘ouvre la Styrie et tés Etats autrichiens. Ce tut le Bénédictin Zaëngerle, prince Evèque de Gratz, qui, le premier, offrit aux Jésuites une résidence à Gleisdorf “pour y commencer un Noviciat. Cét Évêque s’occupait activement de la réforme de son Clergé. Il pensa que lés meilleurs coôpérateurs à acquérir se rencon:-

‘{raient dans la Compagnie de Jésus : il sollicita leur

“introduction en Styrie. Le but avoué du cabinet de ‘Vienne était d'amener les Pères à créer üne province ‘allemande complétement distincte de la province de “Pologne, Le Père Loeffier souscrivit à cet engage- :ment, que constate un décret impérial du 22 no- . vembré 1828. Le 2 avril 1899, le Père Everard Mayer ‘accompagné de deux autres Jésuites, prit possession

* ‘du couvent de Gleisdorf. Dés intérêts particuliers s'opposent à cé premier établissement. Les’ Jésuites

‘se voient bientôt sans asile et obligés, pour vivre èn ‘communauté, de s'installer dans une mhaison où hà

: “bitaient. de nombréuses familles et tine'cantatrice du

théâtre: Cette situation, aussi étrangé que précaire, “né fes décourage point. Comme toute société ayant

sen'élle uné vie distincte de l'individu qui passé ou qui

meurt, l'Institut de saint Ignace sait admirablement

se plier aux circonstances. Nous l'avons vu, durant trois siècles, aux prises avec les hommes de génie,

82 BISTOLRS ,

de force ou d'action ; sa persistance en a friomphé. Un pape crut qu’il pourrait Le tuer; il es<aya de porter, malgré lui, co grand coup. au Catholicisme. P

des moyens en. dehors de sa ‘volonté, la,

de- Jésus est sortie triomphante du tombeau anticipé que Gangenelli fermait sur elle. La comes sent sppelée à de nouvelles destinées; Les matériels qui s'opposent à son accroissement en Allemagne doivent done être vaincus.

Les Pères envoyés à la. Styrie. ne demsnäent rien pour eux, rieu pour leur Ordre. Lis.se dévouent à endurer les. tracasseries inhérentes à tous étsblissement nouveau. Des difficultés de détoil naissent à chaque pes: is ne s'en préoccupent que pour laisser au temps le soin de les résoudre: Quand elles sont

” ‘ aplanies, ils ne tirent pas plus vanité de la bonne que

dela mauvaise fortune; A les voir si isdifférents sûr tout ce qui n'ébraale pas l'intégrité du Siége Apostolique ou les fondements de la société. religieuse, on dirait que le suecès, comme la défaite, n’est-pour rien . dans l'ensemble de leurs devoirs ; ils acceptent. auec une égale soumission La joie et la douleur. À Grals, . ils ne peuvent trauver une demeure convenable, ils campent.en attendant le jour où cette. demeure s’offrira. Pendant ce temps, le Père: Stæger fait éclater dans les églises. sa parole inspirée: les Novices se formeant.au bruit du monde, quelquefois mêrse. à celui du théâtre. Trois années s'écoulent ainsi; puis, quand eet.élat anormal commence à se régulariser, Jacques Stopper.. secrétaire du. Prince. Evêque, et Xavier Werminger, docteur en théologie. entrant au Noviciat. avec. dix-sept. jeunes gens. Quatre mois agrès, leur nombre. était. doublé; L'archiduc Maximilien, le Vauban. de l'Allemagas, .& pour les Jésuites une de ces estimes raisonnées,

telle que Walstein Spinola, don Juan, nya Condé, Furonne et Villars étaient heureux de la mer nifester. En 1856, il voit de ses yeux l'emberres dans lequel on place 1 Jésuites implantés à Grels. Il est chatgé d'établir les fortifications de la ville de Linz, qi protégeront le peys ot le Denulie coulant au pied ++ lscité. Il transforme en maison de campagne une

