A HISTOIRE
une terre où tout semblait condamné au désespoir‘: Le:bref Dominus ac Redempior ayant anéañiti la Compagnie de ‘Jésus, les enfants de Loyola, à l'exèm: ple du troupeau, ne se-laissèrent pas décourager par l'abandon ‘du berger. Rome licenciait : sa eilleure milice la veille même du jour'où!le dues 50
Fa multitudes d'adhésions de la sé née des régents de l'Université. Pendant ce temps, le docteur Newman résigaait la aure de Sainte-Marie d'Oxford pour's'adouner plus librement à l'étude: et aux pratiques de la vie ascète. 1] rétractait même les assortions que, de 1883 à 1837, ilavait pu avancercontre l'Eglise gatholique, et le .Statssmes, journal; protestent de Londres,-ne exaiguait pas de dire :. « C'est -là un événement grave dens la cxise dont nous: sommes témoins.» En. 1846, Newman. et une foule:de ses amis ont donnéà cet pts tit toute % LAS rentrant daps le sein de. l'Unité.
Les Puséyates, entrainés melgeé eu eux us l'étidence vers. la Poi zomaine; prétendaient hien, il cst vrai, qu'ils 'n'ivaient jemaia an Romanisme, Nésémoins.ile embrasssient. de’ fait: use pariie de ses yet même de ses pratiqués. Un certain nombre: da leurs, disciples revenaient franchement:au Catholicisme. : Depuis le mois d’avril 184], la publication des :Trasts avait sté:sutpen: | due, mais les. moyens de propagation! ne :menquaient pas à 0e parti. ILrégoait dans plusieurs universités ou séminaires; il. s'étwadseit en Amérique et: même aux Indes. Le British orciic eontieuait: son œuvre trimestrielle; et; renonçant peu à je à 568 attaques contre Rome, il faisait peser ses' savantes hostilités sur la réfotmateurs.du seisième sièéle. Les écrivains de ceîte revue sont Anglicens, et, du:heut de leur raison; ils jugent avec 'unoimplacable équité tous les hommes qui secondèrent Due à ns . 6 Henri VIII dans leur:séparation avec le Sdint-Biége: :
.Gatie École, dént l’aititide paoifiquement motlerdteiaie FAngliceniame jusqu'en ses fondements; née demande rien qu'à 1& vérité. Elle exercé une notable influence per l'étendue de se: rapports ot de sa littérature.ÿ'elle fait de nombreux praséiytes, ehles moyens qu'elle emploie sont tous avoués augiand jour, Blle.arrive par la diseussion: Aurhonmumes instruits, elle:consacre des. treités d'érudition origisauxz ou #imprimés; aux: lecteurs ctdinnirés, desécrits moins élaborés; aux pauvres et'aux outriers,
être attaqué sur tousles points à la fois. Les Jésuites, en obéissant au bref pontifical, ne crurent pas devoir
axes déserter le poste confié à leur garde.
F Ils étaient pauvres comme un Irlandais ; mais ce ni 8 “dénûment, qui prenait sa source dans la charité, ne
les inquiéta guère. Ils mirent en commun leur indi-
des faitset des dissertations à leur portée ; aux enfants, des contes
Du familiers. 11 n’y a passans doute dans tout cela une pensée idenbrement tique ni un système régulier, on y reconnait néanmoins un but. même les Ce but prouve manifestement combien les nouvelles doctrines re l'Eglise propagées par le Puséysme exercent d’empire sur les croyances adres,-00 anglaises. 11 a pénétré partout, au Parlement dans la magistra-
dns la ture et principalement dans les classes moyennes. Il affecte de se mi. et une mettre sur le pied d'égalité fraternelle avec les Catholiques du sf écen continent; quelquefois il représente l’Eglise universelle comme port de divisée en trois branches, grecque, romaine et anglicanc; puis PE Foi il se berce de l'espérance qu'il existe une communion invisi-
ble sanctionnée par l’Esprit-Saint.
Etrange contradiction ! à cette bienveillance pour les Catholiques du continent se joint chez quelques Puséystes une sorte d’antipathic pour les Catholiquesanglais. Les Puséystes ne voient pas sans peine leurs frères rentrer dans le giron de l'Unité, et lorsqu’en 1845 le docteur Newinan et ses principaux disciples firent ce dernier pas, Pusey lui-même ne put s’empêcher de témoigner publiquement ses regrets. On croirait que la nouvelle Ecole s'est flattée de la pensée qu’un jour clle sera suivie par les Fidèles des Trois-Royanmes ; on dit même que plus d’une fois certaines insinuations furent faites en ce sens. Les Catholiques restèrent inébranlables ; mais plusieurs Puséystes, entraînés par la vérité, ne tardèrent pas à renoncer aux théories dont ilsétaient épris. Ils cherchaient un tout logique; l'Eglise romaine le leur offrait : ils l'ont accepté. Cette Ecole se trouve donc aujourd’hui dans un inextricable embarras, 11 faut qu’elle recule ou qu’elle avance sous peine de suicide, Le système d’examen a sapé l’Anglicanisme, et il n’ose pas se refugier dans le Catholicisme, auquel ses tendances ont rendu presque en mème temps de bons et de mauvais services. La mission du Puséysmo a commencé par des études sérieuses; elle doit continuer par la science” et s’achever par la Foi.
ist, de la Comp. de Jésus. = T, vi 5
geticé; et'en:travaillant: à la moisson que: Diet ré:
servait à leur zèle, ils: attendirent dés jours. plus” sereins. Le Père‘Richard' Callaghen, un: vieux Missionnisire des Philippines, dont les mains et la langue portent'les: traces du martyre :enduré piour la Foi, dirigeait les: Jésuites sécularisés. Ils n'avaient pu fonder en Irlande un établissement afin de recevoir
les jeunes gens que. dans un avenir prochain, ils.espé-,
raient agréger à leur Ordre sorti de. ses ruines; le: Collége de Stonyhurst dilata son: sein. D'autres se
rendirent à Palerme, où'ils achevèrent leurs études. En 1807, Richard Callaghan était mort chargé d'années et de bonnes œuvres ; en 1811, le trépas du. Père Thomas Betagh rompit la der nière chaîne qui,
en Irlande, attachait les nouveaux Scolastiques à
l’'anciénne Compagnie. Betägh, dont 1e nom'est en: core populairé à Dublin et dans les campagnes de l'Irlande, avait trouvé dans son cœur l'éloquence qui remue si vivement lesinstincts de ce peuple. Le Père Kenney lui succède au mois de novembre. Avec cette
patience que rien ne peut abattre, les Jésuites se'
mettent à l'œuvre comme si déjà lé Souverain Pontifé avait rendu la vie à leur Institut.
Ils s’avouaient.les inconvénients de cette édueation cosmopolite qui déplace les individus et leur donne dans la jeunesse des idées moins patriotiques. L'Irlande, selon eux, avait le droit de voi éléver sés enfants sur sa tèrre proscrite, afin qu’un jour, nourris de ses malheurs, ils püssent avec plus de force réclamer son affranchissement. Ce fut cette pensée qui inspira à Kenney le projet. d’un collége national. H le créa à Clongowes, non loin dé Dublin. La restau-
ration de l’fnstitut augmenta tellement ses prospérités qu'en 1819 il comptait déjà plus de deux cent cinquante disciples. Dans la même année, les bien-
W ré plus’ Mis ngue, Foi, it pu *eévoir espé- ; 3: le res S0' udes.
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e qui, ues à st en 1és de ce qui > Père > cette tes sc' | Pon-
ealion donne -L'Ir- CS enourris réclaée qui mal. Il ‘estaurospéx cent > bien-
faits de Marie O'Brien
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Irlandais
upe ni de:lc San(é, ni de leurs familles,
les fait Ouvriers sans, aucun ats: dans les Indes. sa Tout, fut combiné con
it pu, .en
80uvernement. brita plans de démoralisation.
Les pères Kenney, Esmund etA ans la tristesse. de leurs 4 intellectuel, Ils sentaient qu
ylmer confessaient,
mes, cet. abrutiss
€emMent e le remède élai
{ entre
leurs mains ; mais ce remède, il devenait urgent de l'appliquer, et il était difficile de corriger tout d'un coup tant d'abus si fortement enracinés. Jusqu'alors la religion proscrite n’avait eu ni temples ni autels; les Irlandais ne connaissaient pas la pompe de ses fêtes, ils ne s'étaient jameis rendu compte de l'effet produit sur les masses par ces processions solennelles où Dieu semble se mêler aux hommes pour bénir leurs travaux etse mettre de moitié dans leurs douleurs. Ils n'avaient été catholiques qu’à la dérobée, ne communiquant avec les anciens Jésuites ou avec le Clergé séculier qu’à travers mille dangers. Les nouveaux disciples de l’Institut profitent de la lolérance qu'une politique plus sage laisse établir ; ils se décident à initier le peuple Irlandais à ces joies triomphales de l'Eglise. La Fête-Dieu est célébrée dès1822 à Clongowes, au milieu d’une foule immense. Le culte extérieur réveillait dans les âmes des idées de Foi, il y porta un besoin de réforme intérieure, Des églises furent bâties, des Missions s'ouvrirent, des associations religieuses se créèrent. Bientôt les enfants des martyrs retrouvent dans la piété et dans l'éducation la vigueur nécessaire pour arriver pacifiquement à leur régénération sociale.
IL avait fallu de pénibles travaux, de longs sacrifices afin de réaliser le projet conçu ; les Jésuites les accomplirent tous sans se laisser rebuter par les obstacles. On les a souvent accusés de ne vouloir jamais participer à des institutions dont quelques-uns de leurs pères ne seraient pas les promoteurs. En Irlande, le fait donne un démenti à l’imputation. En 1840, au moment où, par des retraites et par des Missions, ils apprenaient aux multitudes à célébrer la troisième fête séculaire de la fondation de l'Ordre de Jésus, c’est en popularisant l'œuvre d'un autre qu'ils
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ses effet elles pénir douobée, 1 avec ,. Les a (oléils Se y joies sLébrée mense.
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s jamais uns de rs. En ion. En des Misébrer la Drdre de re qu'ils
obtiennent le plus éclatant succès. Le Capucin Théobald Mathew a, deux années auparavant jeté les bases dela Société de tempérance. Les Jésuites saisissent tout ce que ce renoncement volontaire aux liqueurs enivrantes peut avoir d’utile dans un pays tel que l'Irlande. Ils se font les propagateurs les plus zélés de la pensée chrétienne du révérend Mathew ; par leurs soins, elle s'étend avec une rapidité inconcevable. Cette Société de tempérance était l’auxiliaire de la mission que les pères se donnaient, mais elle ne leur détourna pas de leur but particulier.
En 1829, leur nombre s’augmentait avec ieur ascendant : ils étaient le bras droit des Évêques, les
modèles vivants proposés au Clergé par les Prélats.
Le Général de la Compagnie juge opportun de détacher alors l'Irlande de la Province d'Angleterre. Il nomme un Vice-Provincial pour gouverner les Jésuites. Ce fut sur le Père Robert Saint Léger que tomba | son choix ; la séparation devait produire de fructueux résultats. En 1841, un Collége fut créé à Dublin sous les auspices de saint François-Xavier, et l'Angleterre ne s'épouvanta pas de cet accroissement d'influence catholique. L’Anglicanisme était ébranlé par le retour vers l'unité d’un grand nombre d’esprits droits qui, dans les Trois-Royaumes, arrivaient, à l’aide de l'étude, à se démontrer le vide de leurs croyances officielles. Un travail lent, mais toujours heureux, se révélait au milieu de la société britannique. Chacun sentait que les Jésuites y prenaient la meilleure part, tout en se renfermant dans les limites de la loi. Le pouvoir n'y vit qu’une des conséquences de la liberté ; il donna le salutaire exemple de respecter le droit qu’il avait lui-même proclamé.
