acte k t de rône, esoins le roi
archie btution que a vieuses 6e par nmante ppta Na
Charte commele palladium de ses:espérances, comme le bélier. :avec lequel, il:lui serdit facile un jour d'é: branler le/trône des::Bourbons, Les: éléments de foree:et d'autorité ‘étaient: partout ::il:n’y-avait qu'à s'en servir :avec discernément. Boüis XVHII joissa douter: de laipuissänes dont-la:fonce des choses l'investissait. Il courtisa une:vaine popularité, illattailes indifférents, : il :trembla::devant ses adversaires: il craignit d'encourager ses amis. .Ibieut toutesiles faiblesses: de: l'amour-propre, sansiavoinuniseutjéurun véritable élan d'orgueiliroyalsibtreisut répondre:diguement: ni: à la grandeur:deson:rôle ni-auxipérils :
. delesituation: La:liberté ne-idevait étre qu’un bou-:
clier:pour protéger les droits ‘de tous;:1on: en fit un glaive pourituercla:Religioniet khoRoyauté.:
Avectan instinét: conservateur dont:le Monarque : paraissait fataelement:dépourvu, les:Jésuites pensèrent que, pour:leurs vues ‘ultériéures, illimportait : avant tout: dese.tenir à:Fécartdes:tirailléments politiques.:Absorbés:par les :soins: du:ministère sacré; essayant de se développer dans un pays:où:les lois:et les mœursisubissaient de’sirétranges modifications: . où ,-parcdes éloges pleins d'emphatiques‘impostures, on: boursouflait: les canditles:ivanités de la ‘jeunesses où:les: plus:savants: professeurs. les politiques «et les: écrivains les:phis renommiés:s'avilissaient devant elle: afin de l'amerer:à:conspirer dans:lairue:au:profit de: leur:ambition, les Jésuites n'avaient nile tempsni:la volonté ide;se mêler ‘aux:luttes des partis. L'Institut deisaint Ighacé leur faisait-une obligation: de :cette neutralité; l'expérience:confirma la-règledictée par leur fondateur.:Les ‘premières: ‘années: passées à la rueidés Postesiet:dans:les départéments. s'écoulèrent: donc:sansbruitDe:tersps:à autre un ‘éclair, précur-. seur de l'orage, brillait bien dans la presse libérale ;;
mais cet éclair, qui n'avait point de cause efficiente, était promptement oublié. Les opinions se classaient avec les hommes; on se disputait le gouvernement afin de consolider ou de perdre la Monarchie. Au milieu de cette conflagration de paroles et d’écrits, les Jésuites restaient inaperçus. Le libéralisme ne les connaissait pas, et, sous l'inspiration de Talleyrand, il ne s'était point encore imaginé de prendre leur nom comme un levier.
La Révolution s’abritait derrière la Charte; elle s'improvisait royaliste constitutionnelle, tout en couvrant de sès admirations ou de ses regrets les hommes et les choses de 1795. Elle se faisait athée au point de vue de la loi; et elle se proposait de tracer à la Papauté et à l'Episcopat la ligne de conduite à suivre pour faire respecter l'Eglise. Elle admettait en principe la liberté des cultes, elle les agréait tous, tous, ‘ excepté-celui que la Charte proclamait Religion de l'Etat. Le Libéralisme ne parlait plus, comme la République, d'égorger les Prètres, de renverser les temples et d’abrutir le peuple par une impiété systématique. Il n’avait ni le grandiose du crime ni l'audace de l'ignorance; il marchait terré à terre, procédant par l'hypocrisie et se faisant de la calomnie quotidienne un poison lent, mais dont l’action était assurée. Il fallait créer un peuple à part dans la France, le façonner par dégrès à une crédulité surhumaine, l'enlacer, malgré lui, dans un réseau d’impostures calculées et le forcer à recevoir comme vérités incontestables tous les mensonges que les besoins de la cause exigeraient. De grands sacrifices d'argent, d'honneur, d'amour.propre et de conscience étaient nécessaires. Les chefs s'en imposèrent une très-faible “artie ; ils firent payer le reste aux dupes qu’ils recrutèrent.