des premières tours qu'il a fait construire sur le Fregenberg. Ily joint une belle église gothique. Afin de doaner à ses travaux une consécration religieuse, ik propose au Bénédictin Thomas Ziegler, évêque de Lies, d'offrir à l'Institut cette maison, devenue per ses soins inutile aux fortificetions. Le. 10 août 1857 les Jésuites s'y instellèrent. L'Archiduc n'abandonne pas. son œuvre incomplète ; il accorde aux Pères lu sufruit des terrains avoisinant le nouveau Collège, et ik leur assigne une rente qui permet d'entretebir trente Jésaites sur cette montagne que son génie maifaire a imnortalisée.

L'Autriche avait accepté les Jésuites sans eathousiasme, mais par conviction du bien qu’etie retirerait de leur enseignement. François Il, si long-temps éprouvé, avait pleine confance aux enfants de saint Ignace: itles aimait par tradition de famille, par gratitude: et comme un nouveau lien qui le rattachait à ses peuples. Cet amour n'avait rien d’expansif, et le monarque ne leur laissait gagner que pied à pied du terraim. C'était à eux à conquérir chaque établissemént souteau per des prodiges de charité ou on répendant les lumières de la civilisation au fond dés campagnés. Le gouvernement autrichien étudie de longe main ses projets, il les mürit avec calme, il les applique avoe une détermination parfsitement arrêtée. Il n’a de comptes à rendre qu'à lui-même: il veut que ces comptes r'évoquent pas de censeurs

64 lt à MISTONRE

dens l'opinion publique. Tout se fait discrètement et par un travail'invisiblé ; mais ces formes silencieusés et absolues en apparence tournent au profit du pee ple, dont les vœux sont écoutés.

- I n'y avait plus à hésiter sur le sentiment qui l'es tratnait vers les Pères. Dans chaque ville:où un Jésuite faisait entendre la parole divine, la foule. se pressait autour de la chaire ; des fruits de bénediction étaient constatés par le clergé séculier, saluant l'arrivée des Missionnaires comme un bienfait. Au sein de leurs Collèges ainsi qu’au milieu des cités et des campagnes , les Jésuites se montraient partout les mêmes. Le prince de Melternich ne les avait peutêtre pas vus venir sans défiance. Élevé à l'école:de Joseph II et de Kaunitz, il éprouvait pour la Compagaie de Jésus une répulsion secrète, née au contact des préventions que là haine ou l’impiété ont toujours eu l'art de fomenter. Mais cet esprit lucide discerna promptement la vérité du mensonge convenu. Onlui peignait les Jésuites comme portant la main sur tous les pouvoirs et aspirant à renverser ceux qui ne:subissaient pas le joug de l'Institut. Le prince de Metternich, avec cette patience investigatrice qui:est le cachet de sa politique, découvre sans peine qu'’ils:ne peuvent être dangereux ou hostiles qu'aux passions mauväises. À partir de ce jour, sans démonstration protectrice, ainsi que sans opposition de parti pris, il les laisse répondre à l'appel des Evêques et des Catholiques. Leur nom était un écho réveillant la Foi dans les âmes; leurs leçons ravivaient :les: bonnes mœurs ; leuraménité faisait aimer l’étude. Ils purent en toute liberté se livrer aux soins incessants :de l'Apostolat par la chaire, par l'éducation et la charité.