Par un étrange renversement de toutes les idées reçues, ce fut dans les pays séparés de la communion
Es
romaine que. les Jésuites se:perpétuèrent::Nous iles avons:vas en Russie:.et danslaGrande:Bretagre conserver des éléments .Üe reconstitution ‘et raitadhier ’arenirau:passé. En! dollrnde:le même phénomène s'accomplit. ;Demème:qué l'Angleterre; la république des Provinees-Unies ‘fit «une ‘guerre ouverte à cet Ordrerreligieux, dont l'action:suritepeuple était ma. nifestc.: A peine fut-il:anéanti, que les: ivicilles-instiites, qué le :souvenir:inême :des ‘aneiennes défiances s'effâcèrent. Lès Protestants eemprirent que ce:n'était pas à eux qu'il appartanaitde:poursaivre leurs adversaires accablés,:1lslaissèrent ce soin aux cours cäthodiques et aux:écrivains qui. aspiraient à à détruiretous les cultes.
iCette situation inattendue permit aux Prêtres ‘de la Compagnie disséminés en Hollande de ‘continuer Yœuvre à laquelle ils is’étaient voués. Leur: chef les avait placés en sentinélles perdues au imilieu des ennemis de l'Eglise; personne ne songeait à les relever ; ils y demeurèrent sous la directionidu ipère fhomassen. C'était un vieillard. Adam Begkers vint'à Arasterdampourlesoulagerdansleslobeursde l’Apostolat. Aussitôt qu'il fut possible: de se ratta’er par ide nouveaux vœux à la Compagnie, eckers, Henri Groenen, Luyten en Verbek::s'y rallièrent. Les. Jésuites de Nimègueiet:de Cülembourg:suivent cèt exemple mais à Gulembourg . le père: Huberti, qu'un héritage a fait riche, consacre sa fortune à améliorer la Mission. Le père: Arnold Luyten développe ice germe, et l’Internonce: apostilique :Ciamberlani seconde sibien:ses projets, qu’en;:1818:'il fat’ possible de fonder dans: la ville vn petit:séminaire. Le Pape,
. Léon XIT, avait voulu: faire recouvrer ‘aux :Jéguites
tousiles postes oceupés par eux aÿant: laisuppression. Ils rentrèrent donc à La Haye.
des )ONher 1ène ique cet imansuianees était dversathore tous
res ‘de tinuer hef les les enlever :
omasà A rmsostolat.
par ide Henri es.Jécèt ex- : ju/un éliorer Dppe 10€ ani sepossible e Pape, jésuites ession.
os Versle même temps, les Pères de la Foi,.dant nous -avons indiqué l’origine, vivaient en Belgique depuis lecommencement du dix-neuvième siècle. Le plus avdent de leurs vœuxétait de pouvoir être.inçor. porés à: l'Ensitut de Saint Ignace. Les événements militaires de 1814 allaient ‘trancher une grave question. La chute.de l'Empire de Napoléon était imminente, les Pères de la Foi, dirigés par Bruson, et Leblanc, s'adressent à Fonteyne . alors supérieur des Jésuites en Hollande. 'lls sont admis dans la Compagnie ; mais il faut lés:soumettre à:un noyiciat, et:dans le bouleversement de tous les royaumes . la Société de Jésus seitrouve, comme beaucoup de Rois, sans appui :que ses espérances. Le prince Maurice de Broglie, évêque de Gand, ne la laissa pas long-temps dans cette incertitude.
Ce Prélat, dont le,nom reténtit si.souvent danses annales de cette époque, était un spirituel courtisan et un orateur, un homme de Dieu et un homme.du monde, toujours prêt à secourir l'infortune , à faire acte de courage, ‘ou à donner aux autres -un noble exemple. Napoléon l'avait prisen:affection. Il ‘aimait en lui sa naissance et ses vertus, sa piété et son enjouement. Maurice de Broglie se montra plein de gratitude et d'enthousiasme-pour l'Empereur: mais, au:moment où Bonaparte, :ayeuglé par l'ambition ou par la colère. se déclara le persécuteur du: Souverain Pontife, la conscience. de l'Evêque de Gand l’emporta sur tous les sentiments humains. Dans le Concile de Paris, au. donjon de Vincennes et dans l'ile de Sainte- Marguerite, le prince de Broglienereculaidevant l’accomplissement d'aucun de ses devoirs. Il venait à peine de sortir de sa:prison d'état: lorsqueiles Jésui- {es sollicitèrent son concours. Il leur fut promptementacquis. Le diocèse de Gand s’ouvrit à leur de-
mande; à dater de ce jour, il yeut entre le Prélat et les disciples de saint Ignace une de ces alliances contractées par la vertu, et que rien ne peut rompresur la terre. Le Noviciat était résolu en principe; la marquise de Rhodes fournit les fonds du premier établissement ; le comte de Thiennes mit son château de Rumbeke à la disposition de la Société ; puis les exercices commencèrent. À quelques mois d'intervalle, la Belgique se voyait le théâtre d’un suprême combat. L'Europe attendait Napoléon à Waterloo. Ses armées approchaient de Courtray et de Roulers; le père Fonteyne songe à faire retraite devant elles. Le bruit des camps ne convenait pas au recueillement exigé des Novices; Fonteyne les place dans une maison de campagne, à Distelberg , que M. Gobert lui a offerte. Les événements marchèrent avec tant de précipitation que, peu de jours après, il ne resta plus ‘ sur la Belgique que des débris d'armée et un nouveau trône.
Guillaume-Frédéric de Nassau, fils du dernier stadhouder de Hollande , allait l'occuper. Ce prince, dont les qualités ainsi que les défauts seront sévère-
ment jugés par l’histoire, car il fit abus des uns ainsi
que des autres, avait long-temps vécu en Angleterre dans un obscur exil. Chassé par la révolution française de ses états héréditaires, appelé par les vainqueurs de celte révolution à régner sur deux peuples, dont les mœurs et le culte n’avaientaucun point de similitude , Guillaume ne sut pas tenir la balance égale entre sesaffections et ses devoirs. Il était roi légitime par le fait des traités, ilse fit révolutionnaire par ambition. La France des Bourbons repoussait de son sein
les juges et les bourreaux de Louis XVI, elle proscri-
vait quelques obscurs meneurs des Cent-Jours, qui avaient renversé le trône mémede Guillaume; Guillau.
lat et con:
esur ss la :mier àteau is les nterrême r100.
ilers; elles.
ment ) mailui a it de à plus nou-
rnier rince, vèreainsi terre franvainuples, de siégale itime ar amn sein roscri- ‘8,.qui uillau-
me accueillit da raleurs, Il rèva |
fils pa lique,
conquis, les Cette lutte, tion, devait à
la loi fondamentale. Tou Guillaum se séparer ji
Jésuites rép “gs
l'Évêque suffit
{s de cette 3 Qui, après la mort de eur, communic
les'défendre , ses fidèles soldats; -qu'il ne permettra point que'les Jésuites soient exposés aux traits de leurs erinemis, et-qu'il faudra le percer lui-même avant d'arriver à eux Puis ’il ajoute : « Je veux :que toutes'les portes’de mon pälais leur'sotent ouvertes, afin qu'ils s'y retirent en aussi grand ’notabre qu'il pourra en contenir. »
Le Prélat n’est pas encore satisfait de cette déclaration. 11 accourt à Distelberg, il encourage les Jésuites, illes fortifié dans leur dessein. Guillanme apprend cette résistance , il en redoute l'éclat pour ses plans ultérieurs, il se détermine à les-vaincre.' Des troupes marchent contre le Noviciat : tes Jésuites se dispersent à leur ‘approche ; le palais épiscopal es reçoit. Ce premier ferment d'opposition‘attire sur la tête du princede Broglieles tenacescolères dé Guillau me, L'Evéquedè Gand, dèslemoisd'octébre 1814, avait prévu ces difficultés ; il les avait soumises au con:;°ès de Vienne : le 28 juillet 4815, les autres chefs des diocèses réclamaient encore par une lettre au'Roi. Le 2 août, Maurice de Broglie adresse à son trou- ‘peau une instruction pastorale (1). Dans cet acte, où, à chaque ligne, apparaissent le courage:et le besoin de prevenir les maux dont est ménacée l'Église belge, le Pontife s'élève avec force contre la nouvellé Constitution. Elle est à ses yeux inadmissible pour des Catholiques , et il proteste. Les: Évéques avaient dit que ce pacte législatif était « d'un sinistre ‘augure pour l'avenir. » Maurice de Broglie le démontrait. Les étrangers, qui ont capté la confiance de Guillaume de Nassau, n’eurent pas de peine’à l'irriter contre ce Prélat factieux, que ses collègues dans l'Épiscopat,
(1) Histoire. du Royaume des Pays-Bas, par M. de Gerlache, premier président de la Cour de cassation, t.:1, p.315.
pour des aient dit b‘augure ontrait.
Guillauer contre piscopal,
et Pie VIT lui-même félicitaient de son zèle. L’arrestation nréventive de l'Évêque de Gand'est décidée. Il se réfugie en France avec le Recteur du Noviciat des Jésuites. On s'empare ‘de ce fait pour proclamer que les pères de l’Institut doivent être seuls accusés de la résistance du'Prince, Le Prince était mortel ; l'Ordre de Jésus se ronoüvellait ; les adversaires de l'Église catholique ‘le rendirent responsable de l’intrépidité de Maurice de’Broglie.
Ce dernier ne nourrissait:aucune pensée hostile au pouvoir, mais'ses combats ét ses souffrances pour la Foi l'avaient rendu populaire; mais surtout:il défendait avec Ffermété'les droits de Ja conscience. Les Betges virent en'lui un martyr ; Guillaume et ses courtisans révolutionnaires le peignirent comme un fanatique suppôt de la Compagnie de Jésus.
« L'oppression par voie légale, dit M. de Gerlache (1), ést peut-être la pire de toutes, parce que la fraude s’y mêle à la violence: » Guillaume de Nassau, en montant sur:le trône, avait caressé le Clergé, on l'avait vu même chercher à-se bien faire venir des enfants de Loyola. En 1817. il se sentait emporté par ses idées protestantes ; il entrait à pleines voiles dans la réaction religieuse que l'écurme de tous les partis.s’efforçait d'imposer à ses rêves d'orgucil. On ne pouvaitencore sévir contre les Jésuites que par la calomnie, on ne s’en fit pointe faute. L'évêque de Gand était une victime bonne à immoler, on ne l'épar-
gua pas, dans l'espérante que sa punition éffraiérait les autres. Prélats, La Cour de Bruxelles , par arrêt du 9-octobre.1817, « condamna Maurice de Broglie, fugitif ou'latitant, à la déportation et aux frais du procès.» Ce drame judiciaire "où les Jésuites sont
(1) Zbidem, p. 341.
en cause sans paraitre devant le jury, où (out se fait contreeux età cause d'eux, ne devait pas se terminer là.
Deux coupables, convaincus de vol avec effraction et destinés à l'exposition publique et aux travaux forcés à perpétuité, se trouvent dans les prisons de Gand. Le jugement rendu contre le Prince-Evéque doit, aux termes de l'arrêt, être affiché à un poteau sur la place publique. On viole la loi du pays pour se donner le droit de violer les convenances sociales ; le nom vénéré du Pontife fut attaché au pilori entre les deux forçats, Ce temps-là était l’âge d'or du journalisme ; on avait de la conscience même contre son parti. L'Observateur Belge, feuille hostile à la Foi romaine, ne put s'empêcher de manifester son indignation (1). Cette flétrissure est acceptée comme un honneur par tous les Catholiques.
Il n’était pas dans la nature de ce Guillaume, héri-
ticr du Taciturne, de compromettre l'autorité par de semblables excès ; mais on avait réussi à lui persuader ‘que les Jésuites étaient, depuis Philippe II d'Espagne, les ennemis de sa famille et le Prince-
(1) L'Observateur belga s'exprimait ainsi nu tome X1V, p, 181 de son recueil : « On eût certainement pris pour insensé , on eût peut-être persécuté comme un scéléret celui qui, après lc 18 brumaire ou à l’époque du Concordat, mais surtout en 1814 et au commencement de 1815 eût cru possible qu'avant 1818 un Evêque serait condamné en Belgique, sous un Prince non catholique et par un tribunal séculier, à une peine crimincile, infamante, pour avoir souscrit avec {ous ses coordinaires et rendu public un jugement doëtrinal sur la question de la licéité ou de lillicéité d’un serment ; écrit deux lettres au Saint-Pére relativement aux prières publiques que le Prince pourrait demander; reçu une réponse conforme au vœu du gouvernement; donné immédiatement: de là publicité à cette réponse avec Ic double avantage de tranquilliser par là tous les esprits, et de justifier la demande qne le gouvernement avait faite et l'acte public et s0lennel par lequel il y déférait.