En France, il y a des mots qui ont une valeur de convention dont l'Europe n’a jamais la clef. C'est avec des mots que l'on corrompt le cœur, que l’on fausse l'intelligence et que d'esprits pleins de droiture et de sincérité individuelle on forme une espèce d'ensemble dont la suffisante crédulité est une énigme pour les autres peuples. Napoléon était tombé aux applaudissements du monde entier. La Chambre des députés de 1815, le dernier écho des passions révolutionnaires et le foyer du Libéralisme naissant, l'avait outragé dans la majesté dé ses infortunes, Par l'organe de quelques avocats, cette chambre osa concevoir la pensée de mettre hors la loi le lion terrassé : elle le foudroya après Waterloo, et ces avocats, transformés en patriotes, s’efforcèrent, à quelques années de là, de ressusciter la popularité de l'Empereur. Ce nom, gravé dans les souvenirs du peuple en caractères glorieux et sanglants, fat l'enseigne qui servit à achalander les idées constitutionnelles. Les Libéraux énivrèrent de la poudre des batailles cette jeunesse qui avait si souvent maudit l'insatiable ambition du conquérant ; ils se portèrent comme les héritiers de ses bienfaits sociaux, comme les vengeurs de sa mémoire, et les Bourbons se laissèrent faire un crime de la lâcheté de leurs ennemis.
‘Ce qu'on entreprenait en faveur de Napoléon, on le tenta pour tout le reste. La génération de cette époque ne connaissait ni les services ni le nom des Jésuites. Les personnes qui se trouvaiént en rapport avec eux bénissaient leur influence; cette influence réveilla dans quelques cœurs les souvenirs du passé. On se rappels que, pendant deux cent cinquante ans, ils s'étaient dévoués à rendre les hommes meilleurs et à porter le Christianisme aux extrémités du monde. Il survivait encore un certiin nombre de sophistes
1194 \ HISTORS
Quiavaient jadis: combattu lai Gompagoie:-db désus ‘por calcul; par:tradition janaénisteiouqtar désir d'inaover. Lis en;parlèrent avee desdhaines oules-défian- «@es-de: 476, Ils :nxmentèrent à: leur, berceau: pour ressaisir la trace: des sentiments, que: do:longues-sgitalions avaient, à, peu près effacée, Els:mirent.en participation leurs. vieilles antipathiesy leurs. jeunes,passions.et:leur, epérienes pour:trompen les hommes. -On vit.done les débris de:la: Philosophie du dit-huitième:siècle.'et les Constitulionnels de 4818 faire cause commune conire les Jésuites.
L'Eglise de-France tâchait dese-econstituer dans leslimites que la: Charte luitimpesait::-elle créait.des écoles ecclésiastiques ; ; la: plupart des: E vêques::se -montraient jaloux d'en confier la dinection à l'Ordre -de Jésus. Par le ibien:opéré, dansiles. établissements où. elle prenait raoine,;ihétait facile.de prévoir celui .iqu'elle:réaliserait-plus:tard..Les- Jésuites-araient; un plan d'études; des professeurs-habitués.àil'enseignement, des traditions qui leur, apprenaient les-moyens de:se-faire:aimer des. jeunes .gens et: d'obtenir: leur confiance. L'Episcopat bénissait. ces débuts, et le cardiual.de-Bausset,, l’une. des. lumières du Clergé, en -eonstatait. lui-même. les: fruits., Le:28 juillet: 1819il écrivait au Père Cuenet : «Bien, peu :d'années ont suñ, monsieur, aux respectables directeurs.du.petit séminaire. de. Sainte-Anne. pour opérer. de grands «biens: Son utile influence ne s'est pas renfermée dans les-limites du diocèse qui l’a.vu naître. Elle s'est.déjà étendue sur. une grande partie de.la:Bretagne..Cet établissement est-appelé à rendre. des services: inappréciables. à.toutes les classes de, la société pare -bienfait d'une éducation vertueuse et. d'une:instr uction-appropniée:à toutes les conditions.