Le 17 octobre 1858 l'Empereur Ferdinond, sur la

demande du comte de Vilezez, gouverneur du Tyrol, et à la prière des Etats de cette province, confie aux Jésaites leur ancien Collége d’Innspruck. Le Père Pierre Lange en est le premier Recteur. Les accroissements de cette maison furent si prompts que deux ans après sa fondation elle comptait trois cent quatre-vingt-sept élèves. Sans l'appui ostensible du gouvernement, ce qui pour les Jésuites est un bienfait réel, ils ont su, en quelques années de lutte, tirer l'Institut de ses ruines. Ne demandant à l'autorité que le droit d'annoncer la morale de l'Evangile et de se mettre en partage des douleurs de tous , ils ont donné à leur Société renaissante cette seconde vie qu'il est si difficile de communiquer aux corporations. Rien neles a effrayés en Allemagne. Ils avaient contre eux les mensonges anciens que l’on rajeunit sans cesse et les calomnies nouvelles que l’on sème dans la foule pour amasser une moisson de haines. L'esprit révolutionnaire et anti-chrétien s’alarma de la résistance qu'il allait rencontrer : il tenta de la briser lorsqu'il ne la sentait encore qu'en germe. Ce combat, qui dure encore, et dont les phases ont quelque chose de si profondément instructif pour l'Allemagne, n’a servi jusqu'à présent qu'à donner aux Jésuites une plus grande extension. Le gouvernement autrichien n’est pas de ceux qui, par faiblesse, témoi-

&nent à leurs adversaires plus de déférence qu'ils ne

montrent d'estime ou de fidélité à leurs amis. Sous ce. pouvoir, qui semble sommeiller dans sa force, il

y a une énergie qui n'échappa point aux Jésuites. Ils

jugèrent qu'il leur était possible de lutter avec suc-

cès, puisque le cabinet de Vienne, lépiscopat et le

peuple, leur faisaient un rempart de leur protection

ou de leur confiance. Ils ne reculèrent devant aucun

ennemi ; ce courage. inspiré par la sagesse, augmenta

leur'influends. Es. grandissaient en Allemagne. le même succès les attendait en: Angletérre.

Tanf qe les Trois-Royaumes: furent. gouvernés par leurs Princes légitimes, on vit la dernière dés Tudor et le premier des Stuarts se présenter partout comme: les: ennemis personnels de: la: Compagnie de Jésus. Nous: avons raconté: cette persécution. Née avec Elisabeth, elle: ne se calme même:pas au lit: de mort de là Keine:vierge. Toujours aussi inhumaine, cette: persécution:devient plus ridicule sous le seeptré:que Jacques 1°" transformera: en: férule-de pédegogue. Charles I°" ne sut ni protéger scs amis, ni combattre:ses adversaires, ni se défendre lui même; ileut toutes les faiblesses et tous les malheurs. des Rois sans volonté; Charles EE, son fils, s'imagina qæ Péclat: des fêtes et. le: luxe de. ses plaisirs égotstes . Couvrirait la: voix des partis extrêmes qu'il essayait détouffer dans le.sang. Jacques EL cherchaun appui dans la réaetion religieuse. Il fut le plus:débonmaive des: tyrans; l'Angleterrele punit jusque dans sa pos térité des crimes: de: ses: ancêtres. La révolutionr:dé 1688: s'était. fait aw aride: : Mort aux Jésuites! | Quand cette révolution eut jeté au vent ses premidrés goières. les: Jésuites se trouvèrent plus Fee que jamais sous la seavelle dynastie.

L’Angleterre avait traversé un fleuve-de. sang. aña d'arriver à la Hberté de conscience. Elle se juges assez forte, elle fut assez juste pour vonlbir que .cheeue, dans la limite des lois, pôt jouir de ce:droit que paysient tant de sacrifices. Par les Pères de Com pagnie de: Jésus, la Foi romaine se maintint aux cœurs de quetques familles. Par eux-encore, elle se propagea pendant près de trois siècles, grandissant avec la prescription, se multipliant ayee léchafaud, Les Catholiques s'étaient épurés au creuset des souf-

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frances. Hs avaient vu la ruine légale s'asseoir au foyer de leurs demeures envahies ; its avaient erré dâns tes bois, cachant leurs vertus comme un coupable cache ses crimes. Depuis le riche propriétaire anglais jusqu’au plus obscur enfant de Firlande, ils trouvaient tous dans leurs souvenirs ou dans leurs ar chives de famille une histoire de dévonement au principe chrétien. Le nom des Jésuites s5 mélait naturellement à ses funèbres et glorieux récits. Ea Compagnie avait tant souffert pour préserver la: Foi des Catholiques d'un naufrage inévitable, qu'ils ne se croyaient à l'abri de l’apostasie qu'en gardant auprès d’eux les Missionnaires , dont la be les initiait au secret de la persévérance.