Evêque les soutenait de tout son pouvoir : ce fut sur lui .,1e tombèrent les premiers effets de sa colère. Le 24 février 1818, il s'en prit aux disciples de l'Institut. Réfugiés dans la demure épiscopale, ils y vivaient sans bruit; une troupe de soldats, ayant à sa tête le procureur du roi, envahit ce palais. On interroge les livres et les papiers, on appose les scellés sur les meubles, on arrête l'abbé Lesurre; puis, arrivant enfin au but principal de ces perquisitions, on expulse les Jésuites, en leur donnant à entendre qu'il en sera partout ainsi dans le Royaume. La Compagnie ne se jugeait pas assez forte pour affronter la tempête. Ses commencements étaient diMiciles , elle avait des obs: tacles de toute espèce à vaincre; elle ajourna la lutte, et, avec une prudence que ses amis blämèrent sans essayer d'en pénétrer les motifs, elle se soumit à l'exil que le despotisme lui infligeait. La Suisse et les Pays-Bas formaient alors une seule province; ce fut vers les cantons catholiques que l’on conduisit les Novices,
Faire voyager et entretenir à l'étranger ces proscrits n’était pas chose aisée. Madame de Gyzeghem se charge de ce soin. Elle n’y met qu’une condition ;
» Bien moins encore eùût-on pu croire que sans nécessité, que sans utilité, contre toute raison. on eût exécuté de la condamnation ce qu’elle pouyait emporter de plus ignominieux pour la personne du condamné, de plus outragcant pour la Religion dont il est le ministre et de plus insultant pour la nation restée fidèle au culte de ses pères. »
«— Cette insulte publique au Catholicisme, raconte M. de Gerlache à la page 345 du premier volume de son Histoire du Royaunmie des Pays-Bas, cette profanation d’un caractère vénérable et sacré ne firent.qu’exciter un sentiment général d’indignation et de dégoût pour leurs. auteurs, Quant à l'Evêque de Gand, il dut se trouver trop honoré d’une flétrissure qui rappelait involontairement à chacun le suplice de son divin maître. Nous n’avons pas besoin dedire à qui l’on comparait ses persécutcurs, »
c'est-que , si des jours plus sereins viennent à hiire sur la Belgique. ces jeunes gens seront tenus ide rentrerdans leur'patrie ‘pour yfaire., comme: Jésuites, le bien qu'ils espéraient réaliser par leur vocation. Le ‘Général: de TOrdre :accepte:le contrat dans ces termes. Quelques ‘enfants de Loyola ‘étaient néanmoins: restés sur le sol. Le Père Lemaitreiles dirigeait: mais en face de la lutte violente ouverte:entre les deux pouvoirs; lutte qui doit aboutir à une révo- Rtion par l'entétement du: Prince :et par.la persévérance du‘Peuple, les Jésuites‘se décident à transférer ailleurs leur Noviciät. H n’y en: eut aucun en Belgique pendant treize ans.
Il n’y restait plas-qu’un petit nombre de Profès. Enrôlés sous les drapeaux de l'Eglise ; itsicombattirent'avec Lemaitre'en qualité de volontaires. Leurs armes ‘furent la prière et l'étude. la résignation et l'exercice'de la charité. La Belgique osait à peine résister au Souverain qui prenait à tâche ‘d'obseurcir ses qualités royales par le plus inconcevable des égareménts. Elle “avait des instincts catholiques, et
Guillaume s'efforçait de'les froisser'tous les uns après :
les ‘autres. Chaque mot de liberté sorti de sa bouche était:une nouvelle, provocation au .despotisme. Les Jésuites . quoique pou nombreux, exerçaientisur les masses une réelle influence. Leurs paroles . leurs conséils, leur attitude, leur silence même, tout était matière à soupçon et, par conséquent, à incrimination. Les,.agents hollandais.investis par Guillaume des-emplois publics, les réfugiés:de tous les pays auxquels il aécordait une impolitique hospitalité ne cessaient de représenter les disciples de Loyola comme les ennemis de s0n gouvernement. On les accusait de régner. en France sous.le manteau.fleurdelysé des ‘Baurbons ; Guillaume de Nasseu: ne-voulut
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. 0715 pas-qu'il fût dit’que la: Compagnie tenait un autre royaume:entre ses mains. Blle avait ‘ouvert 'des reiraites où les prêtres séculiers st les laïques confondaient leurs prières :et:ise‘façonnaient à la pratique des vertus chrétiennes. En 1824, le ‘Manarque énjoint aux Evèques d'avoir:à prohiber'ces exercices spirituels. La’querelle religieuse était ‘assonpie ;' les Belges avaient courbé:ilaitête, les ministres'de Guillaumeilui persuadent qu'il faut en‘ finir avec l'ensei- “ment catholique. |
Moins ‘d'une année après, le Collége de Liége, offert aux Jésuites par M. de'Stas, se fermait à l'instant où lé Roiallait en donner ordre. Eepetit sémimaire du Culembourg 'était réservé :au même : sort, quand'les Archiprêtres d'Amsterdam et d'Utrecht, unis aux Vicaires apostoliques de Hollande, résolurent de ne céder: qu’à la’ violence.; Guillaume: était parvenu ‘à fatiguer l’opposition:même catholique : il ‘pouvait régner tranquille, Cette:espèeeid'apathie, ice sentiment d'indifférence qu’à une heure donnée on signalé daus les partis les plus vivaces; se faisait jour.
* Le Roi ainsi que Goubau et Van Maänen, ses confi-
dénts, crurent'que le moment était venu d’asservir la Belgique au profit dela Hotlande et d'écraser l'Eglise romaine ‘sous le ‘joug du Protestantisme.
La-création du Collége philosophique de Louvain, les mesures vexatoires. les 'entraves mises à la liberté d'éducation:et au droit imprescriptible des pères de famille réveillèrent dans les oœurs une espéranceque de nouveaux déboires avaient fait ajourner .'LesFrères della doctrine chrétienne distitbuæaient: aux ênfants des pauvres et aux jeunes ouvriers une instruction appropriée à leurs besoins : ils leur apprenaient à ‘être sobres; pieux, actifs:et soumis. Hsenfaisoient des fils obéissants, afin que plus tard ils puissent de-
venir de bôns citoyens. On accusa les Instituteurs de l'indigence de répandre FUltramontanisme dans la Belgique, et d'y comploter une révolution. Aux yeux de la cour de Guillaume, ils ne furentque des Jésuites déguisés (1). Les Jésuites étaient la terreur de ce Roi, qui contractait alliance avec les libéraux de toutes les sectes pour assurer le triomphe de sa pensée:
hérétique. Il fit fermer les Ecoles des Frères; les ( Colléges de la Compagnie avaient eu le même sort. ( Cette royale déloyauté, que les journaux anti-catho- I liques de France et des Pays-Bas saluèrent avec des d cris d’allégresse, rendit une nouvelle force à l’oppo- 1 sition parlementaire et aux familles chrétiennes. Des Cë lois étaient portées pour tuer l'avenir de l'enfant qui M aurait étudié ailleurs que dans les écoles salariées e par le gouvernement. L'ambition et l'intérêt particu- co ” lier passèrent après le besoin de sauvegarder la Foi bie et les bonnes mœurs. Guillaume s’obstinait, le peu- no ple commença à murmurer, Il se faisait en France mo contre les Jésuites une guerre si inconcevable, que Fra les Belges avaient. cru pouvoir sacrifier leurs compa- no triotes, membre de l'Institut de Loyola, aux préjugés aus des Ministres et. à la nécessité de maintenir la paix. pres L'alliance signée entre les Constitutionnels et les Ca- pas tholiques n'allait pas jusqu’à froisser le Souverain dans son attente. Ils proclamaient les Jésuites dan- 19 gereux, tout en déclarant qu'ils n’ajoutaient aucune me « foi aux calomnies dont les accablaient la presse libé- le pr rule. et le gouvernement.des Pays-Bas, Cette déviation pour au principe de vérité ne porta point bonheur à l’op- que n position coalisée, M. de Gerlache lui-même, qui avait Roi ' ta # Pc ol gs
4 Mhtaire du honedi des Poyr-Ban par M, de sn
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appuyé une pareille tactique dans ses discours, ne tarda pas à s’en repentir (1).
Guillaume avait espéré qu'il pourrait donner force et durée à son gouvernement en tâchant de se créer une popularité que les révolutionnaires de France avaient conquise à si bon marché. Comme eux et avec eux, il s’eforça d'exploiter le nom des disciples de saint Ignace; il prétendit les rendre responsables de tous les désastres et de toutes les erreurs. Les Belges ne furent pas aussi crédules que les partisans de la Charte de Louis XVIII. Au mois de novembre 1827, un écrivain alors célèbre par ses ouvrages anticatholiques, M. de Potter, fit tomber des mains du Monarque protestant cette arme du Jésuitisme : « Maudits Jés'ites, s'écriait le chef de l'opposition constitutionnelle dans les Pays-Bas (2), ils ont fait bien du mal! car pour nous défendre eontre eux, on nous a, comme le cheval de la fable, seilés, bridés et montés. C'était si commode depouvoir répondre aux Françaisqui, après quinze jours de séjour à Bruxelles, nous disaient : « Quoi! pas de jury? — Non, mais aussi pas de Jésuites. — Quoi! pas de liberté de la presse? — Non, mais aussi pas de Jésuites. — Quoi! pas de responsabilité ministérielle? pas d’indépen-
(1) On lit dans le tome IT, p. 80, de la première édition de l’Æistoire du Royaume des Pays-Bas, par ce magistrat : « Que l’on veuille bien so souvenir encore une fois que ceci (ceci est le propre discours de M. de Gerlache) fut écrit en 1825; que, pour l’amour de In paix, nous voulions faire au Gouvernement, que nous supposions jusqu’à un certain point sincère dans ses appréhensions du Jésuitisme, toutes les concessions imaginables, afin de prévenir de grandes calamités. Nous commettions néan= moins une fautes grave, dont nos adversaires surent tirer parti. En restreignant le principe, nous affaiblissions notre cause, bien loin ds la rendre meilleure, »
(2) Lettre au Courrier des Pays-Bas, par M. de Potter.
dance du‘pouvoir judiciaire ? un système d'imposition accablant et anii-populaire , une;:administration:boiteuse, etc:? —Ilest vrai,:mais point de Jésuites. — Comment, demanderais:je:volontiers à nos voisins, pouvons-nous :nous'tirer de là? Dèp que :nous nous mélons de-nos affaires, ‘on icrie aux Jésuites! et:nous voilà ’horsdu droit commun.— Dites-moi, messieurs, de-ce:qu'on appelle ‘un homme Jésuite , S’ensuit-il qu'il. faut l'emprisonner , le juger ,:le torturer..et le condamner ? toutes ses actions deyiennent-elles des crimes et ses paroles des absurdités. »
:Ce langageétait celui de:la raisoni‘ilfut puni, par Guillaume-et compris par le peuple. Les Pères de l'Institut:se ‘trouvaient malgré eux-le ‘levier de l'op position ; ils servaient de grief: au Roi pour refuser les eoncessions ‘même les :plus équitables. Ils se voyaient ‘exilés comme:Société :et réduits à vivre à l’état d'individus. Leur nom ‘était un cri de guerre, et.-en descendant au fond'des choses, on ne signale jamais ieur impulsion sur les événements qui seiprécipitent. Le chef de la Sompagnie leur: écrivait:ces mots significatifs : « Pour Dieu, qu'on ne $e mêle pas de politique. » Tels étaient les conseils qui:partaient du Gésu; ils furent si'bien suivis:que deux Jésuites ne purent user qu’une fois de leur prérogative électorale. Le général de l'Ordre’et Van de Velde, évêque de Gand, .mirent obstacle à l'exercice d’un droit. .qui pouvait. fournir des armes aux Ministres hollandais. Guillaume proscrivait. les Pères.et ses
tats, les Belges se prirent à les y appeler. Tout était depuis longtemps mûr pour une révolution; elle éclata, au mois de septembre 1830.