» Le but principal de son institution est sans. doute
de préparer des, sujets.à l'état, ecclésiastique, mais il sera toujours heureux que ceux d'entre eux qui ne s'y, trouveront pas appelés par üne. vocation suffisante ajent aumoins reçu dans leur premier, âge les prin- -cipes.ét.les habitudes, de religjôn.et. de morale qui forment les:bons Chrétiens etles.bons. citoyens.
» Voilà, monsieur , le. véritable point de, yue.sous lequel.j'ai toujours. considéré l’utile institution. des pelits Séminaires. |
»d8.sais:, monsieur, avec. quel. zèle. et avec. quel succèswous savez diriger.ce bel.et vaste établissement. Je.jouis plus.que personne.des bénédictions que la Providence: a daigné accorder à, vos travaux. et au
.vœu.le plus. cher de votre.respectable, Evêque, Les
liens du sang et de l'amitié qui m'unissent si tendremeat.à. lui depuis. tant d'années m'associent à tons ses.sentiments, comme à.toute la satisfaction que lui donne la prospérité toujours croissante du petit Séminaire de Sainte-Anne, se
», Vous connaissez. monsieur, l'estime que j'ai toujours professée. pour vôtre. respectable.associalion. Je l'ai proclamée dans toutes les occasions qui ont pu s'offrir à moi dans le cours d’une vie déjà hien ayancée, » |
De semblables lettres arrivaient de tous les diocèses aux enfants de saint Ignace. Le Clergé et iès Catholiques reconnaissaient léur qualité de Jésuites ; mais, pour ne, pas compromettre l'Institut ow par un reste d'habitude, on ne les acceptait dans les r'elations ordinaires de la vie, que comme: Prêtres séculiers. Cétte position mixte. avait des inconvénients qu'aucun avantage réel ne balançait. Elle offrait prise aux conjectures ; elle pouvait faire accuser la Société des manœuvres ténébreuses; elle permettait à’ des ministres hostiles ou mal disposés de prendre om-
brage d’une précaution dont personne ne s'occupait. Les Pères n'avaient pas cru devoir solliciter une autorisation d'existence légale qui, dans l'état des choses, aurait pu compliquer les intérèts dé l'Eglise. La Charte leur garantissait la’ liberté, ils n'osèrent pas aller plus loin. Par défiance du mauvais vouloir administratif ou pour donnér une impuissante satisfaction à leurs ennemis, ils cachèrent leur titre de membres de l'Ordre de Jésus sous une dénomination cléricale. Cette concession enhardit le Libéralisme. Les Jésuites redoutaient l'éclat; la demi-obscurité dans laquelle ils S’enveloppaient se transforma tout à coup en un sourd complot contre la Charte. Ils ne gagnaient du terrain que sur les champs de bataille de l'éducation ou de la chaire : on les soupçonna de tendre par des voies occultes au gouvernement de l'Etat. Ils avaient espéré que le mystère les protége- . rait contre les mensonges dont l’ancienne Société était tombée la victime, ce mystère fournit des armes à la calomnié. Ils craignaïent de s’avouer Jésuites, le Libéralisme prit à tâche d’en voir et d'en mettre partout. IL n’était pas encore aguerri à ces aitaques de plumes, à cette incessante polémique qui, délayant toujours la mème imposture sous mille couleurs différentes, l'inculque enfin dans l'esprit des masses comme un fait avéré.