Dès les premières années du dti-beitiie siècle, le cabinet britannique s’avoua que, dans un pays aassi fortement constitué, il ÿ avait honte sans profit à torturer les consciences et à imposer des obligations auxquelles on répugnerait de s’astréindre soimême. On laissa pew à peu tomber en désuétude les: lois pénales, qui réduisaient à l'ilotisme les fidèles des Prois-Royaumes ; on ne s’acharna plus à poursuivre les Jésuites comme des malfaiteurs publics, Si la Foi n'avait pas su de profondes racines au cœur de la Grande-Bretagne, cette habile tolérance, venant à la suite des commotions politiques, aurait pu être fatale au Catholicisthe. H n'en fut pas ainsi. Lé bien-être: n'éengendra point l’apathie, et, par un zèle aussi pleta de prudence que d'activité. les Pères de l'Institut prefitèrent du calme qui leur était accordé: pour entretenir' et. multiplier dans les âmes l'amour des devoirs religieux.

Jusqu'alors, ils n'avaient dû l'hospitalité qu’au hasard ; leur existence: de tous les jours n’était pas plus assurée que leur sommeil; l’un et l’autre restaient à:

la merci de la pieuse reconnaissance des Catholiques. Les Jésuites avaient vécu dans des retraites sûres d'où ils ne sortaient que pour bénir et fortifier. A. partir du jour où la liberté ne fut plus une décep-. tion, ils comprirent qu'avec la marche des idées et. les progrès signalés dans l'esprit national, il n’y avait plus à craindre pour eux ces rigueurs insolides, dont les siècles écoulés avaient fourni le modèle. Sans encourir la vindicte des lois, ils pouvaient se proclamer attachés du fond de l'âme au Siége apostolique, ils: commencèrent à se créer des demeures fixes où, dans, le secret d’abord, puis peu à peu assez oRvEremont ils habitèrent en ‘communauté. :

Telles furent à leur origine les Missions de Liverpool, de Bristol, de Breston, de Norwich et de plusieurs autres villes. Une petite chapelle était annexée à la maison. Sans exciter le moindre murmure, les Fidèles eurent la liberté d'y prier. Quand le bref de Clément XIV, supprima la Compagnie, les Jésuites vivaient dans cet état. dont rien ne troublait la quiétude. Un Souverain Pontife immolait l'Institut aux ennemis de l'Eglise, les Pères se soumirent en gé-

missant. Il était bin difficile de les remplacer dans.

la Grande-Bretagne; les Vicaires apostoliques, qui plus d’une fois s'étaient trouvés en guerre avec. eux sur des points de juridiction, furent contraints de leur permettre l'exercice du ministère dans leurs résidences. Les Jésuites ne l’étaient plus de fait ainsi

que de droit ; les Catholiques ne veulent pas, autant

qu ‘ilest en eux, s'associer au suicide que la peürins-

pire à Ganganelli. Les Colléges où leurs. enfants sont.

élevés, à Saint-Omer, à Bruges et à Gand, tombent sous le coup du bref Dominus-ac Redemptor ; ; maison que les Jésuites ont fondée à Liége.n'est pas aussi malheureuse ; elle survit à la destruction de

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AR D D.tn ve vus

l'Ordre, Le Père Howard, encouragé par le Prince- Evêque, peut y continuer le bien dont ses prédécesseurs jetèrent le germe.