.Ælle se faisait. au nom, des. Catholiques et des Jésuites ; son principe était avoué ..de ‘ous, ceux qui, à Paris, assistant au triomphe d’une autre , sous un
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drapeau:et avee-des projets différents, ne cräignirent pas de chanter'laivictoire remportée: par les 'Bélges. Sant'que Guillaume de Nassau eut asser d'autorité pour chasser'les Jésuites et pour affaiblir le Catholitisme,ice Monarqué:fut éffert par'les inconséquences libérales comme:ile type du:iroi tolérant ; philosophe ebécldiré. Les adversaires des Jésuites lui devaient au! moins :dansisa chute quelques ménagemments: Il n'était ‘plus qu'un prince légitime mis dans'l'impossibilité de proscrire la‘Füi; les panégyristes de 3625 se:changèrent en insulteurs ; ils l'accäblèrent d'outrages. La Révolution belge fut chose grande et sainte, parce qu'elle s’abritait sous celle de : juillet,
. dontdies causes iet les résultats étaient diamétrale-
ment opposés. La malédiction’ contre les Jésuites tonnaïit en France, lorsque, dans le même moment, on les saluait en Belgique ‘comme les martyrs:de la liberté religieuse et l'espérance des familles. Guillaume les avait:chassés du royaume des Pays-Bas ; à peineiun nouveau gouvernement fat-il décrété que les Pères reprirent le ours de'leurs travaux. Le:coup:porté. à l'éducation dé'ià jeunesse parla suppression de l'Ordreide Jésus, ‘avait retenti au loin. On recueillait dans les désespoirs du foyer domestique les fruits amers que cette mesure avaitprovoqués, etide chaque point de l’Europe il s'élevait ‘des voix indépendantes pour réclamer là‘ Compagnie. Ses:derniers Pères étaient partout investis de la eonfiance publique ; mais ils s'éteignaient peu à peu,et les Catholiques ne ‘cessaient de tourner les-yeux:vers le Saint:Siége pourimplorer larésurrection de l'Institut. En Süisse. les:cantons attachés à l'Unité n'avaient pas consenti à se séparer de leurs :mattres:dans ‘la ‘Foi. Vaequerie. Muller, Joseph: de Diesbach et le:comte Sinéo:délla Torre travaillaient à donner une nouvelle
vie à la Société. Le Conseil de Soleure, intéressé dans la question, écrivait au Père Vacquerie :
« Le gouvernement de Soleure désire si ardemment lerétablissement d'un Ordre si salutaire, qu'il n’a attendu que votre avis pour s'adresser directement au Saint-Père, avec lequel la correspondance est entamée depuis quelque temps par le canal du Nonce apostolique, qui veut bien appuyer avec ardeur les intentions de notre gouvernement ; et, comme on est sûr que le Pape acquiescera sans difficulté aux vœux de notre gouvernement, ils ne tarderoni vas à être exécutés si le très-cher révérend Père Général veut bien y prêter ses bons offices. »
Dans le Valais, c'était le même zèle de la part des populations, le même dévouement de la part des Jésuites. Le 51 juillet 1810, les Pères Godinot, Drach, Rudolp et Staudinger se sont agrégés à la Compagnie; sous l'égide de Joseph Sinéo della Torre, renonçant aux grandeurs et aux richesses pour courir la carrière des humiliations et du travail, ils se livrent à l'éducation de la jeunesse dans le Collége du cheflieu. Le Valais, annexé à l'Empire, formait alors le département du Simplon. Bonaparte est en guerre avec le Souverain Pontife, ses p''éfets et ses universitaires ouvrent les hostilités concre ces Jésuites. L'état ne leur reconnaît pas cette qualité, mais, en dehors des actes officiels, personne ne la leur conteste. Ils ne demandaient aucun secours, aucun traitement à l'administration. Trois ans s’écoulèrent dans un abandon qui, pour les enfants de Loyola, fut un bienfait, Ils avaient prononcé le vœu de pauvreté ; l'indigence à laquelle cn les réduisait ne les effraya donc pas. Cependant le Grand Maître de l'Université impériale s'émeut au tableau que Nompère de Champagny, recteur de l’Académie de Lyon, lui trace du
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dénûment et de la vertu des Jésui:es. Il adresse su Préfet la lettre suivante :
« La position pénible des principaux et régents des colléges dans le département du Simplon excite mon intérêt le plus vif. Le retard qu'ils éprouvent dans le payement de leurs traitements ne peut ètre que passager. Je vais tendre de tous mes moyens à le faire cesser. Cet objet occupera le conseil de l’'Université dans une de ses plus prochaines séances, et, dès que Sa Majesté aura statué sur les propositions qui lui seront soumises, je m'empresserai d’exécater sa décision.
» Je vous invite, monsieur le Préfet, à encourager de tous vos efforts et de toutes vos espérances, les hommes instruits qui sont chargés de l’enseignement dans les Colléges du Valais. Les preuves de dévouement qu’ils auront données dans celte circonstance difficile ne seront pas mises en oubli. C'est un sacrifice momentané dont il me sera fort doux de pouvoir leur tenir compte. » |
Cette lettre de Fontanes fut un encouragement pour les Jésuites ; le 2 décembre 1812, Champagny écrivit en ces termes au Père Sinéo : « Monsieur le Principal, je n'ignore pas votre zèle, votre dévouement et le désintéressement religieux avec lequel vous avez jasqu'ici rempli vos fonctions, et vous rentrez aujourd’hui dans la carrière éminemment utile dans laquelle vous êtes engagé, Vos soins ne seront pas perdus. Déjà l'Université est instruite, et ne se bornera pas à une stérile admiration. Mais quelle récompense plus précieuse que celle que vous trouvez däns votre cœur pourrait-on vous offrir ? Quand on a, comme vous, les regards fixés sur l'éternité, la terre paraît être d’un bien vil prix. Vous donnez dans l'Université un exemple dont elle s’honorera et
qu’elle. citerar avec orgueil: à tous les. pierbran présents et à venir.
», Pour moi, monsieur: le Principal, qui. aid'avantage. de. vous: connaitre porsonnellement,. je. serai moins étonné peut-être, mais: je serai. plus: partieun lièrement dévoué. à. vos intérêts; que. vous. savez si bien.sacrifier. »
Telles furent.les premières: relations. de l'Univer: sité de France.avec la Compagnie de Jésus, L'Université, ayant Fontanes à sa tête; prolégeait.contre les vexations. gouvernementales: ces quelques Religieux, ne s’épouvantant pas plus de la misèreque des persécutions, Fontanes et Champagny les honoraient de leur.estime, le,comte:de Rambuteau, préfet du Simplon, veut les.expulser. Les événements furent plus forts-que.la volonté de l'Empereur. En 1814, le petit Collége de Sion, devint le, berceau de la Province, de. la. Haute-Allemagne. Les compagnons: du Père Sinéo avaient été éprouvés par de longues souffrances ; ils s'étaient dévoués pour le Valais, le Valais leur.en. tient compte. Le baron de Stockalper, un des premiers magistrats du canton. proposede rendre aux Jésuites leur.ancien Collége de Brig, converti en forteresse . par les Français La. proposition est accueillie avec enthousiasme; cet enthousiasme se propage parmi.les Catholiques. Pierre-Tabie Yenni,
vêque de Lausanne. tourne ses regards vers la Corpagnie : il va l’introduire à Fribourg, lorsqu'il recoit de Goeldlin de Tieffenau, Vicaire apostolique , une lettre qui le confirme dans sa pensée. Tieffenau lui mandait.:
«. Fondé ser l'expérience, je suis intimement persuadé:qu'il n’y a pas de remède plus efficace à opposer aux maux. de notre.siècle. que: de rappeler dans nos cantons suisses la:Compagnie.de.Jésus, nouvellement
Juintre elides ent t du went 4, 1e Pros: du soufalais Tr, ‘un endre srti en n est
me $€ v'enni,
. ments. d’irriter les esprits, afin d'arriver plus tard.à
rétablie-par notre saint Père Pie VII. Cette Société fournirut une seconde fois des défenseurs à la puissance ‘ecclésiastique, des: instituteurs à la jeunesse chrétienne; elle réglerait les sciénecs, ferait fleurir la piété et la continence parmi le Clergé, et: sérait pour le peuple un rempart éontre:les corruptions du siècle. Quant à moi. je désire ardemment de voir les: Jésüites introduits dans le diocèse qui n'est'eonfé. Je vous souhaite de tout mon cœuniè même bonheur pour le: vôtre: »
Canisiis avait évangélisé la Suisse: Son tombeau à Fribourg: était: l’objet de la vénération générale ;. 06 fut en s'appuyant sur'ce souvenir que les Catholiques
. invoquèrent des Jésuites. Les Prélats helvétiques le
réclamaient comme des coopérateurs indispensables; le baron d’Aregger, avoyer de: Soleure,,marche:sur les traces du Clergé.: Il forme le projet d'appeler la Compagnie dans cette ville. Au-mois de juin.1816,; le grand Conseil se réunit;::il décrète qu'elle:est à out jamais exclue du canton. Cet échec; qu'avaient inspiré des répulsions individuelles. des ‘rivalités locales: et des craintes habilement entretenuies. par les: adversaires de l'Institut, ne-refroidit point le:zèle de:Fribourg. Le Père Corneillé Var Everbroek offre aux proscrits de Belgique unasile à Hildestieim: d’autres se livrent à la prédication et:à l'enseignement. Cette activité, dont les résultats ne tardent point à:se faire sentir, était pour les Hérétiqueset pour les Radicaux un perpétuel sujet d'inquiétude. Ils redoutaient l'ascendant que les Pères savaient prendre sur les populations; une pareille influence devait à. lai longue nuire aux desseins dont ils commencçaient à ne plus faire mystère. L'acte fédérak de 1815 leur était: à charge. Ils tächaient: de fementer les. mécontente-
dominer l'Helvétie par une liberté dont ils seraient seuls les apôtres, les censeurs et les usufruitiers. Pour mieux déguiser leur plan, ils se tracèrent une voie que les plus habiles énnemis de l'Institut ont suivie depuis.
L'ancienne Société de Jésus était tombée aux applaudissements de ceux qui se proclamaient hostiles au Catholicisme, chacun avait apporté son tribut d'efforts pour la battre en brèche. Elle n'existait plus; les Radicaux suisses se prirent à la regretter. Ils eurent pour elle des bénédictions et des louanges. Elle seule avait eu le don de rendre l’enseignement
aimable ; elle seule avait pu voir naître dans son sein
des martyrs, des apôtres, des orateurs, des poètes et des savants. On couronna la victime de fleurs, lorsqu'on s'imagina qu'elle ne pourrait plus se relever sous le couteau ; puis, à l'aide d’une transition dont quelques écrivains se sont emparés plus ou moins heureusement, on vit les Radicaux suisses déclarer que le nouvel Ordre de Jésus n'avait rien de commun avec l’ancien. Les Jésuites modernes ne furent que les enfants dégénérés de saint Ignace. Ils ne possédaient pas le secret de ses Constitutions ; ils restaient
étrangers aux progrès de l’enseignement ; ils répu-
diaient les principes qui portérent si haut la gloire des premiers Jésuites. Ils furent donc condamnés à l'impuissance ou au mal. De Rivaz. grand-bailli de la république valaisienne, confondit le #4 mai 1818 ces accusations. Il parlait au nom de l'État : sa déclaration eut force de loi.
Vers le même temps, Balthasar de Muller proposait au grand Conseil de Fribourg de rappeler les Pères dans le canton. Soixante-neuf suffrages contre quarante-deüx accueillirent sa demande, que l’avoyer Techtermann se chargea de réaliser, On avait vu en
Italie et en Allemagne: les Jésuites abandonner les dignités dont ils étaient revêtus pour mourir dans leur Société rajeunie. Antoine Hausherr, Joseph de Schaller et Laurent Doller, trois vétérans de la Compagnie, s'empressent d'imiter ce dévouement filial. En 1821, Louis Fortis réunit dans une vice-province, dont le Père Godinot est créé chef, la Suisse, les Missions de Hollande et de Belgique, ainsi que le Saxe.
Tandis que les cantons catholiques contractaient alliance avec les Jésuites, et que le Père Jean Roothaan parcourait le Valais en répandant partout des fruits de salut, un orage grondait à Fribourg sur les disciples de Loyola. Depuis près de vingt ans, les Cordeliers y étaient chargés de l'instruction primaire. A la tête de cette école ajparaissait le Père Grégoire Girard. Un nouveau mode d'enseignement avait été introduit par ses soins; c'était la méthode lancastrienne, l'enseignement mutuel et les idées de Pestalozzi combinés et modifiés avec une ingénieuse habileté. Le plan du Père Girard était neuf; comme toutes les nouveautés, il dut subir les altérnlatives de la discussion. Il eut des partisens et des contradicteurs. Les Jésuites n'avaient pas encore pénétré à Fribourg, et déjà l’Evêque de Lausanne, juge compétent en matière d’éducalion, s'était prononcé contre le mode adopté. Il avait même demandé au Grand Conseil de l'interdire. Lorsque le Collége eut été mis entre les mains de l’Institut, les Pères. se conformant aux prescriptions épiscopales ; n'agréèrent pas les principes de Girard. On saisit ce prétexte pour les accuser d’avoir imposé ‘au Prélat là condamnation du Cordelier. Ses amis s'agitent ; les lètes s’échauffent. A cette époque, tout devenait matière à insürréction. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1893, on se porte en
Hist. de la Comp de Jesus, —T. vi. 6
tumulte sur le Collége. Le Père Girard n'avait cherché qu'à être utile aux enfants dans'la sphère de ses Attributions; son nomsert de cri de nalliement-contre les Jésuites : on les menacé de mort,:on les éutrage dans leur silence. L'émeute n'était qu'un premier essai des forces radicales: elle s'apaisa devant l'indifférence publique. Le Père Girard avait eu, sans le vouloir, des auxiliaires-quicompromettaient sa cause. Le 26 mai, l'Evêque de Lansanne, exposant les motifs de son interdiction, justifinit ainsi les Jésuites :
« L'empressement des feuilles libérales etanti:catho-
liques de la Suisse à défendre cette méthode, etleurs jé déclamations contre nos révérends Pères Jésuites,
qui sont absolument étrangers à la détérminationque #
nous avons prise, suffisent pour dessiller les yeux des personnes de bonne foi.» L'opinion du Prélat fut partagée par le grand Conseil, et:la méthode du Père Girard supprimée.