Le. journalisme naissait à l’art qu’il surnomma de. puis la vie intellectuelle. Fondé par des censeurs qui firent leurs premières armes sous Fouché et sous Savary, il apprenait à balbutier le nom de la liberté. II se façonnait à l'hypocrisie constitutionnelle, il essayait son pouvoir encore mal affermi, il 3e créait déjà l'interprète juré de l'opinion publique. Dans tous les pays cetle facullé de parler chaque matin aux multitudes est un droit dont il sera toujours im-
possible de ne pas abuser ; en France. l'abus se siguala même avant le bienfait. La presse révolutionnaire de 1817 à 1850 ne fut point vénale, elle trafiqua rarement: à ses opinions; mais, à part cette justice que l’histoire doit lui rendre, il faut bien dire qu’elle poussa aussi loin que possible le cynisme du mensonge. Elle s'était donné deux adversaires à combattre, la Religion et la Légitimité. On la vit les poursuivre avec un égal acharnement. Quandelle s’'aperçut que ses efforts n'étaient pas toujours couronnés par le succès, elle chercha une dénomination qui, en sauvegardant les apparences monarchiques ; devait cependant confondre l'Eglise et le Trône, les Prêtres et les Royalistes dans la même haine. Le nom de Jésuite fut inventé. |
Tandis que cet orage s’'amassait sur leurs têtes, les Pères de la Compagnie se portaient partout où le salut des âmes et la voix despremiers pasteurs les réclamaient. Dansla Maison professe de la rue des Postes, au Noviciatde Montrouge, dans leurs petits Séminaires. ils organisaient la prière et l'étude. Sous l'inspiration du Père de Clorivière, ils cherchaient beaucoup moins à s'étendre qu’à se perfectionner. Mais, au mois de janvier 1818, Clorivière, accablé sous le poids des années, sentit que son bras n’était plus assez fort pour gouverner, Il avait rétabli en France la Société de Jésus, il aspirait à mourir simple Jésuite dans cette maison où il ayait commandé. Le 9 janvier 1820 il expira. Quelques mois plus tard, le b octobre, le Père Barruel le suivit dans la tombe (1).
(1) Barruel, dont les ouvrages furent long-temps populaires, était entré fort jeune dans l’Urdre de Jésus. Pendant la Révolution française, il affronta souvent la mort. C'était un homme d'un courage encore plus grand que le talent. En 1793, il entreprit de ramener à l'Eglise le vieux Gobel, qui avait même apos-
Louis: Simpson avait suecédé.à Clorivière dans les fonctions:de: Provincial, Ancien :Jésuite français, esprit d'ordre-etintelligence pratique; Simpson s'était »depuis longtempsréuni à Sionyhurst aux Pères dela : Providence d'Angleterre. Tradition: vivante., il: dewait, par:sonexemple'et:par ses: leçons, faire.fleurir l’ancienne discipline:et les vieillés lois. -Apeine:fut-il -thoisi que, le: 2 novembre 1818;:iladressa la lettre suivante aux: chefs: qu'il donnait: à; plusieurs petits Séminaires :.« En vous établissant, Supérieur de eette Maison, il est de mon devoir. de vous-communiquer l'idée, qu'un. séjour. de vingt-sept.années:dans.différentes Maisons. de la. Compagnie m'a fait concevoir -de.son gouvernement. G'est une exacte copie de celui de l'Eglise ; il est donc vraiment paternel. Le: Su- .périeur d'un Collége, d'un. Séminaire. ou de.toute autre maison.est la source de toutes les autorités subordonnées par lesquelles il. la gouverne; car il exerce le commandement, qui lui est-confié, moins :par lui- .même.que par ses collaborateurs, et c'est en. soutenant:et en faisant respecter les autorités inférieures qu'il fait respecter et:aimer la-sionne. Nos Constitutions :Jui donnent un Ministre, , qui. est comme.sa main. droite. puisque. par lui ilmaintient.la discipline domestique. dans. l'intérieur. de.la maison. Elles lui donnent un Procureur pour tenir les recettes et:les
tasié son apostasie constitntionnelle ot sontitre'd’Evêque intrus de Paris: Barruel. le convainquit;. il l'ébranla; :mais le: Jésuite voulait lui faire publiquement: rétracter son. serment. Gobel no s’en sentait pas le courage : « Eh bien ! lui dit un jour Barruel, ce sera moi qui lirai en chaire, dans la Métropole, votre rétractation. Je la lirai,vous présent ; on s’emparera de nos personnes; on nous traînera à l’échafaud,.et de là nous monterons tous.deux au ciel. » .Gobel persista dans son refus, et cependant, quelques mois après, il périt sous le couteau révoluticnnaire,.