- Ce Collége, dans la pensée des Catholiques, devait être une pépinière d'ouvriers évangéliques, destinés à succéder aux Jésuites. Quand Pie VI le prit sous sa protection et sous celle du Saint-Siége, il ne cacha pas dans son décret que son but était de faire de ces nouveaux Prètres « les continuateurs et les soutiens dela Mission primitive ; » la Révolution française dérangea ce plan. Son premier soin, en débordant sur la Belgique, fut d’anéantir le Collége et de chasser en même temps les maitres:et iles disciples. Ils allaient se voir sans asile et sais espérance de développer le Catholicisme dans la Grande-Bretagne, lorsqu'un noble et riche Anglais, Thomas Weld, se sent touché des malheurs dont ses coreligionnaires sont menacés. Le continent se ferme aux anciens Jésuites qui ne renoncent pas à former un Clergé indigène. afin de les remplacer dans leur patrie ; Thomas Weld leur ouvre l'Angleterre. Cette famille, qui attache son nom à toutes les hautes infortunes, et qui, après avoir reçu les Jésuites proscrits, viendra, trente-sept ans plus tard, mettre son vieux château de Lulworth à la disposition de Charles X banni de Frante, possédait une terre dans le Lancashire, Cette terre se nommait Stonyhurst.

Thomas Weld la consacre aux débris de la Société de Jésus et aux élèves qui les suivent dans leur exil. A peine installés dans ce lieu devenu cher à la Religion, les enfants de Loyola, qui ne peuvent plus se renouveler, s'occupent avec ardeur à combler les vides que la mort fait en éclaircissant leurs rangs. Ils forment des prêtres aussi dévoués qu'instruits, des jeunes gens qui porteront dans leurs f«milles le

96 HISTOTRE

courage ef la foi dont ils offrent et recofvent l’exenspile. Les Pères de l'institut supprimé ne s'étaient nas condamnés au silence et au trépes, parce que CI6ment XIV avait frappé Farbre de stérilité. Hs sentaient en eux un principe de vie dominaht tous tes foits accomplis. Avec la plupart de leurs Frères dispersés, ils croyaient que de nouteaux événements, que d'immenses désastres et de plus mères réflexions amèneraient tôt ou tard le Saint-Siège à revoquer le bref de Ganganélli. Ce qui se passait en Prusse et eri Russie, la merveilleuse conservation de l'Ordre de saint Ignace, les bonnes dispositions duat Pie VI était animé, les entretenaient dans cet espoir. Dès 1786, les. Jésuites de la Grande-Bretagne, qui n'avaient point eu à lutter eontre le gouvernement. et qui, en: dehors du bref, se trouvaient dans la même situation qu'auparavant, supplièrent le Vicaire-générat de les incorporer à la Société renaissante. La ehrose: n'était: possible qu’en transgressant les commandements de Pape. Le Vicaire-générat signifie aux Pères de Pancienne Provinee britannique qu'il faut renoncer à 06 projet. En 1800, lorsque Pie VII eut publiquement. autorisé l'existenèe des Jésuites en Russie, les Arts glais réitérèrent la même demande, Les obstacles étaient: aplaniss Gruber soicite du Saint-Siège le droit d'agréger àF'Enstitut ceux qui désirent y MOvrir après avoir voué leur vie au triomphe de l'Eglise. Le Souverain Pontife leur accorda:cette faveur. Ee Père Witliam Strickland fut chargé d'élever au degré de Profès le Père Mermadueh-Stone, recteur du nou: veau Collége anglais. et de létablir' Provincial. Le 22 maë 1805, cette solennité eut lieu, : : ‘

À peine le nouvelle de la recéristitution: del'Ordre en Angleterre est-elle divujguée; que Fon voit accou: rir à Stonyhurst tous les anciens: Jésuites, heureux