Vingt ans plus tard, l'Académie française, par l'organe de M. Villemain,, couronnait solenneNement J'œuvre du Cordelier;, mais, au fond de cet hommage rendu à un Franciscain par ceux. qui décernaient à Voltaire un: dernier triomphe: posthume. il y eut peut-être plus de malvcillance. épigrammatique à l'adresse des Jésuites que de justice:en faveur de: leur prétendu rival.
Cette insurrection,. ‘que l'ignorance prépara pour assurer le sucuès,de la seience, n'avait eu ‘aucun retentissement. Les Jésuites, s'en: étaient encone.moins préoccupés.que.les magistrats, car alers.une pensée féconde en résuliats .germait dans les esprits. Guil- Jaume de Nassau rejetaità la frontière deson royaume les nes du répandaient l'instruction .en. Belgique et.en Hollande;.le canton de Fribaurg.s'appréte à recueillir ces épaues dfanatiame luthérien. An 1824.
1er - $es mire rage mier #inans Îe ause.
motifs uites :
cathotleurs suites; onaque eux des élat fut du-Pèrc
J'erehement mmagC naient à il y eut que à l'ar detteur
nya POU’ CU TE pye-MOiNS ne: pensée ils. Guil- LL LS “Belgian rête à
. En 1894.
Tobie de Gottrau, Charles de Gottrau, Philippe d'Odet, Nicolas de Buman, Hubert de’ Boccard,
Pierre de Gendre et Théodore de. Diesbach conçoi-
vent l'idée de fander un pensionnat à Fribourg. Elle ne rencontré que des approbateurs : l'édifice est commencé, il s'achève. Il deviendra, sous la mein des Jésuites, un des plus beaux établissements de l’Europe. y On voit s'élever dans le même temps, écriyait le:célèbre baron de Haller, un pensionnat à Fribourg et une maison de correction à Genève. Ce sont deux édifices remarquables ; mais Jes Fribourgeois montrent plus de sagesse ; ils construisent une mai-
son pour prévenir le mal, et les Genèvois pour le puuir, quand il est, commis.»
Le petit nombre de Jésuites dont la Suisse pouvait disposer rendait pénibles , quelquefois mortels, les Uravaux de l’enseignement el de l'apostolat. Les Pères. en effet, n'avaient pas seulement à. veiller à l'éducation de la jeunesse, ils devaient remplir en même temps les:autres fonctious sacerdotales, être à la fois régents, directeurs des âmes el catéchistes. Le traitement. alloué par les gouvernements aux professeurs employés dans:les Colléges n'excède jamais six cents francs, et c'est avec cette modique subvention qu'ils doivent vivre.et porter partout la bonne nouvelle de l'Évangile. ls sont dans le Valais ainsi qu'à Fribourg instituteurs et missionnaires ; mais leur,zèle ne s’arrête pas à ces deux cantons. À Schwyta, à Zug,à U ri, à Unterwald, à Lucerne, à Genève:, à Soleure. à Neuehâtel et à Berne, il ya des Catholiques qui les invoquent, des Prêtres qui sentent le besoin de se fortifier dans la vertu. des villages. abandonnés qui
réclament.avec instance les consaletions etles secours
de l'Église. Ce sont les Jésuites qui exaucent cesprieres, qui répondent à ees vœux, Ils se mettent. par-
128 HISTOIRE tout et toujours, aux ordres des Evêques ou des. Vicaires apostoliques ; ils se multiplient, afindepropager la charité dans les cœurs et de vaincre l'esprit d'indifférence ou de doute. lis marchent, ils travaillent sans relâche. A Dusseldorf, ils habitent une partie de leur ancien Collège : ils réveillent dans cette ville les sentiments de Foi et de piété ; ils y combattent avec succès une nouvelle secte de Momiers, dontk comte de Beck s’est constitué le champion. À Hildesheïm, les Pères Lusken, Van Everbroeck et Meganck., avec treize autres Jésuites, sont occupés des mêmes soins. À Brunswick, les magistrats protestants ne veulent plus se séparer du Jésuiteque l’Evêque d’Hildesheim énvoya comme ün messager de paix. À Dresde, où le Père Gracchi possède la confiance de la famille royale, et où il dirige tout à la fois la conscience du Monarque, l'hôpital de la ville et tous les enfants catholiques, une émeute éclate en 1830. C'est sur les Jésuites seuls qu'elle veut frapper : elle assiége donc la maison où résident quelques Ecclésiastiques séculiers, Gracchi est au milieu d'eux; il entend les imprécations et'les menacés de la foule. Il se présente à elle : « Vous demandez les Jésuites : s'écriet-il; je suis seul déimon Ordre dans cette maison, et me voici, » Gracchi était connu, était surtout aimé par sa charité. La multitude s incliné dévant lui et le tumulte est apaisé, ” Peu d'années auparavant, l'Allemagne protestante s'était émue à l'abjuration de Frédéric-Ferdinand, duc d'Anhalt-Kæthen. Dans un voyage que ce Prince fit'à Paris en 1825, avec la duchesse Julieson épouse, sœur du’ roi de Prusse, il vit plusieurs fois le Père Ronsin. Ce Jésuite lui plut par l'äménité de son carautère ét par lé charme de sa conversation. 1l eut avec lui de fréquents entretiens. 11 proposa ses 08
\ger l'inlent je de e les avec omte heïm, , avec nèmes its ne d'Hilaix. À nce de la conous les 0. C'est assiége astiques end Îles se prés'écrieison. et t aimé jui et le
estante dinand, e Prince épouse, je Père son Cä-
eut ah dou-
tes et ses objections sur les:-vérités du Catholicisme. Ronsin les résolut, et, le. 24 octobre. le duc. la duchesse et le comte d'Ingenheim, leur frère, abjurèrent le Luthéranisme pour embrasser la Foi romaine, À peine revenu .dans sa principauté, Ferdinand d'Anhalt annonce à.ses sujets:son retour à l'Unité. Cette nouvelle excite une vive. irritation parmi les Luthériens; le roi de Prusse. s'indigne. Il professe. que ce n'est ni l'autorité. ni la: tradition qui doit régler la Foi, mais la raison individuelle; et il n’a pas assez d'anathèmes pourmaudire sa sœur et son beau-frère, qui se conforment à ses doctrines en écoutant le cri de leurs convictions.
Un Jésuite avait remporté celte victoire sur le Pro testantisme, un autre Jésuite la consolida A la prière du duc et. d’après l’ordre du Pape; le Père Beckx accourt à Kœthen. Jusqu'alors les Catholiques y ont langui dans un état d'oppression, Beckx relève leur courage, tout en. se faisant un devoir de respecter les cultes dominants. Il travaille, il prêche, il évangélise presque:sans espérance de succès, car Ferdinand d’Anhalt n’a point d'enfants. .et ses Etats doivent passer après sa mort à un souverain hérétique. Beckx connaît ces obstacles, il-n’en poursuit pas moins son œuvre. En 1830, le trépas du duc mit un terme à sa mission. et le: Père suivit. la duchesse d’Anhalt allant porter en Europe le modèle de toutes les vertus. Mais dans ces quelques années de mission, le Jésuite avait su faire germer des idées de tolérance, À sa voix il avait vu le nombre des Catholiques augmenter, et afin de leur laisser un souvenir de son passage, il avait
jeté les fondements d'une église. Le prince Henri d'Anhalt, frère et successeur de Ferdinand.était at taché au culte luthérien ; il n'en accepta pas moins l'héritage du Jésuite. L'église s'achève par ses soins,
130 CU ssrone et,'en 1853! le jour où le Vicairé dn'dfovése POsa |
brttlevint à consderer/lé notveau dire-voulut aséfs:
2 ä . solennité avec sa fanile et fus Ref pros testarit
Lés nomveaut éémments Guféonstttoint H ‘société : européenne ne permettentplus aux ‘enfants de saint : Ignace de prendre: 1me partactive ’#ux népoctätions du momde et aux affaires’eccléstastiques. Le Saint: Siège ne peut plus les revètir'di caractère de Légat où de Noncé extraordiniaireet les envoyer à trävers lemonde, comme Brouët-Pasquier, François dé Bor:
gia, Canisius, Possevin'et Tolét, pour discuter, pour régler les intérêts de la Catholicité tantôt avec Tes
rois, tantôt avec les peuples. Ée cours naturel des chosés :a remis la Société de Jésus dans la position
qué son fondateur lui avait tracée, et dont'ellé ne
sortit qu'à son corps défendant. Elle est devenue plus religieuse que jamais dans un siècle où la politique déborde et où chacun se’ fait une obligation de citer à son tribunal individuel les actes dés princes et les tendances des gouvernants. En face d'une pareille confusion dans les idées et dans lés pouvoirs, les Jésuites ont sigement pensé qu'il ne leur restait plus qu'un rôle à jouer. Pour atteindre fx fin que l'Institut‘leur propose, il importaft de s'abstenir de toute participation aux événements publics, d'en accepter sans joie où' sans regret le confre-coup, quel qu'il füt, et de marchrér en silence, maïs toujours, mais partout, vers le but qui leur était offert. Eéur action ne devait plus se faire sentir quedans les Colléges ou dans les Chaires évangétiqu +: il* n'avaient mission
que d'apaiser les tumulées de : Ame, que de fortifier la piété, que de conduire 13°] uneuse’'au bonheur’ et:
à la paix par une éducation ei rétienne. Ils ne se départirent jamais du plan laissé , ar le iégislateur de Pa
Censpagnie. Ce plan les exposait à dos: soupçons, à: des accusations; à desioutrages: ils s'y résignèrent: : :« Les Génémux.et les principaux membres de le Sosiété; ainsis/expriment lesécrizains protestants dé lo Rentoëi d'Oxfodet de:Camdridos (1), ent toujoues: été et sontienvore des hommes: d'un grandi ca ractère, prudents, niais avecplus de résolution qu'on: n'es trouve: chez: les gens: du mondr; ce sont des: hommes à l'esprit fmoid: et lucide: et au cœur chalewr'eux:, que: on n'x: jamais taxé: d'insensibilité ; des: hommesiauxquels on peut :sefier dans les-affaires,. qu'ils:traitené avec une: grandeur de procédés: bien. déreute deicette pi: ‘- finesse qu'on prend quel- quefois pour deil'uat ::: Sous-la conduite de-ces: admirables guides, ei. combattant sans reläche pour: larcause:de-la; vertu. de la pureté, de l'ordre civiket religieux, : marche la grande armée des Jésuites: grande non par le:nombre; mais par les œuvres. et: composée de prédateurs éloquents,; de missionnaires auxquels : les pius rudes:travaux ne font point: perdre l'urbanité des manières, d'hommes de lettres: au: goût:sûr et:à l'imagination vive, de: savants ayant la passion: de: l'étude sans en avoir la monomanie, d'hômmes: vivant dans le monde sans être: mon: dainss»
rest sousces traits que des Anglicans peignent les: vieux étles nouveaux Jésuites. Les. Anglicans commencent à rougir dela crédalité et. de l'injustice de: leurs devanciens ; en Suisse, le mouvement:des idées n'avait pas, en 1881, sanctionné une pareille équité. Les Jésuites restaient étrangers aux commotions: agitant l'Europe: On avait pris leur nom pour servir: d'étendard: aux: espérances révolutionnaires; lors-
(1) Revue d'Osford et de Cambridge. 1845.