scipline lles lui ss etles
ue: intrus le: Jésuite Gobel ne Darruel, re rétrac= Lersonnesi tous.deut , quelques
dépenses ; ce.Procureur. doit.rendre compte.tous.les Æmois-au Supérieur en.présence de son Ministre; un Préfet d'église pour tout. ce qui, regarde le.serwice diviu;;un:Préfet des.classes pour ce qui regarde les -études.;:des Professeurs et, Régents pour gouverner sous lui chacun sa classe, enfin des Préfets de.mœurs pour.surveiller les élèves-durant.les études et des ré- Créations. né:
:Le.Supérieur, instruit. par. les. comptes qu’on lui Fend'à,des;temps. marqués, ou qu'il se fait rendre toules.les fois qu'il le juge à prapos, sait et voit pour ainsi dire.tout ce,.qui se passe, rectifie.ce; qui n'esi pas. bien, corrige.ce qui. est mal, et dirige tout sans entrer dans un détail infini qui absorberait.tout son temps et l'empêcherait.de s'occuper de choses. plus “impontantes . et, surtout; d'étudier l'Institut et..d’en acquérir une profonde connaissance, sans laquelle il ne.sera. jamais qu'un, Supérieur très-imparfait et indigne.de commander à ses égaux et de les. conduire à la, perfection. à, laquelle. il, doit tendre aussi bien qu'eux. Un, Supérieur de la Compagnie doit toujours être prêt à écouter ses.inférieurs., même les plus,petits d'entre eux,.avec. patience, douceur, bonté, affa- -bilité:;,ne jamais laisser voir qu'on l'ennuie ou. qu'on l'importune.- Toutes, les. fautes d'un; Supérieur, sont dangereuses: c'est:pour.lui.la.matière d'un, sérieux examen. Il.est. bon: qu'il soit craint , mais il est bien plus important qu'il se fasse aimer. C'est ce qu'il.obtiendra,aisément s’il vit.avec eux comme un. père avec ses enfanls, s'il sait les décharger quand. ils ont trop d'ouvrage. les. consoler dans.leurs, peines, aimer leur courage dans les difficultés, prendre:soin d'eux dans les maladies, nerrien négliger alors, ne rien épargner pour le rébablissement. de leur-santé ; prévenir même leurs:indispositions par une nourriture saine et abon-
dante,un logement salubre; accorder leurs demandes si elles sont justes. si elles ne le sont pas ne pus les rebuter, mais leur faire sentir doucement l'injustice ou l'irrégalarité de leur demande ; et surtout-ne jamais les laisser sortir mécontents ou ulcérés de sa présence.
» La même manière d'agir doit avec proportion avoir lieu à l'égard de nos élèves, qui doivent trouver en nous des pères et des mères. C'est en les aimant véritablement et en leleur prouvant continuellement qu’on gagne leur affection et qu’on obtient leur confiance. Par ce moyen on les forme et on les dirige bien plus sûrement et bien plus aisément que par des pénitences qu’il faut répéter chaque jour, ou par des punitions corporelles avilissantes, dont l'effet le plus ordinaire est d'abrutir et d'endurcir le caractère. Si jamais pareille punition devient nécessaire et ne produit pas l'effet attendu, il ne fant pas la répéter, mais renvoyer à ses parents celui qu’elle n’a pas corrigé. »
Ce langage n’était pas nouveau dans la bouche des Jésuites. L’amour que les subordonnés et les disciples de l’Institut ont toujours témoigné à leurs mattres en est la preuve la plus irréfragable ; mais Simpson comprenait le besoin de raviver cet esprit des anciens jours. Il ne se lassa jamais de donner de pareils conseils. Le 1° juillet 1818, il avait écrit aux Pères du pelit Séminaire de Bordeaux : « Que la piété que vous devez inspirer à vos élèves soit une piété solide, fondée, sur des principes sûrs, incontestables, et dont ils n'aient jamais à rougir. Cette piété doit donc être dégagée d'observancesminutieuses, capables de provoquer les railleries de ceux avec qui ils vivront un jour hors du Collége. IL faut. en conséquence, qu'ils n’entendent et ne lisent rien qui puisse seulement exalter leur imagination, mais que,