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DE LA COMPASMIB:DE JÉSUS. w

encore de reprendre Le joug. des règles de saint Ignace. Parmi les plus empressés, on distisgue les Pères Thomas Stanley, Pierre O’Brien, Lawson, Jenkins, Édouard Chureh et Joseph Recve; dont les noms sont chers aux Catholiques et précieux à la jeunesse. Charles et Robert Plowden, Thomas Reeve, Lewis, Jacques Leslie, Édousrd Howard, Priee, Johnson et un certain nombre de jeunes Prètres viennent renforcer la cohorte qui se réunit. La Com pagnie sortait du tombeau ; elle veille à se perpétuer. Les Troôis-Royaumes étaient alors engagés dans une terrible lutte avee Napoléon. Le sang et les trésors du pays se prodiguaient sur les champs de batailleet

. dans les intrigues diplomatiques. IT y avait du pa-

triotisme et de l'ambition, de la haine et une pensée égolste au fond de ce duel d'empire à empire. L’Angleterre était ébranlée; mais elle semblait grandir avec le danger. Pitt n'avait ni le temps ni la volonté de s'opposer au rétablissement de l'institut. L’Ans

. gleterre était restée indifférente à sa mort; elle se

eroyait assez puissante pour ne pas s'occuper de sa résurrection. Tous les yeux se tournaient vers le.eori: tinent : les. Jésuites mirent à profit ces sollicitudes, et, afin de ne pas être pris au dépourvu, ils décidèrent qu'un Noviciat serait créé. -

Il ne fallait qu'une maison et us jardin, la généros sité de Thomas Weld y pourvut. Le père Charles Plowden fut chargé de la direction de l’établissemsent: Thomas Weld n’avait encore offert aux Jésuites que le superflu de:sa fortune ; il fit mieux : il donna son fils à la Compagnie. Avec ce jeune homme entrèrent au Novisiat Guaiter, Clifford et Thomas Tate. Dans de pareilles conditions d'existence, l'Institut allait se propagerrapidement: un obstacie surgit de l'autorité même qui devait concourir à cette: propagation. :

A diverses reprises, de sérieux conflits avaient éclaté entre les Missionnaires et quelques Vicaires apostoliques. Les Jésuites s’y étaient vus mêlés plutôt pour les besoins de la cause catholique que par esprit de domination. Les droits des uns et des autres n'a vaient pas été bien définis ou bien compris, et dans l'administration de l'Eglise d'Angleterre, il surgissait de temps à autre des dissentiments qui plus d’une fois compromirent le présent et l'avenir. En face de la position faite aux disciples de saint Ignace; on aurait pu croire que ces débats ne se réveilleraient point et que chacun, dans la sphère de ses pouvoirs, travaillerait à l'œuvre commune. Il n’en fut pas ainsi. Le nom de la Compagnie était populaire parmi lés Catholiques des Trois-Royaumes. Son sang avait coulé sur les échafauds avec le sang de leurs ancêtres. Les Jésuites avaient vécu, avaient souffert sous leur toit; ils étaient les hôtes, les maîtres des générations passées et de la génération nouvelle. Ce double lien, que les prisons et la hache du bourreau resserrèreht si souvent, établissait. entre les Catholiques . Ordre de Loÿola, une solidarité sanctionnée par le temps, par les services et par la reconnaissance. L'autorité du Vicaire apostolique n'avait jamais été contestée ; mais, transitoire dans les personnes, elle restait par cela seul exposéé à des mécomptes d'amour-propre. Quelques-uns des délégués du Saint-Siége s'étaient roidis contre cette position précaire; ils avaient, S comme Richard Schmitt, essayé d'affaiblir le prestige dont les Jésuites se voyaient environnés, pouf ainsi dire, malgré eux. L'action du Vicaire apostolique, funéste au Catholicisme, n'avait servi qu'à rehausser l'Institut. Les Jésuites eurent des adversaires trèsprononcés dans quelques-uns de ces Prélats ; ils en rencontrèrent qui, à l'exemple de l'iliustre Milner, s'identifièrent complétement avec eux.

uvoirs,

8 ainsi.

rmi les g avait noètres.

us leur érations

.YOrdre e temps.