182 1211 tHISTOIRS;
qu’elles crurent leurtriomphe assuré; ce fut aux Jésuites qu’elies essayèrent de reprocherla lenteur de leurs succés. Le Collège de Fribourg prospésait : il était vue source de richesses pour le pays, un gage de sécurité pour les families. La France, la Belgique et l'Italie se trouvaient après 1830 dans une position soisine de l’anarchie ; le canton de Fribourg-s'y as- Socia en portant au pouvoir certains Radicaux, qui ne proclamaient.la liberté que pour régner par l'arbitraire. La Compagnie de Jésus était menacée dans son existence ; mais le contact et la responsabilité du commcadement calmèrent peu à peu les effervescenses radicales. C'était l'opposition de 1818 qui triorsphait; elle n'osa pas s’aliéner le peuple et le Clergé en appliquantses doctrines. Les magistrats et le grand Conseil dé Fribourg faisaient cause communé avec la démocratie agissante ; le nouveau gouvernement sacrifia ses hostilités au bien-être du plus grand nombre. Le radicalisme fit sa paix avec les Jesuites; depuis ce jour, rien dans ce canton n'a troublé la bonne harmonie,
Ce ne fut cependant pas sans lutte que l'union s’obtint, On appelait les jeunes gens à assister aux séances du Conseil pour les initier à la vie publique. Les élèves externes des Jésuites jouissaient de ce droit.
L'un d'entre eux fait entendre quelques murmures
désapprobateurs à l'adresse d’un député : ordre est donné aux Pères d'interdire à leurs disciples l'entrée de la tribune, Les Pères obéissent ; les élèves, forts de l'appui qu'ils évoquent dans les masses, parlent de se révolter contre la révolution. IL n’y avait qu'un moyen de calmer cette ardente jeunesse, il est employé. Les Jésuites interviennent, et la paix se rétablit, La guerre de plume précédait et suivait les insurre:lions. La Société de Jésus fut alors en butte à
Jéde sil age que ion ‘asqui lardans é du rvesy qui et le ats et com- | GOU- ‘plus es Jetrou-
s’obséane. Les droit.
nures ire est entrée , forts ent de qu'un st em- ; rélales inbutte à
des attaques dont le grand. Conseil ne prévoyait peutêtre pas la portée. Les étudiants s’élancèrent.encore dans l'arène. Libres ou.déjà pères de famille, ils étaient les. meilleurs . juges de la question : ils la tranchèrent en combattant par des écrits publics les imputations. dont. on Chargeait l'Institut. Dans le Valais, le gouvernement, prenant en considération la pauvreté des Jésuites et admettant que tous leurs voyages ont-"a but. d'utilité publique, ordonne qu'à partir.de l'année 1854 les messageries de l'Etat les recevront gratuitement. .
A la même époque, les. magistrats de. Schwytz les infroduisent dans leurs vallées. Le Père Drach, Recteur du Collége de Fribourg, et le Provincial Jenace Brocard essaient en vain de faire différer ce projet ; les désirs de Philippe de Angelis, Nonce du Pape, les prières de la population et la voix du Souverain Pontife triomphent de cette résistance. Les Jésuites pénétraient pour la première fois dans ce pays célèbre par son amour de l'indépendance et de la liberté. Ils devenaient le boulevard que le Catholicisme avançait de 14 Suisse occidentale à le Suisse orientale. Comme pour démuntrer que leur prise de possession à un but moral et littéraire, ils transforment en Collége leur Noviciat d'Estavayer, et en 1842, afin de s'associer aux vœux du pays, Grégoire XVI adresse à l'Evêque de Coire un bref ainsi conçu :
« Ayant apprisil y a quelques années qu'à Schwytz, dans votre diocèse, les princinaux habitants voulaient bâtir un Collége afin que les jeunes gens y fussent. formés à la piété et aux lettres par les Pères de la Compagnie de Jésus, nous avons approuvé; comme ik convenait, leur pieux dessein, et nous l'avons secondé avec plaisir.
» Nous félicitons cet illustre canton et Votre Fra-
ternité, nous nous félicitons nôus-mêttie dé ce que biettôt'après les Raligieux de la susdite Compagnie y ont été appelés aux acelamations ananimes:du peuple et du Clergé; de ce qu'ils y-ont ouvert leurs écoles potr le bièn de Tà jeunesse, et ei or par les aumônes‘des Fidèles'et par les largesses dé quelques princes étrangers, ils ont constrüit une maison “assez L vaste pour servir de Collège.
» EC déjà, par les heureux sutcés q'obtinrent ces écoles naissantes, on peut présager de quelle utilité, Dieu aidant, ce Collége sera pour fa Keligiott catho: lique et pour là sb gt »
È Re oi + : |
RAA MANMNIMRRARERRERITENREE A
e 220 CHAPITRE Tit. ) pév La restauration des Bourbons et la France de 181 4, — Le prince CZ de Talleyrend,conseille à Louis X VIIL de rétablir les Jésuites. Hésitation du roi. — Mesures que prend le ministre disgracié.. Situation dès péres dé'le Compagnie en France. — Le père LES Varia et.les pêres do la Foi. -= Les Jésuites en: présence de lu té, Charte constitutionnelle. — Leur existence est-elle légale? — ho“ Le père Varih fonde l'Institut dés Daines du Sacré:Cœiir, de Fa
Saintb-PFamille:et de Notre-Dame. :-- But! de cetté triple foni dation. — Le. père. Delpuits: créc la congrégation: — Ses commencemerts et son but. — Les premiers congréganistes. Décret! quiilx dissout. + ‘L'abbé Legris-Daval en prend M diveotion, — Les Jésuites restent. volosiairement en dehors du mouvement politique. — Origine du libéralisme. — Ses premiers apôtres. — Les Jésuites dispersés en 1815, -- Los Evèques de PEglise gallicane font appel aux Jésuites pour, leurs petits séminaires. — Fondation de huit maisons. — Le Cardinal de Buttsset et les Pères de la Compagnie. — Mauvais terrain: sur lequel'ils se placent. —\Lé presse constitution: nellese fait l'adversaire de l’Institut ct do la royauté. — Mort du Pére de Cloriviére, provincial de France, — Simpson lui succède, — Sax lettre aux supérieurs sous ses ordres: —— Les véritables. monila secrela des Jésuites, — Leur politique mise. à au., — Commencement des Missions. — Les Evêques forcent lés Jésnites à devenir missionnaires, Les pères so résigniént à l'impopnlarité:peur: abéir aux ordres-des Prélats:— Mission de Brest, — L'émeute et laliberté.— Les principaux Missionnaires ° de lx Conipagnio., — Le Père Guyon — Effet produit pär ses Mis sions. -— L'abbé de Le Mennais avec les Jésuites. — Lettre dû Pére Rozaven au:Père Richardotsur la neutralité à garder envers le système de M. de La‘Mennais.—Conférence dé Kozaven etde La Mbnaais.—Lo Père Godinot et l’auteur de PEssvieur d'in différence, — Leur correspondance. Mécontentement de. Le Mennais.— Le,père Bzrozowski partisan de ses doctrines.— La Mennais appelle les Jésuites à marcher sous son drapeuti. — M\ Leuisde Carné blème les: Jésuites — Les partiseztrémen ins. voquent ou fléWissent les Pères; —Inflnence qu’on leursuppose. = Le Péte Rohsin à la tête de la Congrégation.—OEuvres de la Congrébetion:- La chapelle des Missions étrangères. — Excrei: ces des Congréganistes.-— Fondations piouses.— La Société des ‘Bônnes-OEuvres.— Les petits Savoyards.—La Société de saint Frénigois Régis. Le Clergé et lés latque» dans Fa Congrégatiot.:
— Colère du Libéralisme contre la Congrégation, —But de ces . fureurs.— On prète au Père Ronsin un pouvoir extraordinaire, — ficproches et calomnics adressés aux Congréganistes., — La Congrégation domine le.Françe, — Krayeurs de l'opposition anti-catholique. — La Congrégation a-t-elle régné? —
Effets des terreurs libérales. a dh duc de Rohan et l'abbé Mathieu remplacent le Père Ronsin. — Congrégation militaire, — Le Libérelisme parvient à la faire dissoudro,
Une révolution aussi décisive dans les idées que dans les mœurs venait de s'accomplir C1 France. Cette révolution, dont le foyer permanent était à Pa. ris, réagissait .à toutes les extrémités. du monde. Maigré les désastres militaires:.et la chute de l'Empire, la France, trahie par la victoire, régnait encore moralement sur l'Europe. Le retour des Bourbons, l'enthousiasme universel qui les accueillit, les principes de religion, de monarchie et d'ordre que Napoléon avait su mettre en vigueur, tout tendait à persuadér qu'il serait possille.un jour de dominer les instincts démagogiques. Il n'y avait qu'à suivre la ligne tracée par l'Empereur avéc une si prudente énergie. Il ne fallait restaurer. du. passé que.ce qui était bon et: acceptable 'en soi, qu'ouvrir aux idées nouvellés un:lit dont la mesure devait se combiner avec tous les intérêts. Les événements furent plus grands que lés hommes : les Bourbons succdinberent sous la tâche que la Providence leur imposait.
Après les premiers élans d'une joie dont les témoignages, éclatèrent avec. unanimité.:la: France, de monarchique que Bonaparte l'avait faite, se vit tout à coup ramenée à ses errements révolutionnaires. la laissait religieuse : les Bourbons allaient permettre qu'on corromptit sa Foi. Lorsqu'en 1815, après la bataille de Waterloo. le prince de Talleyrand, :président du Conseil, voulut s'entendre avec Louis XVIII sur les moyens à employer pour pacifier les. esprits
que ace.
| Pande.
Emcore DONS, prin- Napoait à erles re: la dente e qui idées nbiner t plus 1): bèposait.