prince que n justice
par vos soins. ils deviennent de vrais et de solides chrétiens ; et c’est par là qu'ils seront armés sufñsamment pour soutenir les assauts auxquels Dieu permettra qu'ils soient un jour exposés. »
Le 27 juillet 1819, Simpson conseille au Père Thomas, chef des Missionnaires de Laval, une ‘extrême déférence envers le Clergé du Mans : « Rappelonsnous, lui mande-t il, que nous ne sommes que les auxiliaires des Prêtres séculiers, que nous professons comme Religieux un état humble et pauvre, que nous devons regarder les autres comme nous étant supérieurs, et que saint Ignace a donné pour titre distinetif à notre Société celui de Petite Société de Jésus. »
Voilà les véritables Monita secreta qu'après de longues années nous découvrons dans les archives de l'Institut. Ce n’est ni pour le public ni pour une circonstance déterminée que ces avis furent dictés. Ils développent la pensés du fondateur ; ils entrent dans l'esprit des Constitutions et du Raëio studiorum : ils peignent les Jésuites tels que, dans le secret de leur correspondance, ils ont voulu être, tels qu'ils furent toujours. Et ce n'est pas seulement le Provincial de 1818 qui trace ces règles si éloquentes de sagesse; le 8mai 1822, le Père Richardot, successeur de Simpson, écrit : « Lorsque nos Missionnaires traitent avec les personnes du dehors, qu'ils se gardent de parler av:= chaleur de ce qui concerneïla politique, et:surtout d'attaquer dans leurs conversations ou dansleurs discours les ennemis de la Religion et du Roi qu’on appelle Libéraux. 11 ne convient pas à des Anges de paix tels que nous devons être d’user de ‘aroles irritantes ou äamères. Que ce soit donc par une exposition nette et paisible de la vérité, et principaiement par l’invocation des secours d'en haut, que nous travaillions à ramener dans le chemin de la justice ceux qui s'égarent. »
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-162 1 MISTOIRE.
‘Achuit années d'intervalle, ;au moment.où. les, Jésuites sont acousés- de tenir dans; leurs mains: orgueilleuses les rênes.de tous les:Etats: catholigues.et le gouvernail de: l'Eglise, lorsqu'on proclame qu'ils -commandent:impérieusement-au Vatican, aux Tuile- -ries, à l'Eseurial et partout.:le Père;R oothaan, Général de l'Ordre, adresse à: sesifrères-une:engyolique : De “more Societatis:et Instituti nostri..«L'ostentation, leur. dit-1, le.7: juillet. 1830, .et l'esprit, de # té sont tout à fait opposés, à l'espritide:notre Lu. nagnie, qui est absolument consacrée à procurer ie bien des-autres.et la gloire de: Dieu, et.non.paint à c'ercher :une-gloire humaine qui, dès lors qu'elle r'.:. point le fruit.des bonnes.actions, devient.vaine et.uympeuse et.aboutit.enfin: à l'opprobre. Mais.tout ce qu'il y a de grand dans la réputation et daus l'honneur sera vraiment digne de notre Institut. si, selon l'esprit. de notre vocation, nous nous efforçons d'être utiles.à tous les-hommes et par les. exemples d'une vertu-non vulgaire, et par une doctrine solide, et par les, ministères spiritaels auxquels. nos Coastilutions nous appliquent. Ainsi ce sera cette, ombre, telle quelle, de gloire, qui s’attachera à ce que nous ferons
de-bien, et ce,ne sera-pas: nous qui nous attacherons .