’autorité DT testée 3 stait par propre.

s'étaient -avoient, > prestige nou (} ainsi pstolique, rehausser ires trèsts ; ils en e Milner,

a1Daûs-la situation: actuelle, :de pareils conflits ne sont plus possibles. En Angleterre tout passe sous lè divepu dela publicité. Cette publicité: a sans doute ses’ erreurs volontaires, ses frâudes même, comme toute: eipèce:de libérté qui vit de monopole; mais là presse ahglaise, jusqu'alors siihostile aux Jésuites: et si intolérante. parut enfin, dès l'année 1810, revenir à des sentiments d'équité. C'était le temps des intri- ‘gues.politiques:: elles devaient plus tard se multiplier et se proclamer comme une puissance. Dans ce mouvement de passions et d'idées, qui marquera les com. mencements du dix-neuvième siècle, les. Jésuites ne sont mélés à aucun des événements qui remuent

” #Europe. Tant que les Anglais n’ont pas vu la Com-

pagnie libre de son action et:agissant au suleil, ils eurent de sourdes imputations à faire rejaillir sur elle. Du jour où l'on: permit aux Pères de l’Institut de prier, .d'évangéliser et d’instruire .en n'ayant de comptes.à rendre.qu'à la loi, les Jésuites ne-furent plus soupçonnés .de conspirer, et les sectes les plus

hostiles. s'empressèrent de leur donner ce. témoi-

gnage. On allait, en défigurant l'histoire des disciples de saint Ignace, les trouver coupables à tous les coins du globe. La France constitutionnelle, l’Espagne libérale, l'Italie, l'Allemagne, la Suisse et la Belgique révolutionnaires devaient pousser contre eux un:long.cri de malédiction, et dans le pays le plus opposé aux tendances catholiques ce cri était <ondant à rester sans écho. : ::

C'est :qu’avec leur bon. sens pratique les Anglais

‘n'avaient pas tardéà compreudre qu'une guerre éter-

nelle. faite-à des hommes innocents de tous ces crimes. dont onse plaisait à les charger, entrainait

nécessairement. une guerre contre les idées qu'ils pa- ‘tronaient,-Les Anglais, se plaçant à la tête de la civi-

# | MISTONRS:

Asiion européenne, nc mularent pas féirasabistun

pitèront point, et: lerenbinet hrijanniqués et la presse anglaise n'inventèrent jamais de prétextes pour se donner l'occasion d'y descendre sans eux.

‘La position que nous venons dé déerire, ctquels deux partis ont maintenue de 1810 à 1845, n'était pes encore aussi nettement dessinée, lersque les Vicair2s apostoliques éssayèrent d'attirer des embarrss à la Société: Avec les méticleuses précautions que ls peur de se compromettre inspire sauvent aux hot: mes les mieux intentionnés, certains délégnés du Saiat-Siége refussient de reconnaitre comme Jésuites les Prètres que Pie VIE lui-même encouragesit à proclamer tels. Quand le Souverain Pontife, par sa bulle SoWicitudo omniem ecolestarism du 7 août 4814, eut vaincu les difiruités, ecs mêmes délégués

se retranchèrent derrière une chfmère did eur ft 6 que j

caresser comme une réslité : iis s'

Pexistence des Jésuites au sein des Trois-Roys revelllerait les anciens forments de discorde, et que déjà le pouvoir s'apprélait à susciter voritre les Gatholiques de nouvelles persécutions. l n'ert était rien, il n'en pouvait rien être; mais ces hostilités, divisant le même parti, ne tendaient qu'à l'affaibir, Ilest bien malaisé en effet qu'un parti, lors méêmte qu'il serait une fraction de l'unité catholique, puisse grandir ou subsister en ayant chez lai le guerre inttestine, Pour la faire eessér, les Jésuites se sounritent à toutes les conditions. Ils se savaient mécessairess ils ne firent pes sentir leur importance.

Au milieu de ces démélés, leur zèle ne s6 ratentis-

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