Lémoi- U de it tout ires.:ll mettre près la , préesprits
et consolider: ie trône ; l'ancien Évèque d'Autun ne craignit pas de dévoiler au roi sa pensée : « Sire, lui dit-il, Votre Majesté espère se maintenir aux Tuileries:; il importe donc de prendre ses. précautions. Une sage et forte éducation peut seule préparer les générations nouvelles à ce cahne intérieur, dont chacun proclame le besoin. Le remède lé plus efficace pour y'arriver sans secousse, c'est la reconstitution légale dé la Compagnie de Jésus. » Louis XVIIL'en était encoré aux arrêts des Parlements. Il déplorait les effets de la vaste conspiration qüi avait renversé le trône, et il ne s’apercevait pas que ce complot était le premier-né de celui qui réalisa la destruction des Jésuites. Il s’'étonna de voir un des: membres les plus influents de l’Assemblée: nationale, un Evêque parjure , lui soumettre un pareil projet. Talleyrand ne s’effraye point des railleries philosophiques du Monarque : il affirme avec plus d'autorité que les Jésuites sont seuls capables de relier le passé au présent ens’emparant deil'avenir, Louis XVIIE demande quelques:semaines de réflexion. Dans: cet intervalle, Talleyrand perd le pouvoir, et de:ce jour date la guerre incessante dont la Société de saint Ignace va se trouver l'objet. Le ministre n’avait pu convaincre le roi de la sagesse de ses conséils : l'homme d’opposition comprend qu’il importe à ses plans de priver les héritiers de son portefeuille d’un concours par lui regardé comme: indispensable. On ne lui accordait pas les Jésuités pour les mettre en France à la tête de l'éducation :"it les fit ve nb les rendre impossibles. :::
Sans.en douter ;: les’ Jésuites avaient sur les bras un-adversairé qi ne demandait pas mieux que d'être leur ami sous les conditions imposées par lui. Ces conditions , le prince de Talléyrand,: qui n'avait pas
toutes les vertus de ses vices, les eût plutôt oher-: chées dans les-besoins du momént:que dans les nécessités sociales et religieuses, Ge n'était pas en effet un diplomate à transiger avec son é;701sme au profit de l'idée chrétienne ou morale, Louis XVIII venait cependant de commettre une faute en négligesnt: l'avis du Présidént de: son ‘Conseil : le Ministre disgracié la fit expier aux Jésuites. 13 Ils n'avaient qu'une existence précaire : e’Étéittout au plus même sileur image vivait dans le cœur de quelques vieillards, Le Clergé se rappelait: par tradi. tion les services que la Gompagnie de: Jésus rendit: à l'Eglise et au royaume. Il n'avait pas oublié les luttes soutenues contre:les Pères de l'Institut par l'Univer: sité, par les Parlements'et par les Philosophes. Les derniers: Jésuites qu'il apercevait.à l'œuvre lui offraient le modèle de toutes les vertus : ils ravivaient ce sentiment dereconnaissance. Le Clergé les: entourait de respect. il se montrait heureux de marcher à l'ombre: de leur zèle: mais peu à peu la mort: avait: tellement éclairci leurs rangs, quine se renouvelaient plus, que, dans un espacc assez rapproché, la Gompagnie neidevait être qu'un souvenir. Les Pèrés:de la Foi;dont abbé Varinétaitsupérieur;et qui n'avaient pas saivi l'exemple de leurs:associés allant se réunir à la Compaguiede Jésus, ressoscitéeen Russie, commençaient à: voir se: réaliser le plus ehgr de-leurs vœux. Ils s'étaientidévouésà:l'Inatitut desaint Ignace lorsque tout: lui semblait hostile. Hs avaient, espéré qu'ils: seraient eommé:les pierres d'attente destinées à la reconstruction de l'édifice. Ils démandaient à y être agrégés au:moment où l'Europe faisait servir le sucoès de spsarmes à la restauration desidées d'ordre: L'intention de l'abhé Varinise manifestait par les: œuvres;.Les Pères de:la Foiavaient, ainsi queibes:
anciens Jésuites,-partagé et: sdouei les maux: de l'Eglise. Is s'étaient vus proscrits par NapoMon: ils: sollieitaient l'honneur d'être proserits encore. Purm£ ces Pères, qui ont déjà fourni à la Société dé Jésus dés: hommestelsque Rozaven, deGrivel, Kohlmann, Sinéo Mutti et Godinot, onremarque Germin Dümouchet, Eloi du Pemps | Edmond Cahier: Nicolus: Jennes:: seaux, Augustin Coulon, Antoine Thoms:;' Pierre Cuenct, Leblanc, Gloriot de Brosse , ‘Seller; Barat, Roger, Gury, Ronsin, Loriquet, Joubert. Boisserd, Bequet, Vrindts et Ladevière. Ces Prétres sont con: nus à Poris et dans les provinces par lenr zèle éclairé et par ane charité quisait serendre aimable. Le Père de Clorivière a été pendant ce temps investides pouvoirs nécessaires, afin de rétablir la Société en France ct d’aceucittir individuellement dans son' sein les Pères dé la Foi, dont les’ services passés furent acceptés comme un Noviciat anticipé. Es ont: combattu, ils ont enseigné : ils possèdent donc des amis et des élèves: Quelques jeunes Ecclésiastiques; les Laïques même se proposent pour renforcer les rangs des vieux Jésuites. Ils se présentaient dans les conditions exigées par saint Ignace :.ils sont reqgus..car, dans ce moment de‘transilion, l'Ordre sent de quelle inportance ilest pour'lui de s'offrir à l'Eglise aussi nom: breux'que possiblé. Les choses en' étaient làlorsque' Pie VII publia la bulle qui rétablissait la Société. Les Jésuites de France comprenaient:les dificultés;de leur position et celles que le gouvernement de Louis XVIII se suscitait comme à plaisir. Ils ne voulurent pas user du' droit de liberté que la Charte conféraît à tous les Français. Ils se voyaient désirés par les Evéques. les Conseils. municipaux. de plusieurs villes importantes invoquaient leurs concours..Les Jésuites; peine: nés à la: vie: publique , no: demandèrent:
pas au Roi et aux pouvoirs législatifs un permis d'existence qu’ils trouvaient dans la loi; ils, se contentèrent de marcher. sans bruit vers le but qui leur
Cette situation, ne tendant jamais à se régulariser, soulevait de graves questions constitutionnelles. De quelque manière que ces questions allassent être résolues, elles froissaient. ou. la liberté de conscience ou les acrimonieux scrupules de ces terribles amants de la Charte, préparant déjà, en son nom, la révolution qui doit l'étouffer, Ces points de controverse, qui s’agiteront longtemps encore, surgirent avec la renaissance de l'Institut : il importe de les préciser et de les examiner, L
De leur propre choix et par l'effet de leur volonté, plusieurs Evêques de l'Eglise gallicane, forts de l’or- . donnance royale (1). du. 5. octobre: 1814, appelaient
les Jésuites. Ils leurs confaient les fonctions les plus
(1): L'ordonqance du & octobre 1814, qui place les petits séminsires sous la dépendunce des Evéjues, n’u pas été insérée au Bulletin des lois. 11 importe donc d'en LA letexte dans'cette histoire :
+ Louis, par la grâce de Dieu etc.
» Ayant égard à la nécessité où sont les aschetéques et Evéques. de notre royaume dans les circonstances. difficiles où se tronve l'Eglise de: France, de faire. instruire dès l'enfance des jeunes gens qui puissent ensuite entrer avec. fruit dans les grands séminaires, et désirant de leur procurer les mere de remplir avec facilité cette pierrse intentiun :
s Ne voulant pas enéss que ces écoles se ee sans raison légitimes
» Sur le rapport de notre. Ministre, secrétaire d’ Etat de l’intérieur, :
» Nous avons otdonné et ordonnons ce qui suit !
» Art, ler, Les Archevèqués et Evèques de notre royaume pourront avoir.dans claque département une Ecole erclésiastique, dont ils nommeront les chefs et les instituteurs, et où ils
tits séérée au ns cette
et Evé- +s où se ance des
grands remplir
ant sans
de l’in-
royaume L1ésiastitoù ils
DE LA COMPAGNIS DE JÉSUS. 141 dificiles du saint ministère; ils les chargeaient de l'éducation. Ces Jésuites, soumis, comme les autres Prêtres, à:la juridiction épiscopale et aux: lois du Royaume, ne recevant que des Prélats le privilége de prècher, de confesser et d'enseigner , se contentaient dans leur for intérieur de suivrela règle de saint Ignace de Loyola. Comme corporation, ils n'avaient, ils ne sollicitaient aucune existence civile, nul droit de posséder ou d'acquérir , nulles prérogatives dans l'ordre religieux ou politique, aucun caractère que celui de prêtre français.
Des décisions judiciaires ont jadis , il est vrai, détruit la Compagnie de Jésus : un édit royal sanctionna ces décisions. Les lois révolutionnaires, tout en les frappant de nullité, leur donnèrent une nouvelle vigueur lorsqu'elles proscrivirent les corporations religieuses et séculières. Mais l'autorité de la chose jugée ne s'étend que sur le passé, sur l'état de
feront instruire dans les lettres les jeunes gens destinés à entrer dans les grande séminaires.
» Art. 2, Ces Ecoles pourront être placées à la campagne et dans les lieux où il n’y aura ni lycée ni collége communal.
» Art. 3. Lorsqu’elles seront placées dans les villes où il y aura un lycée ou collège communal, les élèves, après deux ans d'études, seront tenus de prendre l’habit ecclésiastique.
» lis seront dispensés de fréquenter les leçons desdits lycées et colléges.
» Art, 4. Pour diminuer autant que possible les dépenses de ces établissements, les élèves seront exempts de la rétribulio:: due à l'Université par les élèves des lycées. colléges, institutivns et pensionnats. ;
» Art. 6. Les élèves qui auront terminé leur cours d'études pourront se présenter à l’Université pour obtenir le grade de bachelier ès-lettres,
» Ce grade leur sera conféré gratuitement.
» Art. 6, {1 ne pourra être érigé dans un département une seconde Ecole ecclésiastique qu'en vertu de notre autorisation,
142! AISTOIRE"
choses qui subsisté au moment où l'arrét est mtor-! venw; elle ne‘saurait exercer autiie iaflaence sur l'évenit, La (Constitution de 1791, d'accord avev fa loi de 1790; déctäré ne plus retonsttre lé vœux perpétuels de Religion’; le décret du ?8 août 1792, supprime (1) toutes congrégätionsiet confréries dans les termes:les plus généraur'et les plasiaïsolus. Ces loïs furent virtuellèment: abolies aussitôt que Bonac parte eut pris’ les rénes de l'Etat; il se fit un devoir et une’ gloiré de relever les antels. Comme fa Reli- . gion catholique ne peut vivre: sans vœux et sans congrégations, l'Empereur fit obligé de:subircette exigenice, qu'il encouragea, qu'il combattit, qu'il toléra tour 'à tour, selon les calculs de sa politique ou les impulsions du moment. Les Pères de la Foï, par un décret de méssidor an XIE, furent dissous; mais ce
donnée sur le rapport de notre Ministre secrétaire d'Etat de l'intérieur, après qu’il aura entendu l’Evèqueetle grand-maître de l’Université.
» Art. 7, Les Ecoles ecclésiastiques sont ‘susceptibles de re: :
cevoir des legs et des donations; en se conformant auxlois éxistantes sur celle matière.
» Art. 8: Il'n’est au sarplusen rien dérogé à notre ordonnance du 22 juin dernier, qui maintient provisoirement les décrete:ot: règlements retetifs'à l’Université: :
» Sont seulement rapportés tous les artislos desdits décrets ot règlements contraires à la présente.
» Art, 9: Notre Ministre secrétaire d'Etatide l'intérieur est chargé de l’exécution:de la présente ordonnance:
» Donné ‘au château des: Tuileries le: Ü octobre de: l'an de grâce 1814.
». Signé Louis.
» Pürle Roi : Signé L'ABBÉ DE MONTESQUIOU. »
(1) Ce décret fut rendu lorsque Louis XVLétait déjà prisonnier au Temple. Il n’cst pas sanctiomné par le: Roi, et, aux termes mêmes de la Constitution, il n'a par conséquent'jamais été obligatoire.
aux ät l'espec tion n«
Su. »
gonnier termes kié obhi-
dééret ne concerne point les Jésuites. Iine' leur’est applicabte dims nat cas; il nié fat mére pas exée ; cuté ent 1804.
Lx promagation dé l Charédtatroduiste. en France un nouveau droit public; ele modifra essentfellement | les rapports de là Religion avec l'Etat. :
Autrefois lé Roï était l'Evêque du dehors etile défenseur dés Canons. En échange de’ la protection temporelle que lés Princes taf sccordäient , l'Eglibe les faisait en’quelque sorte participer à:son pouvoir. « La sainte société des deux puissances, dit Bossuët, semblait demander qu'elles exerçassent les fonttions l'une de l'autre; cé qu'elles faisaient hors de teur
- ressort naturel,” ayant son effet par leur consente-
ment mutuel, exprès ou tacite. » La Hberté des cultes, proclamé par l'article 5 dé la Charte, modifiait essentiellement l'ancien ordre des choses. La Rèligion catholique était, comme les autres cultes, en possession d'un plein: et entier exercice, d'après ses propres règles et sous la sanction du Pape et des Evêques, pour tout-ce qui a traït at spirituel. Aïnsi hors dela sphère des droits temporeéls et citils, pour les choses intérienres , l'Eglise se voyaît afffanchie, émrancipée , et plus indépendante de droit que sous l'ancien régime. L’évole politique qui avair MSpiré ces théories de liberté chercha dès fe principe à les circonscrire, à les entraver dans l'application. L'existence des corporations religieuses sans droits civils était proclamée, La loi n'avait pas à descendre dans les consciences; à scrutér les vœux faits, à discuter le genre de vie qu'il plaisait à un petit nombre de Français d'embrasser. Elle'leur prétait aide comme aux autres citoyens ; eux lui devaient obéissance et respect dans tous les actes de laviepublique. L'association non autorisée ne formait pas une personne mo-
rale et civile. ; ses membres n'étaient que des individus isolés aux yeux:de la loi, et laissés par elle dans l'ordre commun. Ils restaient passibles des mêmes peines que les autres citoyens, soumis à la même surveillance et aux mêmès charges ; ils, se. trouvaient dans leur patrie catholique au même titre que dans l'Amérique et dans l'Angleterre protestantes.
Ces deux derniers Etats interprétaient largement le principe d'indépendance religieuse. Les Jésuites s'imaginèrent que la France avait passé par d'assez rudes épreuves pour se montrer jaloux de ses nouveaux droits. Ils ne voulaient pas , en reyeillant les querelles amorties, susciter des embarras au gouvernement. Le Souverain Pontife leur rendait la vie; il les: mettait sous la garde et à la disposition des Evéques; la Charte leur garantissait la liberté et la pro- - tection due à chaque culte: ils s'engagèrent sur cette voie toute légale. Le pouvoir civil n'avait point à s'immiscer dans des vœux ne portant aucun préjudice à l'Etat. L'Ordinaire acceptait les Jésuites comrae auxiliaires; ils étaient prêtres aux yeux de la loi, religieux dans leur for intérieur. Cette situation n'avait donc rien d’anormal; elle fut comprise ainsi: et, dès le mois d'octobre 1814, les Jésuites se trouvaient à Bordeaux, à Forcalquier, à Amiens, à Soissons, à Montmorrillon et à Sainte-Anne-d’Auray. Peu de jours auparavant, ils s'étaient réunis en communauté dans la maison de la rue des Postes, que les dames de la Visitation venaient de leur céder. Le gouvernement ne s'occupa ni de lesappuyer ni de les inquiéter, Ils s’établirent, ils procécèrent en silence, obéissant à la voix des Evêques, et se prétant aux bonnes œuvres que chacun avait commencées ou réalisées pendant la dispersion.