à:cetle ombre vaine. »
Le Père Raothaan ne se contente pas de celte appréciation des honneurs et du pouvoir au-point de vue religieux, On:a préi: du, on a répété que l'humilité des Jésuites, comme individus, était réelle, mais qu’ilsambitionnaieri ia gloire et l'influence pour leur Compagnie. Le Général développe ainsi ‘son opinion devant les Pères de l’Institut. Sa. pensée exprimée, c’ési la pensée et la volonté de: tous. « Je n'ignore pas, ajoute-t-il dans la même encyelique, sombien cette accusation, si elle s'adresse à:tous:les
membres. de l'Ordre, est fausse, outrageante et inventée par ses ennemis pour .le rendre luismême odieux. Cependant, si un: seul des nôtres était animé “de cet‘esprit. de superbe, j'en serais: profondément ‘afftigés.et.je-craindrais, non:sans:quelque:fondement, que la faute: d'un: seul: ne: devintfuneste au :corps “entier! Quoi donc ! nos:révérends Pèresietitrès-chers Frères en Jésus-Christ; cette: recherche ide: la gloire skumaine qui serait: un:opprobre pour:la Religion en particulier et qui apparattrait un crime devant: Dieu, pourrait-on. se: persuader que..si c'est: au: nom: de l'Institut qu'onis’y livre, elle deviendra légitime-etiun véritable amour de la Compagnie? Si l'Eglise de Jésus- Christ, désignée. elle-même sous:le nom: de; Petit- Troupeau, doit, au dire du vénérable Bède;: quel que ‘soit. le nombre des Fidèles, croître par l'humilité jusqu'à la fin du monde, et ne parvenir que par l'humilité auroyaume des cieux, une Congrégation religieuse, qui n'est..qu'une portion: très-minime.de l'Eglise, n'est-elle pas plus obligée: de concevoir et d'entretenir de pareils sentiments, et, à plus forte raison encore, notre Institut, que le :bienheureux Père: saint Ignace n’appelait ordinairement que la twès-petite Compagnie de Jésus ? »
Quand les événements ont amené une nouvelle crise, le Père Boulanger, Provincial de Paris, mande, le:14 avril 1844, à chaque Supérieur sous ses-ordres : « Tous nos Pères, Prédicateurs ou Missionnaires..se feront un dexoir rigoureux d'éviter dans leurs discours: tout ce qui pourrait avoir trait, de près ou de loin, à la politique, ne fût-ce que par la plus légère
‘allusion. Si quelqu'un venait à manquer d’une manière quelconque à cette recommandation, regardez, mon révérend Père, comme un de vos devoirs im- .portants de m'en. instruire aussitôt, »
La question de la liberté d'enseignement est pendante ; l'Université, les deux Chambres législatives et la presse y. rattachént la question des Jésuites. Le Provincial s'explique en.ces termes : « Nos Pères ne doivent: jamais parler de la liberté d'enseignement ni dans leurs sermons ou conférences, ni dans les allocutions qu'ils auraient occasion d'adresser à quelques réunions d'hommes ou de femmes. »
La politique des Jésuites est complétement mise à nu, Nous en saisissons l'ensemble au milieu de cette intimité où tout homme prudent se garderait bien de laisser pénétrer un autre homme. Ces lettres expliquent et commentent les moyens auxquels peut avoir recours un enfant de saint Ignace ; elles l’initient à la vie publique, aux soins du professorat et de la chaire. Elles le fortifient dans l'humilité comme Prétre et surtout comme Jésuite; elles lui interdisent la tentation de se poser en martyr; elles l’invitent à la perfection tout en l'éloignant des manœuvres souvent légitimes que le monde emploie pour arriver au but de ses désirs. Cependant ce n’était pas sur de pareils documents que chaque jour l’on dressait réquisitoire contre les Jésuites. Ils suivaient à la lettre les avis et les ordres de leurs chefs, car les adversaireslesplus partiaux de la Compagauie lui ont toujours plutôt fait un crime qu'un mérite de son aveugle obéissance. Avec de telles instructions pour guide. elle ne devait jamais s’écarter. de la voie droite, On re connaissait pas ces instructions : on improvisa des Jésuites de fantaisie. On les réva riches et omnipotents, parce qu'on ne descendait pas dans leur vie. On imagina qu'ils allaient être redoutables, parce qu'il était convenü de faire peur de ce fantôme. On les supposa mélés à tous les événements, parce que. pour les besoins de la polémique quotidienne, il
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