Les anciens Jésuites et les nouveaux Pères de la
i- Foi avaient toujours calculé que des événements inatns teudus les rallieraient sous la bannière de siiat es Ignace. Au milieu de cette longué tempête qui ayita 1r- la France, on les avait vus, par une sainte émulant tion, répandre les germes de piété à Paris ains’ que ns dans les provinces. Leur but était commun, quoiqu'il
n’y eût entre eux aucun lien d'association. La Révoent lution avait détruit les établissements religieux où ites l'enfance apprenait à être chrétienne, où la jeunesse sSeZ : des deux sexes se façonnait à:la science et aux vertus. LoU- Les Jésuites et les Pères de la Foi tâchèrent de ret les construire l'édifice abattu ; avec cette persistance que ver - rien ne peut vaincre, ils cherchérent à créer sur des e; il ruines. Dès la fin du dix-huitième siècle, l'abbé de Evt- Tournely s'était flatté que la princesse Louise de pro- Condé et que l'archiduchesse Marianne d'Autriche cette l'appuieraient dans son projet d'établir une Corgréint à gation de Religieuses , destinées à élever les jeunes udice filles. Cet espoir fut déçu. Le père Varin, confident mrAe de ses plans, ne se découragea pas. Les princesses i, re- regardaient comme , impossible l'accomplissement ‘avait d’un pareil vœu : il s'adresse à une:fille du peuple.
Dans Madeleine-Sophie Barat, sœur du Père Barat, ' il rencontre la personne qui doit le seconder. C'était pns, à en 1800 que ces événements se passaient. Peu de eu de mois après, des compagnes se présentent à Mademoipauté selle Barat. Leur nombre s'accroit ; elles commendames cent à opérer le bien, et alors elies reçoivent de leur puver - fondateur, le nom de Dames du Sacré-Cœur, Varin, nquié- l'ami de Portalis, et qui fut plus d'une fois soutenu obéis- par ve grand ministre e (1), leur trace un plan de Cononnes Ç alisées (1) Les relations des Pères de la Foi avec Portalis ne sont plus un mystère, et elles honorent autant les disciples de l'Institut que le Ministre lui-même. Portalis était un vienx parlementaire
is et, yaient
de la
alitutions, il Jeur impose les règles qu'elles doivent suivre. Ce fut ainsi que se développa cette Congrégation, appelée à rendre tant C: services aux qserses classes de.la Société.
espbee. d'école normale . où se formercnt des insticutrices pour porter au fond des campagues l'éducation chrétienne. La résurrection des Jésuites est encore un problème ; mais déjà ils essayent de reprendre par Ja base l'œuvre à laquelle on les arraçha. Les Daà | mes du Sacré-Cœur acceptaient.la mission d'instruire UN de |: les jeunes filles fortunées; Ja Congrégation de la Sainte-Famille fat réservée aux enfants dans l'indigence. Le Père Varin lui donna une règle appropriée aux besoins .qu’elles:se vouaient à satisfaire.
La richesse et la:paureté ont.des écoles; Varin,
quitcherchait à faire refleuririen France le Religion: gatholique. Les obstacles qu’il rencoritrait sur sa route le forcèrent souvent à prentré des voies détournées, à prononcer des paroles malson - ‘nantes, et à consigner dans sesactes officiels des mesures et des doctrines inadmissibles au point de vue religieux. Ces potes ne furent que des songpmions faites à l’incrédulité pour ohtenir l’essentiel.
Tout. était à reconstituer dans l'Eglise de France; Portalis se dévoua à cette tâche,et, avec l’aide du Premier Consul, il parvint A ovn sut, M. de Crouseilles et la comtesse de Grammont avaient
“mis. le Père Yarin eu rnpport avoc le-eonsiller de Bonaparte, Portalis connut ct spprécia la plupart des futurs Jésuites. ]1 devint leur ami, et il des protégea:souvent contre les dénancis tions de la police. C'est ainsi que le 18 fructidor an X il rend compte par écrit à Bonaparte de ses entretiensavec le Pére Varin; &ont Fouché avait saisi la correspondance. Plus tard, en 1806: Portalis parait abandonner ses protégés ; mais, au milieu de ses injustices calculées, on sent encore percer Îles bienveillantes intentions du Ministre des cultes en faveur des associations reli-
gieuses que le Cardinal Fesch défendait,
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en fondant la Congrégation de Notre-Dame avec.la Mère Julie, veut en ouvrir aux jeunes filies. de la classe moyenne dans, les cités et dans les bourgades(1 D} Les derniers Jésuites .consacraient leur vieil- Jesse à créer desétablissements dont tous les pouvoirs devaient.apprécier Putilité ; un autre Père, Jean-Baptiste Bourdier-Delpuits, né en Auvergne, réalise dans l'ombre une touchante pensée d'égalité chrétienne. Les .saturnales de 1795, les folles orgies du Directoire ont réagi sur l'esprit d’un certain nombre de jeunes gens. Îls refusaient de s'associer à.ces bontes; ils cherchaient dans l'étude et dans la prière un préservatif. contre une pareille démoralisations ils accoururent d'eux-mêmes:se rallier à la parole du Père Delpuits. C'était l'apôtre de tous ces hommes qui allaient briller dans le monde par leur science, par leurs-tra vaux ou par l'illustration de leur naissance. Le Jésuite les accueillit, les soutint dans la lutte qu'ils engageaient. Quand il vit que M régularité de leurs mœurs ne se démentait pas plus que l'intelligence de leur zèle et de leur charité toujours active, à leur raçonta.comment, en 1563, le Père Léon avait institué la Congrégation de la Sainte-Vierge ; il leur en démontra l'importance et les bienfaits, La proposition de Delpuits fut agréée, Le cardinal De Bello;, archevêque de Paris, approuva cette tentative, et le 2 février 4801, les docteurs Buissor..et Fisean, Regnier, juge autribunal de Ja Seine, de Marignon, Mathieu et Eugène de Montmoreney furent les six premiers Congréganistes.
Le Père Delpuits aspirait à sauver durnuufrage les
1) Cet institut s'est acclimaté on Belgique, où la Mère Julie se retira. C’est À Namur que le siége de Ja Congrégation est établi, st de là les sœars-serépandent dansiles provinces. Mademe Blin de:Bouidon succéda à la fondatrice.
croyances religieuses et la pudeur des jeunes gens qui affluaient à Paris pour étudier lé droit et la médecine, ou pour $ë livrer à la diplomatie, au commerce, à l'état militaire, à s'industrieet à l'instruction pablique. Ce fut la fin principale de la Congrégation ; les Congréganistes durent être les Missionnaires de la famille, de l’amitié ou de la confratérnité. Xïs visitaient les malades ; ils secouraïient les pauvres honteux; ils apprenaient dans les salons sinsi que dans les atelivrs, par leur exemple encore plus que par leurs conseils, à pratiquer les lois de l'Evangile. Cette association de bonnes «œuvres se propagta rapidement. Pie VII lui acecrda de pieuses faveurs, et en peu d'années elle s'éténdit dans plusieurs villes. Grenoble, Rennes, Nantes, Lisieux, Toulouse et Poitiers obtinrent leur Congr égation relevant de celle de Paris ; Lyon eut la sienne aussi, mais distincte et indépendante. Dans l’espace de quelques années, de 1801 à 1814, le Père Delpuits compta, au nombre de ses Néophytes. des personnages qui devaient honorer lRpiscogal la pairie, les armes et la science. Dans les registres de la Congrégation, on lità chaque page des noms devenus illustres. Ici c'est le médecin Laënuec et Alexis de Noailles, les trois Gaultier de Claubry et le comte de Breteuil, Nicolas, Robert et Justin de Maccérthy et le mathématicien Binet, Louis Charles de La Bédoyère et le jurisconsulté Portets, le savant Cauchy et le duc de Béthune-Sully, l'éloquent Hennequin et le duc de Rohan, le docteur Cruvyeilhier et le marquis de Mirepoix, Ferdinand de Berthier et le marquis de Rosambo: Sur ces mêmes listes se pressent des jeunes gens ou des hommes faits, que le Clergé a vus ou voit encore à sa tête. On y remarque. des Evêques, tels que. Bruté, Martial, Forbin de Janson, Feutrier, de Mazenod et de Jer-
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phanion; des Prètres qui, comme le Sulpicien Teyssère et les abbés Carron, Desjardins, Mansuy, de. Retz «1 Auger rendirent à l'Eglise et au Royaume ües ser vices qui ne sont pas oubliés. En 1810, la Con: . grégation révélait son influence; elle contrariait les projets anti-religieux de l'Empereur : elle fut sup- : primé ar un décret. L'abbé Philibert, devenu. plus tard Evèque de Grenoble, se chargea d'en: ‘réunir.
membres épars. Elle vécut silencieuse et. proscrite jusqu'à la chute de Napoléon. En ce moment, l'abbé Legris-Duval, dont le nom est populaire par l’onction de sa parole et une charité sans bornes, dirigeait les Congréganistes, se rassemblant dans une chapelle
intérieure des Missions - Etrangères. Au mois de
septembre, il confia ce patronage au Père de Clorivière, nommé depuis peu de jours Provincial de la Société de Jésus en France et cherchant en cette. qualité à en réunir les débris.
Tels furent les soins des Jésuites : ils fondèrent des institutions dans le temps. même: ou l'idée. de leur rétablissement paraissait une chimère ; ils allaient s'organiser quand le retour de Bonaparte, au 20 mars 1815, les dissémina de nouveau. Après les cent jours, il leur.fut permis d'espérer quelques années de calme : ils résolurent de les:employer au triomphe de la Foi et à l'éducation. De grandes choses avaient été obtenues par de faibles moyens. La persévérance avait triomphé des obstacles, et, au milieu de la crise qui abattait le trône impérial, ils sentaient que leur concours aurait une salutaire eMicacité, Ils se reconstituaient en silence ; mais ce travail intérieur n’empécha pas les Pères de se livrer aux œuvres extérieures. Les uns préchèrent dans les villes, les autres professèrent dans les Collèges, tous cherchèrent à se donner des frères, car leur petit nombre et la xieil- Hist. de la Comp. de Jésus. —T. VI. 7
Jesse:de pinsieurs étaient un sujet d'ittquiétue pour l'avenir. ‘Ils ‘désiraient ‘que :les' Novices' pussent’ se‘
fortier à lVcole des-maîtres:qui, après avetr-vu”lesdertiers jours! de {l'anciéine Compagnie; acheväient leur vie:dans tes angoisses de Yexil'et/ddns lesihittés : du inartyre. C'était pour’ des Jésuites un précieux :
enseignement; le ciel ne le refusa point’à leurs vrcux.
Ils‘appelwient des jeuries gens pleins de zèle, d:-piété
et de science, il‘s'en présenta snr tous les'points.'
La Restæaration de ‘1814 réunit les: partis dans un seul’ On était fatigué du crime de la glôire, surtout”:
de-cette guerre-éternelle! qui taait ‘les ‘générations presque au berceau. La Francé-avait soif de fa:paix,
de l'ordreet dt bonheur de famille ‘Louis XV fl'était ! destiné à la faire jouir de ces: bièns. ‘Il s'essaya an rôle de’ Souverain: constitutionnel, quand il n'aurait | dd’songer qu'à être le père dé Li patrie. ‘À lun peuplé
qui venait de traverser les ‘excès de la démagogie et
du‘despotismé sans protester on le vit mesurer l'intelligence politique, la liberté:religieuse et les droits éléetoraux. 11 créa des pouvoirs qui n'avaient jamais existé, il nrodifia jusque dans son essence lé caractère
national: puis, quand lélasticité des articles du pacte
fotidamentaleut appris à chacun quel instrument de destruction ‘Louis’ XVFIT'approchait de son trône,
chacun, sélon‘ses amours ou'ses haînes, ses besoins :
ou ses intérêts, se mit’à maudire ou à éxattér le roilégislatéur.
Ce fut dans les‘rangs des: ennemis de la Monarchie qu'il‘enrôla ‘*2 plus de panégyristes. Lä révolution était vaineue ; elle se ‘ralliä sous le canon ‘que Ja Charte permettait de tirer contre les idées religieuses
et' sociales. La Révolution s'avouait condamnée par soti fait à l'impuissance ;'elle se transforma en amante forcenée du sceptre constitutionnel. Ele adopta” ta”
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out” ons” aix, était a at À urait' euplé nié et Yindroits Anais actère